‹ Mémoires de Jean Monnet, directeur du Théâtre de la foire (volume 2)Chapitre 56 sur 97 · ÉPUISÉ T · texte numérisé non relu

ÉPUISÉ T

M. Favart, fait à l’occasion de la prise du Port Mahon. Il était terminé par des couplets, sur cet heureux événement, de la composition de M. Piron.

Peu de temps après la clôture de la Foire, un de mes amis, Musicien et homme de goût, qui était attaché à la Cour de Don Philippe à Parme, m'écrivit de lui envoyer des paroles Françaises pour M. Duni (1), l'habile Musicien attaché à la même Cour, qui avait la plus grande envie de faire un Intermède pour mon Théâtre. Je lui fis mes observations sur les difficultés qu'un Compositeur Italien aurait à vaincre dans la prosodie de notre langue, et j'ajoutai que M. Duni ne connaissant ni le goût de la Nation, ni la qualité de mes Acteurs, il risquait de travailler infructueusement. M. Duni, dans le même temps, obtint de son Prince, la permission de venir à Paris. Il y fitle Peintre amoureux de son modèle (2). Cette pièce, qui fut jouée pendant une partie de la Foire Saint-Laurent 1757, et qui est restée au Théâtre, acheva de fixer le goût des Français pour cette Musique.

La mort de M. Vadé, arrivée dans ces circonstances, fut pour moi une perte irréparable, qui, jointe à ma mauvaise santé, m'obligea de quitter ma direction. Je la cédai au sieur Corby (3)

Nature un jour épousa l'Art; De leur amour naquit Favart, Qui semble tenir de sa mère Tout ce qu'elle doit à son père.

(1) Duni fut directeur de la musique à la Comédie-ltalienne. Il a fait la musique de plusieurs opéras-comiques,

(2) Le Peintre amoureux de son modéle, par Anseaume, musique de Duni, opéra-comique en deux actes en vers joué le 24 août 1757. Ce n'était qu’une adaptation du Püittore innamorato de Duni, composé par celui-ci à la Cour de Parme.

On en a fait une parodie intitulée Gülle garçon peintre, amoureux et rival (paroles de Poinsinet, musique de La Borde) et jouée à la foire Saint-Germain en

(3) Ce sieur Corbie, ancien valet de chambre du marquis du Chatel, a été peu ménagé par Collé, qui l'appelle «le plus grand corsaire et le plus hardi écumeur de la littérature ». (Correspondance inédite, p. 305.) Dans un autre passage, Collé fait allusion à la publication par Corbie de comédies un peu libres, réunies en recueils sans l'autorisation des auteurs et auxquelles il ajoutait, pour allécher le

et Compagnie, avec mon Théâtre, mon Magasin, les décorations, les habits, etc., etc., et un privilège de trois années, moyennant 83000 livres.

Comme je n'avais eu que par tolérance du Bureau de la Ville la permission de faire représenter les Trocqueurs et le Peintre amoureux de son modele, le Sieur Corby, moyennant une somme de 6 000 livres et la grande protection dont il jouissait, fit comprendre dans son nouveau privilège, le droit de faire représenter sur son Théâtre, telles pièces de Musique, de ce genre, qu'il jugerait à propos. Il en usa avec avantage aux Foires de Saint- Germain et de Saint-Laurent 1758. Deux ans après, par la même protection, il fit passer ce Spectacle aux Comédiens Italiens moyennant 40 000 livres de remboursement et une pension viagère de 8 000 livres dont 4 000 reversibles, après sa mort, sur la tête de sa femme. Les 83000 livres que j'avais reçus furent employés, moitié à payer les dettes provenant des grandes dépenses que j'avais été obligé de faire dans le cours de mon

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lecteur, des grivoiseries supplémentaires. « ... Un Savoyard décrotteur, dit Collé, qui a substitué des cochonneries de la Halle z'a des gravelures agréables qui ont le ton de tout le monde. Le Ciel l’en a puni, car z'il n’a point de grâce pour ce crime-là. Il a fait fortune, banqueroute, et z'est devenu fou. La première lettre de son nom est Corbie. » (Anecdote extraite d’un manuscrit autographe de Collé dans le Dictionnaire des Ouvrages anonymes, de Barbier, t. III, 315).

