‹ Mémoires de Jean Monnet, directeur du Théâtre de la foire (volume 2)Chapitre 55 sur 97 · FANCHONNETTE · texte numérisé non relu

FANCHONNETTE

Lise, autrefois marinière,

Est grosse dame, dit-on;

C’ qui devait la rendre la darniere, Lui donne du bien et du renom :

Ça s'appelle : dans une ornière Savoir attirer le poisson,

La Grenouillière, où abondaient guinguettes et cabarets, commençait au Pont- Royal et s'étendait le long de la Seine, à côté du faubourg Saint-Germain. Elle était peuplée de mariniers et de pêcheurs, et attirait le dimanche le petit peuple de Paris, qui allait s’y baigner pendant l’été et boire en toute saison. Sa vogue dura jusque vers le milieu du siècle passé.

On sait qu'une des œuvres les plus amusantes de Vadé est intitulée : Leftre de la Grenouillière entre ©M. Jerosme Dubois, Pécheux du Gros-Caillou, et Me Nanetle Dubut, Blanchisseuse de linge fin.

(1) Opéra-comique en un acte en vaudevilles, joué pour la première fois à la oire Saint-Laurent et repris en 1754-1755.

(2) Opéra-comique en un acte, mêlé de vaudevilles et en style poissard, joué pour la première fois le 11 mars 1756.

(3) Opéra-comique en un acte mêlé de vaudevilles et en style poissard comme le précédent. Première représentation à la foire Saint-Germain le 7 février 1726.

l'ingénieux naturel de Sans Regret, et de l’inimitable naïveté de Nicaise. Tous les Spectateurs riaient à ces tableaux, parce que tout ce qui est vrai ou dans la nature a droit de nous plaire, et que tout ce qui est plaisant en soi nous fait rire. Personne, avant ni après Vadé, n’a si bien saisi ces deux points. On pourrait même ajouter que le Vaudeville, cet enfant de la franchise et de la gaieté nationale, est mort avec ce Poëte naïf, de la même épidémie qui mine toujours la grande Musique française, etc. Dans la dernière de ces deux Foires, il y eut encore deux pièces qui attirèrent beaucoup de monde, le Diable a quatre (1), et le Mariage par escalade (2). La première était la traduction d’une petite pièce que j'avais vu jouer à Londres, au Théâtre de M. Garrick, sous le titre de Devil to pay, ou la Double Métamorphose. C'est par là que M. Sedaine commença à faire connaître ses talents pour le Théâtre. Il fit la Prose et les Vers de cette pièce, à l'exception de quelques Ariettes qui furent parodiées par M. Baurans (3). La seconde était un petit Drame comique de

PRIS SISIESP SSP PPS SSII

(1) Le Diable à quatre où la Double Métamorphose, opéra-comique en trois actes mêlés d'ariettes, par Sedaine [foire Saint-Laurent, 19 août 1756). Cette

pièce était tirée d’une comédie anglaise qui avait déjà été traduite par Claude- :

Pierre Patu, avocat au Parlement. Elle se trouve dans son recueil en deux volumes de pièces du théâtre anglais.

Comme le remarque Monnet, le Diable à quatre a été le début au théâtre de Sedaine, qui n’était connu jusqu'alors que par l’Epiître à mon habit.

(2) Opéra-comique en un acte, par Favart (foire Saint-Laurent, 11 septembre 1757).

« Cet opéia-comique, fait à l’occasion de la prise de Port-Mahon, n'avait été composé que pour une fête que Mmtla marquise de Monconteil donna à M. le Maréchal de Richelieu à son retour de Mirorque. Il fut trouvé si agréable que l’auteur le fit jouer en public, imprimer, et même le dédia à Mm° de Monconseil. » Anecdotes dramatiques.

(3) Auteur des paroles françaises de la Servante Maîtresse. (M.)

Baurans, ré à Toulouse vers 1710 et mort en 1764, donna en 1754 la Servante Maîtresse, et, en 1755, au Théâtre-Italien également, le Maître de Musique, traduction libre et en vers des deux pièces jouées sous le même titre à l'Opéra, en 1752.

Baurans fit imprimer sa Servante Maîtresse et la dédia à M1! Favart à qui il adressa ce quatrain :

DL nl die de à à à nn: DES dd

Page 1