LIVRE CINQDIËHE. 3t
prêtres, les moines, leH religieuseii fît lf>s évéqiiC!! peu réglés, le mirent, parmi les dévots, en si haute réputation, que, le croyant aussi zélé en toute autre chose, ils lui fftisoient honneur de quantité de bonnes œuvres auxquelles il ne poisoit pas. Je me souvieiis qu'en ce tempslà, étant allé sollialer M. le lieutenant civil Le Camus, son épouse, qui se trouva là, me dit d'un ton afîectueux : a Eh bien, monsieur, grâce à Dieu et à madame de Maintenon, nous avons un prélat selon le cœur de Dieu ; prélat charitable et si édifiant, qu'il assiste sans y manquer, avec vous autres, messieurs, aux offices de jour et de nuit, n Cette dame le croyoit si fort, sur ce que lui en avoient dit d'antres dévots et dévotes qui set'étoient imaginé, que lorsque je lui répondis que les occupations deM. l'archevêque ne lui permettoicnt pas de venir de jour à l'office, et que la nuit il n'y assisloit qu'aux fêtes les plus solennelles, elle ne pouvoit se le persuader. Le gros du monde ne jugeoit pas comme les dévots et dévotes de tant de pieux éclats qu'avoit faits l'archevêque; il lui en coûta cher d'avoir jeté son premier feu avec' peu de ménagement ; lui et sa famille furent insultés plus d'une fois par des pasquinades sanglantes. A quelque chose malheur est bon : cela le rendit plus retenu, et il fut plus attentif à ne rien faire de conséquence sans prendre avis de son conseil.
Malheur à l'homme, quand principalement il est dans une grande place, si, ébloui et infatué de ses lumières, il ne consulte et ne croit que lui, A quoi n'est-il point exposé, s'il ne sait à propos prendre conseil et en profiter! Quelles fautes ne fit pas Louis XI, avec tout son ]>rétendu bel esprit, pour avoir tout fait de sa tète! C'étoit plus pour se moquer de lui que pour lui faire hon-
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31S MËHOIRES DE L'ABBË LE CENDRE,
neur qu'on disoiLd'un petit mulet qu'il avoitcoulume de monter : n II porte le roi et son conseil, n Le nouvel archevêque avoit trois sortes de conseils : un conseil qui le dominait et auquel tout étoit soumis, un autre auquel il déféroit quand il n'étoit pas dominé, et un troisième dont il étoit si fort le maître, qu'il arrivoit ass'ez souvent que les personnes qui en étoient n'osoient trop dire la vérité dans la crainte de lui déplaire.
I,e premier étoit composé du maréchal, son frère aîné, et de la ducliesse leur mère. C'étoicnt ses principaux oracles, oracles flatteurs et complaisants en choses de peu d'importance ; mais, en tout ce qui avoit plus ou moins de rapport au roi, oracles sévères et décisifs. Il n'eût osé leur résister, à sa mère, par respect, et par reconnoissance à son frère le maréchal, à qui il étoit redevable de rarchevèché de Paris.
En choses ecclésiastiques, sur le dogme principalement, N. deNoailles consultoitM. Le Tcllier, archevêque de Beims, son ancien métropolitain ; M. Bossuet, évêque de Meaux ; quelquefois M. Godet des Marais, évêque de Chartres, confident de madame de Maintenon; toujours le Père de La Tour, général des Pères de l'Oratoire: de tem|)s en temps celui des Pères de Sainte-Geneviève ', le supérieur de Saint-Sulpice, MM. Thiberge et Brisacier*) supérieurs du séminaire des Missions étrangères, et au-
* Piret de Samte-Cemviive, diiiiuiiics réguliers Ai Si inl- Augustin, de II con^ré^'atioD de France. R^tanne établie pir le Père Charles Faure. On appelait celle congrû^lioa de Saïnte-Gcaeuiéiie parce que le chef de l'ordre fiait l'abbaye de Sainle-GeDevière 1 Patii.
* Tbibei^c (Louis), abbé d'Andn». mort en 1730.— Brisacier (Jacquef- Cbariei). mort en 173S, i quatre-tingt-qunlDrxe ana. Cei deux ecdésiiitiquea firent de concert plusieurs écrits contre les jéraitcs, dans l'aftiirc dea cëréinooies chinoises. Ke pas confondre Briucier (Jacqaea-Charles| avec BriMder(Je«n),de la mjine ramille, e^ui-d jéauHe tûitaU
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