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qui regofgeoil àc. bien et venoit le manger à Paris. Partout où le jeu, la bonne chère, la musique, les curiosités ourroientles portes aux conseillers, il y vantoît l'abbé; il le logeoil dans sa maison, et en retour l'abbé arcloit, par ses bons mots, le conseiller à vivre agréablement. Peut-être est-ce pour cela que l'on imputoit à l'abbé une chose qui ne siéroit pas à un prédicateur, aussi s'en défendoit-il. Cependant on disoit qu'elle étoit bien vraie : Ravoir, que lui et son patron avec d'autres gens de leur société faisoient les scènes françoiscs de la Comédie italienne. L'abbé, par son mérite, soutf noit noblement les bonnes dispositions que donnoient de lui ses amis. Il étoit bien fait, son geste éloit sage et réglé, sa voix claire et argentine faisoit plaisir à entendre; il disoit de fort bonnes choses, il les disoit d'un air touchant ; il ne prêcha que de petits avents, de petits carêmes et quelquei; sermons détachés, mais il étoit si fort goùlé que bientAt il fut regardé comme un homme des plus éloquents et des mieux lisants de son temps. Un si heureux succès l'ayant annoncé à la cour, il y fut applaudi. Devenu dans la suite aumAnier de quartier de madame la Dauphioe, il en demeura là, et après avoir obt«iu une abbaye pour subsister, il s'en retourna dans son pays et y ensevelit ses talents et sa renommée dans une molle oisiveté. Les talents des particuliers sont un bien qui appartient au public, et le public a lieu de se plaindre d'eux quand ils négligent de cultiver et enfouissent ces talents. Les abbés Anselme' et Boileau* fournirent avec hon-
* Anselme (Antoine), ni le 13 jtnviiT 1652, mort le 8 mai 1737. < L'abbé Anselme brille à Sainl-riul. dit madame de Sfvignf, Je le Iroute un de> bons prédicateurs que j'aie jnniais entendus. >
' Baileiii (Cbaries), abbé de Beailiieu. membre de i'Aradémic fran*
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4i ITËHOIRES DE L'ABBR LE GENDRE,
ncur une bien plus longue carrière. Tous deux parurent en même temps et remplirent successivement les premières chaires de Paris. Ils commencèrent par des panéftyriques. Anselme, préchant la Saint-Bemard aux Feuillants, rue Sainl-Honorô, eut le plaisir de voir devant lui un cercle de vingt-six évéques. Pas un de ceux qui éloient k Paris n'avoit eu garde d'y manquer, parce que Anselme étoit précepteur du lils de madame de Montexpan*. Boileau l'aveit été de ceux d'un M. Jacques, greffier en chef du parlement de Parin. Ce M. Jacques, Gis d'un pàtis:>ier de Vitry *, village près Paris, étoit devenu homme important par te bien qu'il avoit gagné aux fermes, emplois et traites, et surtout par son alliance avec M, Bontems, un des quatre premiers valets de chambre du roi et celui en qui Louis \IV avoit le plus de confiance pour ce qui regardoit ses plaisirs.
Anselme et Boileau portés sur les ailes de la protection puissante, l'un de madame de Monlespan et l'autre de M. Bontems, s'élevèrent bien haut tout'd'un coup. Ëtoient-ce des orateurs parfaits? Non sans doute : aucun d'eux n'en avoit les grâces; leurs gestes à l'un etji l'autre n'étoient ni beaux ni naturels; Anselme avoit la mine d'un pédant et Boileau l'air d'un paysan. C'est ainsi que s'en expliqua la première Dauphine en les voyant monter en chaire. Ils ne persuadoient point, parce qu'il y avoit trop d'art dans leur prédication. Les discours de Boileau n'étoient qu'un tissu de fleurs, on n'y trouvoit que portraits, antithèses et allusions. Il y
(*iM. Bourikloue di'til de lui qu'il avait deux foii plus d'etprit qa'il D'en fil lait pour pricbtr.
' Le mirqui» d'Anlin.
* C'eil 11 Iriditioa du paît. (Nôtf de l'abbé U Gtnire.)
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LIVIIB PRBUIEn. i;
avoit moins de clinquant dans les discours d'Anselme, mais sa morale étoit si vague, que ne caractérisant personne, personne n'en étoit touché; l'un et l'autre avoient peu de théologie. Le premier dessein de Boileau étoit de se mettre sur les bancs, mais en argumentant à un acte de philosophie où se trouva M. Claude, célèbre ministre des huguenots, il donna à ce ministre, à dessein on étourdiment, le titre de prince de l'Église ; les é¥âqueB en firent si grand bruit, que le jeune maître es arts, quelque satisfaction qu'il offrit, ne put avoir permission de prendre des degrés en théologie.
Au milieu de tant d'orateurs qui n'étoient pas gens ordinaires, se faisoit remarquer, par ses fréquentes saillies et par ses morales critiques, un abbé Faydit, né à Riom en Auvergne, et qui avoit été de l'Oratoire'. Il avoit bien autant d'esprit qu'aucun de ceux dont j'ai parle et peut-être plus de capacité ep tous genres de littcralure. C'étoit une bibliothèque vivante. Faute de jugement, ne pouvant contenir ni sa langue ni sa plume, il s'attira bien des disgrâces; ses discours critiques et ses téméraires écrits le firent mettre à Saint- Lazare, maison où l'on redresse ceux dont malheureux, sèment le «sur ou l'esprit se gâte. Peu après qu'il en fut sorti, de nouvelles indiscrétions le Grent chasser de Paris et renvoyer en son pays. 11 y passa le reste de ses jours tel qu'il avoit vécu, adorateur de ses idées, censeur implacable de celles des autres.
S'il y avoit dans le clergé des prédicateurs qui brilloienl, il n'y en avoit pas moins parmi les ordres reli- ^eus. Je ne mets point au nombre de ces prédicateurs
■ FgydU ([>ierre-V(lenlio], mort en 17UII.
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