LIVRE TFtOlSlËUE
M. rarchevéque lut au roi ta lettre de l'abbé et l'acte qu'on avoil dressé du désaveu du délateur ; le roi fut touché de l'une et de l'autre et estimant en prince habile que ce n'étoit point chose à eoulTrir qu'on donnât atteinte impunément à la réputation et à l'honneur des gens en place, il régla, de l'avis de M. l'archevêque, que le moine délateur seroit exilé loin de Paris, et qu'avant de partir, lui et le gardien écriroicnt à l'abbé, le moine pour lui demander pardon et le gardien pour s'excuser d'avoir rendu publique la dénonciation du moine. Le dé- Doùment de cette affaire fit d'autant plus d'honneur à M. de Paris que, malgré les mauvais offices qu'on lui rendoit auprès du roi, il y avoit déjà quelques années, le roi en cette occasion lui avoit témoigné la plus étroite conliance.
Presque en même temps il lui donna encore des marques d'une haute considération en chose qui intéressoit la dignité du chancelier. Le marquis de Louvois, après s'être fait nommer, en 1673, vicaire général des ordres militaires de Notre-Dame du Mont-Carmel et de Saint- Lazare, avoit uni à ces ordres, sans garder de formalités, ce qui restoit de biens à d'autres petits ordres militaires qui étoieut à peine connus ; il y avoit aussi uni les biens des maladreries et de beaucoup d'autres hôpitaux qu'il supposoit avoir été de la dépendance de ces ordres. Sa vue étoit d'avoir des fonds de quoi faire des commanderies ' qui pussent servir de récompense aux ofliciers de guerre qui auroient bien servi i'Elat, Le marquis mort, les anciens possesseurs réclamèrent ces biens, comme enlevés par violence et comme destinés à
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d'autres usages. Ces plaintes donnèrent au roi des scrupules d'autant mieux fondés, que tes papes avoienl rt<fusé d'autoriser ces unions. Pour calmer ses remords, le roi voulut que cette alTaire fût discutée exactement, el nomma pour cela M. l'archevêque, M. le chancelier, c'étoil M. fioucherat, N. Le Peletier le ministre, le Père de La Chaise, confesseur de Sa Majesté, un ancien conseiller d'Etat et un autre pour rapporteur. Jusque-là il n'y avoit point eu de commission si noble et si distinguée ; mais plus ceux qui la composoient étoient élevés en dignité, moins il ctoit aisé de régler le cérémonial, principalement à l'égard de l'archevêque el du chanceher, l'un cl l'autre ayant droit de tenir la première place. Question fut qui présideroit et qui auroit la première séance'; l'un cl l'autre se tirent sur cola des politesses, ne youvanl s'as.^embler que leurs rangs ne fussent réglés. Le roi décida que M. l'archevêque auroit la pré^^éance et le chancelier la présidence. On peut dire hardiment que le mérite du prélat autant que sa dignité lui attira ce témoignage d'une considération et d'une estime particulières. Sur son avis, ces biens unis par voie de fait furent rendus par arrêt à leurs anciens et légitimes possesseurs.
(161)2.) Ce crédit supérieur aplanit les diflicnltés que M. l'archevêque auroit sans doute essuyées à supprimer l'exemption de Saint-Denis, comme il fit quelques mois après. Les moines des pi-emters temps n'étoii-nt point employés aux fonctions ecclésiastiques ; ce n'est pas que leur condition les en empêchât, le mnnachisme, an coiitraii'e, éloît un noviciat pour s'y dis|>oser. « Vivez, di!
' Ou friMéance ; l'nulcur eniploiu te dernier xaiA \>\m lotn.
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