‹ Mémoires de l'Académie de Stanislas (volume 2)Chapitre 35 sur 85 · IE · texte numérisé non relu

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Quelle est là question qu'il s’agit de résoudre ? C'est celle-ci : Jeanne Darc est-elle née dans la Champagne ou duns le Barrois: en d’autres termes, si l'on veut : Jeanne Darc est-elle née däns la partie barroise (4) ou

(1) Le second Mémoire de M. Renard a paru sur la fin du mois de novembre 1852. Je commençais à cette époque, et j'ai seulement terminé dans le courant d'août 4854, la publication du Journal historique des Communes de la Meurthe, ouvrage qui a pris tout le temps dont il m'est permis de disposer.

(2) Cette seconde dissertation a été lue à l'Académie le 3 novembre 1854.

(5) Voir, plus loin, les réponses à MM. Pernot et Vallet de Viriville.

(4) J'ai cru devoir adopter l'adjectif barrois, employé par

dans la partie champenoise du village de Domremy ?

Tel est le cercle dans lequel la discussion doit rester circonscrite.

Dans sa première dissertation (1), M. Renard a cherché à établir les points suivants :

Domremy était de l’élection de Langres et du Bassigny champenois ;

Il dépendait du bailliage de Chaumont et de la prévôté d'Andelot ;

Tous ses habitants, à l'exception d'un seul, étaient d'ardents royalistes ;

Charles VII était le vrai souverain de Jeanne, puisqu'elle l’appelait son roi;

Le fait, si étrange, d’une Barroise ou d’une Lorraine prenant la cause de la France et de Charles VIE n’est autre chose que l'histoire arrangée après coup par les écrivains lorrains.

À l'appui de ces diverses assertions, M. Renard a invoqué, outre le témoignage de plusieurs écrivains modernes, la Chronique de la Pucelle, Charles Du Lys, les lettres patentes de Charles VII, qui anoblissent Jeanne Darc et sa famille, et celles qui affranchissent d'impôt les habitants de Greux et de Domremy ; enfin, l'in-

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le Rapporteur de l’Académie des Joscriptions, de préférence à l'adjectif barrisien, par lequel il semble qu’on doive désigner plutôt les habitants de la ville de Bar que ceux du Barrois,

(1) Souvenirs, etc.

scription (Vive le roi Louis !) placée au-dessus de la porte de la maison où est née la Pucelle.

J'ai opposé à ces arguments de nombreuses citations d'auteurs anciens qui font de Jeanne Darc une Lorraine ou une Barroise ; des documents authentiques attestant que le village de Domremy dépendait à la fois de la

Champagne et du duché de Bar, et prouvant, selon moi, que la maison où Jeanne a reçu le jour était située dans cette dernière partie. |

Dans un nouveau travail (1), auquel je vais répondre, M. Renard, sans présenter aucun argument nouveau, a contesté la valeur des documents que j'ai produits, et s’est attaché à démontrer : |

1° Que Jeanne Darc ne pouvait être Lorraine ;

2 Qu'elle n’était pas non plus Barroise;

5° Enfin, qu'elle est née en Champagne.

I. Mon honorable adversaire, qui ne s'est guère appuyé que sur l'autorité d'écrivains modernes, auxquels il accorde une confiance illimitée et qu'il interprête même selon les besoins de sa cause; mon honorable adversaire ne veut pas du témoignage des u chroniqueurs informes “ et des poëtes n que j'ai cités. Ce témoignage, je ne l'ai pas invoqué comme une preuve; J'ai dit seulement que cette unanimité d'opinion venait corroborer la tradition

(1) Jeanne Darc était-elle Française ? Langres, 1852.

qui, depuis le xv° siècle jusqu’à nos jours, a continuellement fait de Jeanne Darc une Lorraine ou une Barroise.

Au reste, si disposé que je sois à faire le sacrifice de ces chroniqueurs et de ces poëtes, et à reeonnaitre que plusieurs de leurs assertions sont contestables, je ne puis consentir à regarder leur concordance sur un même point comme une pure u fantasmagorie » qu'un trait de plume ou une plaisanterie peuvent faire évanouir.

