‹ Mémoires de Henri de Campion, nouvelle édChapitre 56 sur 150 · Il s'appeloit Boyer · texte numérisé non relu

Il s'appeloit Boyer

278 MÉMOIRES DE CaMPION.

dans la matinée, elle ressentit les douleurs de l'enfieuitement, quoiqu'elle ne fttt que dans son huitième mois, et rendit bientftt l'eqxrit, en mettant au monde une fille qui mourut dna ou six jours après die. J'étms navré et tombsd dans un état à mire pitié. Mon firère le bénéficier et ma sœur de Vacueil me menèrent à Conches :

j'y restai dix-sept jours, et revins ensuite au ëoscferei , pour donner ordre à mes affeures. Je demeurai seul avec trois fils et deux filles : p. Patné, Edme, eut dix ans le 16 mai.

20. Nicolas , huit ans le 5 février, jq. Alexandre, trois ans le 1 9 septembre * . 40. Mane-Magddaine, sept ans le 14 mars. 5^. Enfin, Maeddaine, quatre ans le 10 octobre. Outre ma nue ainée Louise-Anne, et une autre petite appdée Anne, qui étoient mortes, j'eus encore le malheur de perdre, le 24 octobre 1659, Marie-Maçdelaine. Ne pouvant tenir dans ma maison , qui me ra^ peloit sans cesse mes chagrins, j'en avois pris une à Conches , où je demeurai jusqu'au 2 de juin 1660, que voyant que le regret de mes pertes me suit également par-tout, je suis revenu chez moi au Boscferei avec mes enfans, et j'y vis dans une grande tristesse, n'ayant d'autre consolation que de faire célébrer l'annuel de ma femme bien-aimée au Thuitsignol, et dans ma chapelle du Boscferei. J'ai fait mettre deux tom-

I. Alexandre de Campion, écuyer, sieur du Feugaerei, fut capitaine de cavalerie au régiment de Nassau. Il vivoit encore le 4 novembre 1696; mais le 18 mai 1706, noble dame Catherine de Garencières est qualifiée , dans un aae passé au notariat d'Amfreville-la-€ampagne , veuve en dernières noces de messire Alexandre de Campion.

Année 16)9-60. 279

^^«s jointes ensemble, à la principale place du

^:l]œur de l'église du Thuitsignol, ma paroisse,

^St près de mon banc , l'une sur le lieu où repose

\e corps de la meilleure, de la plus chërie et de

*a plus re^ettée des épouses, et l'autre pour

Xdoi. J'ai fatt graver l'épitaphe sur les tombes, et

3i n'y manque plus que le jour et l'année de ma

mort, que l'on ajoutera quand elle sera arrivée.

On voit que l'affliction qui consumoit M. de Campion, lui rendoit la vie insupportable. Il mourut d'une maladie de langueur le 1 1 mai 1 66 ], âgé de cinquante ans et trois mois. Sa postérité est éteinte. (Note du général de Crîmoard.)

Ce fut son frèrele bénéficier qui eut la tutelle de ses en&ns mineurs. Il la garda jusqu'à sa mort, qui arriva vers léyi. Nous avons dit en effet qu'il fut remplacé, cette année là, par le fils de M. de Vacueîl.

Page 1