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avis furent partagés sur le sort de cette pièce; ce qui me détermina à en faire une seconde répétition. Elle se fit sur un petit Théître que j'avais chez moi, par les Acteurs de mon Spectacle, en présence de plusieurs Artistes célèbres (1), qui pour la plupart avaient voyagé en Italie; ils m’assurèrent tous que toute la pièce aurait le plus grand succès. Elle fut donc représentée, et, quoique jouée et chantée par des Acteurs qui ne savaient pas la Musique, elle fut généralement applaudie.
Les Bouffonnistes, persuadés que cette Musique avait été faite à Vienne par un Italien, vinrent me complimenter sur l'acquisition que j'avais faite de ce bon Auteur, et se confirmèrent encore la grande supériorité de la Musique Italienne sur la notre. Aussi charmé de leur bonne foi, que de l’heureuse tromperie que je venais de leur faire, je leur présentai M. d’Auvergne, comme le véritable Orphée de Vienne.
Jusque-là j'avais lieu d’être content d’une idée qui m’avait si bien réussi; mais je fis des réflexions sur le tort que cette Musique pouvait faire aux pièces en Vaudevilles. Je ne tardai pas à en faire la triste expérience, en remettant les Nimphes de Diane (2), l'un des meilleurs Opéras-Comiques de M. Favart. Je le fis représenter à la suite des Trocqueurs. Ce joli Drame, qui avait eu dans sa nouveauté le plus grand succès, parut froid et n'eût que très peu de représentations.
J'eus, à la Foire Saint-Germain 1754, plusieurs nouveautés de différents genres. Celle de Saint-Laurent de la même année fut brillante par deux Ballets de la composition du Sieur Noverre, qui sont les Fêtes Chinoises (3) et la Fontaine de Jou-
(1) Je pense que les Artistes en général, jugent mieux et doivent mieux juger des choses de goût et de sentiment, que la plupart des autres hommes. (M.)
(2) « Ce petit opéra devait paraître dès 1741; mais on refusa la permission de le jouer alors. 11 fut représenté en 1747 (au moins de septembre) à Bruxelles, par les comédiens de M. le comte de Saxe. » Anecdotes dramatiques.
(3) 1° juillet 1774. Desboulmiers dans son Histoire du Théâtre de l'Opéra- Comique (t. Il, p. 323), a donné une description détaillée.
« Ce ballet, dit-il, avait déjà été exécuté à Lyon, à Marseille et à Strasbourg. Le Théâtre représente d'abord une avenue terminée par des terrasses et par un
vence (1). Le premier, Ballet national, étonna par sa singularité, et sa magnificence attira le plus grand concours. Les décorations étaient toutes de l'invention et du dessin de feu M. Boucher, premier Peintre du Roi. Elles furent peintes par MM. Guillier, Moulin et de Leuse. Les habits avaient été dessinés et dirigés par M. Bocquet, dont les talents dans cette partie sont connus. Ce Ballet fut vu de tout Paris. Je ne m'’arrêterai pas aux autres compositions du même Auteur ; les Réjouissances flamandes (2), etc. n'eurent pas moins de succés.
La Foire Saint-Germain 1755, fut soutenue par une nouveauté de M. Vadé, intitulé, Jérôme et Fanchonnetie, où Anacréon à la Grénouilière, Pastorale poissarde (3). Cette petite pièce, du plus
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escalier qui conduit à un Palais situé sur une éminence, Cette première décoration change et laisse voir une place publique ornée pour une fête, et dans le fond un Amphithéâtre où seize Chinois sont assis. Par un rapide changement de place, au lieu de seize Chinois, on en voit trente-deux qui font un exercice pantomime sur les gradins. À mesure que les premiers descendent, seize autres Chinois, tant mandarins qu’esclaves, sortent de leurs habitations, et se rendent sur les gradins. Tout cela forme huit rangs de danseurs qui,en se baissant et se relevant successivement, imitent assez bien les flots d'une mer agitée. Tous les Chinois étant descendus, commencent une marche caractérisée. On y voit un Mandarin porté sur un riche palanquin porté par six esclaves blancs, tandis que deux Nègres traînent un char où est assise une jeune. Chinoise. Ils sont précédés et suivis d’une foule de Chinois qui font entendre divers instruments de musique en usäge dans leur pays. Cette marche finie, le ballet commence et ne laisse rien à désirer, soit pour la variété, soit pour la netteté des figures. Il est terminé M par une contredanse à trente-deux personnes dont les mouvements forment une Ë prodigieuse quantité d'attitudes nouvelles et parfaitement dessinées, qui s'enchaïnent et se dégagent avec la plus grande facilité. A la fin de la contredanse, les Chinois se replacent sur l’amphithéâtre qui se transforme en un cabinet de porcelaine. Trente-deux vases, qui s'élèvent, dérobent aux yeux des spectateurs les trente-deux Chinois qu’on voyait auparavant. »
Je n'arrive pas à comprendre pourquoi Monnet appelle « national » un ballet qui n'était formé que de Chinois.
(1) 16 septembre 1754. Il y avait déjà eu sous ce titre un opéra-comique de Carolet et Dupuy, joué à la foire Saint-Laurent le 28 juillet 1721 et qui n’obtint M aucun succès.
(2) Ce ballet fut exécuté le 11 août 1755.
(3) Opéra-comique en un acte en vaudevilles, joué pour la première fois à la foire Saint-Germain le 18 février 1755.
C'est la parodie de Daphnis et Alcimadure, pastorale languedocienne en
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