‹ Mémoires de l'abbé Le Gendre, chanoine de Notre-DameChapitre 96 sur 184 · livre: ciNrjuiËME. ao · texte numérisé non relu

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Leur visage d'évangile Sert aussi mal votre Elat Dans l'Ëglise iju'au combat.

Le prélat demanda qu'on supprimât la comédie, ou du moins qu'on en corrif^eàt les principaux abus, en ne permettant aux comédiens de jouer qu'en de certains temps, donc jouer que certaines pièces, après même que ces pièces auroient été examinées par des hommes de confiance. Il avoit oublié que, dans un monde comme est Paris, c'est sagesse et nécessité de souffrir de petits désordres pour en prévenir de plus grands ; et, comme s"il avoit eu une mission indéfinie de redresser tout le genre humain, il prenoit connoissance de ce qui se passoit dans les ramilles, et, selon le rapport que lui en faisoient s&t espions, il faisoit ou il faisoit faire des réprimandes plus ou moins fortes aux pères, aux mères, aux enfants, et principalement aux personnes d'une vie suspecte. 11 fit des ordonnances pour remettre dans leur devoir les prêtres, les moines, les religieuses ; peu s'en fallut que les évéques n'essuyassent aussi sa censure, et que, se regardant comme le pape d'en deçà des monts ', il ne les obligeât à garder plus exactement la loi de lu résidence ; il auroit souhaité de n'en voir aucun à Paris. On ne pouvoit en cela que le louer. Quel bien y font-ils ? Quel mal plusieurs n'y font-ils pas par le scandale qu'ils y donnent quand ils viennent à se débander? H y en avoit alors, à ce que l'archevêque disoit lui-même publiquement, qui y menoient une vie licencieuse, nommément l'évêque de Gap. Cet évéque, appelé Hervé, Hls du doyen du parlement, avoit été, étant abbé, missionnaire zélé, homme

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à bonnets œuvi-es, hotiimc, ce semble, à cunoiiUcr, d malheureusement, depuis qu'il cloit évêque, il aimoit le lusc et la joie; il ctoit fiiand dans sa table, ina^iRque ilautt ses équifiage», somptueux lians ses meubles, cl si fort livré aux plaisirs, qu'il avoit, disoit-on, des muitrcsses à gages, entre autres une belle Irlandoise, qu'il ne pouf oil rassasier d'argent, parce qu'elle vouloit tirer de lui de quoi payer d'autres amants plus jeunes et plus de sun goût. L'évéque, homme étourdi jusques à se montrer avec elle au cours, à la promenade, on dit même a la comédie, refusa de plus grands subsides et menaça de l'abandonner. L'Irlaudoise, de son côté, menaça de le déceler; les choses s'aigrirent si fort entre eux, que l'irlandoisc en fureur alla en pleine audience se plaindre à M. dcNoailles.

M. de Noailles, devenu grand inquisiteur par son zèle el par son crédit, pour faire sentir aux évéques sa supériorité et tout ce qu'ils avoient ou à craindre ou à espérer, selon qu'ils s'attaclieroient ù lui, fut ravi d'avoir occasion de faire dévotement un exemple de celui-ci. Il lui lit donner des avis ; les menaces suivirent de près, et, comme l'évéque ne fîtqu'en rire, M. de Noailles en parla vivement au roi. Le roi fut surpris, et ayant peine à croire que l'évéque fiit si fort changé, il dit à M. de Noailles de s'informer plus amplement, et pour cela, s'il se pouvoit, de faire venir chez lui l'évéque et ïon Irlandoise. L'évéque n'eut point honte d'y couiparoîtrc ; l'Irlandoise avoua tout les larmes aux yeux; révcquc fut démonté; puis, revenant à lui, il nia tout, mais les lannes de la belle Irlandoise, ses senncnts, sou air {>énitcut, persuadèrent lellcinent M. de Nouilleii qu'elle dîsoil vrai, que, rendant conq>tG au loi de cette c uiifruiitation.

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