II* PARTIE. — CHAPITRE XX
« encore puis coupable envers eux qu cn- « vers moi ! »
Sardan était resté à la même place ; ses lèvres tremblaient; tous ses traits, agités d'un mouvement convulsif, étaient hideux.
« Oui , nous dit-il d'une voix sinistre , « je suis un monstre.... une âme vile. »
Tout à coup , il saisit un poinçon sur une table , se le plonge dans le cœur, et tombe expirant à nos pieds.
Nous nous écriâmes; mais, soudain, pensant aux suites qui peuvent résulter de cet affreux événement , je mets la main sur la bouche de l'inconnu , je le supplie de se contenir et de se taire. Je cours chercher un chirurgien qui demeurait à ma porte; en descendant, j'appelle Roland, je lui dis en peu de mots ce qui s'est passé; je l'envoie avec le chirurgien au malheureux Sardan, et je retourne auprès de Louise.
11 y avait deux heures que je l'avais quittée : sans me reprocher ma longue absence , elle me montra notre enfant qui était assoupi , mais bien agité. Je dis à Louise qu'un fort triste événement m avait
&o JACQUES FAUVEL.
retenu ; que Sardan venait d'être frappé' d'une attaque d'apoplexie. Cette nouvelle fit un instant une cruelle diversion à son inquiétude ; elle sentit que j'étais forcé de la quitter encore, et elle retomba tout absorbée dans les douloureuses anxiétés que lui causait l'état de son fils.
Qu'on se figure ce qui se passa dans la cbambre où cet homme venait de se tuer ! Q ue l] e scene de désolation , lorsqu'il fallut annoncer à sa famille une mort dont nous déguisâmes les circonstances autant qu'il nous fut possible ! A peine Sardan avau-il survécu un quart d'heure. L'inconnu avait disparu. Je fis promettre au chirurgien et à Roland de garder le plus profond secret , et je chargeai ce dernier de prendre tous les soins nécessaires.
^ Je retrouvai mon fils dans le même état.
J'écrivis à la hâle un billet que j'envoyai par un exprès à madame Dumarsy ; je la priais de venir auprès de sa fille , et de ne pas l'abandonner pendant la maladie de notre enfant.
Ce misérable Sardan était mon caissier
II- PARTIE. — CHAPITRE XX. gi depuis deux ans; jusque là, je n'avais en qu'à nie louer de son travail et de son exaclilude. De mauvaises liaisons avaient commence par le déranger, el avaient fini par le conduire au crime.
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JACQUES FATJVEL.
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