Et, à ce sujet, je me permettrai une observation. La Chronique de Lorraine, dont certains passages sont fort spirituellement tournés en ridicule par M. Renard, est pourtant d'accord, à plusieurs égards, avec les dépositions des témoins appelés dans le procès de réhabilitation (1) et avec les déclarations de Jeanne Darc elle-même (2). Je ne vois pas non plus en quoi cette Chronique est si plaisante dans le récit de la visite de Jeanne au duc Charles II, ni comment elle fait de cette jeune fille, u si pure et si modeste, une écuyère du Cirque-Olympique.n

Que dira donc mon adversaire de ces phrases de Perceval de Boulainvilliers, écrivain cité par lui cependant, et d'Æneas Sylvius (3), ce successeur de saint Pierre, qu'il range parmi les chroniqueurs informes : u /n equo n et armorum pulchriludine complacet, armalos viros n et nobiles mullum diligit. n — x Dux fœmina belli

(4) Jeanne Darc est-elle Lorraine ? p. 25.

(3) Depuis pape sous le nom de Pie IL. De Europa.

n facta est. Allata sunt arma, adducti equi; puella n FEROCIOREM ascendit, et ardens in grmis, haslam vin brans, saltare, currere aique in gyrum se vertere haud “ aliter coegit equum (1). n

(4) Procès de condamnation et de réhabilitation de Jeanne Darc, par M. Quicherat, T. IV, et la table de l’ouvrage, au mot Cheval.

M. Renard a dû trouver ample matière à plaisanterie en lisant le Journal du siége d'Orléans, imprimé dans M. Lebrun des Charmettes; à chaque page, en effet, Jeanne Darc est représentée sous des couleurs bien propres à blesser la susceptibilité de mon honorable adversaire. Ainsi, le chroniqueur, décrivant l'entrée de la Pucelle dans la ville, raconte que « y avoit moult merveilleuse ». presse à toucher à elle ou au cheval sur quoy elle estoit. Tellement » que l'ung de ceulx qui porteient les torches, s’approcha tant de » son estendart, que le feu se print au panon. Pour quoy elle » frappa son cheval des esperons, et le tourna autant gentement » Jjusques au panon, dont elle en esteignit, comme s'elle eust lon- » guement suivy les guerres : ce que Îles gens d'armes tindrent » à grandes merveilles, et les bourgeois d’Orleans aussi. » — « .… Et moult sembloit à tous estre grans merveilles, comment » elle se pouvoil lenir si gentement à cheval comme elle faisoit. » Et à la vérité aussi elle se maintenoit aussi haultement en tontes » manieres, comme eust sceu faire un homme d'armes suivant la » guerre dès sa jeunesse. » — « .. Aussitôt, c’est ici M. Lebrun » des Charmettes qui parle, frappant vivement son coursier des » éperons, elle courut à la hâte vers la porte de Bourgogne, etc., » pressant tellement son destrier, quelefeu jaillissait du pavé sous » $es pas. » — « .… Elle remit alors son étendard à l’un de ses » gens, demanda son cheval, s'élança légèrement dessus...»

Je n’ai pas d'autre moyen de me faire pardonner ces citations

Ces auteurs ne croyaient pas, à coup sûr, en traçant les lignes qui précèdent, offenser la pureté et la modestie de la Vicrge martyre; ils disaient ce qui s'était passé, ce qui se racontait de toutc part, ce qui n'avait rien que de naturel, rapproché des exploits de la libératrice d'Orléans.

Une autre observation encore. Suivant M. Renard (1), c’est à la Chronique de Lorraine, u chronique sans va-- “ leur et sans nom, n qu’on doit surtout faire remonter u le préjugé relatif aux origines de Jeanne Darc; n et cependant, suivant lui (2), c'est Dom Calmet qui a “ exhumé ce vieux monument anonyme et sans date, à * l'appui des preuves qu’il a réunies pour composer son “ Jistoire de Lorraine. n Or, si je ne me trompe, cette Histoire a été imprimée dans le siècle dernier ; comment, alors, u l’exhumation n de la Chronique a-t-elle pu exercer quelque influence sur les écrivains des siècles précédents ? Pourquoi ne pas avouer plutôt, pour être dans le vrai, que ceux-ci n’ont été que l'écho de l'opinion publique, laquelle, soit à raison — ce que je crois, — soit à tort, — d’après M. Renard, — faisait naitre

