‹ Mémoires de Jean Monnet, directeur du Théâtre de la Foire (volume 3)Chapitre 18 sur 96 · RÉFORME DE L'ANCIEN OPERA-COMIQUE, ET FONDATION D'UN NOUVEAU · texte numérisé non relu

RÉFORME DE L'ANCIEN OPERA-COMIQUE, ET FONDATION D'UN NOUVEAU

A cette époque, au mois de Mars 1743, me croyant les talents nécessaires pour la conduite d'un Spectacle, par les secours de deux amis que j'avais dans la finance, et qui me prêtèrent 20000 liv., j'obtins de M. Thuret. alors Directeur de l'Opéra, le privilège de l'Opéra-Comique pour six années, moyennant 15 000 liv. par an, dont il fallait être tributaire.

Ce Spectacle, enfant de la gaieté française, le berceau et l'école de plusieurs sujets qui se sont distingués ensuite sur nos grands Théâtres, avait ruiné tous mes prédécesseurs. Le sieur Pontau (1), alors possesseur du privilège, homme d'esprit, mais faible et peu propre aux détails d'une pareille direction, avait laissé tomber ce Spectacle dans un si grand avilissement, qu'il en avait absolument éloigné la bonne compagnie.

La livrée y était en possession du Parterre ; elle décidait des pièces, sifflait les Acteurs, et quelquefois même ses Maîtres, quand ils s'avançaient trop sur le devant delà scène. Les Loges des Actrices étaient ouvertes à tout le monde; la Salle, le

(I) Boizard de Pontault (Claude Florimont), né à Rouen. On lui attribue entre autres pièces : arlequin Atys, parodie de l'Atys, de Lulli et Quinault (Théâtre Italien, 22 janvier 1726); l'Heure du Berger, comédie en un acte en vers (Théâtre Français, 12 novembre 1737); le Rival secrétaire, comédie en un acte en vers (Théâtre Français, 12 novembre 1737). Cette pièce a été également attribuée à Desforges.

Boizard de Pontault dirigea plusieurs troupes en province.

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