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que, dans le souvenir de ces travaux, il éprouvoit la paix de l'âme ; que son esprit étoit jusqu’à présent demeuré fermement concentré dans l’amour éternel, quoique son mal fût de temps à autre violent, et lui enveloppât la tête comme un tourbillon; il ajouta : si Dieu daigne me conserver dans cet état de tranquillité d'âme, je ne demande ni ne désire rien de plus.
Dans la nuit du cinquième jour, ayant plusieurs fois consenti à prendre des médecines qu’on Ini donna, dans la vue de lui débarrasser l'estomac, mais qui ne firent aucun effet, l'ami qui le soignoit dit, plein de chagrin : Qu'est-ce que je ferai à présent ? Il répondit avec une grande tranquillité : Réjouis-toi pour toujours, et en toute chose rends grâces : ajoutant cependant peu après : c’est ce qu'il est quelquefois difficile d'obtenir.
Le matin du sixième jour il fit de bonne heure cette prière fervente : O Seigneur, c'est ton pouvoir qui m'a donné la force d'abandonner le péché dans ma Jeunesse , et j'ai senti le châtiment que tu m'as infligé pour t'avoir désobéi ; mais comme je me suis courbé sous ta verge, tu m'as guéri, et tu as Continué de m'être un père et un ami: je sens aujourd'hui ton pouvoir, et te supplie, dans le moment décisif qui approche, de conserver mon cœur fermement attaché à toi.
Comme il donnoit ses ordres à une amie, concernant quelques petites choses, elle dit: J'aurai soin de cela ; mais j'espère que tu vivras pour y mettre ordre toi-même. Il répliqua : Mon espérance est dans le Christ; et quoique je paroisse être un peu mieux, un Changement dans la maladie peut bientôt arriver et mon peu de force s’anéantir; et si cela arrive, je serai envoyé dans mon repos éternel. Sur ce qu'elle dit qu’elle n’en doutoit pas, mais qu'elle ne pouvoit s'empêcher d’être affligée, en voyant tant de fidèles serviteurs enlevés dans un temps où la moisson est grande et
où il y a si peu d'ouvriers, il répliqua : Tout bien vient du Seigneur, dont le pouvoir est le même qui peut tout pie comme il lui plaira. Le même jour, comme il venoit de donner quelques ordres au sujet de la manière de l'ensevelir, apercevant une amie qui pleuroit, il dit : J'aimerois mieux, ma sœur, que tu voulusses te garder de pleurer pour moi, Car, pour moi, je ne ais point triste, quoique j'aie essuyé quelques combats pénibles; mais à présent ils semblent passés, et mes affaires bien arrangées ; je regarde en face mon cher Rédempteur, car sa voix est Fonte et son aspect agréable.
Le premier jour de la semaine, le 4° du dixième mOIS ; étant très-foible, et en général pouvant à peine se faire entendre , il prononcça quelques paroles en commémoration de la bonté du Seigneur , et ajouta : Que j'ai été tendrement soigné dans ce temps d’affliction, où je puis dire avec Job : « des jours d'ennui etdes nuits de fatigue sont mon partage :» combien de gens perdent leur temps et dépensent en choses vaines et superflues leur argent, dont on pourroit assister des milliers de malheureux qui manquent du nécessaire , et adoucir en quelque sorte leurs maux dans un temps tel que celui-ci, en leur administrant les remèdes convenables!