C'est au mois de juin 1770 qu'il devint fou, Favart a raconté dans quelle circonstances :

« Corbi, dit-il, attaché particulièrement à M. le duc de Choiseul, et mari de la femme de chambre de Mme la duchesse de Grammont, se présenta à la porte du spectacle, le premier jour de la représentation de Persée,avec plusieurs dames de sa compagnie, qu'il voulut faire entrer, de préférence à une autre compagnie de dames, conduite par un seigneur étranger de la plus haute distinction. Pour prix de son obstination, Corbi fut traité sans ménagement par ce seigneur, qui le menaça de lui faire donner des coups de canne. Soit que cette aventure ait causé une révolution subite dans les fibres délicates du cerveau de Corbi, ou que ses idées de grandeur mal entendues lui eussent déjà fait perdre la tête, dès ce moment il est devenu fou, et à tel point, que M. le duc de Choiseul, malgré les faveurs dont il le comblait, s’est cru obligé de le faire mettre à Charenton. Là, Corbi, très content, prend sa cage pour un palais, se croyant contrôleur général, et ministre d'Etat chargé de négociations secrètes pour la Russie. » Mémoires et Correspondance de Favart (Lettre au comte de Durazzo, le 10 juin 1770).

entreprise ; je plaçai le reste en rente viagère sur le Roi et sur la Comédie-Italienne, et je ne m’occupai plus alors que du soin de ma santé, qui fut longtemps chancelante et même en danger. Délivré de plusieurs maladies que j'avais eues sucessivement, et toujours possédé de la manie des Spectacles, je me rappelai ? un projet que j'avais ébauché, sous le nom de Bal champôtre, dans ! un Mémoire sur l'Opéra que j'eus l'honneur de présenter, en 1745, à feu M. le Comte d’Argenson (1). En 1760, je communiquai de nouveau ce projet à M. Louis, Architecte du Roi de Pologne ; et nous fimes alors un nouveau plan sous le nom de V'aux-ball (2), dont nous marquâmes l'emplacement au Bois de Boulogne, près de la Croix de Mortemart. Les dessins en furent vus et approuvés, dans le temps, par les gens de l’art; et, à l'appui d’une compagnie qui fournissait des fonds pour cette entreprise, j'en fis solliciter la concession. Elle fut refusée par des raisons qu’il ne m’appartient pas d'approfondir. Ce projet n'ayant pas eu lieu, je l'ai fait graver en quatre Planches qui contiennent une vue du bois de Boulogne, et le Plan détaillé du Vaux-hall, avec la coupe et l'élévation de l'édifice. N'ayant pu obtenir la permission d'établir mon Spectacle champêtre, que j'avais beaucoup moins vu du côté de l'intérêt | que du côté de l’agrément et d’une occupation fort attrayante pour moi, je repris un Ouvrage que j'avais commencé il y a près de 30 ans. C'était de rassembler, au plus dans trois Volumes 1#-8°, . l'élite des Chansons Françaises, depuis le commencement de notre Poésie jusqu'à nos jours. Un goût marqué pour la chanson, et né, pour ainsi dire, avec moi, m'avait porté à faire, en ce genre, de continuelles recherches.

Je n’ai jamais eu la présomption de laisser croire au Public que le choix de ces trois Volumes fut uniquement mon ouvrage. | Î

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(1) Intendant de Paris en 1740; secrétaire d'État au département de la guerre en 1742 jusqu’en 1757.

