‹ Mémoires de l'abbé Le Gendre, chanoine de Notre-DameChapitre 78 sur 184 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

(\nnn accnrcloit ans religieuses plus qu'elles n'eussent osé espcrcr. Il leur étoit permis par celte nouvelle jurisprudence, dans les villes où il y a parlement, de prendre huit mille francs de dot et cini) cents livres de pension, et dans les autres villes, trois cent cinquante livres de pension et deux mille écua pour dot. Est-il couvent en province oïl les religieuses, quelque intéressées qu'elles soient, osassent demander cl se flattassent d'obtenir autant que par cette déclaration on leur permet de recevoir?

Je ne fus point de cette affaire, parce que je tombai malade dans te temps qne le roi ordonna qu'on l'esaminât. La lièvre méprit d'avoir en froid; le lendemain elle augmenta considérablement; j'eus peur, quoique je fusse persuadé, comme je le suis encore, qu'on meurt moins de maladie que de médecins; j'en fis venir jusqn'à trois séparément et leur dis que, comme physicien, je raisonnerois avec eux tant que j'aurois la tète bonne, et que si elle venoit à me tourner je leur dcmandois miséricorde. L'un me dit blanc, l'autre me dit noir; le troisième) que je croyois devoir les départager, nemeilK que des choses frivoles, qui n'avoient nul rapport à l'état où je me Irouvois. Concluant de cette conlrariété, qui ne pouvoit que m'élre funeste, que si j'avois à moarir j'en mourrais pins lard et plus doiiceme.nt si je renvoyois mes médecins, je tes payai honorablement el je songeai âme guérir moi-même. Je ne me fis ni saigner ni purger; je mangeai moins, je bus davantage : sur un demisepticr de vin je mis trois demi-septiera d'eau ; je bus de l'eau pure entre les repas, la plus chaude que je pusse souffrir; je demeurai en repos sans lire ni écrire et sans entendre parler d'affaires; je me fis suer deux fuis, et

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