PARIS
PICHOK-BÉCHET, LIBRAIEE-ÉDITEUH,
QDAI DU ADOniTI»», »° 47 ,
SOCCESSEtm DE BÉCBET AÎNÉ.
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JLa mort de Cromweil et les troubles que paraissait devoir amener^ à la suite de cette mort> la faiblesse de son fils Richard , qui n'avait^ pour gouverner et contenir son armée^ ni leô talens ni la vigueur de son père, avaient relevé le courage des partis royalistes très-abattus depuis quelque temps par le mauTais succès des efforts répétés qu'ils avaient tentés pour rétablir le Roi. Oubliant tous les dangers qu'ils avaient courus, et méprisant ceux auxquels ils allaient encore exposer leur vie et leur fortune , ils se remirent à l'œu- .vre avec une nouvelle ardeur, et les diverses révolutions tjui s'opérèrent en très-peu de temps dans l'intérieur même du parti ennemi leur donnèrent les moyens de poursuivre leurs projet» avec plus de probabilité de succès qu'ils n'en avaient eu jusqu'alors. Ils s'étaient non-seulement pourvus des armes et de l'argent nécessaires pour le soulèvement, mais avaient engagé dans leur
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partie sur plusieurs points du royaume beaucoup d'hommes congi^érablesi P^irmi les presbytériens et beàucoujp d'autres encore que Tinte'rêt, ou Terreur avaient entraînes dans la rébellion contre le feu roi et le Eoi factuel. Us contptaient pour leurs partisans dans l'ouest de FAngleterre le colonel Popham; dans le pays de Galles ^ Mansfield; dans lecomté de Chester^ sir Georges Booth ; dans celui de Lincoln , It colonel Rossiter ; dans celui de Norfolk, sir Horace Townshend, sans compter sir William. Wallen^et plusieurs autres jouis-^ ss^nt d'un gffti^^d crédit dans le pays oùilsvitaient. Dans V^tmée , le coloaiel Charles Howard , te colonel Ingolsby et d'autr«s que la mort dû Crom*^ well et l'eixpulsion de son fils avaient privés de leurs emplqis ^t qui se croyaient en danger de' les perdre^. XjÇ$ roys^listes s'étaient surtout ratta-r chés d^BS ce dernier parti ceux qui avaient engagé Cromwell h pr^i^di^e la couronne. Us avâieat^ danS; la cîté^ \^ nsa^or génél^al Birown , et sur U flotte l6 général Moalaigue. Quant ait général Mopk, ilesit douteux qft^il ait eu, à celte époque^ la pensée d'entreprendre ce qu'il a diepiiis ai heu-? peusemei^t aecojnpli.
Les hommes, chargés en Angleterre des affaires de Sa Majesté , étaient le& krds Bellasis , le eolopel John Rusael ,. air Williaim Compton , le ca-* lonel Edouard Villart, lord Loughborough et sir Richard WiUis^. Tout était si bien cenveau en-
tre eux et ceux dont je viens de parler, que le premier aoât fut àésifpi pour un soulèvement par tdute l'Angleterre* Sa Majesté avait résolu de se montrer en personne à la tête des confédé* rés au moment m ils prendraient les armes. Tout Itvaitété préparé encpi^séquence , le Roi avait pris ses mesures , déterminé le lieu et l'époque du dé* barquement et les moyens qu'il devait prendre pour se rendre de là sur les points oà le soulèvement devait avoir lieu ; mais, presqu'au moment de l'exécution et le Roi prêt à s'embarquer , toutes nos espérances furent déjouées et mises à néant par la trahison d'un homme.
Cet homme fut sir Richard Willis^ ainsi que l'a depuis découvert Sa Majesté par le moyen de M« Morland. Sir Richard était un de ceux à qui le Roi avait entièrement confié la. conduite de c^ projet y il faisait encc»:e partie depuis l'origine de ce qu'on appelait rassociation d^éliie ; mais Cromwell l'avait corrompu; tout le temps qu'il vÀut^ sir Richard trahit constamment pour lui les intérêts qui lui étaient confiés^ et^ après sa mort 5 rendit le même service à ceux qui lui succédèrent. Cependant il était convenu avec eux de ne Iqur jamais livrer les personnes > mais seulement de les aider à d^ouer tous les desseins du parti du Roi ^ ou du nioins de lei^ en av^tir assez à t0|nps pour qu'ils pussent se Baettre à l'abri de toute tentative. 11 ne leur manqua jamais de pa-
rôle sur ce points et, d'un côté^ ni Cromweli ni tous éeux à qui il eut à faire ensuite ne le pressèrent jamais de leur découvrir aucune des personnes employées dans les projets tentés pour le service de Sa Majesté. Dans la circonstanôe {)ré->sente-en particulier , il ne trahit aucun de ceux tfui prenaient part à Tentreprise, bien qu'il eAt été facile de faire tomber entre les mains d^ gouvetnans dVlors , le duc d'Ormond venu secrètement eti Angleterre.
^ aht il travailla comme il Savait fait jusqu'alors à rompre ce dessein^ ce qui lui fut aisé en persuadant à l'association ^ au moment où tout était prêt et où on approchait du jour désigné^ quMl fallait différer la prise d'armes. Il les y engagea par des raisonnemens assez plausibles, tnais qui, cependant, à bien examiner la chose, n'auraient pas dû les convaincre ; mais personne alors n'imaginait pouvoir soupçonner' un homme qu'on croyait fermement attaché à Sa Majesté et que l'on regardait comme un des plus vifs à pousser l'entreprise. Son avis ayant donc prévalu , l'orcire fut dépêché à tous ceux qui étaient engagés dans le complot de ne point prendre l-es armes jusqu'à ce qu'ils crussent reçu de nouvelles instructions. Seulement "comme il se trouvait par hasard que Willis ne savait pas que sir Georges Booth dût prendre part au soulèvement, il ne reçut pas de contre-ordre. Willis envoya en même
temps à Bruxelles avertir le Roi qiie Tafiaire était retardée. Il était prêt alors aiosi.que le duc à passer en Angleterre.
Le Toyage se trouvant difféw , Son Altesse royale pensa . qu'elle aurait le temps d'aller rendre visite à sa sœur alors à Honslardycke près de
La Haye , et d'être de retour à Bruxelles: pqur le moment du départ de Sa Majesté; .mais il en arriva autrement; car le lendemain du départ de Son Altesse royale , on apprit à Bruxelles que 3ir Georges Booth s'était soulevé dans le comté de Cbesteravec un corps de troupes CQi^sidérable. Sur cette nouveiley Sa Maj esté pensant que ses partisans encouragés par cet exemple ^ soulèveraient dans d'autres parties de l'Ânglqterre^ bien que le nouveau jour qu'on avait désigné ne fut pas encore arrivé, jugea à propos de se rendre en Angleterre par la route de Calais. Le Roi , en même temps, fit avertir le duc, afin que celui-ci vînt le suivre, et le lendemain il quitta secrètement Bruxelles, n'emmenant avec lui que le duc d'Ormond, lord Rochester, Daniel 0' Neale et Titus. Quant au duc , aussitôt qu'il eut reçu la lettre du Roi , il se rendit à Bruxelles sans s'arrêter nulle part, entra secrètement dans. la ville et alla tout droit chez le secrétaire Nicholas , d'oii il fit dire au chancelier de le venir trouver pour lui apprendre les ordres que Sa Majesté avait lais-^ ^s pour lui en partant. Il se bornait à lui en-^
joindre de suivre en toute hâte Sa Majesté k Calais, oti il en saurait davantage. Le duc de Gto<> cester devait demeurer à Bruxelles jusqu'à non*vel ordrç. D'après ce peu que lui dit le chancelier, le duc, sans s'arrêter que le temps nécessaire pour prendre un déguisement sous lequel il devait passer en Angleterre, partit n'emraennnt avec lui que Charles Berkley et un trompette, et voyagea jour et nuit jusqu'à ce qu'il eût atteint Sa Majesté à Hasebrouck avant St.*Omer. Là , on décida que le Roi irait à Calais et le duc à Boulogne oii il devait se pourvoir d'un vaisseau qui le transportât en Angleterre:, et cependant attendre pour |^rtir les ordres que le Roi lui enverrait de Calais. Us se séparèrent donc, et Sa Majesté arriva le soir même au but de son voyage. Son Altesse n^atteignit Boulogne que le lende^» main matin.
On a dit depuis au duc que le Roi , en partant de Bruxelles, était déjà déterminé à se rendreàFonta* rabie. Il ne croyait pas que le projet de sir Georges Booth pàt réussir, mais cependant il avait jugé à propos de se rendre à Calais pour être à portée de s'embarquer , dans le cas où il apprendrait que quelques autres de ses partisans se fussent déclarés et où il pourrait concevoir de nouvelles espérances. Dans le cas contraire , il devait continuer sa route vers Fontarabie. Le duc n'a jamais su positivement si le fait était vrai, mais ce qu'il y
a de certain , c'est que &i le prt>j6t du Roi était tel qu'on le lui a dit^ pour sa part il Tignora complètement et crut si bien qu'il allait passer en Angleterre ^ que le jotir de son arrivée à Boulogne il envoya Charles Berkley trouver le lieutenant gouvernéttr et lui demander pour lut-même àe l'aider à ^ ptocurei" un bàtimeht qui pût le passer en Angleterre. Berkley dit au lieutenant gouvérnetii^ que le duc lui avait permis dç s^y rendre en secret pour ses affîiires particulières^ Ot pour lui ôter tout moyen de soupçonner que le duc pût l'avoir accompâtgné^ il Jui remit une lettre de Son Altesse royale^ datë6 de Bruxelles. Le lieutenant gouverneur Itii procura aussitôt un petit bâtiment et le duc n^attendit plus que les ordres qu'il detait recevoir de Cc^lais^ ne doutant pas quMIs ne vinssent bientôt fixer le moment de son départ.