(2) Il y eut plus tard à Paris un Waux-hall, mais un Waux-hall d'hiver, construit par l'architecte Lenoir dans l’enclos de la foire Saint-Germain.

Des gens de lettres connus, et des gens du monde, dont plusieurs se sont acquis de la réputation dans ce genre, ont bien voulu m'aider dans mon travail pour le choix et les corrections. Au moyen de ces différents secours, et par la perfection où l’on a porté la Typographie dans cet Ouvrage, je crois pouvoir assurer qu'il fait un des plus beaux Livres et des plus soignés qui soient sortis de nos Presses. Cette collection qui, sousle titre d’Anithologie Française, qu’elle justifie bien, est considérée des gens de goût comme le plus agréable monument de la gaieté nationale et de notre Poésie chantante, a eu tout le succès que j’en pouvais espérer. Mon objet étant donc rempli de ce côté-là, et d’ailleurs ayant renoncé à toute espèce d'entreprises, je projetai un voyage à Londres, uniquement pour mon plaisir. Pendant trois mois que j'y restai, je fis toutes mes observations sur les Spectacles et les amusements de cette grande Ville; et peut-être ne serontelles pas déplacées à la suite de ces Mémoires.

Londres, plus grand et plus peuplé que Paris, doit produire un concours plus nombreux aux Spectacles, quoiqu’on y soit dans l'usage de fermer, peniiant l'Eté, les deux grands Théâtres de Comédie (1), parce qu’'alors toute la Noblesse et les gens aisés sont retirés à la Campagne.

L'Opéra a presque toujours été gouverné par de grands Seigneurs qui s’y sont ruinés. Le peu de connaissance qu'ils ont ordinairement des différentes parties que doit embrasser une direction de ce genre, leurs faiblesses pour les femmes de Spec-. tacle, ainsi que pour les complaisants, pour les ignorants de toute espèce, et les gens intéressés à les tromper, qui s'emparent d’eux à Londres, comme ailleurs, font qu’ils n’ont souvent guère moins nui au progrès des talents qu’ils devaient procurer, qu’à leur propre fortune.

Pendant l’Hiver, il y a des Bals et des Concerts, et ces der-

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(1) Drury-Lane et Convent-Garden.

M. Garrick, si célèbre par ses talents, son goût, son intelligence, etc., dirige le premier.

M. Colman, Auteur de plusieurs pièces de Théâtre, conduit le second. (M.)

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niers se font par souscription. Tout nouvellement une compagnie de gens riches a faire construire, dans un des plus beaux quartiers de Londres, une espèce de Panthéon pour donner, pendant trois mois de l’Hiver, des Concerts et des Bals. Ce Panthéon est divisé en trois parties : savoir, un grand Salon ovale en colonnade au rez-de-chaussée (1), une Galerie au premier étage (2) qui répète la colonnade du grand Salon, et plusieurs Salles avec dés buffets pratiqués dans les souterrains pour la distribution des raffraichissements.

Pour donner une légère idée de la beauté de cet Édifice, toutes les Colonnes, et la plus grande partie de l’intérieur, sont en stuc imitant les plus beaux marbres d'Italie; les Statues, les Peintures, et les Ornements de tout genre n’y sont pas épargnés.

Le Plan de la Souscription pour l'entrée du Panthéon a été d'abord envoyé aux Pairesses, c'est-à-dire, aux femmes des Pairs de la Grande-Bretagne, pour leur déférer le choix des Souscripteurs.

La Souscription est de six louis par mois; elle donne douze billets d'entrée pour une personne seulement.

Le Panthéon s'ouvre à sept heures du soir, trois fois la semaine, le Lundi, le Mercredi et le Samedi. Tous les jeux de hasard en usage parmi les Anglais, y sont permis. Il y'a un Maître de cérémonie, avec des appointements, pour entretenir l'ordre et la décence (3).

