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Si l'étude des hybrides spontanées est utile à la botanique descriptive, elle aune importance bien plus grande au point de vue de la fixité de l'espèce. Les observations et les expériences que M. Gopron vous a communiquées, établissent d'une manière positive ce point de doctrine. Notre confrère a prouvé que l'Ægilops triticoides, qu’on retrouve autour de Montpellier, n’est point la souche primitive du blé cultivé, mais une hybride résultant de l'union spontanée du Triticum et de l'Ægilops ovata. Bien que les faits justifient rigoureusement cette conclusion, M. Gopron a voulu recourir à l'expérimentation directe : il a tenté dès lors de reproduire l’Ægilops trilicoïdes par la fécondation artificielle des Ægilops, par les Triticum, et l'expérience a sanctionné complétement les données de la théorie.
M. Purox a publié une notice sur la Mulette Noire (Unio ater Nilsson). Cette espèce qui n’a encore êté trouvée qu'en Suède, est nouvelle pour la faune française. Notre correspondant l'a découverte dans le ruisseau de Mondrezey, à Sauley-sur-Meurthe, où elle est commune, et dans la Meurthe, à la Voivre, près Saint-Dié (Vosges). Il décrit ce mollusque avec d’autant plus de soin, qu'il n’est mentionné dans aucun ouvrage français. L'animal est remarquable par son pied rougeûtre, et par la’ belle bordure noire du manteau à la région postérieure.
Paysiouocrs. M. Evo Smonin vous a communiqué la suite de ses travaux sur l’action de l’éther et du chlo-
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roforme. Déjà, en 1848, vous avez ouvert vos Mémoires à un premier résumé relatif à l'action de ces agents anesthésiques sur l'intelligence, sur les sens, sur la conscience, sur la volonté et sur la sensibilité générale et locale. L'auteur en faisant une nouvelle lecture à la Société a montré que les lois formulées par lui, précédemment, n'ont point été infirmées. Puis, il a fait connaitre les conclusions de ses nouvelles recherches, qui ont eu pour but la connaissance des phénomènes produits par l’éther et le chloroforme dans les fonctions si importantes de la circulation et de la respiration, dans celles de l'appareil musculaire, et dans celles de l'utérus, au moment de la parturition. M. Enmoxp Smonin a donné l’une des observations les plus importantes d'anesthésie au inoment d’une opération césarienne. À a terminé l'analyse des résultats des merveilleux agents dont l'emploi est dü aux docteurs JAcxson et Simpson, en décrivant leur action sur Ja phonation, sur l'appareil digestif, sur les diverses sécrétions, sur l'exhalation pulmonaire et la chaleur générale. Nous ne citons aucune des nombreuses conclusions de l’auteur, parce que l'impression en a été votée par l'Académie.
M. Bconoor vous a lu un travail ayant pour titre : Recherches sur la digestion des matières grasses, suivies de considérations sur la nature et les agents gy-travail digestif.
Notre confrère s’est proposé de réhabiliter l'ancien système de la trituration en lui donnant une acception
LXXXHI large et philosophique. Son mémoire se divise en trois parties. Dans la première, il prouve que la digestion des corps gras ne s'effectue pas dans l'intestin par l’intermédiaire de la bile ou du suc pancréatique. Dans la seconde, il établit que les corps gras se digèrent dans l’estomac comme les autres aliments, et par leur intermédiaire, Enfin, la troisième partie est relative à la nature et aux agents du travail digestif ; elle forme le résumé des recherches qui précèdent, et du mémoire que l'auteur a récemment publié sur la digestion des matières amylacées. Nous l’exposerons avec concision.
Le pancréas ne remplit aucune fonction essentielle dans la digestion. L’estomac, par sa puissance dynamique et de trituration, est l'agent spécial de la digestion de toutes les matières alimentaires indistinctement, alors qu'elles ont été ramollies par l’action du suc gastrique. M. Bionpor est convaincu qu'il faut revenir à ce système de la trituration que BoERuAAvE définissait par ces quelques mots : liquor diluens, vis conterens, vas coercens.
