‹ Mémoires de Jean Monnet, directeur du Théâtre de la foire (volume 2)Chapitre 51 sur 97 · D LE RE TL IE D GE VAR" (UN DS GERS EN ” SE 4 GE · texte numérisé non relu

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considérer l'Opéra que comme une esquisse de la plus belle machine qu'on ait inventée pour servir aux amusements d’un peuple éclairé, poli, sprituel et sensible. Les ressorts qui devraient donner de la vraisemblance aux enchantements de la scène, sont bien éloignés de la perfection où l’on pourrait les porter. C’est ici qu’un tableau des vissicitudes que ce Spectacle a essuyées depuis 40 ans, ne serait peut-être pas déplacé; mais ce tableau (qui sûrement est curieux) est réservé pour un Mémoire que je compte incessamment mettre au jour (1).:1Je

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(1) Ce Mémoire n'a jamais paru.

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crois y avoir bien démontré la possibilité et les moyens, nonseulement de le rétablir dans le grand éclat, mais même de le perfectionner et de l’entretenir, sans d’autres secours que ceux de sa recette, et des établissements qui en dépendent.

Je reviens aux Trocquewrs. Après le départ des Bouffons, sur le jugement impartial que des gens d’un goût sûr avaient porté de leurs pièces, je conçus le projet d’en faire faire, à peu pres dans le même goût, par un Musicien de notre Nation. M. d’Auvérgne (1) me parut le compositeur le plus capable d'ouvrir, avec succès, cette carrière; je lui en fis faire la proposition, et il l’accepta, Je l’associai avec M. Vadé, et je leur indiquai simplement un sujet de la Fontaine. Le plan et la pièce furent faits dans l’espace de quinze jours. Il fallait prévenir la cabale des Bouffons : les Fanatiques de la Musique Italienne, toujours persuadés que les Français n'avaient point de Musique, n’auraient pas manqué de faire échouer mon projet. De concert avec les deux Auteurs, nous gardâmes le plus profond secret. Ensuite, pour donner le change aux ennemis que je me préparais, je répandis dans le monde, et je fis répandre, que j'avais envoyé des paroles à Vienne à un Musicien Italien qui savait le Français, et qui avait la plus grande envie d’essayer ses talents sur cette langue. Cette fausse nouvelle courut toute la Ville, et il n’était plus question que de faire faire une répétition de la pièce, Feu M. de Curis (2), que j'avais mis dans la confidence, voulut bien me seconder : la répétition fut faite chez lui par les principaux Symphonistes de l'Orchestre de l'Opéra, et par quatre Sujets chantant du premier mérite, qui voulurent bien se charger des rôles. Dans cette répétition, où il y avait peu de monde, et presque tous amateurs de la Musique Française, les

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(1) Antoine d'Auvergne, né à Clermont-Ferrand, le 9 octobre 1713. Il était en 1739 l'un des violons de la chambre du Roi et compositeur du Concert spirituel. 1 obtint plus tard la place de surintendant de la musique du Roi. Il mourut à Lyon le 12 février 1707.

(2) Intendant des Menus-Plaisirs du Roi. On lui attribue un ballet, Zélie, musique de Ferrand, qui fut donné en 1740 aux Petits-Appartements.

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