Le matin du second jour, en présence du pharmacien, qui paroissoit désirer beaucoup de le soulager, il fit plusieurs questions au sujet de la probabilité qu'il pouvoit y avoir qu un corps foible évacuât un tel volume de matière ; le pharmacien faisant quelques remarques qui dobivi dent à entendre que la chose éto possible, il parla d'une voix haute et dit: Ma confiance est dans le Seigneur Jésus qui, je crois, me pardonnera mes péchés, ce qui est tout ce que j'espère. Si c’est sa volonté de remettre ce corps sur pied , j'en suis content; s'il faut mourir, j'y suis résigné ; et si tu ne peux pas être tranquille sans essayer d'assister la nature,
je m'y soumets, À près quoi sa gorge fut si fort affectée, qu’il ne pouvoit parler que très-difficilement de manière à se faire entendre, et quand il avoit besoin de quelque chose, il étoit souvent obligé de l'écrire. Le quatrième jour, sur les deux heures du matin, "il demanda une plume et de l'encre, et, à plusieurs reprises, il écrivit avec beaucoup de peine: Je crois qu'il est dans la sagesse du Christ que je sois ici: quant à la vie ou à la mort , je n’en sais rien.
Le même matin , à six heures moins un quart, il parut tomber dans.un sommeil paisible , qui contmua environ une demi-heure; puis, paroissant s'éveiller, il respira quelques minutes avec plus de difficulté , et expira sans soupirs, sans agonie et sans effort.
Telle fut la fin de JEax Woozman. Il mourut dans la cinquante-deuxième année de son âge, ayant occupé, un peu plus de trente ans, le poste de ministre dans la société religieuse où il avoit été, says contredit, l'instrument de beaucoup de bien. Ce qu'il fut, il l’étoit par la grâce de Dieu. A présent, lecteur, retournons à ses commencemens, et explorons, comme nous nous le proposions, le sentier qui le conduisit à faire les œuvres du chrétien et à recevoir les récompenses de son dévouement au Christ. Nous voyons donc, d’abord, que, dans ses plus tendres années, il fut visité par l'amour divin, et que, par l'invitation secrète du Verbe, contenue aux saintes Ecritures, :l aspira à une grande pureté de cœur et de conduite. Nous trouvons que ces bons désirs, fruits de la grâce, furent entretenus par les soins de parens pieux et par leurs instructions données à propos, tandis que les inclinations contraires, qui tendoient au mal, étoient réprimandées, soit par son cœur même, soit de la part d'autrui.
Nousle considérons ensuite, grandissant et atteignant l’âge viril, sous la discipline de la croix du
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14-279 Christ ; souvent tenté et cédant aux vanités de la jeunesse, mais aussi souvent revisité et remis dans le droit chemin par l'esprit de la grâce. Enfin, sa propre volonté étant assujettie à celle de Dieu, il jouit d’une paix intérieure, et ses principes reliieux se forment sous l'influence de «cette Sagesse d'en haut, qui, étant premièrement pure, puis amie de la paix, modérée, traitable, sans partialité et sans hypocrisie, est pleine de miséricorde et de bon fruits. » Enfin (et c'est ce qu'il faut surtout remarquer), nous le trouvons, depuis le commencement jusqu à la fin, dans l'exercice fréquent de la prière, se retirant dans quelque lieu solitaire quand il étoit oppressé par un sentiment de la corruption de sa nature; là, confessant à Dieu ses péchés, et implorant humblement son secours pour pouvoir les abandonner. Il en obtient la force, et alors se tient ferme—non en comptant sur lui-même ou sur les talens qu'il possède comme homme, mais en ne mettantsa confiance que dans la miséricorde du Seigneur Jésus-Christ, à la volonté et à la sagesse duquel il rapporte tout jusque dans ses-derniers momens. | Lecteur, es-tu de même convaincu de la pureté du royaume du Christ et de la corruption de ton propre cœur ? Va , et fais de même. Confesse tes péchés à Dieu, et prie-le, autant que tu y seras porté, et que tu en seras rendu capable par l'Esprit de son Fils Jésus-Christ. Alors il fera pour toi ce qu'il a fait pour son serviteur Jean Woolman; — Oui, « quand tes péchés seroient comme l’écarlate, ils deviendront blancs comme la neige; et quand ils seroient rouges comme le vermillon , ils devien-
S dront blancs comme la laine. »