Liquor diluens. De tous les fluides qui se déversent dans le tube gastro-intestinal, un seul, le suc gastrique, mérite, en effet, la dénomination de fluide digestif pr: prement dit ; lui seul, réellement, exerce une action véritablement chimique sur les aliments. Tousles autres fluides ne sont que des produits excrémentitiels qui ne concourent à la digestion que d’une manière exclusivement mécanique et très-secondaire.
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Quant à l'action du sue gastrique en elle-même, M. BLonpior la considère comme une action sui generis, en vertu de laquelle certaines substances, tout en conservant intégralement leur composition chimique, perdent une partie de leur cohésion, de manière à pouvoir se réduire en molécules plus ou moins ténues, sous l'influence des agents mécaniques les moins énergiques.
Vis conterens. Le suc gastrique n’est, à bien prendre, que la cause prédisposante de la chymification ; l’intervention d'une force triturante est également nécessaire pour les trois classes d'aliments : matières protéiques ou albuminoïdes, matières amylacées, matières grasses ; car sans l’action dynamique, les matières protéiques et amylacées resteraient sans se désagréger, et de même aussi les matières grasses manqueraient de l'agent actif sans lequel elles ne peuvent s'émulsionner. Le pylore est une sorte de gésier rudimentaire, plus spécialement chargé d'opérer la trituration des aliments, et de les convertir, par petites fractions, en cette espèce de pâte molle, mais hétérogène, qui est le but ultime de la digestion.
Vas coercens. L'estomac offre aux aliments une capacité plus ou moins spacieuse dans laquelle ils se logent, it pendant la chymification, ce qui a lieu chez la généralité des animaux, soit avant qu'ils soient soumis au travail digestif proprement dit, dans quelques espèces particulières. |
M. le docteur GRELLoIS vous a adressé une brochure intéressante sur la sensation musicale. Cette sensation
LXXXY diffère beaucoup chez l'homme de la nature, dont les sens n'ont point encore été éprouvés par de savantes stimulations, et chez l'homme civilisé dont l'esprit sans cesse tourné vers les moyens de se créer de nouvelles jouissances, ne saisit que celles qui sont appropriées à la délicatesse de ses organes. Les mœurs particulières d’un peuple, la tournure générale de ses idées apportent de nombreuses modifications dans la perception de la musique. Dans ce travail l'auteur n’a pas eu pour but de rechercher les effets que peut déterminer la musique, il a voulu seulement constater la sensation immédiate qui l'accompagne, et indiquer les circonstances générales qui peuvent faire varier la forme et l'intensité de cette perception.
MépeciNs. M. Simon père vous a offert un volume ayant pour titre : Recherches topographiques. et médicales sur Nancy. Vous connaissiez déjà cet ouvrage par les fragments que l’auteur vous avait lus les années précédentes. Comme tout ce qui sort de la plume de notre confrère, ce travail se recommande par l'exactitude des observations, le choix et l’utilité des renseignements. C'est une œuvre consciencieuse aussi indispensable à l'administrateur qu’au médecin.
M. le docteur Enmonp Simonin vous a présenté son Rapport sur le service de la vaccine dans le département de la Meurthe, en 1883, et une brochure qui a pour objet l'appréciation des travaux de l'École de Médecine et de
LXXXYI Pharmacie de Nancy, pendant l’année scolaire 1852-
M. Morez vous a remis son Trailé théorique et pratique des maladies mentales considérées dans leur nature, leur traitement et leur rapport avec la médecine légale des aliénés. La haute sanction de l'Institut impérial qui a couronné cet ouvrage, l’enlève à notre examen ; nous nous bornons à mentionner cette flatteuse distinction.
Le même auteur vous a lu un Mémoire sur l’/nfluence du tabac et d’autres plantes narcotiques sur la santé physique, intellectuelle et morale des individus, ainsi que sur les mœurs el les coutumes des nations. Après avoir établi un paralléle, au point de vue de l’économie politique, entre les revenus financiers dus à la consommation du tabac à diverses époques, il a montré les conséquences délétères sur la santé de l'usage de cette plante, importée, 1l y a environ trois siècles, par Nicot, ambassadeur de France en Portugal. Etudiant ensuite l'emploi et l’abus des diverses substances que l’homme, sur tous les points du globe, recherche si avidement, pour satisfaire ses jouissances matérielles, M. Morez a montré l'influence de ces substances sur la civilisation, et a cité celle d’un grand empire succombant en partie par suite de l'usage immodéré de l'opium.