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(1) Précédé de beaux Péristyles et Vestibules. (M.) (2) Attenant cette Galerie il y a deux grandes Pièces magnifiquement ornées, l’une pour le jeu, et l'autre pour danser les danses Françaises. (M.)

(3) Pour remplacer le Waux-hall d'hiver, démoli en 1784, on construisit en 1786 dans l'angle formé par la rue Saint-Thomas du Louvre et la nouvelle rue de Chartres, une salle de bal et de concert imitée de celle dont Monnet vient de parler et qu’on appela aussi le Panthéon.

C'était un très beau bâtiment, surmonté d'une toiture de fer (ce qui constituait alors une nouveauté) et qui contenait une galerie de 20 mètres de long qui aboutissait à un grand salon ovale, où on donnait des bals, des ballets et des concerts. D'autres galeries droîtes ou circulaires conduisaient à ce salon autour duquel il y avait de larges promenoirs,

« Î serait difficile, assure Thiéry dans son Guide du Voyageur à Paris, publié

Pendant l’Été, les Jardins publics sont ouverts (1). On a de plus le Sadlers-Wells (2), et un autre Théâtre au centre de la Ville, autorisé par le Roi: ce dernier mérite un article à part.

M. Foot, Directeur de ce Théâtre, né avec de l’esprit, de la fortune, et une gaieté rare parmi les Anglais, fait et joue luimême les pièces. Il a le talent singulier de rendre très naturellement les défauts, les vices, les caractères, le son même de la voix, et les gestes de ceux qu'il veut ridiculiser. Il a joué sur son Théâtre plusieurs grands personnages de la Nation, et c'est de là qu’on l’a nommé l'Aristophane Anglais. Ses recherches sur tous les originaux qui peuvent lui être de quelqu'usage, ont produit des aventures tout à fait plaisantes, et en si grand nombre, qu’elles feraient la matière d’un gros livre. Je n'en rapporterai qu’une seule qui m'a été racontée par un Anglais.

Un de ses amis lui dit un jour qu'il y avait dans la Cité un Apothicaire fort riche, mais tout contrefait, et rempli de tics, dont il pouvait tirer un grand parti pour son Théâtre, Foot profita de l'avis et se rendit chez l’Apothicaire, dont il était vraisemblablement conuu tout au plus de réputation, sous prétexte de faire emplète de différentes drogues. Il eût tout le temps d’examiner son homme; et cette entrevue lui suffit pour le savoir par cœur. L’Apothicaire, qui par politesse reconduisit Foot jusque dans la rue, dit à un voisin qui était sur la porte : « Vous « voyez cet homme qui sort de chez moi? Il est tout à fait sin- « gulier. Je ne sais pas ce qu’il a dans la tête; mais certaine-

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en 1787, d'imaginer quelque chose de plus galant et de plus agréable que ce délicieux séjour qui retrace et réunit tous les charmes de la féerie, surtout lorsqu’un sexe enchanteur à la suite duquel marchent les Grâces, les Amours et les Ris, vient encore ajouter à l'agrément de ce lieu, où tout semble respirer la gaieté et la volupté. »

(1) Renelagh, Vaux-ball et SMariborne. On s'ennuie dans le premier, avec de la mauvaise musique, du thé et du beurre. Dans le second, on s’enrhume; dans le dernier on s’enivre et on s’endort. (M.)

(2) Théâtre de Pantomimes, Sauteurs et Danseurs de cordes, placé à l'une des extrémités de la Ville, où l’on entre pour un prix fixé. Le billet porte qu'on donnera, avec l'entrée du Spectacle, une demi-bouteille de vin de Portugal. (M.)

ment il me reconnaîtra bien. Car tout le temps qu'il a resté

dans ma boutique, il n’a cessé de me regarder, et de mefaire

des questions ». Le voisin lui répliqua : « Est-ce que vous ne

connaissez pas Foot? » L’Apothicaire surpris qui craignait de se voir jouer, courut après lui et le pria avec instance de revenir à sa maison, attendu qu’il avait une chose importante à lui communiquer. Aussitôt qu’il l’eut ramené, il se jetta à ses genoux, en lui disant : « Je sais qui vous êtes, et par la dé- « marche que vous venez de faire chez moi, j'ai tout lieu de « croire que votre dessein est de m’exposer sur votre Théâtre.