insiguifiantes que de parodier ici une phrase de M. Renard: « J'ai s honte de tant insister ; mais mes concitoyens savent qu'on m'y » force ; et c’est même une obligation pour moi de ne pas le lais- » ser oublier, car autrement j'aurais à craindre de ne pas trouver » grâce devant mes lecteurs.» (Jeanne d'Arc élait-elle Française? p. 27.)

(1) Jeanne d'Arc était-elle Française ? p. 9,

(*) Souvenirs du Bassigny, p. 7.

Jeanne Darc dans une autre province que la Champagne ?

Parmi les ouvrages que j'ai cités, ilen est un sur lequel il faut qu'on me permette aussi de revenir : je veux parler de l’Aistoire tragique de la Pucelle (1), imprimée en 1581. Mon savant confrère, M. Beaupré, a récemment (2) donné de cette composition une analyse qui renferme plusieurs passages non sans intérêt pour la discussion qui nous OCCUpe.

L'Histoire tragique n'est autre chose, selon toutes les probabilités, que la pièce du P. Fronton du Duc (3),

(1) L'histoire tragique de la Pucelle de Dom-Remy, aultrement d'Orléans. Nouuellement départie par actes, et représentée par personnages. À Nancy, par la vefue Iean lanson.

(2) Vouvelles recherches de bibliographie lorraine, dans les Mémoires de l’Académie de Stanislas. 1854.

(3) L'Histoire tragique de la Pucelle de Dom-Remy, autrement d'Orléans, nouvellement départie par actes. Le P. Abram, dans son Histoire de l'Université de Pont-à-Mousson, s'exprime ainsi au sujet de cette pièce : € Henri III de France, et la reine » Louise, son épouse, ayant résolu de venir, au mois de mai » 1580, prendre les eaux de Plombières, le P. Fronton-du-Duc » prépara une pièce française, pour être représentée à leur pas- » sage par Pont-à-Mousson. 11 avait pris pour sujet Jeanne d'Arc, » fille lorraine, délivrant le royaume de France de l'oppression » des Anglais.»

Il est bon de faire remarquer que cette pièce, destinée à être jouée devant le roi de France et sa cour, et qui fut en effet repré« sentée devant « plusieurs seigneurs et généraux de son armée, » renferme différents passages comme ceux-ci :

< Messicurs, c’est à l’honncur du pays de Lorraine. » » Aux terres de Lorraine elle naquist aussi...»

remaniée par Jean Barnet, conseiller et secrétaire ordinaire du duc de Lorraine Charles III.

Dans la dédicace, adressée à Jean, comte de Salm, maréchal de Lorraine, Barnet fait dire à la Pucelle qu'elle reconnait le comte u pour son naturel seigneur, étant “ sujette de son bourg de Domremy, et lur doit humble » obéissance (1). »

u En serait-il ainsi, fait observer M. Beaupré, si Jeanne “ Darc était née dans la partie de ce village qui était le » siége d’une autre seigneurie ? La supposition est inad- » missible. Il faut qu'elle soit née dans la seigneurie des

(t) Voici les termes de la dédicace : « Monseigneur, vous excu= » serez, s’il vous plait, l’une de vos très-humbles subjectes de » vostre bourg de Dom-Remysur Meuse, si de si longtemps qu’elle » est partie de votre Seigneurie et obéyssance pour faire un si » heureux et remarquable voiage qu’elle à fait et toutesfois enfin » périlleux pour elle, elle ne seroit plustot venue vous recong- » moistre pour son naturel Seigneur et vous faire l’humble obéis- » sance qu'elle vous doibt. C’est Jeanne d'Arc, valgairement ap- » pelée la Pucelle de Dom-Remy, aultrement d'Orléans. Or, » Monseigneur, ceste pauvre fille, comme ressuscitée et appel- » Jante du tort qu'elle auroit reçu. se reffugie à vous comme » Seigneur naturel et direct de son chef, pour... que son inno- » cence, laquelle a été prouvée par tant de si belles justifications.…, » paroïsse partout, singulièrement en son Pays natal, auquel avec » la Seigneurie... vous y avez l’auctorité de belles, grandes et » honorables qualités, tant de grand Maréchal et Gouverneur de la » Capitale qu'autrement.. Ceste votre subjecte m'a voulu choisir » comme très-humble et très-affectionné serviteur de vostre mai- » Son, pour vous la présenter en ceste forme tragique...»