Un travail d’un autre genre vaus aencore été communiqué par M. Morel ; il a pour objet l'application de l'éthérisation comme moyen d'investigation médico-légale,
EXXX VIE pour constater la simulation de la folie et d’autres maladies, et comme moyen de diagnostic pour connaitre certains délires qui ne‘se révèlent pas toujours dans les paroles de l'aljéné..
Vous devez à un autre de vos correspondants, M. Pu- TEGNAT, de Lunéville, deux brochures, l’une sur les Ma- Ladies des verriers et des tailleurs de cristal, l'autre sur l'Emploi thérapeutique de l'huile dite de proto-iodure de Pr.
M. Eupansxr vous a envoyé un opuscule ayant pour ütre : De l'hydrothérapie comme méthode révulsive et de ses applications contre les congestions chroniques. Enfin, votre secrétaire annuel a eu l'honneur de vous offrir le rapport général sur les Travaux des conseils d'hygiène publique et de salubrité du département de la $ Meurthe, pendant les années 1852 et 14853.
ÉpucaTion. L'invention d’un très-ingénieux appareil destiné à mettre par l'écriture les aveugles en rapport avec les clairvoyants, a donné à M. Enmonp Simon l'occasion de faire un rapport dans lequel il a rappelé la succession des procédés inventés depuis Haüy, pour procurer aux aveugles la facilité de communiquer par écrit leurs pensées. L'appareil imaginé par notre concitoyen M. Larivière, fournisseur de l'Ecole de Médecine, a fonctionné devant vous, et vous a paru résumer, par sa simplicité et la sûreté de ses moyens, les diverses découvertes antérieures, en permetfant à l’aveugle d'impruner et de
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transformer rapidement en caractères ordinaires, et tou jours inconnus pour lui, les signes de l'alphabet Braille qui seuls lui sont ordinairement enseignés.
M. Pinoux vous a remis la brochure qu’il publie tous les ans, sur la situation physique et morale de l'institution de Sourds-Muets qu’il dirige avec tant de zèle et de dis-tinetion. Comme tous les ans, ce compte rendu renferme des documents statistiques extrêmement importants.
M. G. ve Dumasr vous a présenté un opuscule ayant pour objet : l'Orientalisme rendu classique dans la mesure de l’utile et du possible, suivi d’une lettre à M. Jules Mohl, sur la langue perse. Cette seconde édition diffère de la première, en ce qu'elle fait connaitre, dans un supplément important, l'état de la question orientaliste, les progrès faits par cette idée, et notamment le texte des actes par lesquels l'Académie de Stanislas en a pro posé la réalisation et formulé le mode possible.
LITTÉRATURE ET POËSIE. L'Académie française qui depuis plusieurs années s'applique à ranimer le goût dé- | faillant des lettres classiques, a proposé aux jeunes littérateurs la réédification de tout un antique monument ; elle leur a demandé de reconstituer la comédie de Ménandre, avec les quelques fragments épars que nous possédons. Cet appel a été entendu : l’entreprise était périlleuse, M. Benoir a su triompher des difficultés. Il a composé un volume qui a mérité la distinction de l’Académie, honneur qu'il partagea avec un jéune professeur plein
de feu et d'érudition, M. Guillaume Guïzot. L'œuvre de notre confrère n'est pas seulement un livre savant et spirituel sur Ménandre, c'est une édition à peu près complète du poëte, accompagnée de traductions fidèles et élégantes. M. Benoit a su reproduire sans en altérer la grâce, ces vers de Ménandre où l'observation, en quelque sorte vulgaire, est relevée par la justesse de l’idée et la briéveté du tour.
