‹ Mémoires de l'abbé Le Gendre, chanoine de Notre-DameChapitre 68 sur 184 · LIVRE TRDIStÈMB. U · texte numérisé non relu

LIVRE TRDIStÈMB. U

saint Jôrànoe à un chanoine, de manière que tous méritiez d'être clerc. » Il n'y avoît point alors de difTérents ordres qui TonnaBsent danc l'Eglise, comme ils forment aujoui-d'hui, autant de petites républiques et autant de petits Ëtats qui ont leurs lois particulières et des intérêts difTérents. Les moines, soit d'Orient, soit d'Occident, étoient tous moines du même ordre, il n'y avoit parmi eus aucune marque de distinction, et les anciennes règles ne leur prescrivoient autre chose que de s'assujettir plus particulièrement non-seulement aui préceptes, mais aux conseils de l'Ëvangile.

Ces premiers moines étoient si soumis aux évéquei^, qu'ils n'eussent osé, je ne dis pas leur résister, c'eût été un point capital, mais rien faire sans leur permission. La résistance vint plus tard ; à qui en a été la faute ? Peutêtre est-ce moins à eux qu'à la manière dure dont les érêques les traitoient en Occident. Les hommes naturellement aiment moins une pleine liberté qu'un esclavage doux et commode, et on veit par l'histoire qu'ils ne songèrent k secouer le joug que quand, à force de les mater, on l'a rendu insupportable. Depuis que les moines eurent du bien, depuis qu'ils eurent des églises, depuis qu'ils ÙTcnl communauté, les évêques, soit par avarice, soit par excès de domination, ne cessèrent de les fatiguer, exigeant d'eux des droits énormes, leur causant des dépenses ruineOses quand ils atloieut les visiter, leur fallut violence dans l'élection de leurs abbés.

Los moines, pour s'affranchir de ces vexations, ou achetèrent leur liberté des évêques eux-mêmes, ou se la procurèient par la bienveillance du roi. Ces premières exemptions augmentèrent avec le temps; le pape en les confirmant les étendît pour de l'argent, les grandes ab-

U8 MËHOIRES DE L'ABBË LE GENDRE,

bayes furent reçues sous la sauvegarde et la protection du saint-siége, les abbés obtinrent du pape le pouvoir d'excommunier, celui de dispenses dans tes causes de mariage, celui de pourvoir aux cures qui étoient de leur dépendance. Par là insensiblement s'étant formé un territoire et un petit diocèse, ils s'en disoient prélats, ils y eier^oient la juridiction spirituelle indépendamment des évéques. Les évêques n'osèrent se plaindre tant qu'on eut un respect aveugle pour tout ce qui émanoit de Rome; mais depuis qu'à l'occasion de la qui-relle des juges tant ecclésiastiques que laïques sur les entreprises mutuelles, l'appel comme d'abus' s'est introduit dans le royaume, les choses y ont si fort changé qu'il n'y a peut être point d'exemption qui pût tenir contre les principes d'aujourd'hui. Selon ces maximes, la possession ne suflit point, fût-elle de plus de mille ans, il faut un titre primordial, titre clair et précis, oiî l'exemption soit énoncée en détail ; il faut que ce litre ne soit ni faux ni suspect, qu'on n'y ait jamais dérogé et qu'il n'y ait point d'abus.

Ces moyens étoient concluants contre l'exemption de Saint-Denis : point de titre primitif qui parût vrai et légitime, point de titre net et précis où l'exemplion fût détaillée ; buUes fausses et suspectes, bulles évidemineiil abusives. Mais parce que ordinairement les moines ne se rendent qu'après avoir bataillé, M. r8rche\ èque, qui lenoit fort au-dessous de lui de lutter contre eux, fit dire à ceux de Saint-Denis par le Père dom Roo, l'oracle de

' Aj^l comme d'ebut, pourraï cunlre lei jugemeiili tt lutrei «de» de aupériarilé ile« ecclétiKliquea, méiiic A» 1i cour de Rome, oA loii Itréleûd ^u'il f ■ tbtu. U* appeli comme d'ibus fuient luuvroîi porl^ daiinl le* pirlemecU; c'eil lujourd'huî le ouiKil d'£ui qui ta

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leur congrégation, que quoique leur privilège fût tout à lait anéanti par le changement qui étoit arrivé à l'état de leur abbaye, néanmoins, s'ils ne résistoient point, ils auraient lieu d'élrc contenta ilc la manière dont le prélat en useroit à leur égard. Ce dom Roo étoit un maître moine, aussi souple devant la puissance que fier et hautain à l'égard de ses inférieurs, qu'il traitoit la verge à la main. Les moines de sa congrégation le regardoient comme un tyran ; ils ne vainquirent que bien tard la répugnance qu'ils avoient aie faire leur générât. Le litre d'abbé venant d'être supprimé et la mense ' abbatiale ayant été nouvellement, par te concours du pape et du roi, unie a perpétuité à la maison de Saint-Cyr, l'exemption de Saint-Denis étoit de droit supprimée en son entier ; mais parce que les moines s' éloient soumis sans chicaner et qu'ib parurent disposés à recevoir par grâce ce queH.de Paris voudroit bien leur accorder, ils obtinrent de lui que leur église et leur couvent denieurcroient affrancbis de sa juridiction et que le prieur de l'abbaye seroit grand vicaire-né de l'archevêque de Paris, en ce qu'on appeloit auparavant le territoire do Saint-Denis.

' Jffliteesl U part que quel(|D'un a diD« 1« reiano d'une vglisc. — On ne pariait point de atenits tint qu« les é>ii|ue> el les abbés tiTaienl en wnimuo aicc Isur clergé ; luaia depuii que lea lupûrieurs louluient («oir leur pari iliiliocle el aéparée de celle de leur clergé, an dlttlngi» din< les calhédralea la moue épitcopale ou piri do réit<|ue el In mente du eliapiire; el dîna lea abbajea la mente abbatiale du part d^ l'abbi et II Mmw WDMMfiKi/couparl delà caniuiuniulé.

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