‹ Mémoires de l'abbé Le Gendre, chanoine de Notre-DameChapitre 5 sur 184 · LIVRE PRKHIER · texte numérisé non relu

LIVRE PRKHIER

j[ance, la pureté, rairangement de ses discours; à force d'y rêver et de les limer, i) \es faisoit si heain qu'en a encore aujourd'hui autant de plaisir à les lire qu'on en a eu à les entendre. En fait de pièces qui se déclament et qui ont eu un heureux succès dans la bouche de l'orateur, il n'est point de plus forte preuve d'uno véritable beauté que le succès, que de se soutenir sur le papier. M. Fléchier étant né lent, l'esprit ne lui venoit qu'en ruminant; à le voir en particulier, on eût dit qu'il en svoit peu, tant sa conversation étoit plate et chétive. J'en ai ouï parler en ces termes à de ses meilleurs amis, gens de distinction, qui l'avoienl pratiqué longtemps. II mettoit à faire une pièce autant de temps qu'un autre à en faire quatre; aussi en a-t-il fait peu, mais ce peu est d'un goât esquis. Il excclloit dans les pané^iques et dans les oraisons funèbres. Ses jaloux disoient que ce qu'il y avoit de bon n'étoit point de lui, mais d'un oncle qui lui avoit laissé un ample recueil de pensées sur toute sorte de matières. Si ce recueil étoit une mine de diamants, le neveu du moins sut si bien polir et enchâsser ces diamants, qu'il en a composé des pièces qui font l'admiration des plus rafGnés connoisscurs, témoin l'oraison funèbre du viconte de Turennc, qui est un cbef-il'œuvre. M. Fléchier entra fort jeune dans la congrégation de la Doctrine chrétienne * : il y régenta et n'en sortît qu'à la mort du Pore Auiliffret, son oncle, qui en avoit été général. Sorti de chez tes Doctrinaires, il fut précepteur de l'aîné de MM. de Caumarlin qui est mort conseiller d'Etat. Lg père de ces messieurs, ami intime du duc de

' DiKlHne àtrélimne. congrfgaliort de praires &£culiert. engagés par deH virui rimples de chasteté, psuvrelé. tibéit!Onr« el sUbililf , donL la prindiMle foodion al de niéchûer Im ^nfanU.

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