M. CLesse a consacré une note à la discussion d'un point d'histoire littéraire, qui, malgré son exiguité vraiment microscopique, ne laissait pas de présenter quelqu'intérét pour les amis de l'exactitude. Plusieurs écrivains Jlorrains, et notamment dom Cälmet, dans sa Bibliothèque lorraine , ont attribué à Claude-François Reboucher, conseiller à la cour souveraine, un quatrain sur la violette, qui formait la meilleure partie du bagage littéraire de ce versificateur malheureux. M. CLesse l’a dépouillé sans pitié de ce léger titre de gloire, en démontrant que le quatrain en question était simplement un extrait de la Guirlandle de Julie, recueil de poésies offert par le duc de Montausier, à Julie d'Angennes, dont il recherchait la main. |
Du gouvernement représentatif chez les animaux : sous ce titre, M. Caarniicer vous a lu une fable pleine de verve et d'entrain. L'Amour du lieu natal, a inspiré à M. Alb. de Montémont une chanson où s’exhalent les sentiments les plus tendres et les plus vrais.
Nous avons reçu de M. Azr. MazaEnBe un discours ayant
pour texte : Du XIX° siècle, sous le rapport moral et scientifique, de M. le baron de Srassarr un gros volume où sont consignées ses œuvres littéraires.
Avec la légende, La Palestine, le Jourdain et la Mer- Morte, M. ne SauLcy a composé un opuscule pour défendre la relation de son voyage en Orient, contre les différentes attaques dont elle a été l’objet. Enfin, nous mentionnerons un compte rendu, que nous a adressé M. Aus. De Monrémonr, sur Quelques ouvrages relatifs à la Géographie.
Économie PoLrrique. L'organisation des anciennes sociétés ne permettait pas le développement du paupérisme. L'homme, en effet, était dominateur ou dominé : dans l’une ou l’autre catégorie, sa subsistanee lui était assurée. En voyage seulement, la nécessité de l'assistance se faisait sentir. Aussi, l'hospitalité nous apparait-elle comme la forme primitive de la charité. Mais au fur et à mesure que la propriété tend à s’individualiser, et que Fhomme recouvre son indépendance , le nombre des pauvres s’accroit, et pour répondre à des besoins qui deviennent sans cesse plus pressants, surgissent les institutions charitables que nous admirons aujourd'hui.
Après avoir montré le berceau de la bienfaisance, M. G. ne Dumasr donne des détails précis et curieux sur la manière dont se pratiquait l'hospitalité en Orient eten Occident. Il établit que la distribution d’aliments cuits remonte à la plus haute antiquité, il la retrouve sous
XEI toutes les latitudes et avec toutes les civilisations. En France, vers la fin du moyen âge, ce mode de secours tombe en désuétude ; mais les époques de disette le ravivent. Pendant la révolution :il reste oublié. A Paris il ne se remontre qu'assez tard, et encore revêt-il l'apparence d’une fantaisie individuelle. Enfin, quelques années après, s'allume le premier fourneau charitable, sous les auspices de saint Vincent de Paul. Maintenant que l’impulsion est donnée, il est à présumer que la distribution d'aliments cuits se généralisera et deviendra une institution permanente. |
Le droit de propriété a plusieurs origines et des caractères divers. Celui qu’une nation exerce sur le territoire qu'elle occupe, et qui se confond avec le droit de souveraineté, n’est pas de même nature que celui qu'elle exerce sur les capitaux créés avec les ressources de l’impôt, ou bien avec celui dont elle est investie sur certains biens naturels, soit dans des vues de police, soit dans l'intérêt général. De même, entre le droit de propriété individuelle fondé sur le travail, et celui qui a le bien public pour base, il existe des différences capitales. C'est À la proposition que M. ne Merz-NoBar a développée dans une brochure qu'il vous a offerte.
Le même auteur a également publié un opuscule intitulé : Population et Misère. Selon notre honorable confrère, la solution pratique du problème de la misère appartient presque exclusivement à la religion catholique. C'est elle qui, à un degré plus éminent qu'aucune autre
doctrine, favorise l'accroissement du capital, en modérant les désirs, en restreignant les besoins et en prèchant
l’abstinence.
