HËMOIRES DE L'ABBÉ LE GENDRE
pour un génie ; c'est un homme d'imagination qui désire et croit tout savoir. On présume si fort de lui, que la cour et la ville le regardent également comme le seul homme que nous ayons capable d'être premier ministre. Le nouvel archevêque étoit de cette Tamille, alors toutepuissante, parce que madame de Maintenon destinoit sa nièce et unique héritière au duc de Noailles d'aujourd'hui.
Les dévots applaudirent à ta nomination de M. de Noailles, parce que, comme il l'avoit toujours été, ils se ' flattoient que sous lui Paris et le diocèse prendroient une nouvelle face, et que le nouveau prélat en cxtirperoit tous les vices, chose plus à souhaiter qu'à espérer : les hommes seront toujours tels que toujours ils ont été ; le mal est dans le sang ; ils naissent si enclins au vice qu'avec tout le secours des lois, et malgré les impressions que doivent faire sur les esprits la récompense et la peine, soit temporelles, soit éternelles, bien loin de le déraciner, on a peine à le réprimer. Le prélat ne démentit point les dévots ui leurs espérances ; dès qu'il fut en place, il ne paHa que des réformes ; son zèle s'étendit sur le peuple comme sur le clergé. Ce zèle n'avoit point de homes, et comme, par la protection etparle crédit supérieur de madame de Maintenon, il crut pouvoir tout entreprendre, il se mêla de tant de choses, il s'y prit avec tant d'ardeur et garda si peu de mesure, que peu de temps après son arrivée on lit sur lui cette chanson :
Sire, votre bonne ville Iteniatidoit un grand prélat; Voire Majesté facile Ne nous donne qu'un bétat.
Tout NaaSIe ett imbécile.
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