‹ Mémoires de Jacques Casanova de Seingalt (volume 2)Chapitre 1 sur 25 · Mémoires de Jacques Casanova de Seingalt · texte numérisé non relu

Mémoires de Jacques Casanova de Seingalt

Le oomte Tireita de Trévise» —Vàbhé Go^te» ^ i4i Laoïbertini, £ioMe nièce da pape.— Mriquet qa*elledainie è Tiretta. ^ La tante et 1» niiDe. xiolloquo an eain dm

feu. — Supplice de Damien. — Erreur de Tiretlâ. — * — Colère de madame**; réconciliation. — Je suis heuxeun avez mademoiselle de la Meure* — fille dbe Sylvia. — Mademoiselle de la Meure ae narie ; m| jalousie el léaoluljm désespérée* — Heureux distn^emeiit. *

Au commencenient du moia de mars 1757 , je reçue une lettre na obère mdaine Manmii , qui me lut remise par un jeune homme de bonne mine , d'un air nobje et joTial, que je reconnus de suite pour Téni-* tien à sa manière de se présenter, C^était le jeune comte Tiretta de Trévise, que madame Manzoni me regommandait , en me disant qu^il me conterait son

toire et que je pouvais compter d avance qu il serait siocère* Cette chère femme m^ep^oyait par ce jeune l|0mme nne petite caisse dans, laquelle elle me disait que je trouverais tous mes manuscrits, car elle était sûre de ne plus me revoir.

raccbeilHs Tirelta de moamieux, en lui disant qu^il n^aurait su se procurer auprès de moi une meilleure recomipandation que celle d^une femme pour laquelle j Wais autant d'amitié que je lui devais de reconnaissance. Maintenant , Monsieur le comte , que vous devez être parfaitement à votre aise avec moi , veuillez me dire en t|uoi je puis vous être utile.

— J'ai besoin de votre amitié , Monsieur ) et peutêtre de votre bourse, ou au moins de votre protection.

— Mon anlitié et ma protection vous sont acquises , et ma bourse est à votre disposition.

Après m^avoir exprimé sa reconnaissance, Tiretta médit:

« H y a un an, Monsieur, que le conseil suprême

de ma patrie me confia un emploi dangereux pour mon âge. On me fit conservateur du Mont-de-Piété en société de deux jeunes gentilshommes de mon âge. . Les plaisirs du carnaval nous ayant mis en dépenses, et manquant d*argent , nous puisâmes dans la caisse , espérant compléter la somme dont nous étions dépositaires avant d'être obligés d^en rendre compte. Nous lespérân^es en vain.

» Les pères de mes deux collègues , plus riches que le mien , les sauvèrent, en payant à Rnstant la part qu'ils avaient pri^ , et moi , dans limpossibilité de

DE CA5AN0TA. t

payer , j ai pris le parti de fiiir la honte et le châtiinent qui m^attendaient. »

» Madame Mattseni ma conseillé de Tenir me jeter entre vos bras , en me chargeant d^une petite cassette que je vous remettrai aujourd'hui. Je ne sui^ à Paris que d'hier et je n'ai que deux louis , quelque linge et le seul habit que je porte. J'ai vingt-cinq ans, une santé de fer et une Tolonté bien détermiDée à faire tout pour viyre en honnête homme ; mais je ne sais rien faire , car je n*ai cultivé aucun talent de manière à pouvoir m'en servir. Je joue de la flûte , mais je n'ai guère que le talent d'un simple amateur. Je ne connais d'autre langue que la mienne et je ne suis pas homme de lettres. Que pensez-vous avec cela pouvoir ikire de moi? Je dois ajouter encore qne je ne d(d» pas me flatter de recevoir le moindre secours de qui que ce soit, et mojns de mon père que de personne; car j pour sauver Phonnenr de la hmïlle , il disposera de ma légitime, et je dois y renoncer sans espoir de retour. » * '

Si la narration du comte avait dû me surprendre, sa sincérité m'avait plu ; d^ailleurs j'étais résolu de laire honneur à la recommandation de madame Manzoni, et je me sentab po^té à être utile à un compatriote qui , au fond , n'était coupable que d'une grosse étourderie. Commencez , lui dis^je , par faire pcnrter vos petits effets 'dans la chambre attenante!^ la Ihienpe et faites-vous y servir à boire et à manger. Je vous défraierai de tout en attendant que je puisse trouver ' . quelque chose qui vous eonviennet Nous parlerons

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