HISTOIRE. Après avoir parcouru l'immense ouvrage de dom Calmet et les différents écrits sur la Lorraine, qui ont été publiés jusqu’à la mort de Stanislas, on ne possède aucune idée juste sur l’ancien gouvernement de notre patrie. Malgré quelques phrases qui ont pu échapper aux ciseaux de la censure, malgré certains faits que l'on n’a pu dissimuler, et qui occupent bien peu de place dans les livres dont il s’agit, on reste persuadé que le pouvoir des ducs était presque absolu, et que les assemblées d’états, dont on remarque de loin en loin de faibles traces, n'avaient ni régularité, ni véritable iufluence. Rien n'est plus faux cependant qu'une pareille appréciation ; mais les états généraux n'ayant plus été convoqués depuis les premières années du règne de Charles IV, et Léopold n’ayant pas voulu entendre parler de leur rétablissement, l'histoire composée par dom Calmet, et les autres livres qui virent le jour à la même époque, furent obligés de garder le silence sur une institution que le prince voulait faire oublier. Ce silence dura jusqu'après la mort de Stanislas, et ce fut seulement en 1788, et lorsqu'on allait ouvrir une assemblée de laquelle beaucoup de personnes attendaient le salut de la France, qu'un membre de l’Académie de Nancy, le savant Moy D'Er- VANGE, qui devait, en-17984, devenir victime de la tour-
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mente révolutionnaire, donna deux opuscules intitulés, le premier : États, droits, usages en Lorraine : lettre d'un gentilhomme Lorrain à un prince Allemand ; le second : Fragments historiques sur les États généraux en Lorraine, la forme de leur convocation, la manière d'y délibérer, les objets qui s'y trailatent. Ces brochures répandirent une lumière aussi vive que nouvelle ; les Lorrains qui n'avaient pas étudié à fond l'histoire de leur pays, apprirent avec étonnement qu'autrefois l'autorité ducale était fort limitée ; que le prince ne pouvait lever aucune imposition, et n'osait prendre aucune décision. législative de quelque importance, sans avoir préalablement obtenu le consentement des trois ordres, dont les délégués se réunissaient, au moins une fois chaque année, pour voter l'impôt, décider souverainement sur plusieurs matières, et présenter au duc des vœux et des remontrances, que celui-ci se permettait rarement de mépriser.
M. À. Dicor vous a lu un mémoire où il a traité le sujet qui avait fourni à Mory D’ELvance la matière des deux opuscules que j'ai cités. Notre confrère a recueilli dans le trésor des chartes de Lorraine des documents inédits, qui lui ont permis, soit de confirmer les résultats obtenus par son devancier, soit d'éclaircir des questions qui n'avaient pas été résolues jusqu’à présent.
M. Henry Lepace vous a donné communication d’une pièce inédite, qui se trouve au trésor des Chartes, dans le registre du cartulaire connu sous le nom de Liber
omnium, elle cst intitulèe : u Discours des cérémonies “et autres choses qui se passèrent à la conduicte de Man dame Yoland de Lorraine et au festin des nopces d'elle “ et de Guillaume Landgrave de Hesse en l’an 1497. « C'est le récit des fêtes qui signalèrent le mariage de la princesse Yolande, sœur du duc Réné IL, et le journal détaillé de son voyage de Nancy à Cassel. Notre confrère n'a pu reconnaitre l’auteur de cette page intéressante de nos chroniques ; mais peut-être a-t-il raison de croire que c’est Jean Lud, le même qui a écrit le Dialogue sur la guerre du duc de Bourgogne contre la Lorraine, et qui, en 1500, remplissait encore les fonctions de secrétaire près de René If.
Sur le droit d'asile en Lorraine. Le droit d'asile s’exerçait-t-il en Lorraine ? Telle est la question à laquelle M. Lepace a voulu répondre dans cette courte, mais substantielle dissertation. Le droit d'asile n’est inscrit dans aucun monument législatif de notre pays, et nos historiens ne donnent pas d'exemple de son application. Cette application eut lieu cependant, et M. Lerace cite plusieurs faits qui établissent d’une manière péremptoire que ce droit fut exercé en Lorraine, non-seulement par plusieurs monastères, mais encore par certains dignitaires ecclésiastiques, par des seigneurs laïcs, et que cette prérogative avait même été conférée à des lieux où s'étaient accomplis des événements dont on avait voulu perpétuer le souvenir.
