CHAPITRE m
ayez les cMrogfaphes qui en atcestent Tauthenticité.
— Vous voulez dire la pancarte. Sans cela je ne laurais pas acheté. J'ai tout cela.
— Tant mieux. Le pape, pour avoir ce couteau, ferait, j'en suis sûr, votre âls cardinal : mais il faudrait avoir aussi la gaine.
— Je no Tai pas ; mais elle n'est pas nécessaire. En tout cas j'en ferai faire une.
— Ce n'est pas ça ; il faut celle dans laquelle saint Pierre mit lui-même le couteau quand Dieu lui dit : Mitte glaûivm tuum in vaginam (1). Elle existe, et elle est entre les mains de quelqu'un qui pourra vous la vendre à bon marché, à moins que vous ne vouliez lui vendre le couteau ; car la gaine sans le couteau ne lui sert de rien, non plus qu'à vous le couteau sans la gaine.
— Et combien me coûterait-elle?
— Mille sequins.
— Et combien me donnerait-il du couteau?
— Mille sequins, car l'un vaut autant que l'autre.
Le commissaire tout ébahi regarde son fils et lui dit d'un ton magistral : Eh bien, mon fils, aurais-tu jamais cru que l'on m'offrirait mille sequins pour ce couteau? Il ouvre alors un tiroir et en tire une paperasse qu'il déploie devant moi. Elle était en hébreu et portait le dessin du couteau. Je fais semblant d'admirer, et je finis par lui conseiller fortement d'acheter la gaîne.
— n n'est nécessaire ni que j'achète la gaîne, ni que votre ami achète le couteau, car nous pouvons déterrer les trésors de moitié.
— Nullement. Le magistère exige que le propriétaire du couteau in vaginam ne soit qu'un seul. Si le pape lavait, il pourrait, par une opération magique que je connais, couper une oreille à tout roi chrétien qui voudrait empiéter sur les droits de l'Église.
— C'est curieux I mais, effectivement, l'Evangile dit que saint Pierre coupa une oreille à quelqu'un.
(i) Mets toB glaive dans le foarreaa.