Le Roi écrivit le 15 septembre une Uttre auxgoitver
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Guitaut,* capitaine des gardes de la Reine, et ayant couché dans le Louvre , fiit conduit le lendiemain au donjon de Vincennes, où il a demeuré cinq ans. Le soir qu'il fut pris, le maréchal d'Estrées le vint dire à l'hôtel de Vendôme , où j^étois. Cela me toucha comme l'on peut penser. Le duc de Vendôme étoit depuis peu de jours à Conflans, entre Paris et Charenton, pour quelque légère indisposition. La duchesse se mit en pleurs et alla pour parler à la Reine ^ qui refusa de la voir.
Je consultai avec les sieurs de Lié et de Brillet, et leur proposai que nous allassions trouver le duc de Vendôme, pour agir comme il le jugeroit à propos. I>e Lié , qui n'avoit paru qu'à la première assemblée, à cause de sa blessure, demeura; mais nous partîmes aussi-tôt, Brillet et moi, et, sortant par la porte Saint-Honoré, de peur d'être arrêtés, fûmes par-dessus le fossé ùàre le tour de la ville jusqu'à la porte Saint-
neurs des provinces et aux généraux d'armée sur le sujet de l'emprisonnement de M, de Beaufort, On y Ut : « J'ai été contraint, de l'avis de mon oncle, le duc d'Orléans, et de mon cousin, le prince de Condé, de m'assurer de la personne dudit sieur de Beaufort et de commander à quelques autres de se retirer en leurs maisons, afin d'assurer par ce moyen le repos de mes sujets, qui ne m'est pas moins cher que ma propre vie, et qui ennn n'eût pas pu éviter d'étt'e troublé si je n'eusse coupé le mal par la racine en dissipant les entreprises et factions qui se forment dans la Cour, lesquelles dé|[ènérent ordinairement en guerres civiles et dont les moindres causent en fort peu temps la désolation entière des peuples. » M. de Beaufort a voit été arrêté dans les derniers jours du mois d'août. Voir la lettre 77e d'Alexandre Campion à M. Du Parc Ronsenay, et la lettre 78e à M. de Beaupuy.
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gagnés par un nommé Boissi, gouvemeu Pontdormi > et attaché au cardinal , se £ prendre en chemin. On les mena à la Bas!
où ils déposèrent que je les avois fait assen plusieurs fois de la part du duc de Bcx pour les intérêts de madame de Montbaso ce que je leur avois dit *. Cela ne donnoit] matière d'interroger le Duc , puisqu'ils avou qu'il ne leur avoit pas parlé ; ainsi il n'eu
ce qui se faisoit et disoit à Anet et touchant Ca< « Campion a été à Anet et y a couché. Il y arriva foi et monta à cheval de grand matin pour s'en aller, toujours accompagné de deux de ses gens biens m l'avantage , avec deux pistolets et un fusil ; et il ne point deux nuits en un lieu , étant grandement dan préhension. » Avis touchant Vaffaire de M. de Beaufi lit enfin cette note sur le troisième Carnet du cai « L'évêque de Lizieux a dit que Campion s'étoit en un cheval de l'hôtel de Vendôme; qu'on avoit envo de suite un exprès à madame de Montbazon et que j' me garder mieux que jamais. » Voir les lettres 78 d'Alexandre de Campion à MM. de Beaupuy et Des Re
1. Pont-de-Remy sur la Somme, élection d'Ab aujourd'hui canton d'Ailly-le-Clocher, arrondissemer beville.
'Boissy étoit capitaine au régiment de Conty.
2. Il y a une lettre de Brassy, écrite de la Bas 4 mars 1644, 3u cardinal Mazarin. Brassy demand ne lui fasse pas entériner une abolition au parleme il faut que je dise que je vous ai voulu assassiner; sera enregistré et l'on verra tant que le monde vivn m'attirera la haine de tous mes parents... Déplus, 1 gneur, vous savez que ceux qui attentent sur les pe de votre dignité sont inscrits sur le livre rouge et r vent jamais, eux ni les leurs, espérer aucune grâce di Siège; ce qui me fait supplier votre Éminencede com que l'on me sorte d'ici sans caution , aimant mieux que de perdre ce que je me suis conservé en vous ; la vie. » Madame de Chcvreuse et madame de Hautefi M. Cousin.