- M. Lerace à lu, aussi, une scconde dissertation sur
cette question, déjà traitée par lui, en 1859, dans son Mémoire : Jeanne Darc est-elle Lorraine? Ce n'est pas pour la vaine satisfaction d'attribuer à notre pays une gloire que la France tout entière a le droit de revendiquer, que M. Lepace a abordé ce sujet, mais pour établir un point historique qui n'est pas sans intérêt. C'est à l’aide des témoignages des anciens écrivains, et surtout de documents authentiques restés jusqu’à présent inédits, que notre confrère a cherché à démontrer que Jeanne Darc est née dans le Barrois, et non dans la Champagne, ou, en d’autres termes, que Ja maison où Jeanne a reçu le jour était située dans la partie barroise du village de Domremy.
Les arguments qu'il a présentés, en réponse aux écrivains qui ont essayé de réfuter sa première dissertation, nous semblent décisifs, et jusqu’à preuve contraire, son opinion parait devoir être admise par tous les hommes qui examineront la question avec impartialité et bonne foi.
M. Henri Lepace a publié et annoté le Rôle des habitants de Nancy en 1554-4552. I] nous a remis aussi l'Annuaire administratif, statistique, historique, judiciaire et commercial de la Meurthe. Comme d'habitude, ce volume renferme quelques mémoires qui ont trait à l'histoire locale : cette année nous y remarquons des recherches sur les Tournois en Lorraine et dans le pays Messin; une note pour servir à l'Histoire de l'Industrie séricicole en Lorraine. Enfin nous devons mentionner une /Jisloire des rois de France, par M. Ch. Mao, précis
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à l'usage des colléges et des écoles primaires supérieures.
Biocr4pgie. M. Paiucanr vous a communiqué un éloge de M. le baron Zanciacomi, successivement procureur-syndic de la commune de Nancy, député de la Meurthe à la Convention nationale et au conseil des Cinq- Cents, membre du Conseil d'Etat, magistrat de la cour de cassation pendant quarante-sept ans, appelé en 1832 aux honneurs de la pairie, grand officier de la Légion d'Honneur, mort en 1846, à 80 ans, dans la plénitude de l’âge et dans l'intégrité de ses facultés. Il nous est impossible de présenter ici l'analyse de cette intéressante biographie, que l’on trouvera d’ailleurs imprimée dans la seconde partie du présent volume. Nous nous contenterons de rappeler que, si la majeure partie de la brillante carrière de M. Zanciacomi s’est écoulée loin de la Lorraine, son enfance et sa jeunesse se sont passées au milieu de nos pères. Après avoir fait d'excellentes études au collège Saint-Claude à Toul, et au collége de Nancy, M. Zancracom suivit les cours de la Faculté de droit qui venait d'abandonner Pont-à-Mousson pour se fixer dans la capitale de la Lorraine. Recu avocat le 15 novembre 1785, il plaida quelques affaires devant le Parlement, et songeait à acheter une charge de judicature, lorsque la révolution vint détruire ce projet. ‘
Nommé en 1792 député à la Convention, il y montra une modération et une fermeté trop rares à cette époque, et n'usa de son autorité que pour sauver quelques proscrits et adoucir le sort de quelques malheureux.
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M. Meauxe a publié des recherches sur la Vic et les ouvrages de Claude Deruel, peintre el graveur lorrain. Claude Deruet sur le mérite duquel les avis ont été bien partagés, et qui néanmoins obtient Maintenant une place distinguée parmi les peintres et les graveurs lorrains de la première moitié du XVI. siècle, était élève de Claude Henriet: mais il voulut étudier dans les ateliers des maîtres italiens. De retour en Lorraine, vers la fin de l’année 1619, il se mit au service du duc Henry. |
En 1622, il commença à peindre le plafond de l’église des Carmes ; en même temps il gravait quelques-uns de ses dessins ou de ses tableaux, organisait seul à Nancy ou de concert avec Callot les fêtes que l’on donnait à la cour, et dirigeait la construction des machines qu'on y faisait | figurer. Riche et plein de vanité, Deruet, pendant plusieurs années, mena à Nancy la vie d'un grand seigneur, puis alla se fixer à Paris où il jouit de la faveur de Louis XIII et de Richelieu, et ne revit la Lorraine que beaucoup plus tard.
Nous devons à M. Simon père, une notice sur la vie et les ouvrages de notre regrettable confrère M. ne HaLpar. Un de vos correspondants, M. GuizLory ainé s’est livré à des études historiques sur le marquis de Turbilly, un des correspondants de l’ancienne société royale de Stanislas.