Un ou deux jours après , le Roi vint en personne à Boulogne^ se rendant à Abbevilie^ et dit au duc que les dernières lettres qu'il avait reçues à Calais ne lui parlaient d'aucun autre soulèvement que de celui de sir Georges Booth ; qu'il ne pensait donc pas qu'ils dussent pour le moment se risquer l'un ni l'autre à passer la mer; que y ^ant à lui > son intention était de suivre le long de la côte vers Dieppe et Rouen ^ et, s'il apprenuit quelque meilleure nouvelle^d'allerdans Touest joindre Popham ou Mansfield , dans le
pays de Galles^ Quant au duc, il lui ordonna dé rôder dans les environs et lui permit de recevoir et d'ouvrir toutes les lettres qui seraient adressées à Sa Majesté'. Quant au reste , le Roi le laissait le maître .de se conduire comme il le jugerait à propos suivant les avis qu'il pourrait recevoir : ce qui n'empêcha pas que quelques jours après le docteur Âllestreene refusât de remettre au duc une lettre qui avait été apportée d'Angletei:re j)our le Roi.
Le Roi ^ en quittantSonAltesse royale^, se rendit à Rouen ^ de là à Saint-Malo^, paissa par La Rochelle j alla à Toulouse^ ensuite à Sarragdsse^ et ayant appris en cette ville que les conférences de Fontarabie., entre les cours de France et d'Espagne^ n'étaient pas encore terminées^ il se ren-^ dit dans cette ville. Sa Majesté ^ en quittant Bou« logne^ avait laissé au duc M. Titus. Feu de jours après le duc se rendit avec lui à . Calais-^ pour sayôir plus en détail des nouvelles d'Angleterre. Titus rencontra à Calais M. Dawson^ qui arrivait nouvellement du comté de Kent ,, et qui lui dit que le jour oîi l'on attendait le Roi et le duc à Linecourt, une compagnie de cavalerje y arriva , pçnsant les y trouverai et quç ce n'était qu'avec beaucoup dedifficulté que lui, Davvson, avait pu s'échapper et passer en France. Cet incident surprit singulièrement le djic, qui savait combien peu de personnes avaient été dans la conli-
dènce du projet qu'ils avaient eu de se rendfe à Linecourt. Lorsqu'ensuite on fut instruit des trahisons de sir Richard Willis, on sut que c'était lui qui Favait découyert aux rebelles.
Il arriva^ pendant que le duc était à Calais , un autre accident qui pouvait le mettre dans l'embarras y et avoir pour d'autres de fîicheuses conséquences. Un capitaine huguenot^ en garnison en cette ville, alla officieusement avertir le lieutenant gouverneur, M. de Courtebonne, que le duc était déguisé dans la yille. Il lui dit qu'il Tavait vu, et qu'il le connaissait bien, ayant servi en même temps que lui dans Tarmée française; il, lui dit en même temps où logeait le duc. Le lieutenant gouverneur fit fermer les portes de la ville, et se rendit, avec des soldats, sous la conduite du capitaine huguenot, à l'endroit où celui-ci lui avait dit que logeait le duc : c'était un mauvais cabaret à bière, situé dans une rue borgtie. Kn y arrivant, il apprit que le dénonciateur s'était trompé, et que celui qu'on lui avait désigné pour loger en ce lieu était M.Edouard Stanley, frère du comte de Derby, nouvellement arrivé à Calais, ainsi que plusieurs autres gen* tilshommes qui^ informés du soulèvement de sir Georges Booth, accouraient de tous côtés pour passer en Angleterre, afin d'y aller servir leur Aoi.
- Cependant le gouverneur ne s^en tint pas là.
lO MÉMOIRES
Le même homme ^ oa quelque autre ^ l'ayant as-* sure que le duo était daus la ville > il continua ses recherches et alla fouiller la maison d'une Anglaise nommée mistriss Booth> che^ laquelle avaient coutume de loger ses compattîôtes. Il n'y eut pas un coin de la maison qu'il ne visitât. Le due n'y logeait point; cependant il s'en fallut de peu qu'on ne l'y trouvât > car il s'y rendait quand Titus le rencontra dans la rue^ et lui dit qu^en avait fait fermer les portes de la ville et qu'on était à sa recherche. Il retourna donc tor ses pas 9 et se retira dans une maison où étaiËfnt lord Berkley et lord Langdale; il y demeura jusqu'à la nuit^ après quoi il demeura k l'hétellerie où il logeait*
Le gouverneur^ après avoir visité la maison de mistriss Booth^ cessa ses recherches^ et fit rouvrir les portes une heure avant la nuit. Le duc en fut averti sur-le-champ , et quelques personnes lui conseillèrent de sortir* de la ville le soir mên^ , avant la fermeture dès portes, afin d'avancer d'autant dans la route vers Boulogne; mais il n'en voulut rien faire , pensant que c'était peut* être un piège qu'on lui tendait^ et qu'on pouvait n'avoir ouvert les portes que pour avoir occasion de le prendre au moment où il sortirait. Il jugea donc qu'il n'était pas prudent de se faire reconnaître ainsi par son empressement à quitter la ville à une heure aussi indue; mais > entrç mi-
nuit et une heure, ii eut une chaude alerte^ et crut yéritablement qu'on venait p^ur le prandre. ÉTcillé par un grand coup à la porte de Fauberge^ où il se faisait en même temps beaucoup de bruit , il courut k la fenêtre f et crut entendre des sol^ dats : il ne se trompait pas, c'en était effectiTe*rneut ; mais ils ne songeaient point à chercher le duc; ils ramenaient seulement le maître de là maison, qu'on ayait trouvé irre-mort, et que qfuatre d'entre eux rapportaient chez lui«
Le lendemain matin le duc partit, comme il l'avait résolu, pour Boulogne et ne revint plus à Calais pendant tout le temps qu'il dcfmeura en France. Quelque temps après le capitaine Thomas Cook vint de Paris à Boulogne , lui porter des lettres de la Reine sa mère, et lui ordonner, de . sa part, de sUnformer du lieu où se trouvait le Roi. Les lettres de la Reine lui apprenaient que M. de Turenne, alors à Amiens, désirait s'entretenir avec le Roi, relativement à ses affaires d'Angleterre. Le doc se rendit aussitôt à Abbeville, où il espérait trouver le Roi; mais Sa Majesté n'y était plus , et tout ce que Son Altesse royale put savoir, c'est qu'elle avait pris la route de Dieppe. Le duc y envoya le capitaine Cook. Le capitaine manqua également le Roi à Dieppe, et poussa, toujours en quête de lui, jusqu'à Rouen , d'où Sa Majesté était déjà partie pour Saint-Malo. Alors le capitaine revint trouver
le duc> et lui readre compte des soins inutiles qu^il «avait pris.
La chose était trop importante pour la négliger. Le duc prit donc le parti de se rendre lùi-raéme^ en secret 9 auprès de M. de Turenne, M. de Turenne lui dit qu'il aurait désiré plarler sfU Roi ; mais que, puisqu^on né pouvait le trouver; ce se* rait par l'intermécKaire du duc qu'il ferait pour son service ce qu'il avait résolu, etsur-le-cbamp il lui offrit son réghnent d'infanterie, qu'il lui promettait de porter à douze ceiiits hômines, et les gendarmes écossais, pour les faire passer aTec lui en Angleterre. Outre cela, il promettait de lui fournir de quoi armer trois ou quatre mille hommes de surplus; six pièces^ de campagne, avec les munitions de guerre en proportion ; des outils et des munitions de bouche , ce qu^il en fallait pour la nourriture de cinq milhe hommes , ' pendant l'espace de six semaines ou deux mois. Il lui fournissait de plus des vaisseaux de transport pour passer le tout en Angleterre, et devait donner aux troupes que Sa Majesté* avait en Flandre le passage pour se rendre â Boulogne et s'y embarquer, avec ordre de suivre le duc aussitôt qu'on pourrait lui fournir des bâtimens. Il conseilla à Son Altesse royale d'envoyer à ses troupes l'ordre de se rendre sur-le-champ à Saint- Omer,.où elles trouveraient un sauf-conduit»
Pour assurer et faciliter ces préparatifs, M. de
DE JACQUES IL l5
Tarenne offrait au duc d'engager sa vaisselle ^ et d^employei: tout ce qu'il avait de crédit à lui proicurer la soiame dont il aurait besoin pour conduire cette^affaire. Il termina en disant qne Son Altesse royale pouvait.croire aisément que ce n'ë« tait point pac l'ordre du cardinal , alors à la eonférence de Fontaralne^ qu'il en agissait ainsi ^ mais qu'il .s'y portait de lui-même ^ et sans autre motif que son attachement pour le duc et sa famille*. . !
Il n'est pas difficile d'iniaginer avec quelle joie Son.Âltefse royale accepta des offres si génë-* reuses^ et l'on peut croiipe aussi qu'il se hâta d'arrêter le lieu où se ferait le dëbarquçmetft de ses troupes. Il fut décidé que ce, serait à Rye^ et en cas où le pays serait sbolevé en faveur du duc , il devait ^marcher à Maydstone et> à Rt)chester. Dans le cas contraire ^ il devait se fortifier à Rye, qui> par sa.. situation^ pouvait être en peu de jours mise en tel état de défense ^ qu'il n'aurait pas iéié aisé à Lambert de Fy forcer. Ce siège aurait d'ailleurs donné assez d'affaires aux rebelles pour leâ obliger à partager leurs ibrc^ et de-ranger .tous ieurs plans.
