‹ Mémoires de Henri de Campion, nouvelle édChapitre 48 sur 150 · I. Barberin, neveu du pape Urbain VIll · texte numérisé non relu

I. Barberin, neveu du pape Urbain VIll

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mettroit au château Saint-Ange, <^ui est comme la Bastille à Paris. Mon ami me prit à part pour m'engager à me retirer promptement, puisque , si l'on me connoissoit, je serois arrêté comme lui. J'en faisois difficulté, tant j'étois touché de sort malheur; mais le lieutenant du Barigeilo me fit sortir.

J'allai chez le duc de Bouillon lui donner avis de cet accident; il en témoigna beaucoup de déplaisir, et dit que j^avois trop hasardé , puisqu'assurément j'eusse été arrêté si l'on eût su mon nom, et qu'il me conseilloit de prendre garde à moi, m'onrant tout ce qui dépendoit de lui. Je me retirai à mon logis , quoique je n'y crusse pas grande sûreté ; mais Beaupuis m'ayant prié en le quittant de mettre à couvert ses nardes et huit cents pistoles en or qu'il avoit, je voulus satis- £dre à son désir. Je me saisis de l'argent et de Héquipage, que je portai le lendemain au duc de Bouillon, qui eut la bonté de s'en charger et de me bailler un reçu. Je fus prier le cardinal de Médicis de solliciter la sortie de Beaupuis. Il me dit, en se montrant touché de son malheur, que des sollicitations si promptes seroient inutiles;

Îue l'on n'alloit pas si vite à Rome , et que quand %i seroit temps il s'emploieroit de la bonne sorte. Je vis les cardinaux François et Antoine Barberin ', qui me dirent la même chose. Voyant que je ne pouvois rien faire pour la liberté de mon ami, j'employai le crédit des mêmes cardi-

I. Neveux du pape Urbain VI II. ils ne tardèrent pas à être disgraciés , et ils furent contraints de se réfugier en France , ou le second devint archevêque de Reims et grand aumônier de France.

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nauxpoar hn fidre donner «m valet-de-chambit et loi [Htiairer on bon tnitenient au difttean Samt-Ai^, od on Favoit mis dès le matin, le retoarnai chez k duc de BooiUon, qm me repréxnia ^'après avoir fiât tout ce qm se ponviùit foar lepnsoiuiier, et mèmetrop hasardé dans h shoationincpîétame[oùjemetroiivdsper8onndkment y il étoit d'avis que je sortisse de Rome avant qœ l'on sût mon nom. J'en fis quelque ilifiBcahé; mais sur ce qu^ repartit que, si j'étois pris, le duc de Vendôme dinût peut-être que je l'avok voulu être, je me résoiuis à partir.

Le duc de Bouillcm me procura le sonr des die^ vaux de poste, comme pour courre de sa part, et je m'en allai droit à Florence le dus vite que je pus, pour avertir le duc de Vendôme de Pacddent de Beaupub, et l'exdter à fidre solliciter le Grand*Duc en safiiveur. Il me reçut assez civilement, parut fiS^ché de la prison ae mon ami, et fit agir le Grand- Duc et les amis qu'il avoit en Italie; mais cela n'a pas empêché le pauvre Beaupuis de rester au cnàteau Saint- Ange jusu'après l'évasion du duc de Beaufort du donjon e Vincennes. Beaupuis sortit alors l'esprit un eu aliéné; de sorte que son père le retira chez ui en Gascogne, sans qu'il ait paru dans le moitié depuis ^

Je restai en Italie jusque vers la fin de l'été, espérant toujours la liberté de mon ami; mais

I . Le duc de Beaufort se souvint de lai en 1649 , pendant les négociations de la paix de Saint-Germain. Il demanda « le retour de Beaupuis, et son rétablissement dans ses charges. » Demandes des princes et seigneurs qui ont pris Ui armes avec le parlement et peuple de Paris,