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le nier d'avoir donné les ordres que je î portés de sa part. L'on connut alors le pouvoit travailler à son procès avant ;nare , afin de trouver matière à Wnteriprès mes propres dépositions, et de len embarrasser tous deux, que l'on vrir le fond de l'affaire. La preuve de spiration importoit essentiellement au qui, ne faisant que de s'établir dans le nent , et affectant de le faire par la dout été assez malheureux d'être contraint, nt, de faire une violence contre un des is du royaume, pour son intérêt parans qu'il parût nulle conviction qui l'otraiter le Duc avec cette rigueur. Le désespéré de ne pouvoir persuader les ce dont il étoit entièrement assuré, rand désir de m'avoir entre ses mains '.
néanmoins qu'il falloit me donner le
avril 1644, le cardinal Mazarin écrivoit à Be- •rs en mission spéciale auprès du prince d*0-
m'a donné avis que Brillet et Fouqueret, qui c personnes qui ont eu le plus de part dans la e M. de Beaufort et auxquelles il s'est le plus la conspiration qui s'est faite contre ma perallés servir dans les troupes en Hollande, ayant des barbes qu'ils ont laissées croître, afin de nnus, et qu'ils ont changé de noms, Brillet se er La Perrière. Je vous prie de faire toutes les »ssibles pour vérifier si cela est, et de donner I vous reviendrez, à quelque personne confidente près à leurs actions , parce que nous songerions : les avoir. » Madame de Chevreuse et madame , par M. Cousin. L'avis étoit faux; mais la
combien Mazarin tenoit à avoir H. de Can-
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temps de me rassurer, afin de me prendre a^fit|> ^
rlus de taci'.ité.
Le duc de Vendôme . jugeant par ce qu'il avûk
prenoit divertir et me traitoit d'une façon trèsK)bligeaiite. Il tît aussi demeurer à Anet ceux qui avoientété de nos assemblées. Nous passâmes ainsi quatic mois pendant lesquels j'eus divers avis, parle sieur de Pihalière, capitaine des gardes du ma- p.'. réchal de la Meillerave ' et commandant de son r-. régiment d'infanterie, mon ami particulier et qui havoit de bonnes habitudes à la cour, que l'on r^ tentoit toutes sortes de voies pour me faire f arrêter; il vint même à Anet pour me conter V tout ce qu'il avoit appris sur ce sujet. J'en in- if^ formai le duc de Vendôme ; et comme je lui avois "Ç promis de faire tout ce qu'il seroit nécessaire à l'^ !.î s-reté de son nls, il songea d'abord à me faire jv so.rir de France ; mais la crainte que cela ne fit r croire le crime que tout le monde croyoit supposé, l'engagea à me faire rester, s'imaginant qje i'aurois toujours le temps de me retirer s'il en étoît besoin. Dans ces circonstances, je soni;eai à achever le mariage dont j'ai déjà parlé, i eî que la prise du duc de Beaufort avoit retardé. ' C.'etoii un projet de Ganseville, qui, ne faisant que de s'installer à son sen*ice et voyant que j'étois mieux avec lui que nul de ceux qui l'appro-
:. C.:.;r e> -e L."i Porte, marquis, puis duc de La Meilt-i-.e. û.i r.j'ecr.il de France sur la brèche de Hesdin. ".e ;c -ui-*. -.'.o: r.é tn i^.-^;. mort en iK-j.
