‹ Mémoires de Jacques Casanova de SeingaltChapitre 34 sur 235 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Une, car il aimait que les prêtres se mêlassent des affaires du ciel et qu'ils ne missent point le nez dans les affaires de ce monde.

— Je vais, dit-il, mettre bon ordre à cette bouffonnerie en lui donnant le ton de la plus grande importance.

Allez, dit-il à son aide de camp, allez inviter à dîner cet officier et son compagnon, et rendez-vous ensuite chez Tévêque, que vous préviendrez que l'officier qui a reçu un sanglant affront ne partira qu'après avoir obtenu une satisfaction éclatante et la somme d'argent qu'il viendra exiger en dédommagement. Dites-lui que c'est moi qui l'en fait prévenir, et que toutes les dépenses que l'officier fera d'ailleurs ici seront à ses frais.

Quelle jouissance pour moi d'être présent à cet ordre I car, plein de vanité, je m'en regardais comme l'auteur. Je sors avec l'adjudant et je vais le présenter au capitaine, qui le reçoit avec la joie d'un soldat qui voit son camarade. L'adjudant l'invite avec son ami, et lui dit de mettre par écrit ce qu'il demandait pour satisfaction et dédommagement. Les sbires, à l'aspect de l'adjudant du général, avaient disparu. Je donnai au capitaine plume, papier et encre, et il rédigea sa demande en assez bon latin pour un Hongrois. Ce brave homme ne Voulut absolument exiger que trente sequins, malgré mes instances pour qu'il en exigeât cent. Il fut aussi beaucoup trop modéré pour la satisfaction, car il n'exigea que de voir Thôte et les sbires réunis pour lui demander pardon à genoux et en présence de l'adjudant du général. Il menaça l'évêque d'envoyer une estafette à Rome au cardinal Alexandre, s'il n'obtenait pas' ce qu'il demandait eil deux heures, et qu'il resterait à Césône à ses frais à dix sequins par jour.

L'officier part, et un instant après l'hôte entre respectueusement et dit à l'officier qu'il. était libre ; mais l'officier lui ayant fait dire par moi qu'il lui devait vingt coups de canne, il gagna bien vite la porte.

Je les laissai seuls pour m'aller habiller; devant dîher

avec eux chez le général. Une heure après je les revis

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fort bien tHub en uniforme. Celui de la Française était de fantaisie, mais très-élégant ; et dans l'instant, abandonnant Naples, je me décide ù. aller k Parme avec eux. I.& heautë de cette jolie Française m'arait d^à captivé, ipitaine Msait la soixantaine, et je trouvais naturelit cette union très-mal assortie. Je me mis en tête l'affaire que je méditais pourrait s'arranger & Me.

idjudant revint avec un prêtre de l'évëctië, qui dit an Eiine qu'il aurait la satisfaction et le dédommagement exigeait ; que cependant il devait 8e contenter de « sequins. Trente ou rien, répondit sèchement le Tois. 11 les obtint et tout fiit fini. Cette belle victoire t été le fruit de mes soins, elle me valut l'amitid du une et celle de sa belle compagne, ur s'apercevoir de prime abord que le compagnon da aine n'était pas un homme, il n'j avait qu'A voir ses les. Elle était trop belle femme pour pouvoir passer homme; et certes les femmes qui, travesties, se int de nous ressembler, ont grand tort, car elles ent par là la privation d'une de leurs plus belles per- >ns.

. peu avant l'heure du diner, noua nous rendîmes chez aérai, lequel s'empressa de présenter les dcus ofS- & toutes les dames présentes. Aucune ne s'y méprit, , sachant déjà l'histoire, toutes furent ravies de dîner le héros de la pièce, et toutes prirent le parti de trais jeune officier comme s'il avait été homme : mais de côté les hommes lui offrirent un hommage plus oonble & son sexe.

"Querini fut la seule qui bouda, car la boite Française mt toute l'attention, son amour-propre souffrait de se négligée. Elle ne lui adressait la parole que pour parade de son français, qu'elle parlait assez bien. Le re capitaine ne parla presque point, car personne ne >uciait de parler latin, et le général n'avait pas i'chose & lui dire en allemand.

1 vieil abbé qui se trouvait A table t&cha de justifier

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