‹ Mémoires de Jacques Casanova de Seingalt (volume 2)Chapitre 2 sur 25 · MÉMOtEBS · texte numérisé non relu

MÉMOtEBS

d'afifaûr«8 demain , car oomme je4ie mange jamais chez

moi, je ne reviens que tard au logis , et je ne compte paa âyoir Phoaneur de vous revoir aiiyourd'bui. Pour à t présent , laïa^ea-moi^ car il faat qne je travaille , et si vous allez vous promener, gardez-vous des mauvaises connaissances , et surtout ne vous ouvrez à personne. Teins aimez le jeu, jé pense?

— Je le déteste , car il est à moitié la cause de ma ruine.

—Et les femmes ont , je parie , fait le reste? . — Oh ! vous avez bien deviné ; les femmes!

«^Ne leur çn veuillez pas • mais faites-leur payer le mal qu^elles vous ont fait.

* — Bien volontiers , pourvu que j'en trouve.

Si vous n'êtes pas délicat sur l'article , vous trouverez foïtune à Paris.

— Qu entendez-vous par délicat? Je ne saurais jamais être le complaisant du prince.

— n s^agit bien de cela! J'entends, par délicat, Tbomme qui ne saurait être tendre, sans amour , celui qui..*.

Ty sois^ et de cette manière la délicatesse n'est chez moi qu'accessoire. Je sais qu'une décrépite aux yeux d^or peut à toute heure me trouver tendre comme ' un Céladon.

. — Pravo ! votre affaire sera facile.

. — Jë le .désire.

— * Irez-vous chez Tambassadeur ?

— Que Dieu m'.en préserve ! Qu'irais-je y faire ? lui contér mon histoire? je ne dois pas en être jaloux. .

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D'aïUeurs rïl lui ^riiis^il de voploir me faire «de la peine.

— Il le pourrait sans que vous allassiez le voir ; mais je ne erois pas qu'il s^ocnpe de voiie.

— C'est la seule grâce que je lui demande»

— Tout le monde est en deuil à Paris , mon cher comte ; ainsi montez chez mon taiHear , aa second 9 ët faites-vous faire un habit noir. Annoncez-vous de ma part et dites-lui que vous voulez être servi «pour demain* Adieu.

Je sortis peu d^instans après , et je ne rentrai qu^à . minuit. Je trouvai dans ma cliambre la caisse que m'a* Tait envoyée madame Hanzoni , dana laquelle se trouvaient mes manuscrits et tous les portraits que j'aimais;»' car je n ai jamais mis en gage une tabatière sans en èter le portrait.

Le lendemain, voilà mon Tiretta qui se présente tout en noir, et qui me fait hommage de sa métamorphose. Yout'Voyez , lui dis-je , qu^à Paris on est expé» ditif.

— n m'aurait fallu huit jours à Trévîse pour en obtenir autant.

— Trévise , mon cher , n^est pas Paris.

Comme j'achevais ces mots , on vient m'annoncer « Tabbé de la Goste. Je ne me souvenais pas de ce nom , mais jWdonnai qu'on le fit entrer, et je vis paraître le.méme prestolet avec lequel j'avais dhté à Versailles en quittant 1 abbé de la Ville.

11 commença d'abord, après les civilités d usage, par me fiiire compliment sur le succès de ma loterie ; ensuite

11 me dit qu'il avait appris que j'avais distribué pour plus de six mille francs de billets à ThAtel de Cologrœ.

— Oui 5 lui dis-je , j'en ai toujours pour plusieurs milliers de francs dans mon portefeuille*

— Eh bien ! j^en prendrai aussi pour mille écns.

« — Quand il vous plaira. Si vous passez à mon bureau, vous pourrez choisir les numéros.

— Je ne m^en soucie pas^ donnez-les moi vous même tels qu'ils sont.

— Bien volontiers; en voici que vous pouvez choisir* Il en choisit pour trois mille francs , puis il me demanda du papier pour me faire un billet.

— Pourquoi un bUlet ? U n^est pas question de cela , Monsieur Tabbé, je ne délivre mes billets que contre de Fargent comptant*

— Hais vous pouvez être certain que demain vous aurez la somme.

— J'en suis très-certain, m^is vous devez Tétre aussi que demain vous aurez les billets : ils sont enregistrés à mon bureau , et je ne puis agir autrement.

— Donnez-m'en qui ne soient pas enregistrés.

— Impossible, je n*en fais pas*

— Et pourquoi ?

— Parce que sHIs gagnaient, il faudrait que je les payasse de ma poche , ce que je n^ai nulle envie défaire*

— Je crois que vous pourriez en courir le risque.

— A -moins d'être jun fripon , je ne le crois pas. 'Sentant qu^il n^avaitrlen à gagner avec moi , Pabbé

se tourna vers Tiretta , lui parla mauvais italien , et finit par lui proposer de le présenter à madame de

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