» comtes de Salm ; qu’elle soit née, je ne dirai pas Lorn raine, mais Barrisienne. A la vérité, ce n'est pas dans “ la partie du duché de Bar que la réunion de ce pays à » Ja Lorraine par l’avénement de René d'Anjou, a trans- » mise à nos ducs franche de toute suzeraineté; c’est “ dans celle pour laquelle les ducs de Bar,set après eux » les ducs de Lorraine, devaient foi et hommage au roi “ de France.

u Je conviens que, s’il était établi que le comte de “ Salm était aussi seigneur de la partie champenoise du » village de Domremy, les termes de la dédicace que je viens de reproduire n'auraient plus la même portée. “ Mais c'est une preuve à faire, et jusque-là les présomp- “tions sont du côté des écrivains qui revendiquent n Jeanne Darc pour le Barrois.

“ En tout cas, la lecture de l'Histoire tragique montre, “ en plus d'un endroit (1), qu’à l'époque où cette pièce “ parut, un siècle et demi après la mort de la Pucelle, n cette origine n’était pas mise en doute... n |

Il me serait facile, on en conviendra, de tirer, et de la dédicace de Barnet, et du judicieux commentaire qui

(1) Notamment dans Îles passages suivants :

« De Lorraine est venue une fille qui ose > Dire qu’elle a esté, vers vostre Majesté...»

< Vierge très chaste et très forte, > De la France le bonheur » Et de Lorraine l'honneur. »

l'accompagne, un argument auquel mes adversaires auraient peine à répondre, car aucun document à eux connu ne leur permettrait de dire que les comtes de Salm aient jamais possédé la portion champenoise ou française du village de Domremy.

Eh bien! iLexiste une pièce qui établit ce fait, et comme je veux apporter dans la polémique une loyauté pleine et entière, je ne la passerai pas sous silence.

Sur la fin du xv° siècle, les comtes de Salm étaient seigneurs en partie de Greux, Maxey-sous-Brixey et de la partie champenoise de Domremy. Je trouve (1), à la date de 1468, un titre portant l'intitulé suivant : u Mainn levée de la saisie des fiefs de Greux et Domremy, faite » par les officiers du Roi à Chaumont, à faute des foi, n hommage et serment de fidélité prêtés à Sa Majesté “ par Monseigneur le comte de Salm, seigneur desdits “ lieux. n |

Cette main-levée reçut-elle sa complète exécution, et la seigneurie champenoise de Domremy continua-t-elle à appartenir à la maison de Salm ? Je n’ose rien affirmer à cet égard ; mais, ce qui est certain, c’est que, passé cette date de 1468, on ne rencontre plus d'actes de foi et hommage faits au roi de France, par des membres de : cette famille, pour Domremy, mais seulement pour Greux et Maxey (2); ce qui est également certain, c’est que,

(1) Trésor des Chartes de Lorraine, layette Ruppes 2, n° 56. (2) Le 42 mars 1514, des lettres da Roi accordent à Nicolas,

durant tout le cours du xvi° siècle, les comtes de Salm ont fait foi et hommage aux ducs de Lorraine pour la seigneurie barroise de Domremy (1), laquelle ils possédaient, notamment, en 1581, c'est-à-dire, à l'époque où Jean Barnet écrivait la dédicace de l'Histoire tragique de la Pucelle. On voit même ce personnage figurer, en 1571, à l'assemblée des trois Etats du bailliage de Saint- Mihiel, pour la rédaction des coutumes de ce bailliage, comme fondé de procuration de «u hauts et puissants seigneurs Jean, Claude et Paul, comtes de Salm, à cause

comte de Salm, un délai de dix mois pour faire ses foi et hommage des terres et seigneuries de Greux et Maxey. (T. d. C., lay. Ruppes 2, n° 92.)