Les choses ainsi arrêtées > on se hàfia de mettre l'affairej^ train ^ eiM^ de Turenne dtiÂna au duc \me l^re pour le lieutenant gouverneur de Bou<^ logna 9 dans laquelle il lui ordonnait d'offrir k Son Altesse royale tous les bâiimens et bateaux
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cjae bien que le duc de Glocester eût remis au marquis de Caracena les lettres que Son Altesse royale lui avait écrites de Boulogne 3 pour faire marcher à Saint -Orner les troupes du roi d'Angleterre , le marquis n'avait pas voulu permettre 4^u'elles bougeassent de leurs quartiers^ quelques instances que lui en fît le duc de Glocester ; it avait toujours re'pondu qu'il ne croyait pas que M. de Tui:enné osât les laisser passer sans ordre sur les terrés du roi de France , et qu'il était bien assuré qu'il n'en avait pas reçu l'ordre. Il ne voulut pas permettre davantage qu'on les fît marcher vers la côte, ce qu'avait demandé le duc de Glocester, voyant qu'il ne pouvait obtenir ce qu'il avait désiré d'abord. Le duc n'a pu savoir quelles avaient été les raisons du marquis pour se refuser aux deux âelKïandes qui lui avaient été faites. Il se trouva, par l'événement, que ces refus ne portèrent point préjudice aux affaires de Sa Majesté , mais ils montrèrent ce qu'on avait lieu^.d'attendre du marquis dans les choses dont il serait le maître de disposer.
Ce de^ein manque > comme il ne restait point d'espéranoe, pour le moment, de pouvoir rien tenter en Angleterre, le duc passa le rfeste de l'année à Bruxelles, attendant le Roi son frère, qui s'y rendit en revenant de Fontarabie, un peu avant Noël. -.
Les l^Mnmes les plus éclairés du continent
DE JÀCQ^nESII. 17
s^attendaient alors si peu au changement qui devait bientôt après avoir lieu en Ângleteri*^ y que Sa Majesté^ en traversant la France à son retour de Fontarabie^ ne put jamais^ malgré toutes ses instances > obtenir du cardinal la légère faveur de le laisser passer quelque temp6 en France , le plus secrètement possible > auprès de la Reine sa mère. 11 fut donc forcée bien contre son gré^ de retourner à Bruxelles > et prenant sa route par Colombe ^ y passa seulement quelques jours auprès de la Reine sa mère j ce que pourtant on ne crut pas pouvoir lui refuser.
Au commencement de 1660 les espérances des royalistes d'Angleterre se trompant alors au plus bas^ on proposa au duc de commander les troupes d'Espagne contre le Portugal^ et dac^ cepter un emploi de grand amiral d^Espagne , avec le titre de Principe de la Mare* Il a été dit au duc que cet emploi n'était jamais donné qu'à des fila ou proches parens du Roi. Il donne le commandement des galères aussi-bien que celui des vaisseaux^ et partout ou débarque le grand amiral il commande dans le pays^ en qualité de vice-roi» Durant tout le temps de son séjour^ il a le cinquième de toutes les prises y de grands émolumens et un casuel jtrès*considérable. Ainsi ce poste n'était pas seulement honorable^ mais très^ avantageux sous le rapport pécuniaire^ ce qui était la chose dont le duc avait alors le plus
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grand besoin. Il accepta donc très^Tolontiers , Avec le consentement du Roi son frère , l'offrç tjui lui'ëtatt faite.
Son Altesse se préparait à partir an printemps suivant pour i'Espagne, quand la miraculeuse reVolution qui s'ope'ra alors en Angleterre vint mettre un heureux empêchement à son voyage. Le mouvement 5 une fois donnée lut si rapide ^ que Sa Majesté était presque rentrée dans son pays avant que les étrangers , particulièrement les Espagnols^ se fussent déterminés à croire à la révolution qui Vy ramenait. Sir John Greenvilie était déjà venu trouver le Roi de la part du général Monk^ qu'ils le croyaient encore plus loin que jamais de sa restauration , et étaient tellement prévenus de cette opinion^ qu'ils ne l'empêchèrent point de se rendre en Hollande. Enfin ^ Sa Majesté étant à Breda^ très-peu* de jours avant de s'embarquer pour l'Angleterre, le marquis de Caracena lui conseillait encore de retourner en Flandre.
Il prétendait avoir reçu d'Angleterre des nouvelles très-importantes dont il voulait informer le Roi, et disait qu'on était venu le trouver à Briixelles pour le charger de communiquer à Sa Majesté des offres très-avantageuses. Il envoya au Roi le comte de Grammont avec des lettres par lesquelles il priait Sa Majesté dé vouloir bien preodre la peine de se rendre à Anvers ou du moins à West-Wesel , attendu qu'il ne pouvait , comme
il saYaitbien que sud devoir l'y eût obligé^ aller trouver Sa Majesté hors des Etats du Roi sou maître; mais le Roi u'ëtait nullement dispose à se hasarder entre les mains des Espagnols^ ne sachant pas quelles pourraient être les conséquences de cette démarche. Il lui était aisé de com^ prendre d'ailleurs que les prétendues affaires du marquis étaient ou un prétexte pour Fattirer ou du ijftoins de trop peu d'importance pour valoir la peine d'un voyage y lorsqu'il ava^ la certitude de rentrer en Angleterre^
Cependant^ ne voulant pas que le marquis eût lieu de se plaindre> le Roi envoya le duc à Bruxelles^ priant iê marquis de lui faire part de l'af-* iaire* Son Altesse royale ne trouva autre chose que le colonel Bampfield qui apportait quelques propositions indirectes des Ecossais et àe& hom-* nies de leur parti. 11 en conclut que Sa Majesté avait fait très-sagement de ne pas quitter Breda.
Après être demeuré un ou deux jours avec le marquis^ le duc alla retrouver le Roi son frère qui 5 peu de jours après ^ se rendit à La Haye où il fut très'^bien reçu. Il s'embarqua à Scbevelin le 25 mai y à bord de la flotte anglaise commandée alors par le général Montagne. Le a5 du même mois y il débarqua à Douvres avec ses deux frères^ le duc d'York et le duc de Glocester^ et fit son entrée à Londres le 29 y qui se trouva être son jour de naissance.
Jamais on n'a vu «n Angleterre une joie pareille à celle qui éclata à la réception du Roi , et jamais peuple ne se sentit si heureux que le furent les Anglais à la restauration de Sa Majesté. On le comprendra aisémeiit si on réfléchit sur lès misères passées de l'Angleterre et ce qu'elle avait eu à souffrir d'une rébellion qui avait duré sans interruption de 1641 à i66o, et durant laquelle tout l'édifice du gouvernement avait été bouleversé , la monarchie détruite, le Roi mis à mort et, pour rendre la chose plus horrible, par une prétendue cour de justice. On voyait avec jeie se terminer une révolution qui avait abaissé la noblesse de tous rangs et fait partager à plusieurs de ses membres le sort de leur Roi ; qui avait entièrement détruit tout le gouvernement de l'Elise par l'influence de l'armée dont les officiers cénérauxétaient pour la plupart tirés de la plu» basse elasse, tels que des brasseurs, des savetiers et artisans du même genre; qui enfin avait établi une république ou plutôt une complète anarchie; ensuite de quoi Cromwell, général de cette armée, avait usurpé l'autorité suprême, et, sous le nom de Protecteur , avait gouverné plus arbitrairement que ne l'avait fait avant lui aucun roi d'Angleterre. Après sa mort, son fils Richard s'était emparé du gouvernement, mais avait été chassé par l'armée qui avait pris en main le pouvoir suprême, sans savoir comment en dis-
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poser 'i ïosLÏSf après plusieurs changemens et des couTulsioDS répétées ^ Dîeu^ daus sa grande miséricorde envers les trois royaumes et surtout pour montrer la toute puissance de son bras y s^était servi du général Monk^ faible instrument de ses desseins^ pour rétablir le Roi sans qu'il en coûtât une seule goutte de sang et au grand éton- Boment de la chrétienté.
La joie générale de la cour et de lanationnefut interrompue durant cette première année de la restauration que parla mort prématurée du duc de Glocester et de la princesse d'Orange rtous deux moururent de la petite vérole^ le premier en septembre^ et Fautre à Noël suivant. Le duc possédait toutes les qualités naturelles propres à faire un grand prince. Sa perte ne fut que plus douloureusement sentie par toute sa famille dont l'affliction fut renouvelée et augmentée par la mort de ht princesse d'Orange arrivée si promptement après. Le mérite personnel de cette prin^ cesse et la tendresse particulière qu'elle avait témoignée à toute sa famille durant le temps de ses malheurs firent de sa mort , pour ses parens ^ un sujet de douleur égal à l'estime qu'elle leur avait inspirée.
