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tfu'elle pouvoit Broir pour lui, pour (tes confidents, pour l'ordre de Saint-Dominiqnc, pour l'Église romaine, jl étoH disposé à faire au cardinal, sans exiger de lui aucune autre satisfaction, pleine miséricorde.
Ce fot à regret et quasi malgré lui qu'il forma une congrégation de cardinaux et de prélats pour dresser une formole de mandement, selon laquelle le cardiDst accepteroit la constitution, révoqueroit son appel an futur concile et son mstruction pastorale de janvier 1719, instruction sortie de la même Ibi^ et forgée de la même main que le Témotgruige de la vérité, ouvrage des phis dangereux, qui sape, comme nous l'avons dit, la religion par le fondement. Le cardinal de Polignac, qui étoit alors Ji Rome chargé des affaires de France, ami particulier du cardinal de Noailles, voulant lui épar^er la honte d'une palinodie trop crue, fit retoucher c« modèle jusqu'à trois fois; il en éplucha les termes, et en fit adoucir ce qu'il crut y avoir d'amer. Enfin hi-mâme et la cour de France parurent en être si contents qu'on ne douta nullement que M. de Noailles ne suivit ce modèle de point en point; mais ce n'étoit point l'intention de celuici : loin de là, comme il ne chercfaoit qu'à éluder, il envoya à Bome un projet de mandement si différent de celui-ci et si fort éloigné de ce qu'il avoit fait espérer, qu'on vit bien qu'il se jouoit du pape.
Il dîsoil que ce n'étoit pas de son cMé, mais du cdté de Rome qu'on avoit manqué de parole, et soutenoitque s'il avoit promis de recevoir la constitution selon le modèle qui seroit dressé par ta congrégation, c' étoit à condition qu'on donneroit ou des explications, ou du moins un acte authentique approbatif des doui« arttc/es, c'est ainsi que l'on appeloil un précis de la doctrine des jan-
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418 HfiHOlRES DE L'ABBË LE GEIfDRE.
sénistes qu'ils avoienl eux-mêmes dressé et qu'ils firent présenter au pape. Quoi qu'il en soit, le cardinal de Noailles éloil si peu disposé à se réiracler humblement de ce qu'il avoit fait au mépris de la constitution que, lorsque quelque temp après, Benoit Xlll, par un bref exprès, eut approuvé et confirmé ce qui avotl été décerné au concile d'Embrun contre l'éTéque de Senez, pour avoir adjuré sa signature du formulaire et exhorté ses diocésains à lire le livre de Quesnel, il fît opposition avec huit autres prélats à l'enregistrement de ce bref. Il est vi-ai que, quelques jours après, il parut sous son nom un acte de désistement; mab cet acte étoit-il de lui? L'avoit-il fait dans son bon sens? N'étoit-ce point un acte supposé, ou du moins qu'on lui eût fait faire dans quelque moment de foîblesse? C'étoit un problème, et je me souviens qu'en ce temps-là on en parla diversement. La tête avoit commencé à lui tourner. S'il avoitde bons intervalles, ces bons moments duroient si peu qu'il n'eût pu soutenir deux Miserere, ni une conversation. Son esprit s'affoiblissant de jour en jour, on ne le montroit plus qu'avec précaution et qu'aux gens privilégiés. Ce fut alors qu'il se forma deux conseils à l'archevêché : l'un composé des grands vicaires pour l'expédition des affaires, l'autre compose de la famille pour disposer des bénéfices; j'entends par la famille, non-seulement le duc de Noailles, mais principalement les quatre nièces du cardinal, qui toutes avoient du crédit. Celles des quatre qui en avoient le plus étoieni la maréchale de Gramont et la duchesse de La Vallièrc. C'étoit entre ces deux dames â qui s'emparerait du bon homme, et selon qu'il étoit subjugué par l'une ou par l'autre, il disoit oiû ou non, faisoit ou défaisoit. La maréchale étoit constitu-
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