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manqué de nier d'avoir donné les ordres que je leur avois portés de sa part. L'on connut alors
3ue l'on ne pouvoit travailler à son procès avant e me prendre , afin de trouver matière à l'interroger d'après mes propres dépositions, et de nous si bien embarrasser tous deux, que l'on pût découvrir le fond de l'affaire. La preuve de cette conspiration importoit essentiellement au cardinal, qui, ne faisant que de s'établir dans le gouvernement , et affectant de le faire par la douceur, avoit été assez malheureux d'être contraint, en débutant, de faire une violence contre un des plus grands du royaume, pour son intérêt particulier, sans qu'il parût nulle conviction qui l'obligeât à traiter le Duc avec cette rigueur. Le Cardinal, désespéré de ne pouvoir persuader les autres de ce dont il étoit entièrement assuré, avoit un grand désir de m'avoir entre ses mains < . II. jugea néanmoins qu'il falloit me donner le
I. Le 16 avril 1644, le cardinal Mazarin écrivoit à Beringhen, alors en mission spéciale auprès du prince d'Orange: « On m'a donné avis que Brillet et Fouqueret, qui .sont les deux personnes qui ont eu le plus de part dans la confidence de M. de Beaufort et auxquelles il s'est le plus onvert dans la conspiration qui s'est faite contre ma personne, sont allés servir dans les troupes en Hollande, ayant pris de grandes barbes qu'ils ont laissées croître, afin de n'être pas connus, et qu'ils ont changé de noms, Brillet se faisant appeler La Perrière. Je vous prie de faire toutes les diligences possibles pour vérifier si cela est, et de donner ordre, quand vous reviendrez, à quelque personne confidente de veiller de près à leurs actions, parce oue nous songerions au moyen de les avoir. » Madame de chevreuse et madame dt Hauttfort, par M. Cousin. L'avis étoit faux; mais la lettre prouve combien Mazarin tenoit à avoir H. de Campion.
ictc Mémoires de Campion.
Temps de me rassurer, afin de me prendre arec pius de ârîihê.
Lf duc de \ end6me, jugeant par ce qn^avrit appris de Lie ei de moi que de ma saroé dépêndrât celle de son £l5, me pria de ne hoap du chàtjeau. prenoii lui-même le soin de me âc divertir et me tnutcm d'une âiçontrès-obii^Bafltt. Il ûi aussi demeurer à Anet ceux qui avaient élé de nos assemblées. Nous passâmes aina qmflt mois pendant lesquels j'eus divers avis, park sieur de Pifaalière, capitaine des gardes du lorédial de la Meilleraye • et commandant de son régiment d'inJanterie* mon ami particulier cl qui avoit de bonnes habitudes à la cour, que Ton tentait tontes sortes de voies pour me faire arrêter; il vint même à Anet pour me comer tout ce qu'il avoit araris sur ce sujet. J'en informai le duc de Vendûme; et comme je lui avob promis de faire tout ce qu^il seroit nécessaire à la sûreté de son nls , il songea d'abord à me fûre sortir de France ; mais la crainte que cela ne fit croire le crime que tout le monde crojoit supposé, Tenjgagea à me fûre rester, s'imaginant que j'aurois toujours le temps de me retirer s'il en étoit besoin. Dans ces circonstances, je songeai à achever le mariage dont j'ai déjà parlé, et que la prise du duc de Beaufort avoit retardé. C'étoit un projet de Ganseville, qui, ne ^sant que de s'installer à son service et voyant que j'étois mieux avec lui que nul de ceux qui l'appro-
I . charlei de La Porte , marquis , puis duc de La Meil- Ifcraie, fait maréchal de France sur la brèche de Hesdin, le jû juin U.30; né en 1602, mort en 1664.
choient, s'imagina, par la connoissance qu'il avoit de mon humeur, que s'il pouvoit trouver les moyens de m'obliger, je le rendrois considérable dans la maison. Il connoissoit une demoiselle > de son pays, qui étoit le mien , et qu'un
: procès retenoit à Paris dans le temps que j'y étois moi-même. Elle n'avoit ni père m mère, et étoit entre les mains d'un oncle, pauvre, oui avoit des fils en â^e , et intime ami de Ganseviiie,
. qui lui persuada si bien que je ferois leur fortune,
- qu'il eut autant d'envie que lui de conclure ce mariage, qu'il me proposa, en m'en faisant si
I bien connoitre les avantages que je résolus de m'en occuper, après avoir acquis la certitude que la demoiselle avoit plus de cent mille livres de bien présent. M'étant embarqué de la sorte, je
L gagnai si bien son affection que l'affaire alloit s'achever quand le duc de Beaufort fut arrêté.
