COMMENT P... IMAGINE DE TOURNER SES TALENTS VERS L'OPÉRA-COMIQUE
E petit homme, se promettant de prendre sa revanche à mon Spectacle, fait un Opéra-Comique (1), en société avec un Poète à peu près de sa force, dont on venait de siffler une Tragédie. Le mauvais succès de leur Ouvrage eut les suites ordinaires. P... prétendait que tous les couplets sifflés étaient du Poète tragique; celui-ci soutenait au contraire que tout ce qu'il avait mis dans la pièce avait été applaudi. Une Actrice présente à ce démélé, prend le parti du Poète tragique. P... piqué se permet, contre la chasteté de l’Actrice, quelques mauvaises épigrammes; celle-ci lui répond par un vigoureux soufflet. Le petit homme furibond propose au Poète, son associé, de se battre, persuadé qu'ayant la vue très basse, il n’osera jamais accepter le défi. Dans cette confiance, à la sortie du Spectacle, P... met, pour la première fois de sa vie, flamberge au vent. Le Poëte tragique est obligé de prendre sa lorgnette; mais aussi, sans la quitter un moment pendant tout le combat, il applique à son adversaire vingt coups de canne bien assénés. Le Balayeur du Préau de la Foire S. Germain, qui était présent au combat, sépara les Combattants à grands coups de balai, lorsqu'ils commençaient à faire des prodiges de valeur. ®
(1) Totinet, parodie de Titon el l'eAurore, pastorale héroïque en trois actes par l’abbé de la Marre, musique de Mondonville, qui avait été jouée à l'Opéra, le 9 janvier 1753.
Totinet, joué à la foire Saint-Germain, le 23 février 1753, avait été composé en collaboration avec Portelance, qui venait de faire siffler au Théâtre-Français, le 25 novembre 1751, une mauvaise tragédie, «</nfipater.
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