Nous ne devons pas oublier de rapporter un fait très-important et très-extraordinaire de la vie du duc qui eut lieu cette année ^ son mariage avec la fille dalord chancelier : événement, comme-
on vient de le dire ^ extraordinaire par lui-même et par les conséquences tour à tour fayoraibles et £àcheuses qui en résultèrent parla suitedes temps» Lorsque la princesse d'Orange était venue à Paris voir la Reine sa mère, près de laquelle le duc était alors , elle fut accompagnée de mistriss Anne Hyde, qui était une de ses filles d'honneur. Après ^ l'avoir fréquentée quelque temps ^ le duc en de» vint amoureux. Elle avait de l'esprit et beaucoup d'autres qualités propres à surprendre un cœur moins disposé à l'amour des femmes que ne l'é-^ tait Son Altesse royale dans la première vivacité de sa jeunesse. Elle montra autant de jugement que de vertu daos la conduite de cette affaire^ qu'elle ménagea si adroitement que le duc^ en-a traipé par sa passion^ lui fit, quelque temps avant la restauration , une promesse de mariage.. iPeu de temps après le retour du Roi en Angleterre, comme le lord chancelier, son père, était alors dans la plus haute faveur auprès de lui ,. 1^ duc choisit ce temps pour obtenir de Sa Majesté la permission d'accomplir sa promesse. Le Roi commença par refuser positivement, et employa beaucoup de raisonnemens pour détour* ner le duc de cette résolution ; et non-seulement Sa Majesté, mais plusieurs des amis du duc, et surtout quelques uns des gens de sa maison , s'op-. posèrent à ce mariage avec une sorte de violence < cependant le duc demeura ferme dans la résolu.-^
tion ok il était, de tenir sa pçrole , aimaat mieux, encourir le blâme d'ayori* promis trop légèrement qv^ Gelai de se montrer injuste en manq^iant ù sa prom^e&se. Le Roi enfin , après jbeauconp d'im-: portunités^ consentit à ce mariagi^iat l'on peut bîei]| si^oser qu^avec toute la circonsp^ctlion et toute la réserve possibles^ le^ cbancelier cepen*- ^ dant ne s'épargna pas à tâcher d'adoucir le Roi suar une^ aSaire , à tous égards^ si avantageuse poi)]? lui. La permission du Rpi une fois obtenue^, le duc^ sans perdre dp temps , épousa secrètement la jeune dame^ et bientôt après avoua son mariage. On doit convenir que ce qui lui manqutiit du côté de la nail&sarïce était si amplement suppléé psir ses autres mérites > que jsa conduite. depuis ne dépara point la dignité qu'elle avait acquise.
Bientôt après cet événement^ et au commeii-cement de janvier 1661, un nommé Yenner^ un. des prédicateurs de la siecte des faomn^ de la cinquièmie monarchie^ après uil sernOiOa et un jeûne de toute la congrégation^ se trouvait rempli de l'esprit de rébellion , sortit ^ entre onze heures et » minuit > de la maison où se tenaient le^rs a^seiu*-
hlé$» i à la tète de trente sectaires toup a^^^és ^ et ils se mirent. à parcpurir Je$ rues en criant ;^ Fiv^ le Roir- Jésus l invitant tous ceu^ qui étaient pour l6 Roi-'Jéaus à so joindre ^ fsux^ et ceux qui n'étaient pas pour luià garder leursmaisons. QucIt
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ques uns des constables sortirent à ce bruit pour tâcherde le réprimer ; ipais^ bien qu'accom pagnes ^ de trois ou quatre hommes de la garde ^ n^osèrent rien entreprendre contre eux. Venner traversa la ville sans opposition^ et^ comme personne de son parti ne fut assez fou pour se joindre à lui ^ il se retira avec ceux qui l'accompagnaient dans les bois d'Highgate.
Sa Majesté était alors à Portsmouth^ oii elle s'était rendue pour l'embarquement de la Reine sa mère et de sa sœur la prineesse Henriette, qui retournaient en France ; mais- le due , un peu in-' disposé 9 était demeuré à WhitehalK Le généralfut bientôt averti au Cockpit, où il était, et alla éveiller le duc pour lui rendre compte de ce qui se passait. Us y envoyèrent uq petit détachement de ce reste de cavalerie qui n'était pas encore licencié, et la compagnie du général, commandée par sir Philippe Howard; mais Venner continuant à se tenir dans les bois, la cavalerie , qui ne connaissait pas le pays, ne put l'aller attaquer.
Après avoir erré deux ou trois jours dans les bois, Yenner et ses gens les quittèrent avant le jour pour venir à Londres. Vers les sept heures du matin il traversa AUgate criant, de même que l'autre fois , vipe le Roi-^Jésus, et engageant tous ceux qui' étaient pour lui à se* joindre à eux. Ils ne trouvèrent aucune résistance , et , en tra-. fermant Leaden-4Iall , chassèrent devant eux queU
DB JACQUES IL a5
qœs miliciens dispersas qài étaient sortis au premier bruit. Us continuèrent leur route par le Tieux marché^ et s^Vrancèrent jusqu'à Woodstreet , oh un dëtacheiuent d'environ vingt chevaux , com- > mandé par un nomme Corbet, vint à leur ren-. contre ; mais la rue était si étroite que la cava-- 'lerie ne put courir sur eux. Deux hommes seulement s'étaient joints à eux dans toute leur marche^ à travers la cité , en sorte qu'ils furent forcés d'entrer dans une maison où ils se défendirent.
Tandis que cela se passait dans la cité , bnvtnt avertir le duc et le général à Whitefaail. Le mes^ sager leur dit qu'au moment où il était parti pour venir leur rendre compte , Venner et ses compagnons étaient déjà à Leaden-Hall ^ chassant devant eux tout ce qui se présentait. Le duc et le générai prirent aussitôt avec eux de la cavalerie , car il n'y avait plus d'autre garde (i) ; mais en route ils furent rejoints par tant de gens de qualité et de gentilshommes qui les accompagnèrent avec
(i) Le texte porte ihe duke and the gênerai immeâiateljf took horse , there being no more left on ihe guard. Il est trës-prol^able qu'il y a ici izne* lacune que n'a point remarquée r«diteur anglais , que le nombre de cavaliers devait être spécifié^ et que par conséquent on avait dû employer ]e pluriel horses au lieu du singulier. On a traduit ici «elon le sens que peut présenter la phrase telle qu'elle est; mais , d^àprës le sens du paragraphe » il y a lieu de croire qu'elle a été tronquée. ( Note de T Editeur, )
J»6 MÉMOIllBS
leiNT fuile^ qu'en arrivM* à S«iiit*»Paiil iU avaient bien avec eux quinze cento €ltwniii, .
ÏÀ., ils reneontrèrent' le lerd maire , air Ri-* ckard Bmvn , qui leur dit que Vtnner et t0us ses ^ens devaient être pris ou tués; que la milice, qui les assiégeait 9 avait eu ordre de les chasser des matseos iA ils te défendaient avec tant d'opiniâtreté , qu'elle n'avait pas cru d'ajbard pouvoir y parvenir sans &ire feu sur eui: : ce qu'elle n'avail pas osé par de boinnes misons ; mais un marin ^ nommé Lambert, persuada à quelques uns de& assaillans de le suivre sur le toit de la maison y par oii ils trouvèrent un passage. €e Lambert eut peur récompense le commandement du yacht du duc, et fut tué à la fin de i665 à bord dje i'Anae,. vaisseau de troisième rang.
Les furieux se laissèrent presque tous tuer ou blesser avant qu'on put s'emparer d'eux : im seul de^panda quartier; sur quoi un de #es*€amarftdesi'qui était blessé et à terre dans la même chambre, essaya de le tuer avec son épée, lui reprochant avec outrage sa lâcheté. Yeemer avait reçu dix^neuf blessures , et ce fut k grand'peine que les chirurgiens purent le conserver en vie jusqu'à sa condamnation et son sup-^ plice, qui eurent lieu bientôt après. Xi fut ]>endu,. ainsi que tous ceux de cette bande fanatique qui étaient encore en vie , excepté deux seulement qui servirent de témoins contre les autres^
DE iÂC<)lïm&ll. ^7
Ainsi se termina cette folle tentative d'an sèle furieux. Il sembla en quelque sorte que la Providence Teût permise à dessein de convaincre le j^oi et ses ministresde la néeessitéde pourvoir^ mieux» qu'ils ne l'avaient lait jusqu'alors ^ à. la sûrelé-et à la personne de Sa Majesté, en leur donnant à connaître quel dangereux esprit se trouvait encore répandu dans la masse de la nation | et cela ne pouvait être autreinent si peu de temps après l'époque oii le gouvernement avait été entre les mains des fanatiques^ et lorsqu'on voyait; sinon au pouvoir 9 du moins encore en vie , des hommes animés des mêmes dispositions^
G'0st pourquoi le duc proposa au oonseil , cou-* voqué le jour de l'insurrection, d'écrire à Sa Majesté pour la prier de surseoir au licenciement de la compagnie des gardes à cheval qu'on devait congédier ce jour même , et pour l'engager plutôt 9 augmenter le nombre des troupes destinées à faire la sûreté de sa personne et de son gouvernement* Sa Majesté suivit ce conseil ^ et donna bmt^ le^hamp l'ordre de lever un nouveau régiment des gardes, composé de douze compagnies > et dont le çommandemeilt serait donné au colonel John Russel , <st un régiment de cavalerie de huit escadrons, qui serait commandé par le comte d'Ox-r ford. On leva aussi une compagnie de gardes à cheval , sous le commandement du lord Gérard., l^e Roi fit venir en même temps la compagnie des.
gardes du duc alors à Dunkerque; de plusj, le Roi donna aii comte de **^ et au comte de.... des commissions pour lever chacun ttn régiment de' cavalerie dont il devait nommer les officiers,* auxquels on donna pareillement des commissions pour faire des enrôlemens dans leurs comtés' respectifs; ces régimens ne devaient point être mis^ sur-le-champ en activité , mais seulement prêtsr en cas de besoin.
