CHAPITRE VIII
Henriette raç<ûtM. d*AQtoin$, — Je perds cette femme aimable, que j*aecoinpagne jusqu'à Genève. — Je passe le Saint-Bc^'nard et je retourne à Parme. — Lettre d'Henriette. — Mon désespoir. — De la Haye s'attaehe k moi.— Fâcheuse aventure avec une actrice; ses suites.— ie deviens bigot. •^ BsTois. — Mystifications d'un officier fanfaroo*
Dès que je fus rentré, le cœur gros d'appréhension, je redis à Henriette tout ce que m'avait dit M. d'Antoine ; ensuite je lui remis sa lettre, qui contenait quatre pages. Elle
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la lut attentiyemeiit avec une émotion visible, ensuite elle ma dit :
— Mon ami, n*en sois pas offensé, mais Thonneur de deux familles ne me permet pas de te laisser lire cette lettre. Je me tois forcée à recevoir M. d* Antoine, qui se dit mon parent.
— Ainsi, dis-je, voila le commencement du dernier acte I Quelle affireuse idée ! je touche au terme d*un bonheur trop parfait! Malheureux! qu^avais-je besoin de rester si longtemps a Parme? Quel aveuglement! De toutes les villes du monde, excepté la France, Parme était la seule que je dusse craindre, et c*est ici que je t*ai menée, quand je pouvais te mener partout ailleurs; car tu n*avais de volonté que la mienne? Je suis d'autant plus coupable, que tu ne m*asjamais caché tes craintes. Ëtpourquoial-je introduit ici ce f&tal Dubois? ne devais-je pas prévoir que sa curiosité nous serait tôt ou tard funeste! Cette curiosité, hélas ! je ne puis cependant la condamner, puisqu'elle est toute naturelle. Je ne dois m*en prendre qu'à toutes les perfections dont la nature t'a douée ! perfections qui ont fait mon bonheur et qui vont me plonger dans un abîme de désespoir; car, hélas! je prévois l'avenir le plus affreux.
— Je te prie, mon tendre ami, de ne rien prévoir et de te modérer. Usons de toute notre raison pour nous mettre au-dessus des événements. Je ne répondrai pas à cette lettre ; mais tu dois lui écrire de venir ici demain à trois heures dans son équipage, en le priant de se îalve annoncer.
— Hélas! quel pénible sacrifice m'imposes-tu!
— Tu es mon meilleur, mon unique ami: je n'exige rien, je ne t'impose rien, mais me refuseras-tu?...
— Non, jamais, jamais rien. Dispose de moi à la vie et à la mort.
— Je connaissais ta réponse. Tu seras avec moi lorsqu'il viendra; mais, après quelques instants donnés aux convenances, tu passeras dans ta chambre sous un prétexte quelconque et tu nous laisseras causer seuls. M. d'Antoine connaît toute mon histoire; il connaît mes torts, mais aussi mes raisons, et il sait qu'en honnête homme, en qua-