‹ Mémoires de l'abbé Le Gendre, chanoine de Notre-DameChapitre 39 sur 184 · UÉHOIRES DE L'ABBÉ LE GENDRE · texte numérisé non relu

UÉHOIRES DE L'ABBÉ LE GENDRE

plus de mesure dès que les choses eurent changé de face. La puissance énorme du roi, ses forces de terre et de mer, ses victoires, ses conquêtes, l'heiircux succès de ses intrigues, sa réputation, celle de ses ministres, la soumission entière et la vénération que ses peuples avoient pour lui, l'avoient rendu si formidable; d'un autre càté, les exécutions militaires qu'on venoit de faire en Allenagne, en vertu des arrêts des chambres de Metz et de Brisach', l'avoient rendu si odieux, que la peur, la haine et l'envie avoient réuni contre lui tous les potentats ses voisins, hors le roi d'Angleterre, qui étoit son seul allié; encore ce nouveau monarque se conduisoit-il de manière à lui être bientôt plus à charge qu'à en espérer du secours.

Dans ces fâcheuses circonstances, pour ne pas voir le pape à la tète de ses ennemis, et pour le rendre favorable au cardinal de Furstemberg dansja grande affaire du Cologne, le roi, de sa propre main, écrivit à Sa Sainteté pour lui donner la cart« blanche. La lettre fut portée par un homme de confiance, avec ordre d'en faire un secret aux François qui étoicnt à Rome, même au marquis de Lavardin, et de la rendre au pape en mains propres. L'envoyé s'acquitta de sa commission en mi-

' > Louit XlViUil iUdralorj (1680) de wn pouro)r<|u'il établit du» Heli et dini Brisacb de> juridiclions pour ifuair i u couronne toutes Id terres qui pouvaient aïoiri'lâ aiilrerois de la dépendance de l'AInce uu des Truis-Ëvikhéi, mais qui, depuii un temps inmémorial, ivaîenl pasij aous d'aurres maitn». Beaucoup de MiiiveraiDi de l'Empire, l'électeur palatin, \r. roi d'Espagne même, qui anicul quelque» bai1liagt'> ilan) cei ptjt. le nu de Suùde, comme duc de Deul-l'onls, furent cïli'devant co chambres pour rendre hommage au roi de FriDce ou pair Dubir 1,1 conliïcilïon de leurs biens. Depuïi CbHHemagiiL- on n'atail vu aucun prince agir si en iiinllre et en juge des MUTerains et conquérir di'< pavspirdcsamH». » (Voltaire, SUtle de Imù XIÏ.)

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