On peut s'étonner que le lord chancelier et le comte de Southampton > les principaux conseillers du Roi f après avoir été témoins oculaires des insurrections et des révoltes qui avaient eu lieu' sous le roi Charles I". , et avoir vu ce qui lui en avait coûté de ne s'être pas fait assez bien garder^ prissent alors si peu de sûretés pour la personne du Roi actuel, et ne lui eussent pas conseillé de prendre des précautions contre le retour d'un semblable danger : et je ne puis m'empêcher de regarder , en ce point , la politique du bon lordHawley comme beaucoup plus sage que la leur; cary dans l'occasion dont je parle, il dit au Roi que mieux il serait gardé plus il pourrait compter sur la crainte de ses ennemis et l'attachement de ses amis.
Cela est d'autant plus étrange de la part de ces^ deux lords , qu'ils étaient , avec les évêques , à la tête de ceux qui s'opposaient, à la chambre^ des lords, au désir et au penchant qu'avait le Roï
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d'accorder aux dissideos, conformément à sa pro* damation de Breda. une tolérance limitée et telle qu'elle n'eût pu troubler la» tranquillité du royaume. On yoit clairement que le résultat ii^évitable de ce double conseil était d'irriter l'en*» nemi contre lequel on ne Toulait pas s'armer. Ce qui prouYC à quel point un zèle de religion mal entendu {i^ut souvent troubler les plus sages cer* Telles ; car c'était là le seul motif qui portât le chancelier, si attaché en toutQ autre occasion aux jptérêts de la couronne y à s^opppser en celle-ci au sentiment du Roi et du duç^ et à faire que le Rai violât en quelque sorte la foi publique 5 ou du^moins sa propre parole ;, qui aurait dd ét;*e sacrée et inviolable.^
Pour donner une idée du genre d'iofluenee que les ministres exerçaient sur la marche di^ gou-* vernement^ à laquelle j» en sa qualité de grand amiral 9 Son Altère avait iine part d'exécut^n si considérable^ il ne sera .pas hors de propos d'ex*poser ici, énjpeudemots^ le cai^actère personnel de ceux qui étaient employés par Sa .Majesté et possédaient sa confiance. Nous a^vons déjà rejtnàrque que> quelque temp^ avant la restauration , il existait une assez grande mésinteiligepce entre le duc et les ministres du Roi y savoir^ le lord chancelier, Hyde y le duc d'Ormond et le comte de Bristol. Ce dernier^ s'étant déclaré catholique romain y quelque temps après^ cessa de siéger daaa
5o MÉMOIRES
le conseil prive ^ mais contînua d^entrer dans le secret des affaires aussi • bien qu'auparavant: Cependant ce triumvirat ne fut pas de longue durée : le comte de Bristol ayant travaillé par des voies dëtournëes à obtenh* dans la faveur dû Rai une part plus exclusive qu'il ne convenait au chaneeliet* de la lui laia&er prendre > il éclata bientôt une guerre ouverte entre tes deut préten^ dans. Bristol eut d'abord le dessous : le chancelier avait pour lui le comt« de Southamptoif ^ homme très->-estimé du Roi et de tout le royaiiime^ mais qui n'avait pas bonne opinion du comte. Celui-ci^ d'uo caractère hautain , ne put supporter la pré-férence accordée à son ennemi > et pas^^ envers le Roi lui-même 5 aux emportemens et aut pepreches^ ce qui fut d'abord sans succès. Cependant^ comm^'on le verra par la suite ^ s'étant allié avec d'autres ennemis du chancelier , il parvint à son bttt> en ce qui concernait du moins la chute de son adversaire, mais sans en retirer d'autre avantage que le coupable plaisir de la vengeance.
A l'époque dont il est question , Sa Majesté avait ordonné au duc de vivre en bonne iiilelli<« gence avec ceux qui avaient sa confiance ; et cela était devenu fort aisé au du'c à l'égard du chan-^ celier ,^n raison de l'attachement qu'il avait pour sa fille. Aussi, à partir de ce- moment / Soù Altesse royaledemeura fermement attachée au chan^
DE JACQITB»!!. . 3t'
celiez > auteât que ït coni portaient %e^ deroirs enverd Sa Majesté.
Ce ministre était génërâlemenl loyal àe cœur et très-^fidèle a«x intëréts de la ceiiroooe; mais je ne puis excuser reitréme £iute qi&'îl commit en ïre faisant pas ou n'essayatit pasi «lu moins de faire révoquer^ dans le premier parl^iient> après le retout du Roi^ ced statuts ^ si inju^ rieux pout* la couronne ^ qu'avait portés le leug» parlement rebelle. Cette affaire^ bien suWie^ eût été faeîletnent empeiftée dans uti parlement 9. à cette époque^ si loyal et si affectionné pour le Roi« Il aurait obtenu ^ avec une égale facilité^ qu'on fixât à la couronne un revenu capable de la mettre^ à l'avenir^ eu séretté contre les tentatives dés factieux et le retour des terribles calamités dont elle avait été si récemment atteinte. Le chancelier ne manquait ni Ae Thabileté y ni de la prêt oyàuce nécessaire pour comprendre toutes ces choses ; quelques uns eut donc pensé , et non sans proba* bilité 9 que sa liégligence k cet égard venait de la crainte qu'il avait conçue que le Roi ne fut intcrieiiremedt disposé en faveur du papisme ; en sorte que 9 fort zélé^pour (e protestàntifirdte ^ il n'avait pas cru prudent de. mettre Sa Majesté trop à l'aise^ et de lui faire confier un trop grand pouvoir.
Ce fut ce ministre qui- concilia et négocia le mariage du Roi avec l'Infante dePoi*tugal, cott-
cltt en Tannéa i66a. Ce mariage paraissait avantageux à la couronne d'Angleteri<e ^ et Feût ëte effectivement si on avait pu faire ^ ainsi qu'on l'avait cru d'abord , de la ville de Tanger , donnée comme portion de la dot^ un port ou nos vaisseaux fussent en sûreté ^ et si> comme on l'avait également espéré ^ la Reine eût pu avoir des enfans» En voyant le chancelier donner à i' An^ gleterre une reine de son choix , et sa fille, mariée à l'héritier actuel de la couronne , on eût dû croire sa fortune si solidement établie que rien ne serait capable de la renverser; mais^ pour montrer combien est courte la vue que l'on porte 4ans l'avenir ^ et combien sont sujets à se tromper les hommes même les plus sages > ce qui avait paru d'abord devoir être l'appui de sa grandeur devint enfin la cause de sa chute y et amassa sur sa tête le poids sous lequel il devait i^uccomber. Ses ennemis lui firent^ par la suite ^ un crime de la stérilité de la Reine^ d'autant plus que sa fille à lui n'était pas dans le même cas; et l'on prétendit qu'il l'avait su ou aurait dû le prévoir^ attendu l'âge et le pays de la Reine. Je laisse à d'autres à juger à quel point cette idée peut être entrée dans l'esprit du Roi lui-même ^ et avoir contribué à lui rendre plus facile le renvoi de son ministre.
A là nouvelle de l'arrivée de la Reine dans la rade de Portsmouth , sous la conduite du comte
de Sandwich, le comte ^ accompagné dkitie grande quantité de noblesse , s^'avança , par Tordre du Roi y en quelque lieu en mer pour aller à la rencontre de Sa Majesté et l'amener à terre. £Ue débarqua le n^ de mai , et fut reçue par le Roi ^ qui la conduisit au logement qu'on ayait préparé pctur elle. Après qu'elle s'y fut reposée quelque temps. Leurs Majestés furent mariées par lord Âubigny, autnônier de la Reine, mais si secrètement , pour ne pas offenser les protestans, qu'il n'y eut d'autres témoins du mariage qu'un petit inombre de Portugais. Bientôt après , le Roi et la Reine passèrent dans la grande 3a lie oit se trouvait tout le monde , et s'y assirent sur deux sièges •qu'on leur avait apprêtés. Le doeteur Sheldon, alors évéqiie de Londres , accomplit les cérémonies extérieures et les déclara mariés.
On peut s'étonner que lord Sandwich n'eût pas épousé la Reine par procuration avant de l'emmener de Portugal, comme il est ordinaire en .pareil cas. On n'en voit pas d'autre raison, si ce n'est que les Portugais , le peuple le plus scrurpuleux qu'il y ait au monde, n'avait pas voulu que dans leur pays la cérémonie fiU accomplie par un protestant.
On avait fait au Roi ^ avant ceci , plusieurs autres propositions ou offres de mariage. Je. ne parlerai ici que de celle qui lui fîit faite- de la nièce du cardinal de Mazarin, réputée la plus
belle femme de l'Europe : ce qui m'engage a en faire mention, c'est que l'affaire eut cette singularité'd*a voir e'té , à diffe'rentes époques , proposée et refusée parchacune des parties. A l'époque ou le Roi était sur le continent, ef un peu avant le traité de» Saint-Jead^-de-Luz , au moment où le désordre régnait en Angleterre, où les armées Tenaient dé changer lé gouvernement^ de^ dissoudre le rump et d'établir leurs comités de sûreté, quelques amis du Roi avaient pensé que le cardinal serait bien aise de procurer à sa famille l'honneur de s'allier au Roi en lui donnant sa nièce ; dé l'autre côté , sa richesse et son pouvoir leur faisaien-t penser que, s'il voulait embrasser sincèrement l«s intérêts du Roi, il lui serait facile de remettre bientôt Sa Majesté sur le trône. L'abbe Montagne et lord Aubigny lui en firent' donc la proposition ; mais le cardinal, à ce qu'il parait, d'après les notions que lui faisait passer M. Bourdeaux, ministre de France en Angleterre, avait mauvaise idée de l'état des affaires du Roi , et les regardai t.comme désespérées- Il écavta donc la proposition par un complinient, et ne voulut pas entrer en négociation ; mais quand le Roi fut peu après remonté sur le trône, le cardinal , qui n'avait pas oublié l'affaire, eut le courage de la reprendre et d'offrir sa nièce à Sa Majesté avec une très-grosse dot en argent. Ni cet argent, ni les charmes de mademoiselle de Mancioi ne pu-
reiit séduire le Roi, qui, à son tour, repoussa poliment la chose , et elle en resta là.
