‹ Mémoires de l'abbé Le Gendre, chanoine de Notre-DameChapitre 106 sur 184 · LIVRE CINQUIÈME. 3S · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME. 3S

les propositions simples et nettes, son strie ne se sent ui du pédant, ni de l'écde : tussi l'auteur étoil>il homme île distincUon. L'ouvrage ne parut point de son vivant; mais dès qu'après sa mort il parut, il fit bruit, en Italie et en Allemagne médiocrement, beaucoup en France et ea Elandre, parce qu'il ; a dans ce» derniers pays plus de jansénistes qu'ailleurs. Dans l'envie qu'ils avoient de Taire condamner ce livre, iU y cherchèrent des propositions censurables, et ils n'y en trouvèrent ancune à laquelle on ne pAt donner un bon sens, de sorte que toute la critique de ces censeurs impitoyables ne se termina à autre chose qu'à dire seulement en général qu'il y a dans ce livre des propot>itions dangereuses sur la grâce, sur ta prédestination, et principalement sur l'état des enfants qui meurent sans avoir reçu le baptême.

Quoique toutes leurs recherches n'eussent abouti quasi à rien, ils n'en Turent pas moins viTs à déclamer contre ce livre et à sonner la trompette pour exciter les évéques, les universités, les théologiens de toutes tes écoles, non-seulement à le censurer, mais à écrire tous 1 Rome pour obliger le pape à proscrire par une bulle uu aussi pernicieux ouvrage. Ces turbulents instigateurs eurent tout lieu d'être confus du peu de succès de leurs intrigues : pas une université ne se déclara contre le livre, par un prélat des Pays-Bas, et de cent tlix-huit qu'il y en a en France, il n'y en eut que quatre qui, à la sollicitation de M. de Noailles et par complaisance pouilui, voulurent bien signer avec lui une lettre au pap4'. Ces quatre furent M. LeTcltier', urcbevèquo de Reims, M. Bossuel, évèque de Meaux, M. de Sève, évoque A.\i-

> 1^ Tf^Uicr Uiirlra-iUufwe). ii£ en lUt, rourl en 1110. Frère de

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ras, M. de Brou', tvéqiie d'Amiens. Il s'en faut bien que cette lettre soit belle I elle est mal digérée et mal écrite, le latin en est dur et le style rude.

D'abord on s'étoit effrayé à Rome du tintamarre des j&nsénrstes, parce qu'on y a de si grands é^rds pour la pourpre, qu'on y a peine à se résoudre de condamner publiquement les ouvrages d'un cardinal, quaad princi- |)alement ils ont été approuvés par le maitre du sacré [inlais ; mais lorsqu'on vit au Vatican que tous les efforts des mutins avoient produit si peu de chose, on s'en moqua, de sorte que les cinq évêques n'eurent pour toute réponse à leur lettre que des louanges (|ue donna le pape à leur soumission au saint-siège. En vain les jansénistes frrent r-e qu'ils purent pour échauffer les évêques et pour les faim passer outre, ils n'en vinrent point à bout: c^r, soit que les cinq prélats fussent au repentir de ce qu'ils aroient fait, soit qu'ils eussent peine ou peur de pousser les choses trop loin, ils eu demeurèrent la, d'autant plus que M. l'archevêque et M. l'évéque de Meaux avoient à ménager le pape pour une afîaire plus importante.

(1698 et années suivantes.) Ces deux prélaU venoieiit de se déclarer contre M. deKénelon, archevêque de Cambrai, autrefois leur intime ami. Le bel esprit que ce M. de Fénelon t Quelle délicatesse, quel bon sens, quels charmes n'y a-t-il point dans son Télémaque! Si ce délicieux roman étoit réduit à la moitié, si les personnages qu'il introduit sur la scène taisoient leurs lamenlatîonE plus courtes, s'ils moralisoîent un peu moins, je ne crois

* Feydnu de Brou (Henri), ne «i 1653, moii en 17U6. f C'floil, dH Sunt-Simun , un bramne extrâmeiiient aiinible, goUé rt rtdinclic. mais un uînt fvi^que, tout appliqué ■ ton jluile tl i Kin diovÈu, doul il TIF sortoit que le nimni qu'il pouToil et qui j donnoit louliui pauim.a

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