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voyant que c'étoit inutilement, je fus prendre congé du duc de Vendôme , lui disant que j'ailois chercher à me consoler en changeant de pays. Il me dit adieu fort obligeamment , sans s'opposer à mon dessein. Je m'embarquai à Livoume, et vins par mer à Marseille. Si Beauregard eût fait comme moi, ainsi que je le lui conseillai, il se fût épargné le déplaisir qu'il essuya depuis, d'être forcé par les mauvais traitemens du Duc, son maître, de se donner au cardinal Mazarin, son ennemi, auprès duquel il est mort blâmé de plusieurs, quoic^u'in justement, et, si je ne me trompe, peu satisfait en lui-même. Cela me fait croire que jamais homme prudent ne demeurera avec un maître ou un supérieur duquel il a la conviction d'être haï, étant certain qu'il ne lui en peut arriver que des déplaisirs sensibles ou des accidens sans remède.

De Marseille, je m'en vins par la Provence à Orange, Lyon et Roanne, où je me mis sur la rivière de Loire jusqu'à Orléans; de là, prenant la traverse, je me rendis à Vert, chez mon frère le bénéficier, en résolution de regagner 111e de Jersei , afin que mon retour en ce lieu écarté fit connoître à tout le monde que les seuls mauvais traitemens du duc de Vendôme m'avoient fait revenir. Après avoir été deux jours avec ma mère et mes proches, j'en allai passer quatre ou cin<} chez le sieur de Vacueil , mon beau-frère , où )e retrouvai Magdelaine de Martinville, à laquelle j'avois souvent écrit pendant mon absence et reçu beaucoup de ses lettres. Nous étions l'un et l'autre dans les mêmes sentimens qu'en nous quittant. Nous souhaitions nous marier, mais'

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deux obstacles s'y oppôwMtnt ::i'un^ .ma sitt»tion embarrassante; r autre y ie jpeu dQrbieiique nous avions tous deux. :Je dis â tnaÂmouâle de Martinville que je m'aUois'^^corie' rçtànx four Quelque temps à llle de.ienei^etiittç qua^id Vafraire du auc de Beaufort^fmt l'^n ne parloit plttS'j àuràt eoeore-unpQftYieiUi/jçreT viendrou voir si nouspourrions achever laafrii^i&k Je partis aveo ce dessem et me lundis parla Basse* Normandie à Jersei , où, après un voyage de. biuse cents lieues, je retrouvad Brillet?<t les 9utr^ qu$ j'y avois laissés. . ; ''? .

Au bout de trois vom^ nous eilkmesï.am qu^ le <:ardinal Mazàrin, aysuit décovvert notre retraite, chercboit les voies de nous y fsdre prendre. La crainte qu'il n'en vtnt à: iKHit-^ar le moTeA de la reine d'Angleterre , avi s'éuût réftigiee.à Paris et avoit besoin de sa niveur, nous fit consulter ensemble sur le meilleur parti à suivre. Nous résolûmes de sortir de llle pour cher-^ cher notre sûreté chacun en particulier, ce que nous exécutâmes. Nous étant séparés, je râolus de m'aller renfermer chez le sieur de Vacueil, et de m'y tenir tant que j'y pourrois rester sans péril. Je m'y rendis seul et de nuit. Peu après mon valet de chambre y vint aussi sous un prétexte plausible, et j'y passai les années 1646 et 1647 tout entières,' sans que les domestiques du logis, à la réserve d'une sefvante très-fidèle, le sussent, en sorte que j^y étois fort sûrement.

