‹ Mémoires de Jean Monnet, directeur du Théâtre de la Foire (volume 3)Chapitre 31 sur 96 · OU LE TONNERRE EST BON A QUELQUE CHOSE · texte numérisé non relu

OU LE TONNERRE EST BON A QUELQUE CHOSE

J.-J. Rousseau fut un de ceux qui y soignèrent des maladies plus ou moins imaginaires et il y composa une partie du Devin du village.

« Le matin, dit-il dans ses Confessions, en me promenant et en prenant les eaux, je fis quelques manières de vers à la hâte et j'y adaptai des chants qui me vinrent. Je barbouillai le tout dans une espèce de salon voûté, qui était en haut du jardin. Les trois morceaux que j'avais esquissés étaient le premier monologue : J'ai perdu mon serviteur; l'air du Devin : V Amour croît s'il s'inquiète; et le dernier duo : A jamais, Colin, je Rengage.

Plus tara, Franklin profita de son séjour à Passy pour y prendre les eaux.

Il y avait alors dans cette station thermale, pour attirer les étrangers, un beau jardin, des salons de conversation, une bibliothèque, bal, concert et comédie.

En 1789 les eaux de Passy avaient perdu presque toute leur vogue. Elles ne guérissaient plus. Cependant, vers 1837, à l'époque où Dulaure publiait son Histoire des environs de Paris, elles conservaient certains malades, d'un optimiste robuste. Les sources se trouvaient dans une propriété appartenant au baron Delessert et étaient exploitées par Mmc Gauthier-Delessert. « Le jardin où elles coulent, au milieu d'un lit de gazon et de fleurs, dit Dulaure dans l'ouvrage cité plus haut, est vaste, orné de bosquets, percé d'allées ombreuses : c'est un petit Eden pour les buveurs. On compte parmi eux beaucoup d'Anglais : un point de vue enchanteur, un air salubre et le voisinage du bois de Boulogne déterminent même bon nombre de ces insulaires à se fixer l'hiver à Passy. »

Les derniers fidèles de Passy station thermale furent, en 1850, quelques Allemands qui venaient de très loin boire ces eaux dédaignées par les Parisiens qui les trouvaient à leurs portes.

11 existe sur les eaux de Passy un opéra-comique de Carolet, joué à la foire Saint-Germain en 1724.

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