COMMENT L'INVISIBLE P... EST MÉTAMORPHOSE EN UN VASE DE PORCELAINE
e bruit de la précédente aventure s'étant répandu dans Paris, lwJ c'était dans toutes les Sociétés gaies à qui aurait une représentation de P... Invisible. Le mot était donné danstoutes les maisons, même aux domestiques. P... arrivait toujours avec le Magicien, son Protecteur, et personne ne paraissait l'apercevoir, lui ni son ombre. Souvent même l'on affectait d'être longtemps sans parler de lui. On tenait les conversations les plus sérieuses, et les plus faites pour éloigner toute idée de plaisanterie; ensuite on servait, et jamais il n'y avait de couvert pour P... qu'on supposait invisible. Il s'asseyait donc sur une fesse a côte du Magicien et mangeait sur son assiette. Quelquefois on paraissait étonné du prodigieux appétit d'Acosta, qui mangeait en effet pour deux; mais P..., pour qui se faisait la scène, y était en apparence le plus étranger.
Dans un de ces soupers, le Magicien, à qui P... était aveuglément soumis, pour exercer sa foi par un nouveau prodige, lui enjoint de mettre culotte bas, et de se placer sur le buffet, dans l'attitude d'un écolier prêt à recevoir le châtiment ordinaire.
Le docile P.. se tient quelque temps dans cette posture, sans que personne ait l'air d'y prendre garde. Mais à la fin du souper, tout le monde paraît frappé de la beauté d'une cuvette de porcelaine qui se trouve sur le buffet. On en fait des compliments