Le 7 novembre 1515, François 1er icone un délai de sept mois au même Nicolas pour faire ses reprises de Greux et Maxey. (Id., n° 93.)

Le 28 janvier 1538, Jean, comte de Salm, maréchal du Barrois, fait ses foi et hommage au Roi pour Maxey-sous-Brixey et Greux. (Lay. Ruppes, 1, n° 1.)

Le 6 août 1587, Jean, comte de Salm, seigneur de Ruppes, Greux, Maxey, Domremy-la-Pucelle, etc., donne procuration à François Bardin, son ogent en cour de France, pour faire, en son nom, ses foi et hommage au Roi pour les terres et seigneuries de Maxey-sous-Brixey et de Greux. (Lay. Ruppes 2, n° 400.)

(1) Voir les dénombrements de 4504 et 1574, que j'ai fait connaître (Jeanne Darc est-elle Lorraine? p. 29 et 30), et ceux que je donnerai ci-après.

Parmi les dénombrements que j'ai indiqués dans ma première dissertation, il en est trois, ceux de 1309, 1532 (p. 27) et 1344 {p. 29), qui ne concernent pas Domremy-la-Pucelle, mais Domremy-aux-Bois et Domremy-la-Canne.

des baronnies de Viviers, seigneuries de Ruppes (1), Louppy, Clémery, etc. (2) n Au temps de Jeanne Darc, la seigneurie de Domremy appartenait à Pierre de Bourlémont, dont les ancêtres la

(1) Cette terre consistait en plusieurs villages, de juridictions différentes, et dont la condition, sous ce rapport, est parfaitement définie dans des comptes des années 1589 et 1590 :

« Le villaige de Ruppe est tenu et compris du baïlliaige de Sainct » Mihiel, prevosté de Foug.…

» Le villaige de Maxey soub Brixey est fief mouvant du chasteau * de Ruppe..., enclavé des terres et souveraineté de l'Empire, » royanime de France, duchez de Lorraine et Barois…

» Le villaige de Greulx est ressortissable au bailliaige de Chaul- » mont et prevosté d'Andellot.., mouvante ladicte seigneurie du » chasteau de Montesclere…

» Le villaige de Domremy la Pucelle appartient à mondit sei- » gneur (le comte de Salm) pour la moitié par indivis contre le » sieur de Changy…

» Ledit villaige est d'anciennelé du bailliaige du Bassigny, » stege de Gondrecourt.…

» Îl est dheu à mondit seigneur et audit sieur de Changy, par __» moittié une rente ordinaire par chacun an... sur plusieurs mai- » SODS assizes tant en la rue devant le chasteau que proche de » l'esglise...» (T. d, C. lay. Ruppes 1, n° 21.)

(2) Coutumes du bailliage de Saint-Mihiel, p, 63. En 1580, lors de la convocation des Etats du bailliage du Bassigny, le même Jean Barnet, « conseiller et secrétaire de Monseigneur (le duc) et « auditeur des Comptes de Lorraine, » figure encore en qualité de procureur spécialement fondé de « haut et puissant seigneur Jean, « comte de Salm, seigneur de Domremy, etc., pour les fiefs qu'il » tient ès prévôtés de Gondrecourt, La Marche, » etc (Coutumes générales du bailliage du Bassigny, ete., p. 93.)

tenaient depuis longtemps en foi et hommage des comtes de Bar (1); les paroles que Jean Barnet met dans la bouche de la Pucelle ne doivent donc pas faire allusion à cette époque ; elles ne peuvent signifier autre chose, dans la pensée de l'auteur, sinon que Jeanne était née dans la portion de seigneurie possédée, en 1581, par le comte de Salm, c’est-à-dire, dans la portion barroise.

Ainsi, malgré le titre de 1468, lequel semble n’indiquer qu'une possession momentanée, les expressions de Jean Barnet conservent toute la valeur qui leur a été attribuée par M. Beaupré.

