‹ Mémoires de Jean Monnet, directeur du Théâtre de la foire (volume 2)Chapitre 89 sur 97 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

COMMENT LE DÉSASTREUX P... PASSE TROIS JOURS DANS LE PLUS SÉVÈRE RÉGIME

POUR CERTAINE GALANTERIE QU’IL POUVAIT AVOIR MÉRITÉE, MAIS QU'IL N'AVAIT PAS

. vivait encore à Paris chez son. père et sa mère, qui ne devaient pas, comme on le voit, se louer beaucoup de sa bonne conduite; aussi, pour échapper à leurs remontrances, s’éloignait-il le plus qu'il pouvait de la maison paternelle. Mais c'était éviter Carybde pour tomber dans Scylh ; car il se livrait de plus en plus à une Société qui n'avait, en l’accueillant, d'autre but que de se divertir de ses ridicules, et de lui en donner sans cesse de nouveaux.

On lui propose un jour un souper de filles, à condition qu’il y sera sage. On lui dit, avec une apparence d'intérêt et. de bonté, que, vivant chez ses père et. mère, il a plus de ménagements à garder qu’un autre, et qu’il ne doit pas, surtout, exposer sa santé, si précieuse à ses amis. Il promet de se contenir. Le souper s'arrange, et l’on prend en sa présence, avec les filles, toutes les petites libertés d'usage avec elles. Sa lubricité s'enflammait par la violence même qu’il était contraint de se faire; et l’on n’avait ici d’autre but que de s’amuser en effet de la continence forcée qu’on lui faisait observer dans le lieu même de l’incontinence.

Cependant le petit libertin, tenté par le Diable ou par son propre esprit, trouve le moyen d’avoir l'adresse d’une de ces Nymphes. Le lendemain, sans en rien dire à personne, il ne

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