LIVRE CINQUIÈME. %7^Z
ce» i-eDiarques avec la peraiiseîon et du coosenleinenl de cei. arcbevéque, cominc il parott par une lettre du sieur Boiteau, son confident, à Delorme, mon imprimeur. ■
Ce fait, quelque étrange qu'il soit, fut cru d'autant plus volontiers que dom Gerberon étoiiconnu pour un honimo tout d'une pittce, aussi sincère ({u'intrépide et incapable entièrement d'une calomnie aussi noire qu'eut été eo qu'il déposoit, ni ce qu'il déposoit n'avait pas été véritable. Une autre preuve, c'est que la lettre qu'il alléguoil n'a jamais été démentie ni par le sieiir Boileau, qu'on Hupposoit l'avoir écrite, ni par Delomie, l'imprimeur, qu'on supposoitTavoir reçue. Boileau, qui savoit écrire, n'eût pas manqué de demander justice au public et de crier à pleine tète au meiuti'e, à la calomnie. Delorme, à quelque» mois de là, étant venu à Paris pour alïaires de son commerce, fut vivement sollicité de déclarer par acte que Gerberon étoit un menteur; mais, tout juif qu'étnit ce libraire, il ne voulut jamais en rien faire, et quoique, quelques jours après, on l'eilt fait mettre à la Bastille, sous prétexte qu'il avoit semé des libelles, plus ferme à bi Bastille qu'il ne l'avoit été «'tant libre, il rejeta la proposition avec plus d'indignation et plus de bauleur que jamais. Ce fut M. \'ivant l'aîné, aujourd'hui évêque deParos et sutfragant de Strasbourg, qui alla inutilement exorciser à la Bastille cet imperturbable témoin. Une troisiènitt preuve, c'est qu'aprèn une telle aventure, M. l'arcbcvéque de Paris auroit renvoyé le sieur Boileau de cboz lui si, la lettre étant véritable, il n'y avoit pas donné les mains. Si elle étoit fausse, pourquoi le silence de l'un et de l'autre'/ Je me souviens qu'en ce temps-là, ayant lu l'interrogatoire et en ayant parlé à M. l'aiTlicvéque av^r le respect et la circonspection qn'on doit aux bommes d<-
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.son' rang : Je ne suis pos garant, me dîl-il, de ce que Boileau peut écrire, ni de ce que Gerberon peut dire. Dois-je souffrir de leurs querelles? » Ces mots, dits «tcc feu, ne faisoient que trop voir qu'il y avoit du vrai en ce (pre le Père avoit déposé : scène cruelle qui, lorsqu'elle vint à §e savoir, fit un tort infinî à M. de Noaîlles.
Quoiqu'elle eût dA, dès le temps même qu'elle arriva, le détacher des jansénistes, il n'en fut pas moins disposé à se prêter à leurs desseins. Leur principal dé^ir étoit de fïiire revenir les pui<«ances ecclésiastiques et les puissances séculières de leur prévention contre Janséaius,, et défaire révoquer les bulles lancées contre lui. Ils se flrttoient d'y réussir par le crédit de M. de Noailles, et par celui qu'ils ont à Rome par leurs artiticieuKS pratiques et par l'argent qu'ib y répandent. Combien de fois en ce temps-là leur avons-nous ouï dire : a Ou cela sera ainsi, ou la France rompra avecRome ! »
(i697.)Mais, comme un si grand dessein ne se pouvait exécuter que de longtemps et qu'avec des peines infirties, ils se mirent en tête, en attendant, pour venger Jansènins d'avoir été flétri à Rome , d'obliger Rome Jl flétrir le système le plus opposé à celui de Jansénins. Ce système si opposé et celui du cardinal Cél«4in Sfiindrat, homme de famille papale, savant, bel esprîl, qui écrit sensément et en beau latin. On lui reproche dp s'être fait des principes particuliers sur les matières de la gntce, formant plus ses opiciions sur ce qui lui semble vraisemblable que sur l'Écriture et les Pères. De sept ouvrages qu'on a de lui, le plus célèbre est son Hodutpr»ilfsUnaliouis ilissolutua, c'est-à-dire le dénoûment de ce qu'il y a de plus diflicile louchant la prédestination. Ce livre est ingénieusement écrit ; la diction en est pure,
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