Je n'ai- que peu de chose à dire à compter de cette époque jusqu'au commencement de la guerre de Hollande. Rien, du moins en apparence ^ne troubla, durant cet intervalle, la tranquillité publique ni en Angleterre ni à Pétranger; seulement je remarquerai que le parti républicain , incapable de demeurer en repos, ne cessait de travailler secrètement à détruire le gouvernement, et que les principaux de ce parti avaient dans cette vue des réunions et des conférences secrètes sur les moyens d'exécuter leurs projets; mais il leur était très -difficile de s'entendre sur la constitution qu'ils voudraient donner, soit à l'Eglise, soit à l'Etat, car leur conseil se composait de toutes les sortes de dissidens, protestans, sauf les quakers. Sa Majesté en était avertie de temps en temps par quelques faux frères; elle jugea donc à propos de s'assurer de plusieurs des anciens officiers de l'armée de Cromwell et des principaux non-conformistes, comme le major Wildman , le major Bremen , le major Creed, et autres qu'on soupçonnait de vouloir se mettre à leur tête et réunir un nombre considérable de soldats licenciés de l'ancienne armée, tous hommes d'une grande bravoure. Ils furent tenus en prison jusqu'à l'année 1667 , époque du renvoi du lord chancelier Clarendon. Cependant leur arrestation
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ne découragea point le parti et Ton pre'para deux soulèvemens qui devaient avoir Jieu en même temps , Fun à Londres, Tautre dans le nord aux environs d'York.
Quant au projet de Londres, on était convenu que quand Sa Majesté passerait en revue un des régimens de la milice , quelques hommes du complot, qui se trouvaient faire partie de ce régiment, mettraient des Balles dans leurs mousquets, et , lorsqu'on ferait une décharge pour saluer le Roi , auraient soin de l'ajuster. Le sergent de ce régiment , Bradfort , était à cette conférence. Quelqu'un ayant demandé : « Mais que ferions-nous si nous le manquions?» Il répondit: ï< Si vos balles le manquent, ma hallebarde ne le manquera pas. » Ce misérable, lorsqu'il fut arrêté et conduit enchaîné devant Sa Majes^té qui l'interrogea elle-même, ne nia^point d'avoir tenu ce propos. Il fut prouvé dans ïe procès et servit à sa condamnation.
On arrêta plusieurs des conspirateurs, et entre autres un nommé Ridge, prédicateur , qui , examiné par les secrétaires d'État, ne voulut rien confesser. Sa Majesté le fit venir et l'interrogea ellemême en présence seulement du duc et du lord Lauderdale. Il ne voulut d'abord rien dire; mais le duc lui ayant demandé s'il était marié, et Ridge lui ayant répondu qu'il avait une femme et cinq enfans tous petits, le duc recommença à le presser et lui
fit comprendre que s'il persistait à ne pas vouloir confesser ce qu'il savait > il serait certainement pendu et laisserait sans pain sa femme et ses enfans; tandis que s'il voulait être sincère et se confier à la clémence de Sa Majesté^ il pourrait non-seulement sauver sa vie, mais obtenir encore les moyens de soutenir sa famille. Cet homme fut si frappé de cette idée qu'il tomba sur-le-champ à genoux , implora le pardop de Sa Majesté, confessa tout le projet et servit de ténioin contre les autres qui, sans lui, n'auraient pu être convaincus de trahison; car il n'y avait avec lui qu'un autre témoin. Il se convertit si sincèrement qu'on le fît ensuite commi$$aire aux revues maritimes et qu'il fut tué dans le combat de quatre jours livré en i666.
Quant aux affaires du gouvernement et de la cour ^ tout allait alors le plus facilement du monde. Le chancelier était toujours premier ministre et chargé seul dès affaires d'Etat. Lord Falmouth était en grande faveur auprès du Roi depuis la restauration, et jamais on n'a vu, ni en Angleterre ni en aucun autre pays, un hqmme si peu occupé de ses intérêts et autant de ceux de ses maîtres. Lorsque dans la suite il fut tué sur mer, il mourut sans laisser aucune fortune , bien qu'il ne fut nullement désordonné dan^ ses dépenses; mais il était d'un caractère si généreux, quelorsqu'onltti proposait pour son propre compte
quelques projets avantageux et qu'il en avait obtenu du Roi la concession , s'il se rencontrait en même temps quelques anciens cavaliers malheureux en instance pour la même faveur , il déliait le Roi de ses promesses et faisait passer la concession aux autres , disant que quant à lui , le Roi ^ tôt ou tard^ aurait soin de ses affaires. Il serait h de'sirerque tous les favoris et premiers ministres suivissent un pareil exemple. '
Vers ce temps ^ lord Ârlington^ étant revenu d'Espagne^ s'efforça de s'insinuer dans la faveur de Sa Majesté^ et fut d'abord soutenu par le lord chancelier et par son ancien maître le comté de Bristol, qui, l'un et l'autre, n'aimaient pas lord Falmouth; mais, peu de temps après sa mort, le chancelier; comme on le verra dans la suite die cfette histoire , eut de bonnes raisons pour se repentir de l'appui qu'il avait donné à Arlington.
Sir William Coventry, secrétaire du duc, et fort avant dans sa faveur à cause de ses grands talens, ne fut pas non plus long-temps en bonne intelligence avec le chancelier. Son activité et sa capacité en affaires donnèrent de la jalousie à celui-ci, qui essaya de l'en tenir éloigné. L'autre voyait trop clair*pour ne s'en pas apercevoir; aussi, dès que l'occasion s'en présenta, il ne manqua pas de prêter la main pour faire mettre de côté le chancelier.
Je dois aussi parler ici du duc de Buckingham.
DE JACQUES II. Sg^
Ban»hes premiers tçmps du retour de Sa Majesté en Angleterre, il ne fut point, nommé du conseil ou* étaient entrés , excepté lui, tous ceux qui en* aTaienteté sur le continent. Sa Majesté ayairteu à se plaindre de lui lorsqu'il était revenu en Angleterre quelques années avant la restaura tion . Cependant, comme il avait été admis à la cour, et que sa conversation. était infiniment agréable et amusante, il s'insinua par diegré à tel point
dans la faveur du Roi, qu'il eut d'abord l'entrée au conseil et quelque temps après fut fait grand écuyer. Arrivé à ce point, il ^e ligua promptement avec ceux qui travaillaient à la ruine du chancelier, et, par ses railleries, accoutuma in* sensiblement Sa Majesté à en entendre dire du tuai; mais ce ministre était trop bien affermi pour qu'il fût aisé de le renverser. Et quoique ses ennemis fussent nombreux à la cour, et eussent l'oreille du Roi , il tint bon contre eux pendant plusieurs années; mais à la fin, ceux-ci voyant, qu'ils ne pouvaient gagner sur le Roi de le renvoyer, formèrent contre lui un si forirparti dans la chambre des communes, chose for t aisée contre tout premier ministre, qu'ils parvinrent ainsi à le renverser, comme on le verra par la suite.
Pour revenir à ce qui intéresse plus particulièrement la vie et les actions de Son Altesse royale, on doit rappeler que, depuis son retour en Angleterre, le duc s'était particulièrement
o€cupe% en sa qualité de lord amiral^ de se niittre au courant de l'état de la flotte. Quoique Tusùrpateur l'eût fort augmeotée quant au nombre > des vaisseaux 9 les rërolutioiis survenues^ depuis sa mort i'avaieut siogulièremc^ht désorganisée/ Les troupes de mer étaient presque réduites à i^îen^ et lés magasins entièrement y ides. Le duc se hâta d'en rendre compte au Roi ^ qui fit si bien que le parlement lui vota une somme de douze cent mille livres y pour en disposer selon que. l'exigeraient les besoins de l'Etat ; et Sa Majesf é, . qui comprenait les véritables intérêts de la na«lion 9 et s'occupait , avec un goût particulier^ des affaires de la ^larine y consacra au service de là flotte buit cent mille livres dès douze cents qui lui avaient été accordés. La plus grande partie de cette somme fut employée à remplir les ina-. gasins, afin que Sa Majesté fAt toujours en état d'équiper promptement une flotte considérable « aussitôt que l'occasion l'exigerait.
Outre le soin qu'apportait le duc aux affaires de la marine ^ il - s'appliquait à s'instruire de celles du commerce^ le plus grand intérêt de l'Angleterre, et donnait toutes sortes d'encoura- < . gemens aux différentes compagnies commer-^ çantes, telles que celles des Indes Orientales, du Levaot, d'Hambourg et des Canaries. Il en établit aussi une nouvelle pour le commerce de la Guinée;! ce qui était absolument nécessaire pour
DE JACQUES II. 4ï
la coaseryation des Colonies ^ et p6ur'enipéeher les Hollandais de s'emparer absolument du com-' mercë de la Guinée. Il fit usage ^ en ceci ^ des con-^ seils et de l'h&bileté de sir Richard Ford^ et de quelques autres marchands qût possédaient le secret des Hollandais pour teindre les sayes de la couleur qui plaisait le plus aux Noirà> et pour doBner aux ballots Fodeur qu'avaient ceu^ de Leyde^ d'où s'expédiaient précédem nient toutes les sayes envoyées en Guinée.
