CHAPITRE XIII
AUTRE SOUPER MAGIQUE, OU PAR UN MOYEN AUSSI SIMrLE QUE LE PRECEDENT, P... EST PRIS PAR TOUTE LA COMPAGNIE POUR MADEMOISELLE C. . . (l)
e mot donné aux domestiques, le Magicien arrive avec P..., ^ lui fait mettre bas dans l'antichambre son inutile culotte, lui donne la main, et l'introduit dans la salle d'assemblée.
Tout le monde se lève avec empressement ; on remercie le Magicien de la bonne fortune qu'il procure à la compagnie, en amenant Mlle C... P..., persuadé que réellement il paraît à tous les yeux sous les traits de la célèbre Actrice, se prête, autant qu'il est en son pouvoir, à la représenter dignement.
On lui fait le plus grand accueil ; il s'entend débiter maintes galanteries, jusqu'à des déclarations même ; il en reçoit quelques-unes avec dignité, les autres avec moins de rigueur. On le prie de vouloir bien déclamer quelques Scènes d'une Tragédie nouvelle qui faisait alors l'entretien des cercles. Il se prête a tout ce qu'on désire. On ne se lasse point de se récrier sur sa complaisance; on lui en fait mille excuses. La salle retentit d'applaudissements, et P... eut peut-être alors renonce bien volontiers à son sexe, pour jouir de toute la gloire de 1 Actrice dont il croyait porter le masque.
(i) Clairon.