Si vous le faites, je suis le plus malheureux des hommes, et

vous me ferez manquer le mariage de ma fille avec un Membre « du Parlement qui doit incessamment l’épouser ». Il ajouta, 4 qu’il pouvait lui imposer telle somme qu’il jugerait à propos M pour n'être point joué. Foot, après avoir rêvé un instant, luis répondit, du plus grand sang-froid, et avec la commisération la plus marquée : « Monsieur, votre situation me touche; elle m'in…A « téresse même et m'embarrasse encore plus. Je ne vous ca- | « cherai pas que vous êtes le principal sujet de la pièce avecM

laquelle je compte faire, dans huit jours, l’ouverture de mon « Spectacle. J'ai fait pour cela une dépense extraordinaire enM

décorations, en habits, etc. On n’abandonne pas aisément « une pièce qui comporte un caractère aussi riche, aussi plai-# « sant, aussi connu qu'est le vôtre ». Quelques offres et quel-M ques supplications que put faire le pauvre homme à Foot, la pièce fut jouée et eut le plus grand succès. À

Pour terminer, sans prévention, sur les Spectacles de ces deux* Villes rivales, Londres et Paris : ceux de Londres sont certai-M nement bien inférieurs aux nôtres, par les pièces et par lesk Acteurs (1). La Comédie-Française et la Comédie-Italienne, dansk deux genres tres différents, peuvent être considérées comme les# meilleurs et les plus agréables Spectacles de l’Europe. |

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(1) J'excepte toujours M. Garrick, qui, par la supériorité des talents et l’iné-M puisable variété dont le fond est dans son génie, est hors de comparaison. (M.)

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L'Opéra Français, avec ses défauts, doit encore avoir la préférence sur l'Opéra Italien, soit par le mérite de la danse, des chœurs, des décorations, du brillant et du goût des habillements, soit par le jeu même des Acteurs. On peut en juger par l'Opéra de Castor et Pollux (1), que l’on représente actuellement.

Les Opéras Italiens consistent dans une ou deux belles Scènes au plus, et dans trois ou quatre Ariettes, chantées sans doute avec beaucoup d’art. Les Acteurs savent tous la musique; ils ont la voix presque toujours juste, et souvent très belle; mais en général ils sont sans action, sans grâces et sans noblesse. Le jugement que j'ose porter ici sur l'Opéra Italien, m’a été confirmé par ceux que j'ai vu représenter à Londres, et par des Amateurs qui ont vu tous les Théâtres d'Italie.

Les premières places à l'Opéra de Londres se paient 12 livres, et 6 livres aux Comédies; le reste à proportion. Quand on entre aprés le troisième Acte aux Comédies, on ne paie que la moitié du prix. Les Spectacles commencent à six heures du soir et finissent souvent à onze.

Par un usage pratiqué de tout temps en Angleterre, les Demoiselles entretenues sont exclues des premières Loges. C'est un défaut de politesse que les nôtres ont à reprocher à leurs mœurs, et dans lequel, on ne voit que trop, que nous sommes bien éloignés de tomber.

Les Spectacles de Londres ne sont point assujettis au quart des pauvres comme ceux de Paris; mais ils donnent volontairement, et souvent, des représentations au profit des vieux Comédiens et des gens dans l’infortune.

Quant au produit des spectacles Anglais, par les notes que j'ai eu soin de me procurer sur cet article, je crois pouvoir assurer que la recette des Théâtres de Londres peut aller, en général, à trois millions, chaque année; et celle des Spectacles

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