BIBLIOGRAPHIE. M. Beaurré a suivi, pour le troisième chapitre de ses Nouvelles recherches de bibliographie lor- | 9
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raine, le plan qu'il s'était tracé dans le chapitre précédent, et c'est encore sous la forme d’annales que se déroule cette histoire de la topographie lorraine par ses monuments. Notre confrère ne se borne pas toujours à la description bibliographique des produits des presses lorraines; une notice où ils sont caractérisés en peu de lignes, et quelquefois une analyse appellent l'attention sur les livres que recommande un mérite quelconque : ceuxci le nom de l’auteur ou la célébrité de l'ouvrage ; ceux-là les particularités historiques ou littéraires qui s'y rattachent ; ici leur importance ou leur singularité ; à, l’exéeution typographique du volume ou la décoration dont il est redevable à la gravure; d’autres enfin leur extrème rareté. Dans cette dernière catégorie, se range l'office de sainte Menne, imprimé à Mirecourt en 1616, à celle-là, non mojns qu'à d'autres, appartiennent la Salmée, drame pastoral en vers par Nicolas Romain (Pont-à-Mousson, 1602) ; la Bienséance de la conversation entre les hommes (Pont-à-Mousson, 1617); les Roses de l'amour céleste, fleuries au verger des méditations de saint Augustin (Saint-Mihiel, 1619), poésies ascétiques de François de Rosières de Chaudeney; et l'Évanouissement d’Alidor, à la mort de son cher Aristée (Nancy, 1621), poëme élégiaque sur la mort de Henry II, duc de Lorraine, par Henri Humbert. Ces ouvrages étaient tous, à l’exception du second, restés inconnus au savant auteur de la Bibliothèque lorraine ; en les tirant de l'oubli par la description bibliographique, l'analyse et les cita-
tions, disons mieux en les exhumant, M. Beaurré a fourni quelques pages intéressantes à l’histoire littéraire de l’ancienne Lorraine.
M. Marcxac, un de vos correspondants, vous a remis le Catalogue des manuscrits de la bibliothèque royale des ducs de Bourgogne, publiée par ordre du Ministre de l'Intérieur de Belgique.
ARCHÉOLOGIE. NUMISMATIQUE. À dix kilomètres audessous de Sierck, sur la rive droite de la Moselle, se trouve le village prussien de Nennig, où le hasard vient de faire découvrir une mosaïque, remarquable par son état de conservation et le style des dessins qui la composent. M. Georges BouLancé l’a décrite avec soin. f l'attribue à l'époque de la domination romaine.
Le même auteur, dans une brochure intitulée : Excursion archéologique dans le pays de Bilche, conclut que la légende de la Main du prince peut être appliquée à Ferry Il et au combat de 1293 ; mais que celle de Herzocs-Koerrer, ainsi que le monument de la forêt ne sauraient lui être attribués. Vous devez encore à M. BouLancé un autre mémoire contenant des détails pleins d'intérêt sur Vicherey et Aboncourt.
M. L. Couranr vous a fait hommage de ses Recherches sur Jully-sur-Sarce, d'un Mémoire sur les Prieurés de l'ancien évéché de Troyes, relevant de l'abbaye de Molesne, et enfin d’un ouvrage sur la découverte d'une ville Gallo-Romaine dite Landunum; ce travail lui est commun avec M. Micnano.
M. Cozson vous a présenté une notice sur un écu d'or au soleil frappé à Arras en 1644, au nom de Louis XIV.
L'esquisse que je viens de tracer des ouvrages de votre compagnie a été bien rapide, mais la richesse des écrits de tout genre dont j'aieu à vousrendre compte, et le cadre restreint dans lequel je devais me renfermer, m'obligeaient à un laconisme que vousaurez probablement trouvé encore trop long. Aussi en terminant, j'adresse mes excuses aux auteurs des travaux que j'ai analysés ; c'est à peine s’ils reconnaitront leur œuvre, dépouillée des ornements dont ils l'avaient enrichie, et réduite à la seule charpente qui en dessine les grandes lignes : c'est un peu la faute de tout compte rendu, et beaucoup celle de mon inexpérience littéraire.
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