Je ne songeois plus qu'à acheminer mon mariage. Je voyois bien que nous n'étions pas dans la saison de l'achever, mais je cherchois les * moyens de le conclure avec le temps. Ce qui

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me peinoit le plus étoit l'assurance que, quoique mon dessein fût raisonnable, il seroit peu approuvé, tant il étoit éloigné de la pratique ordinaire du monde. Je sa vois que les mariages ne se font aue par deux considérations, qui sont l'amour et l'intérêt ou tous les deux ensemble ; que ceux qui se font par amour sont presque toujours blâmés avec justice, la fin n'en étant le plus souvent guère heureuse, et que pour les autres, quoique la satisfaction n'en soit la plupart du temps qu'apparente, ils ont ordinairement l'approbation générale. Je voulois prendre une route toute contraire à la commune, puisque je ne me fondois que sur l'humeur, la vertu, et la bonne naissance, qui sont choses où personne ne s'attache. Je jugeois que l'on diroit que quand même il seroit raisonnable à un autre de se marier pour ces trois raisons , cela étoit ridicule à un homme qui n'avoit pas le bien nécessaire pour faire un choix si désintéressé; qu'après avoir paru si ambitieux et n'avoir eu pensée que pour deux filles, dont l'une avoit douze fois plus de fortune que celle que je voulois épouser et l'autre six, c'étoit sans motif apparent trop diminuer mes prétentions. Ce qui m'embarrassoit le plus, est qu'ayant jusques-là affecté de ne rien faire qui ne fût approuvé de tout le monde , je trouvois fâcheux de prendre un autre chemin; mais après avoir pesé toutes ces raisons, je considérois qu'il y a de la folie de préférer l'approbation d'autrui à notre satisfaction particulière, quand elle ne choc^ue point les bons principes; que je ne pouvois être blâmé des sages, de préférer à l'intérêt la vertu et la rai-

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MO; que c*est en ces nmières seules qu^ est penms de s'âoigner de l'ange, et que je ne devois pas renoncer à on bien woSàt pour suivre une opinion vulgure. '* 5««,-j. ^»«:ii»*.

vivre sdôn notre condKdon. J'étds assuré que nous édons gens à nous rég^, etquecetter^^ ne seroit honteuse ni à nous ni à nos prodies. Outre cda, je axr^ connne je fids «KCffe y que Dieu m'avoft inqpiré ce dessein, et quoique je ne vécusse pas assez inéprodiablemait pour espérer un soin particulier de sa providence, je ne laissai pas de my confier ent i èrement, et |e pins dSre qu'dle m'a jusqu'à présent assisté auààà de mon espérance, m'ayant toujours depuis envoyé de temps en tonpsdes dioses que je ne

Kuvois prévoir, et qiû m'ont &it subsister plus norabiement qu'aucun de mes voisins, quoique leur bien soit fort au-dessus du mien. Au reste, j'avoue que sans la ferme croyance que Dieu vouloit que j'achevasse mon dessein, je ne l'eusse jamais exécuté *.

Après avoir examiné toutes choses à loidr et sans nulle passion, je proposai l'af&ire à ma sœur de Vacueil. Je crois qu'elle en souhaita l'accomplissement, mais la crainte que le sieur du Parc, mon oncle, ma mère et mes frères ne fussent de contraire sentiment l'en^gea à m'en dissuader. Néanmoins elle me promit d'en parier

I . Il peut être curieux de lire à cette occasion le septième des Entretiens sur divers sujets d'histoire, Àe politique et de morale. On v trouvera avec plus de dévefoppônent les idée» principales de ce passage des Mémoires.

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au sieur du Parc et à mon frère le bénéficier, qui vinrent chez elle peu de temps après , ce qu'elle exécuta; mais dans l'appréhension qu'ils ne crussent qu'elle contribuoità ma résolution, elle leur en parla comme la désapprouvant : ils furent de même avis, et la chargèrent de ni'exhorter à changer .une pensée qui alloit à mon entière ruine; mais moi, oui ne m'étois pas décidé légèrement, je la priai de les assurer que c'étoit une chose entièrement résolue, et que je promettois seulement de ne point l'achever qu'ils ne l'approuvassent. L'affaire demeura en cet état, mademoiselle de Martinville et moi nous étant promis de nous marier sitôt que mes embarras le permettroient, ce que je fis approuver à ma mère et à tous ses parents, qui témoignèrent le souhaiter ardemment, d'autant qu'ils connurent Qu'il seroit inutile de m'en dissuader. Pendant tes deux années que je restai enfermé, je me fortifiai toujours dans ma résolution par la connoissance entière que j'eus des bonnes qualités et des vertus de celle avec qui j'étois continuellement. Durant ce temps je lisois, ou étois en conversation avec les gens de la famille , consistant en cinq ou six personnes. J'allois tous les six mois me cacher quelque temps chez mon frère le bénéficier, où je voyois la plupart de mes proches. Je recevois toujours mes deux mille francs de la maison de Vendôme, sans qu'ils sussent où j'étois.