Gommé les Hollandais^ pendant les guerres civiles d'Angleterre, avaient fort empiété ^ de tou$ côtés /sur le commerce des Anglais > et les* avaient dépossédés du château de Cormentin, sur la Côte- d'Or, le duc, lors de l'établissement de la compagnie de Guinée ou compagnie royale d'Afrique^ emprunta à Sa Majesté deux vaisseaux, «vec lesquels il envoya sir Robert Holmes qui , accompagné de quelques autres bàtîméns appartenans à la compagnie, et d'un petit détachement de troupes de terre, alla, selon les ordres qu'il avait reçus, s'emparer du fort du Cap- Vert, en Afrique, reprit aux Hollandais le château de Cormentin, mit garnison dans tous les deux, et étabUt, tout le long de la côte, des factoreries pour le compte de lu compagnie.
Quelque temps après , le Roi concéda au duc l'Ile Longue, dans les Indes Occidentales, et la portion de terre qui se trouve située entre la
Nouvelle- Angleterre et le Maryland, el qui, depuis la découverte, avait toujours appartenu à la couronne d'Angleterre. Les Hollandais avaient aussi fort empiété de ce côté, pendant la rébellion , et y ava-ient bâti une ville et quelques £brts y afin de s'assurer, sans concurrence , le commerce du castor. Le duc emprunta au Roi deux vai;s* seaux de guerre, sur lesquels il envoya le colonel Richard Nicholas, ancien officier alors attaché à sa chambre, et trois cents hommes, pour se remettre en possession du pays. Les Hollandais le rendirent par composition , sans tirer seulement l'épée. La plupart des habitans Hollandais' y demeurèrent avec les anciens habitans Anglais, et des Colons de quelques autres pays qui s'y' étaient établis dans l'origine avec les Anglais. Le colonel Nicholas demeura donc* paisible possesseurde ce pays, qui fut alors appeléNcw-York, et le fort construit sur la rivière reçut le nom d'Albany. Tandis que le duc s'occupait ainsi, de son côté, à étendre le commerce, le parle-' ment, poussé par le Roi, ne travaillait pas moins activement à le faire fleurir : ce fut dans cette intention qu'il vota l'acte de navigation et d'autres bills tendant à encourager le commerce et la construction des bâtimens.
Cette marche, et les plaintes répétées de nos marchands, sur les dommages qu'il avaient' reçus des Hollandais pendant les troubles' d'Angleterre,
amenaient naturellement la guerre quï e'clata bientôt contre la Hollande. La nation tout entière et la chambre des communes^ en particulier, sentaient vivement la nécessité d^^obtenir satisfaction des injures^ et des pertes qu'avaient subies nos marchands, par suite des injustes empiètemens des Hollandais. Ces pertes étaient estimées à environ sept ou huit cent mille livres. Les plaintes du commerce furent en6n présentées au parlement , et les deux chambres votèrent que les insultes et les dommages que nous avions soufferts, de la part des Hollandais, étaient le -plus grand obstacle »que pût rencontrer le commerce extérieur, et qu'on demanderait à Sa Majesté de s'occuper d'y apporter promptement remède.
Les Hollandais n'en continuèrent pas moins à refuser les satisfactions raisonnables qu'on exigeait d'eux, peifsant avec quelque apparence de raison que la nation ne s'engagerait pas aisément dans une guerre nouvelle et dispendieuse , au moment où elle venait de retrouver la paix dans l'intérieur ; de plus , l'ambassadeur hollandais Van-Gough s'était aperçu que le Roi ne penchait pas beaucoup à la guerre, et que le chancelier y était entièrement opposé. Cela l'entraîna dans de fausses mesures parce qu'il se persuada que rien ne pourrait réussir contre la volonté du premier ministre. Il se laissa tellement
46 * MÉMOIHES
trouvaient le Royal-X^harlea^ le Roy al- James , le Swiftsure et le London^ bàtimens de premier et de second rang^ et d'autres de troisième et de quatxûème^ au nombre en tout dç quarante vaisseaux, et décida que le duc les commanderait. Le duc partit en conséquence au commencement de novembre pour Portsmouth, s'embarqua sans retard et alla rejoindre le prince et le comte.de Sandwécb. Cependant Opdam et sa flotte étaient toujours à Gœrée^ et les £tats ^ après toutes leurs bravades, étaient ep grand débat pour savoir sHl fallait ou non les laisser partir. UnTCot contraire qui dura tout le mois^ les tira d'incertitude, .et leur donna pour rester une excuse dont ils ne furent pas fâchés. En effet, lorsqu'au commencement de no-^ vembre le vent tournant à. l'est, devint favorable à leurs projets, ils persistèrent dan^ l'intention de n'en point profiter, et désarmèrent leurs vaisseaux pour jusqu'à la fin de l'hiver.
Le duc, qui n'en savait rien encore et s'attendait à les rencontrer, croisa quatre ou cinq jours entre Dunnose, Portlandet le Cap de la Hogueoii le peu de lai^gour du canal l'obligeait de meUre en panne toutes les nuits, et quoiqu'il fît toujours extrêmement sombre et que le vent soufflât trèsfrais, il n'arriva aucun accident à aucun de ses vaisseaux-
Cependant, à la fin, ne voyant pas paraîtue les Hollandais, il retourna à Spithead où il sut
que les Hollandais^ apprenant que le duc les attendait dans le canal ^ avaient donne à Opdam l'ordre dedésarmer. Son Altesse royale, après avoir anime par sa présence le zèle des marins de la flotte, rc^it avec le prince Robert, au commencement de «décembre , la route de Whitehail, laissant la flotte jusqu'à son retour sous le commandement du comte de Sandwich avec Tordre d'envoyer les vaisseaux de quatrième et cinqulèmexangs croiser à la hauteur de l'ile de Wight et de ramener dans nos ports , par voie de représailles, ce qu'il pourrait rencontrer de vaisseaux hollandais. Tel était Tordre du Roi transmis au conUe par le «duc d'York. Son Altesse donna aussi des ordres pour l'équipement de tous les autres vaisseaux alors dans les ports , afin que la flotte tout entière se trouvât au commencement du printemps entièrement avitaillée et prête à le recevoir. Il ne négligea point de voir par lui-même à ce qoe tout fût exécuté ainsi qu'il convenait et de retourner à son poste aussitôt que la saison le lui pçrmit.
Le 24 novembre , le parlement se réunit, et le Roi, ilans son discours aux deux chambres, leur rendit compte de l'état des afTaires relativement aux Hollandais, et des préparatifs maritimes qu'il â^était occupé de. faire pour les mettre à la raison. Après quoi la chambre des communes vota le lendemain un. subside de deux millions
I tout eut"
43 MÉMOlilES
cinq cent mille livres^ et le 4 m^rs oa proclama spleunellementla déclaration de ^orre contre la l[oUande«
Ce fut le. 25 .mars suivant que le duc^ accom*pagné d'uQ gi^and nombre d^hommas» considérables et de volontaires de la plus baute qualité , partit de Londres pour Giinfleet» rendez- vous général de la flotte; et quoique^ par sa {>rë6ence et ^'activité de ses ordres^ il bâtât autant qu'il le pouvait la fin des préparatifs, il ne put parvenir à les faire terminer que cinq semaines apràs* Son Altesse employa cet intervalle de temps le plus «utilement qu'il lui fut possible, réunissaut à son bord, tous les matins, tous les officiers ' généraux^ afin de s'entendre sur l'ordre d^ bataille •et le rang de chacun; car bien que dans lesder- .niers combats , du temps de Cromv^ell , les Anglais ^e fussent conduits avec une grande buavoure, ils ne isongëaient nullement à garder aucun ordre déterminé , et leur victoire était toujours due beaucoup plus à leur valeur qu'à leur tactique«Cfefut dans cette guerre , commencée sous les ordres de Son Altesse royale, que. pour la première fois ils combattirent en ligne et suivirent uu plan de ba- ^ taille régulier.
Au CQmmencemjent de mai, le duc se mit en mer avec sa flotte, la plus brillante et>la plus formidable qu'eût encore vue la nation , soit eu égard •au nombre et à la force des vaisseaux , soit par
le rang de t'amîral qui b commandait et qui eut la pTemière partaui dangers çt à la gloire de cette expëdtticm.
La flotte était composée d'enTÎroo quatre- Ti>-dix-huit vaisseaux de guerre^ dont trois du premier rang, onze du second , quinze du troi^ sîème^ trentenleux du quatrième, onae du cinquième, et Tingt-sîx raîsseaux marchands, armés enferre, de quarante à cinquante canons, sans compter plusieurs brûlots et corvettes* La flotte était fmrtagée, comme à l'ordinaire, en trois escadres, la rouge^ la blanche et la bleue. A la tète de la première était le <luc sur le Rqyal-^ Charles, portant au grand mât l'étendard royal aux armes d'Angleterre. Sir John Lawson avait l'honneur d'être le vice-amiral de l'escadre de Son Altesse royale, ^ sir William Berkley spn contreamiral. Le prince Robert, vice-amiral delà flotte, commiandait l'escadre blanche et portait à son grand mât le pavillon de l'union; il avait pour vice-amiral sir Christophe Mynns, et pour contreamiral le capitaine S|t mson. Le comte de Sandwich , contre-amiral de la flotte, commandait l'escadre bleue et portait à son grand mât te pavillon bleu ; il ayait pour vice-amiral âir Georges Ayscue, et pour contre-amiral le capitaine Tyddiman.
