‹ Mémoires de l'abbé Le Gendre, chanoine de Notre-DameChapitre 18 sur 184 · LIVRE fREHIER · texte numérisé non relu

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. Pendant un an environ on chercha à faire la paix, mais enfin la guerreétant déclarée entre l'abbé Fuielière et ses confrères les jetonniers, ceux-ci, sans se nietlre en peine de bien prouver leur compétence, jugèrent pi-évAtalement leur cnnfrère sous le nom de l'Académie el le condamnèrent sans l'entendre à en être exclu pour toujours. L'abbé protesta, soutenant que ces messieui-s n'avoient point pouvoir de juger; et comme ils lui reprocboient d'avoir pris furtivement dans leur dictionnaire ce qu'il y avoit de l>on dans le sien, il fit un second factum où, après s'être justifié en mettant d'un cAté un extrait de son dictionnaire sur les lettres A, B, C, D, et de l'autre un pareil extrait du dictionnaire de l'Académie sur les mêmes lettres, il ajoute que celui-ci, en ce qu'il y a de particulier, ne contient que des ignorances, des bévues, des absurdités ; ce qui étoit vrai, car à peine ce dictionnaire a-t-il vu le jour qu'il est tombé dans te mépris et y a fait tomber l'Académie en même temps. Le public fut indigné de ce qu'après l'avoir amusé pendant plus de cinquante ans de magnifiques espérances, on ne lui donna que du commun et du trivial, et nullement ce qu'on lui avoit promis.

Dans ce second factum, après avoir exalté les académiciens d'honneur, dont il appréliendoit le -«redit et l'autorité, Furetière tombe sur les jetonniers comme fait un vautour sur de timides tourterelles et les tourne l'un après l'autre dans un ridicule qu'ils avoient mérité, fent Furetière est exact à ne rien avancer sans preuves. Il y peint comme des ignorants l'abbé Lavau', Barbierd'Au-

* L«Tiii (tjHiis Iriind de), ai dans 1* première imùtié du dii-6epl>èine tiède, morl en 1607, Il négocia le muùgu d'une fille de Golbcrl ivec le due de KorlemiTt, el, pour priï de celle négocislion, le niinutre du

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50 HËHUIRES DE L'ABfit LE GENDRE,

cour' et les deux abbés Tallemant"; Charpentier comme unuvantasse;Benseradc*coinmeunturlupin; Boyer' et Leclerc' comme gens à faire pitié; Perrault comme un demi-savant; Quinault comme un demi-poëte; Doujal' comme un imbécile ; La Fontaine comme un Arélin ; et Kegaier '' comme un matamore, d'ailleurs d'un esprit aride, qui, de dépit de ne pouvoir produire, trouve à redire à tout. Ces portraits étoient ressemblants, quoiqu'un peu trop chargés. L'abbé Régnier étoit un aasez bon o-itique, Perrault avoit son mérite, il savoit les langues et les arts et il avoit au moins une teinture des autres belles connoissances que doit avoir un honnête

LuuU XIV lui ODTril li porte de l'Atadémie. L'alibé Livmi n'tnit alun cl D'ieqnit depuis aucun titre littéraire.

' Birbîer d'Aucaur (Jean), né ven 16il, mort tm IGUi. Homme du lelLrea claroat. U premiAre Toia qu'il plaida, il rMta rourt tprè» quelques phrase). C'est 1 u mésaveolure que Boileau fiil illouoii duit le

U nooTean CicJran, tremblint, d'coloré, Cberchs sn nii mu dltconn >nr u langue égar^

* Tillemaut (Frtnçoii) elTallenunt [Paul : ila étiienl cousiiu. > BeDser>dc[lsucrlej, n£ en 1613, nnrten1691.

* Bojet (Claudel, "t en 1SI8. Racine, dont les épigraaimea loiil xussj MUglanles que les Ing&lles, a imiDniUlisé la JadtÀ de Bo^rer :

■ Lederc (Hidiel). né en 16», mort en 1691. Encore u lUcine * uuré de l'oubli; on ooniull l'éplgramme : Eolra LkIltc et loa ami Caru

• Doujit {Jean], n£ nn 1606, mort ioijea do l'AcadémiE, du Collée ropl eldek Faculté de drnt, le 37 octobre 1688. Il était Torl en droit canonique.

^ Relier dea Hanii (François-Séraphin), ué en 1632, mort en 1713. Lillfrateuc et grammairien médiocre. On «ait Mnnom, on ne lit plus ira ouirtgei.

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