‹ Mémoires de Jacques Casanova de SeingaltChapitre 233 sur 235 · CHAPITRE XXVra · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVra

heures ,5eul avec la créature qui m'attend là-hau nous en amuserons.

— Mettons-la plutôt à la porte.

— Non; car son meneur doit venir la prendr heures après minuit. Elle irait l'avertir, et il éct & ma juste vengeance. Nous les jetterons tous par la fenêtre.

— Modérez-vous, car l'honueur do M. M. veutt afiairene soit pas conuue. Allons, montons, aoi Je suis curieux de voir la laronne.

Murray entra le premier. Dès que la fille me met un mouchoir sur sa ûgave, et dit au résident procédé était indigne. Murray ne luirépond pas. 1 debout, moins grande que M. M., et elle s'était e es mauvais français. Son manteau et son masqu sur le lit; mais elle était également vêtue en re

Comme il me tardait de voir sa figure, je la pi douceur de me faire ce plaisir.

— Je ne vous connais pas, me dit-elle : qui âteS'

— Vous êtes chez moi, et tous ne savez pas qui

— Je suis chez vous parce qu'on m'a trahit croyais pas avoir affaire i un coquin.

Ace mot, Murray lui imposa silence en l'appe le nom de son honorable métier, et la drôlesse pour prendre son manteau en disant qu'elle s'en aller. Murray la repoussa en lui disant qu'el attendre son indigne conducteur, etia prévint d' laire de bruit si elle avait envie de ne pas aller ei

— Moi en prison !

En disant ces mots, elle porte sa main & l'o de sa robe ; mais je m'empresse de la lui saisir, e1 s'empare de l'autre. Nous la poussons sur un i nous nous emparons des pistolets qu'elle avait i poches.

Murray lui déchire le devant de la sainte robe et j'en retire un stylet de huit pouces. La fauss pleurait amèrement.

— Veui-tu, lui dit le résident, te taire et te te:

522 MâMOIEBS DB CASANOVA.

quille jusqu*à i*amyée de Capsucefedo, ou aller de suite en prison?

^ Et quand il sera venu?

— Je te promets de te laisser aller.

— Ayee lui? i

— Peut-être.

— Eh bien, je resterai tranquille.

— As-tu encore des armes?

A ces mots, la drôlesse ôta sa robe, sa jupe, et, si nous rayions laissée faire, elle se serait mise en état de nature, dans l'espoir sans doute d'obtenir de la brutalité ce qu'eUe ne pouvait obtenir de notre raison.

J'étais dans un grand étonnement de ne lui trouver qu'un faux air de M. M. Je le dis au résident, qui en convint; mais, me raisonnant en homme d*esprit, il me fit convenir aussi que, prévenu comme il Tétait, plus d'un à sa place aurait pu donner dans le panneau. En effet, Fenvie d'avoir en sa possession une religieuse, qui par état ou par vœu volontaire ou forcé, a &it abnégation des plaisirs de ce monde, et surtout de la cohabitation avec le sexe différent du sien, ce fruit défendu est la pomme d'Eve et a un attrait qui s'augmente encore de toute la somme de la difficulté que la funeste grille présente. Il y a peu de lecteurs qui n'aient éprouvé par eux-mêmes que les plaisirs les plus doux sont ceux qui coûtent le plus à obtenir, et que le même objet pour lequel on expose sa vie par cela même qu'il est difficile de l'approcher n'attirerait souvent pas un regard s'il venait s'ofinr de lui-même.

Lecteur, au chapitre suivant vous verrez la fin de cette burlesque aventure : prenons haleine tous deux.

FIN nu TOIAB BfiUXIÈMS.

624 TAtïLB.

CiAPiTRC VI. Je ptn bearenx de Bologne. — Le eapiuine nous

qnitte à Reggio, ob je piste U nuit arec Henriette.

— Notre arrivée k Parme. — Henriette reprend les habits de son sexe , notre bonheur mutuel. — Je trouve de mes parents sans me faire connaître. . iCO

VII. Je prends une loge k l'Opéra, malgré la répugnance d'Henriette. — H. Dubois rient chez nous, il y dîne; tour d'espièglerie que lui joue mon amie. — Raisonnement d'Henriette sur le bonheur. — Nous allons ehes Dubois ; menreilleux taleut que mon épouse y déploie. — H. Datiliot. — Superbe fête que donne la cour dans ses jardins ; fatale rencontre que nous y faisons. — J'ai une entrerue avec M. d'Antoine,

favori de l'infant 420

VIII. Henriette reçoit M. d'Antoine.— Je perds cette femme aimable, que j'accompagne jusqu'à Genève. — Je passe le Saint-Berpanl et je retourne k Parme. — Lettre d'Beirit Ite. — tloa désespoir. — De la Haye s'attache à moi. — Fâcheuse aventure arec une actrice ; ses suites. — Je deviens bigot. — Bavois. —

Mystification d'un officier fanfaron iVj

IX. Je reçois de bonnes nouvelles de Venise, ob je retonme emmenant de la Haye et Bavois. — Excellent accueil de mes trois amis, et leur surprise en me voyant un modèle de dévotion. — Bavois me ramène à ma vie première. — De la Haye vrai hypocrite.» Aventure de la fille Marchetti. — Je gagne à la loterie. — Je retrouve Baletti. — De la Haye quitte le palais Bra-

gadin. — Je pars pour Paris . ifô

IL Mon passage à Ferrare et aventure comique que fy au

— Mon arrirée à Paris 479

XI. Mon apprentissage à Paria. — Portraits. •— Singularités. — Mille choses. 195

XII. Mes balourdises dans la langue française, mes succès, nombreuses connaissances. — Louis XV. — Mon

frère arrive à Paris 21T

XIU. Mon affaire avec la justice parisienne. — M^* Vesian. â3J

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