‹ Mémoires de Henri de Campion, nouvelle édChapitre 9 sur 150 · Marie de Médicis · texte numérisé non relu

Marie de Médicis

2. Marguerite de Lorraine, sœur du duc Charles IV, que Gaston avoit épousée sans le consentement du Roi, le 3 janvier 1631. Le mariage avoit été déclaré nul par^rrét du parlement, en date du 5 septembre 1634.

3. Pierre de Cruel, marquis de La Frette, capitaine des gardes du duc d'Orléans.

Année 1634. 23

à le suivre. Après quoi, ayant ordonné à ceux qui avoient conduit l'équipage de chasse de le ramener à la ville, il partit en effet avec sa suite, et arriva le soir de ce même jour sur les dix heures à la Capelle, première place appartenant à la France sur la frontière de Picardie, aux dépens de la vie de plusieurs de leurs chevaux, qui crevèrent durant cette traite de vingt-sept grandes lieues , et le sieur du Bec de Vardes ' , gouverneur de la ville , l'y reçut avec la joie que l'on peut s'imaginer.

Senantes, en partant de la forêt, m'envoya en toute diligence un valet qu'il avoit mené, dans ridée qu'il alloit seulement à la chasse avec les autres , et me manda qu'au lieu de cela ils se retiroient en France , et qu'ainsi j'eusse à prendre mes mesures; mais il n'étoit plus temps. Une pareille nouvelle n'ayant pas manqué de me surprendre, comme on peut se l'imaginer, je me rendis incontinent au palais pour voir ce qui s'y passoit, et fus introduit dans la chambre de la duchesse d'Orléans, qui me parut moins affectée du départ de son mari aue du peu de confiance qu'il avoit eu en sa aiscrétion. Le comte de Brion-Ventadour 3, à présent duc d'Amville, et pour lors premier écuyer du Duc, y étoit avec

1. René, baron du Bec et puis marquis de Vardes. Deux ans après, en 1636, il rendit la Capelle aux Espagnols et fut , pour ce fait , condamné à mort par contumace.

2. François-Christophe de Lévis Vcntadour, comte de Brion, premier écuyer du duc d'Orléans. Il mt créé duc d'Amville après la mort de Henri II , duc de Montmorency, son oncle maternel.

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l'abbé de la Rivière ^ et beaucoup d'autres de I j: cette Cour, qui paroissoient assez embarrassés de \ i leur contenance, craignant dans ce premier moment Témotion du peuple, tant pour la croyance où il pourroit être que cette retraite seroit immanquablement suivie de la çuerre, qu'à cause que la plupart de ceux qui étoient partis dévoient beaucoup d'argent dans la ville. En effet, dès que cette nouvelle y fut rendue publique, il s'y | m une espèce d'émotion ; et si le marquis d'Aitona, qui étoit allé à Tervuren, maison de plaisance à deux lieues de Bruxelles , n'en fût pas revenu en diligence aussi-tôt qu'il eut avis de ce qui venoit d'arriver, je suis persuadé que nous n'aurions pas été en sûreté ; mais sa présence retint les plus mutins, et les préparatifs d'une fête qui devoit avoir lieu ce jour-là, occupèrent les autres. Il s'agissoit des feux de joie pour le gain de la bataille de Nordlingen ^ , que le roi de Hongrie, à présent empereur?, et le cardinal Infant avoient remportée sur l'armée Suédoise, commandée par le duc de Saxe-Weimar et par le maréchal Hom*, qui y avoit été fait prisonnier. Le départ inopiné du duc d'Orléans en troubla un peu la joie, mais il n'empêcha pas néanmoins la magnificence, qui fut très-grande. Il y eut, entre autres choses curieuses, une grande fleur-de-lys élevée fort haut

1. Louis Barbier, abbé de La Rivière, évêque-duc de Langres en 16J5; le favori fameux de Gaston duc d'Orléans.

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