I Son oncle la ramena peu de temps après chez
[ lui, son procès étant vidé. Je ne manquai pas d'écrire à l'oncle et à la nièce , qui , quoiqu'ils vissent ma fortune changée, ne laissèrent pas de demeurer dans les sentimens où je les avois laissés. Nous allâmes à la fm de l'année. Ganseville et moi, chez l'oncle , avec la permission du }duc de Vendôme , qui eut cependant de la peine à l'accorder. Le succès de ce voyage fut tel (]ue nous convînmes d'achever ce mariage incon-
' tinent après les Rois. Je retournai à Anet afin de donner ordre à tout ce qui étoit nécessaire pour cela.
I. Henri de Campion la nomme plus loin. Elle s'appeloit iQidemoiselle Duquesne.
qu'elle vouloit faire valoir si après m'ètre diverti une heun Bret nous pria de revenir sou que je ne croyois pas le pouvo me pressa fort , je promis de r après le repas. Ganseville l'ass lui dis , en nous en allant , c^u' Que la femme que nous avioi d'-expérience qu'une fille de fut pas de mon sentiment^ ét^ reux.
Nous trouvâmes le duc de souper, et je me mis à table soucier de la Le Bret. Ganse sieur de Beauregard', mon étoit dans ce temps tout-à-fait et le sieur de Saint-Filbert , j< que le Prince aimoit fort , a lui à ma place. Je leur fis ^i{ sortant de table; ce que j'exè longtemps entretenu le Duc ainsi que je faisois tous les jou
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ùeurs et les filles prêts à danser. Je leur td un moment, et me préparois à faire lue les autres, lorsque le fils du sieur de Riregard, qui étoit page du Duc, vint deider une lettre que son maître lui avoit don- : à lire. Beauregard, à cause Qu'elle étoit louante, n'osa la bailler à son fils, quoique ie lui conseillasse : il se détermina à sortir t &ché , et moi , par un mouvement qui ne rtoit pas de ma volonté, je dis que je m'en ois. La Le Bret vint quasi jusqu'à la violence UT me retenir; mais cela fut inutile, et comme I archers attendaient qu'elle les allât avertir, qu'elle n'en eut pas le temps , je sortis avec lauregard et m'en retournai au château. Elle, yant que nous étions partis, fut dire aux arers qu'ils se hâtassent pour prendre ceux qui rient restés : ils la suivirent; et cette femme , pelant Ganseville à la porte de la salle, et lui sant tourner le dos aux archers , leur donna )yen de le «aisir. Trois ou quatre allèrent à int-Filbert lui commander, de la part du Roi , les suivre; mais, quoiqu'il n'eût point d'épée, se défendit si bien qu'après avoir été blessé vingt-cinq endroits, on eut encore peine à le îndre, pour le lier sur un cheval en croupe rrière un archer. Le prévôt vint en même nps; de sorte qu'on emmena Ganseville, int-Filbert, la Le Bret et les deux filles. Le iiit des coups que l'on tira sur le second fit e l'on nous vint avertir au château , où nous faisions qu'entrer, Beauregard et moi. Nous urûmes sur le lieu à pié , avec la plupart des ns de la maison; mais nous ne trouvâmes
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de religion , comme elles le vouloient persuader. Je ne pris cependant aucun soupçon, ne croyant pas que la Le Bret osât choquer une maison comme celle de Vendôme, dont son bien et son existence dépendoient absolument. Je crus seulement qu'elle vouloit faire valoir sa marchandise; et après m'être diverti une heure , je sortis. La Le Bret nous pria de revenir souper; mais je lui dis que je ne croyois pas le pouvoir, et sur ce qu'elle me pressa fort , je promis de retourner avant ou après le repas. Ganseville l'assura de revenir. Je lui dis , en nous en allant , qu'on le trompoit , et Que la femme que nous avions vue avoit plus a'-expérience qu'une fille de couvent : il ne fut pas de mon sentiment, étant devenu amoureux.
