CONTENANT DIVERS ÉVÉNEMENS DES RÈGNES DE LOUIS XIII ET DE LOUIS XIV
e déplaisir que j'ai ressenti de ne pouvoir être instruit des principales actions de mes ancêtres, sur lesquelles j'aurois pu, dans ma jeunesse, régler mes mœurs et ma conduite, m'engage à donner aujourd'hui à mes enfans cette satisfaction que j'ai souhaitée inutilement. Si mon dessein étoit d'écrire pour le public, jechoisirois un sujet plus intéressant que celui de ma vie ; mais comme ce n'est que pour ma famille et mes amis, je crois que je ne puis rien faire de plus a^éable pour eux et de plus commode pour moi, que de leur raconter naïvement les divers événemçns qui me sont arrivés, en y joignant, pour
son de la province de Normandie, servit le roi dans ses armées, jusqu'à ce qu'ayant surri Louis XIII au voyage qu'il fit à Bayonne,fl 1615, pour son mariage avec l'infante d'Espagne Anne d'Autriche, auquel Henri de Bour- Don, prince de Condé, se vouloit opposer avec des troupes qu'il avoit levées, au retour du ni, Hémeri ae Campion , attaqué d'une maladie qi emporta la plupart de l'armée,, mourut à d^ tellerault le jour de Saint-Sébastien * 1 616, et fut enterré dans l'église de Saint-Michel.
Je laisse reposer maintenant les cendres de nos ancêtres pour parler des vivans. Mon père laissa deux fils, deux filles, et ma mère grosse d'un troisième garçon, dont elle accoucha leé de mars suivant. L'aîné, Alexandre de Campion^ depuis major de la ville de Rouen , avoit alon un peu plus de six ans. J'étois le second fils d'Hémen de Campion, et âgé à sa mort d'us peu moins de trois ans , étant né le 9 février 1615. Ma mère , restée veuve à trente-trois ans et fort aimable , fiit recherchée en mariage par plusieurs personnages considérables et ricnes qu'elle ^^ fusa tous. Le déplaisir qu'elle ressentit de il perte d'un mari qui lui étoit fort cher ne fit que l'animer à donner une bonne éducation aux enfans fruits de leur union. Quand mon frère Alexandre eut atteint sa huitième année, elle le mit au collège de la Flèche et en usa de mèose
écuyer, sieur Du Parc, seigneur dcBoscferey. Louis de Pilliers appartenoit à la branche de Motelles, et non de Mosdk^ ainsi que l'a écrit par erreur le général de Grimoard.