LETTRE XX
e vous assure qu'encore que l'extérieur aille bien , nous sommes les gens du monde les plus mal en cour. M. le Comte a refusé dp
d'Alex, de Campiok. y^j
qu'on leur dit être du côté de la rivière d'Oi^: le Roi fut celui qui parut le moins ému , et qui parla sans étonnement de tous les désordres qu<^ tes ennemis faisoient. M. le Cardinal , avec son grand esprit, ne {)ut s'empédier de témôi^r l'embarras où il étoit, et vous en demeurerez ^accord quand je vous aurai dit qu'il caressa fort M. de Saint-Ybalt, qu'il haissoît plus ^^liomrrJt du monde, il le fit appder dans le ccmsei]^ h] demanda son avis en pobfic et en particiilkr; > pria de souper avec lui, et enfin k redierdaia et toutes les manières ; il m'a dit qu'il esit i^atnC'^ joie de le voir réduit à Caire qudqtiesahCU<m^ if> décentes à un grand homme comme Im ; »»$ ^y..*r fîit bien modérée le lendemain , car il tr^^ura '^;, autre homme ; il avait été par ks rues <k f'':s^;t presque seul, et ne lui parlait fAu% que d^ &if^ une arméecapable,non-seuiem«m<leci»aM^ W ennemis, mais même de conquérir la VhrA*', Il soutint bien cette fois la dimié du smfmM*-. , et il ne parut en lui rien que de fier et de tf/^^/i. Je sais que vous \oaâfitz bien qu'il eOt owtiiiv^ dans son premier étOTnement. «t a/^ ityu ; mais je vous mande la vérité.
De CompiêgBe, ce ils «outf iC^^.
A LA KÊMt:.
LETTKE XX.
e vous assure qu'eiioofe qu« J'extériegr iii:> bien , nous somsoes k$ ^ens du nKwde i^ plus mai en cour. M, le Mwite a r^usé cV
)io Lettres
commander la belle armée à condition de souffirir que M. le Cardinal eût le nom de généralissime; il a même dit qvL'il n'accepteroit pas l'égalité. Jugez quelle haine cela donne à un esprit impérieux comme le sien. Je suis certain que s'il osoit il lui en ôteroit le commandement; mais il voit qu'il est tellement aimé, qu'il exposeroit sa fortune et sa personne même. Il a cru le faire enrager en faisant venir de Blois Monsieur, pour la commander, et, outre cela, il se persuade que M. le Comte n'étant pas souffrant, et ayant toute l'autorité sur les troupes et sur tous les volontaires de France , portera impatiemment d'obéir à Monsieur, et qu'ils se brouilleront ; mais sa prétention est inutile; l'on a prévu sa pensée, et ces deu]( princes sont bien a'accord. S'ils savent se servir du temps, ils ruineront leur ennemi, et ils sont bien avertis là-dessus ; mais s'ils laissent échapper l'occasion, leur perte est infaillible, particulièrement de M. le Comte, qu'il ne souffrira point dans le haut crédit où il est et dans l'approbation générale qu'il s'est acquise. Je l'en ai entretenu une heure ce matin ; mais , à vous dire le vrai, il espère trop au temps et ne se résout pas assez d'aider à se le rendre favorable. Toutefois , je vous dirai que c'est un bon et généreux prince, qui aime le Roi et l'État comme il doit ; mais la diversité des opinions de ses amis tient son esprit trop en balance , et je voudrois qu'il fût ou tout à fait des amis du ministre, ou son véritable ennemi.
De Compiègne, ce 30 aoust 1636.
d'Alex, de Campion. 313
tte' est retourné en Guyenne auprès de M. son
îre, qui n'est pas moins suspecta M. le Cardinal
■^oenos princes, quoiqu'il ait épousé sa parente;
afin trop d'amis , trop de conseils , trop d'éclat ,
^^ pas assez de résolution , quoique notre prince
- wt le plus vaillant et le plus généreux homme
^u monde. Je me tiens à présent aussi assuré de
^%on estime comme je pensois l'être de son incli-
lation, et j'ose vous dire que ce n^est pas sans
^raison; enfin son amitié et la vôtre font toute
ma joie et toute mon inquiétude.
Au camp de Pons, près Corbie, ce 2$ septembre 1636.