Mon beau-frère de Vacueil étant mort en 1 647, dans le logis où j'étois réfugié , je résolus , voyant l'affaire du duc de Beaufort oubliée , d'acheter une terre dans une autre partie de la province,

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«t de me marier. Le sieur du Pire, ma mèrett mes fcètts approuvèrent cet arrangement. Nm fttmes cheï: le sieur dellartinviUe fdre le iiariage, qm s'acheva te 7 {i»vieri&^. BnméflM temps j'achetai du sleof de Otopioa de llonl- |x>ignant S mon cousin^flemuan, la terre Ai Boscferd, près d'Eibeuf » lien' de ma nussmce et notre première demeure, que mon frère lÉsé lui avoit vendue pour enaqieternne antre. dam le pays de sa femmes: '9 me la céda <ur no instances, en lui ibmnant ((uèlqnè chose de phu que mon frère n'en avoit tiré. Nous demeurAma encore six mois cher ma soeur de Vacucil, pendant que je fisdsôis réMrer et meuUer h maison , où nous vînmes biemftt nous étaUir» Je ne me montrai qu'à mes amis particuliers jusqua vers la Pentectee , que le duc de Beaufort trouvi moyen de se sauver de Vincefines, avec des cordes (}ue Vaumorin lui fit donner par un ^aide avec qw il avoit intelligence ^ Sitôt que je k sus libre, je me mis en chemin pour le cnerdier; mais il me fit écrire une lettre très-bienveiUante par Brillet, pour me prier de me tenir chez moi jusqu'à ce que j'eusse de ses nouveUes, et qu'il

1 . N. de Campion, écnjer, sienr de Montpoignant, Fengueriy, Limire, Siint-Anum, Boisfiré on Botoièret, nort le 4 novembre 1666.

2. Probablement en 164). Nous lisons, en effet, dans VAvis touchant l'ajfain de M. de Beax^: « Nous avons été chez M. Fraset, garde de la mandie, oà noos n'ivrani rien appris, sinon qu'il 7 «voit deux jours <|iie Can^NOO ^toit venu prendre possession d'une petite terre proche de lui, attenant Nonancourt, dont il est à présent seignenr, et quîl 7 tarda fort peu. »

^ Le )i mai 164S.

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>it le plus étoit l'assurance que , quoique ssein fût raisonnable, il seroit peu aptant il étoit éloigné de la pratique oriu monde. Je sa vois que les mariages nt que par deux considérations, qui sont et rintérêt ou tous les deux ensemble ; X qui se font par amour sont presque blâmés avec justice, la fin n'en étant ou vent euère heureuse, et que pour les |uoique la satisfaction n'en soit la plutemps qu'apparente, ils ont ordinairepprobation générale. Je voulois prendre e toute contraire à la commune, puisque ; fondois que sur l'humeur, la vertu, et naissance, qui sont choses où personne iche. Je jugeois que l'on diroit que léme il seroit raisonnable à un autre de r pour ces trois raisons, cela étoit ridi- 1 nomme qui n'avoit pas le bien nécesr faire un choix si désintéressé ; qu'après •u si ambitieux et n'avoir eu pensée que IX filles , dont l'une avoit douze fois plus le que celle que je voulois épouser et X, c'étoit sans motif apparent trop dines prétentions. Ce qui m'embarrassoit est qu'ayant jusques-là affecté de ne \ qui ne fût approuvé de tout le monde , )is fâcheux de prendre un autre cheis après avoir pesé toutes ces raisons, lérois qu'il y a de la folie de préférer ition d'autrui à notre satisfaction partiquand elle ne choq^ue point les bons -, que je ne pouvois être blâmé des e préférer à l'intérêt la vertu et la rai-