Son Altesse, accompagnée de la sorte, aspirait vivement à rencontrer La flotte hollandaise, el ne la voyant point paraître, se résolut d'aller chercher 2. 4
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les Hollandais jusque sur leurs cotes. La flotte croisa quelque temps entre SchcTelhig et le.Texel , et s'approcha tellement de Temboucbure de cette rivière^ que le duc put . reconnaître en détail toute la flotte hollandaise^ encore à Tancre dans le port. Les ennemis en prirent une telle alarme, qu'ils allumèrent aussitôt des fanaux -tout le long de la côte , afin d'être promptement avertis de la première tentât ire d'un débarquement , ce qu'ils redoutaient beaucoup*
Son Altessepassa enriron dix lieues plus loin^ puis mit à l'ancre^ croyant toujours que la flotte.allait sortir! mais , au lieu de la flotte, il aperçut seulement une dixaine de vaisseaux marchands faisant le commerce de Bordeaux , escortes. par deux vaisseaux de guerre, Comme ils étaient à environ une lieue sous le vent de la flotte anglaise, il fit le signal de leur donner la chasse; et, malgré un brouillard très-épais, tous les vaisseaux marchands furent pris; mais les vaisseaux 4^ guerre trouvèrent moyen dé s'échapper.
Le duc, bien qu'il ne vit pas d'apparence à ce que les vaisseaux hollandais sortissent du port> demeura cependant quelques jours de plus dans ces parages. Enfin quelques uns de ses mâts' ayant été abattus par la violence' du -vent, il jugea à propos de retournera Gunfleet pour s'y réparer et faire de l'eau. Ce ne fut donc que vers la fin de mai qu'il fut en état de se remettre en mer, et.
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d'après lés vents^;q«i soufflaient alors, il jageait bien que l'ennemi ne pourrait pas sortir de son côté.
Cependant le matin du 3o, il fit donner le signal.du départ; au même instant le vent changea et tourna à l'est, ce qui lui reqdait extrêmement difficile desortirdes bancs de sable; mais il 'profita aussi bien qu'il le put de l'avantage de la marée, sentant que ce même vent fevorisait la sortie des Hollandais, en jugeant qu'ils s'en serviraient probablement pour se montrer sur les côtes d'Angleterre, afin de satisfaire le peuple et de réparer un peu le tort que leur réputation avait souffert de tant de délais. Le duc ne fut pas trompé dans ses conjectures , et fît tout ce qui fut en son pou^ voir pour sortir en mer afin de surveiller leurs mouvemens ; mais, malgré tous ses efforts, il ne put avant le i«. juin gagner la baie de Southwold, oîi il mit alors à l'ancre, et vers une heure de l'après-midi il vit paraître au vent la flotte des Hollandais. :
Elle consistait en cent trente vaisseaux de guerre de tous les rangs, formant sept escadres i plds onze brûlots et sept yachts. Elle était commandée parOpdam, homme de qualité et personnelle-' ment courageux j mais asseï auédiocre marin. Les officiers qui commandaient sous lui et qui portaient ;des pavillons à. leiir. grand mât i étaient Corneliusj Jean Evertzs, Stillingwert, Tromp;
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fils du fameux Tromp^ Schram et Corfenaer.
Les deux flattes ne s'approchèrent pas encore^ car il fallait aux Anglais quelque temps pour se mettre en ordre de bataille. Us attendaient d'ailleurs le retour de plusieurs de leurs grands yaisseaux ^ partis le matin même pour presser^ afin de se compléter en hommes y les matelots d^un grand convoi de charbon qui passait alors près d^eux se rendant Ji Londres*
Le vent> qui soufflait toujours de l'est ^ tomba yers le soir , en sorte qu'on put alors avancer. Les deux flottes s'efibrcèrent de profiter du peu qu'il en restait.
Le lendemain les Hollandais ne furent en vue que vers dix heures du matin. Le duc profita d'une brise fraîche pour s'avancer vers eux avec trente de ses meilleurs voiliers ^ mais jugea à propos de se tenir à une distance d'environ deux lieues jusqu'à ce que sa flotte fût réunie et en ordre. Lorsqu'elle le fut^ il recommença d'avancer ^ et ^ un peu avant la fin de la soirée ^ les deux flotte^ étaient à une petite lieue l'une de l'autre. Le duc était alors environ à huit lieues à l'est de Laystof > c'est-à-dire à trois ou quatre de Yarmouth. Le temps fut calmé toute la nuit.
Vers deux heures du matin on vit les HoUandais allumer leurs mèches y et par conséquent se préparer au combat. Us étaient rangés dans le même ordre de bataille que les Anglais , tous sur
uoc seule ligne. Au point du jour s'éleva une petite brise du sud-ouest ^ très-favorable à FafTaire qui se préparait. Afin de la rendre plus avanta-geuse^ le duc prit beaucoup de soins et de peines pour gagner le vent. L'escadre blanche avait l'a* vaut- garde sous la conduite de sir Christophe Mynns, qui tira le premier coup de cànon. Â la tête des Hollandais étaienrt trois vaiisseaux COm? inandanis montes par Tromp , Cortenaer et Stitlingv^rt*
Vers trois heures du matin, le combat cornmeliÇa brusquement des deux côtés ^ et Ta van t* garde de l'ennemi étant arrivée sur notre arrièregarde^ lé duc fit donner à sa flotte le signal dé virer de bord tout k la £iis^ et de gouverner dans la même direction que les Hollandais ; maiâ le matelot qui devait monter sur le mât pour donner le Signal s'y prit si mal^ il fut si long-temps > qu^avant qu'il eût hissé le pavillon^ sir Christophe Mynns avait déjà Êiit faire ses mouvemens à son avant-garde^ vaisseau par vaisseau^ et avait toutes ses amures à tribord (i).
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(i.) Les amures sont les cordages servaat à disposer les voiles de manière à ce qu'elles reçoivent le vent. Un vaisseau a ses amures à tribord quand il reçoit le vent par le coté de tribord. On sait que le tribord est le coté droit du vaisseatt en regardant la proue , et le bâbord le coté gaucbe. On n'a pu éviter de conserver quelques termies de marine qui n'oftt pas d'équivalent dans le langage ordinaire ; ce-
Le duc s'en étant' aperçu empêchs» de donner le signal qu'il avait commande , de peur de mettre toute la flotte en dësordx^e^ et au lieu de hâter la manoeuvre^ comme l'avait fait la plus grande partie de l'escadre blanche , il se contenta de virer de bord à son tour; Ce petit :accident fit perdre plus de six heures quise.passèrent avant que l'occasion se présentât de nouveau ; alors Son Altesse x63rale vfiit.de nouveau donner le signal; La flotte tout entière vira de bord à la fois; en sorte que les deux flottes se ^trouvèrent leurs- amures à tribord, et orientées le plus près du vent (i) qu'il leur fut possible; mais cet accident fut très^favorable aux ;HoUandais ; car si le signal avait ëtë fait là première fois aussitôt qu'on l'avait ordonné^ les deux flottes eussent ëtë amurëes de bâbord et gonvernaient vers la côte d'Angleterre; en sorte que jorsque les Hollandais prirent la fuite, ce qu'ils firent bientôtaprès, ils auraienteu plusdechemin à faire pour regagner leurs côtes.
pendant on s'est généralement appliqué , dans ces sortes de narrations , à rendre plutôt le sens que les expressions textuelles de Toriginal j dont plusieurs auraient été inintelligibles pour le plus grand nombre des lecteurs.
' ^ {Note de l'Editeur.)
(i) Un vaisseau est orienté, au plus près lorsque les voiles sont disposées de la manière la plus propre à recevoir le vent. ( Note de V Éditeur. )
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Qo se fit mutuellement peu* de mal dans ces deux premières .passes , seulement, les Hollandais reprirent le Charitjr^ Taisseau.de cinquante canons^ qui leur ayait été enlevé par les Anglais du temps de CrorâweU.Il venait de servir à escorter le con:Voi ,de chapbpn ; il. était mauvais voilier eJ!tout-à-faît hors d'état de passer au vent de la^ flotte hollandaise; cependant il ne. sç laissa prendre que lorsque son capitaine Bickeoson et la moitié dé l'équipage ei(reùtété tués eu tâchant ,de se^irejour à travers la flotte;enue)iiie; Deux autres bâtimens du quatrième iranget un du-cin- <}uiè<ne qui venaient joindre notre flotte^ ne pouvant également passer auvent des Hollandais^ virèrent de bprd ayant d'approcher d'eux à portée de canon 9: et vinrent ensuite nous rejoindre à la {Nremîore bordée. .
Les deux flottes avaient donc viré de bord deux fois 9 et ^u^vernaient dans lanterne direction, les amures à tribord, le vent soufflant sud-ouest. Elles oçsjsèrent de tirer pendant près d'une heure, bien quJalors elles se trouvassent sous le feu l'une de l'autre. Chacune des deux s'efforçait défaire toutes ses voiles, les Anglais pour garder le vent, les Hollandais pour le gagner. Il arriva que dans cette iDAQi^Buvre leduc changea son ordre de bataille et Opdam le sien; car le Royal-Charles ^ que montait le duc, étant très-bon voilier,. gagna la tête sur le comte de Sandwich , qui mon^