Nous trouvâmes le duc de Vendôme prêt à souper, et je me mis à table avec lui sans me soucier de la Le Bret. Ganseville pria alors le sieur de Beauregard ', mon intime ami, qui étoit dans ce temps tout-à-fait bien avec le Duc, et le sieur de Saint-Filbert , jeune gentilhomme que le Prince aimoit fort , d'aller souper avec lui à ma place. Je leur fis signe que j'irois en sortant de table; ce que j'exécutai, après avoir longtemps entretenu le Duc sur ses affaires, ainsi que je faisois tous les jours. Je trouvai ces
1. Honorât Benjamin de Beauregard, écuyer, seigneur de Fresne, cornette de la compagnie de chevau-légers du duc de Vendôme et maître-d'hôtel du Roi. Il est désigné sous le nom d'Hédomène , dans les Entretiens sur divers sujets d'histoire, de morale et de politique.
Est-ce le même Beauregard qui avoit été capitaine des 'gardes du comte de Soissons ?
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messieurs et les filles prêts à danser. Je leur parlai un moment, et me préparois à faire comme les autres, lorsque le fils du sieur de Beauregard, qui étoit page du Duc, vint demander une lettre que son maître lui avoit donnée à lire. Beauregard, à cause Qu'elle étoit importante, n'osa la bailler à son fils, quoique je le lui conseillasse : il se détermina à sortir fort fâché, et moi, par un mouvement qui ne partoit pas de ma volonté, je dis que je m'en allois. La Le Bret vint quasi jusqu'à la violence
f)Our me retenir; mais cela fut inutile, et comme es archers attendaient qu'elle les allât avertir, et qu'elle n'en eut pas le temps, je sortis avec Beauregard et m'en retournai au château. Elle, voyant que nous étions partis, fut dire aux archers qu'ils se hâtassent pour prendre ceux qui étoient restés : ils la suivirent; et cette femme , appelant Ganseville à la porte de la salle, et lui faisant tourner le dos aux archers, leur donna moyen de le «aisir. Trois ou quatre allèrent à Saint-Filbert lui commander, de la part du Roi , de les suivre ; mais , quoiqu'il n'eût point d'épée, il se défendit si bien qu'après avoir été blessé en vingt-cinq endroits, on eut encore peine à le prendre, pour le lier sur un cheval en croupe derrière un archer. Le prévôt vint en même temps; de sorte qu'on emmena Ganseville, Saint-Filbert, la Le Bret et les deux filles. Le bruit des coups que l'on tira sur le second fit que l'on nous vint avertir au château, où nous ne faisions qu'entrer, Beauregard et moi. Nous courûmes sur le lieu à pié , avec la plupart des gens de la maison; mais nous ne trouvâmes
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plus personne. Nous revînmes monter à cheval; le duc de Vendôme lui-même en voulut être; nous suivîmes les archers trois lieues; mais l'obscurité de la nuit nous empêcha de les rencontrer, et il se retirèrent à Montfort-l'Amauri, où le lendemain les Gendarmes et les Chevaux- Légers de la Garde du Roi allèrent prendre les prisonniers pour les conduire à la Bastille. On y porta Saint-Filbert sur un brancard, et il sortit incontinent après sa guérison, n'ayant eu nulle part aux affaires du duc de Beaufort*.
Ganseville demeura à la Bastille jusqu'après la sortie du Prince, sans qu'il £Ût nen dit, sinon <|ue je Pavois fait trouver avec d'autres, de la part de son maître , pour les intérêts de madame de Montbason.
Ensuite de cet accident, dont Dieu me sauva, et d'un encore plus dangereux, à cause de la répu^ance que j'avois eue à l'injuste dessein du duc de Beaufort et des obstacles oue j'y avois apportés , qui assurément Qp empêchèrent l'exécution, le duc de Vendôme eut avis qu'il partoit des troupes de Paris pour me venir prendre avec tous ceux qui avoient été à nos assemblées. Cela nous ooligea à nous retirer d'Anet, et le duc de Vendôme promit de nous faire tenir tous les ans deux miUe livres à chacun, en quelque lieu que nous allassions. Je menai tous ces messieurs chez un de mes parens, dans la forêt de Breteuil en Normandie^,
1 . On voit par un mémoire du sieur de Cangé , le 2 juillet 1645, qu'à cette date Saint-Filbert et Heudeville étoient encore dans la Bastille.