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de Vendôme, il leur fit voir, par un écrit qui fut ensuite montré par-tout, que l'accusation dont il étoit l'objet étpit fausse et ridicule, puisque, le duc de Beaufèrt ayant été cinq ans prisonnier et coupable sans que l'on eût seulement trouvé matière à l'interroger, il falloit que ses complices eussent été tout-à-fait fidèles, n'y ayant eu rien de si aisé, sur-tout à lui Alexandre de Campion, que de le convaincre, sans que l'on sût que cela ^ntde sa part, puisqu'il n'avoit qu'à faire prendre le sieur de Lié, qui en savoit tout autant que lui, et n'avoit bougé de France, auquel l'on eût aisément fait tout confesser, par le moyen des prisonniers qui l'avoient vu à la première assemblée, et dont les dépositions eussent fourni manière à lui donner la géhenne. Ces raisons et quantité d'autres qui firent connoitre à ceux que mon frère avoit pris pour juges que le duc de Beaufort étoit le premier criminel qui, sans être convaincu , s'étoit plaint injustement de ses complices, les engagèrent à prendre de si bonne sorte la défense de mon frère, qu'ils firent connoitre son innocence à toute la Cour, sans néanmoins le pouvoir raccommoder avec la maison de Vendôme, ces princes s'imaginant qu'il y auroit de la honte pour eux à voir un homme qui s'étoit élevé si hardiment contre leur injustice. Ces tracasseries fiirent cause que le duc de Beaufort me fit prier d'attendre quelque temps à le voir, prenant pour prétexte qu'il me vouloit raccommoder avec le Duc son père, auprès duquel on a vu <}ue j'étois assez mal, et dont il savoit que je n'étois pas satisfait; disant que la chose seroit plus faale si je ne reparoissois dans leur

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maison qu'à son retour d'Italie, d'où il revenoit avec la permission du Roi. Le fils avoit aussi obtenu celle de demeurer dans ses maisons. Quoique je visse que le dessein qui l'obligeoit à me tenir éloigné de lui ne pouvoit partir de nuls bons sentimens pour moi, je me voulus tenir dans l'obéissance, tant pour ne lui donner aucun prétexte que parce que je savois qu'il se loiioit de moi, en disant mille choses avantageuses à tout le monde. Mais il n'en étoit pas de même à l'égard de mon frère, soit que MM. de Vendôme crussent encore quelque chose des méchancetés que l'on avoit dites, ou qu'ils trouvassent qu'il s'étoit défendu avec trop de fierté , si plutôt ce n'étoit pour être fâchés de l'avoir offensé en croyant ces choses trop facilement, ils persistèrent à ne le point voir, se contentant de ne parler plus de l'affaire; et j'en ferois de même si ce n'étoit qu'à présent, le cardinal Mazarin étant mort » , il n'y a plus à craindre de leur nuire ni à personne en disant les choses comme elles sont. Nos affaires étoient en cet état, c'est-à-dire que mon frère se justifioit et que j'attendois des nouvelles du duc de Beaufort, quand l'on forma le blocus de Paris, au commencement duquel les ducs de Bouillon et d'Elbeuf ayant pris le parti du parlement et du peuple , peu de jours après , le prince de Conti ^ et le duc de Longueville firent la même chose, quittant Saint-Germain pour se rendre à Paris , où le duc de Beaufort

1. Cela du moins a été écrit après le 9 mars 1661, date de la mort du cardinal Mazarin.

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