Ces réflexions, à propos de l'Æistoire tragique de la Pucelle, sont déjà une réponse à la seconde partie du Mémoire de M. Renard (Jeanne d'Arc élait-elle Barroise) ; mais il me reste à produire des arguments beaucoup plus péremptoires que les paroles de Jean Barnet, bien que celles-ci aient une incontestable importance.

II, Dans sa première dissertation, mon honorable adversaire n'avait pas songé à contester l'identité de la maison où serait née la Pucèlle, avec celle qui a été conservée par les soins du département des Vosges : u Entrez à Domremy, disait-il, et la première chose qui

n vous frappera, c'est la maison où est née Jeanne “ d'Arc. n

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(1) Voir, ci-après, les dénombrements de Jean de Bonrlémont, en 1334 et 1397.

Depuis lors, M. Renard a changé de sentiment : ce qui lui semblait certain est devenu douteux à ses yeux, et il déclare maintenant que u les recherches présentées “ à l'appui de l'opinion exprimée par M. de Haldat, ne “ lui ont jamais paru décisives. n

D'où viennent ces scrupules tardifs?.. Est-ce que les titres que j'ai produits ne seraient pas tellement dénués d'autorité, qu’on aurait besoin de se retrancher derrière une fin de non-recevoir ?

Quoi qu'il en soit, ce que j'ai écrit d'après le témoignage de mon docte ct regrettable confrère, je puis l'affirmer aujourd'hui d’une manière positive, et prouver que le département des Vosges a bien réellement acquis la maison où est née, où a vécu Jeanne Darc.

Admettra-t-on que si, au xvi° siècle, une des habitations du village de Domremy portait le nom de maison de la Pucelle, maison de Jeanne la pucelle, ectte désignation ne dût pas s'appliquer certainement à l’ancienne demeure de Jeanne et de ses parents? Ou ne voudra-t-on voir, dans cette dénomination si précise, qu'une qualification donnée par hasard, sans aucun motif plausible, à une habitation quelconque du village, par les habitants, par des gens chez qui devait être vivace encore le souvenir de Jeanne Dare et de tout ce quise rattachait à elle? Cette dernière supposition offense trop le bon sens pour pouvoir être, je ne dirai pas admise, mais seulement énoncée (1).

(1) On sait, d'ailleurs, d'après ce que dit Michel de Montaigne

Eh bien! cette habitation, que la voix publique, que les actes officiels indiquaient comme je viens de le dire, existait en 1586, en 1611 ; elle existe encore aujourd'hui. Elle était située, comme elle l’est encore, PRÈS DE L'ÉGLISE ; elle avait alors u le cimetière d'une part, Vicolas Noblesse, maire de Domremy, et Didière, veuve de Demenge Musnier, d'autre part; » elle était bâtie u en chambre “ basse et haute, deux greniers dessus lesdites chambres, “ deux petites courcelles devant icelle maison avec un “ petit vollier ; » elle u aboutait par devant sur la rue.

Par acte passé, le 15 février 1586, devant deux notaires de Gondrecourt, sous le sceau de la prévôté dudit lieu, Louise de Stainville, comtesse de Salm, douairière de Ruppes, achète la maison dite et appelée vulgairement la MAISON DE LA PuceLce, appartenant pour lors à Tho- . massin Fremynet, jadis receveur de Ruppes, et à Jacqueline de Lespine, sx femme, auxquels elle était obvenue, par voie de succession, de messire Thomassin Guérin, maitre de l’hôpital de Gerbonvaux, et oncle dudit Fremynet (1):"

Par un autre acte, daté du 9 mars 1611, passé égale-

dans son Journal de voyage en Italie par la Suisse et l'Allemagne, en 1580 et 1581, que la maison de Jeanne Darc était alors parfaitement reconnaissable : « Le devant de la maisonnette où elle » naquit est tout peint de ses gestes, mais l’aage en a fort cor- » rompu la peinture. »

(1) Voir Pièces justificatives, no 1,

ment devant deux notaires de Gondrecourt, sous le sceau de la même prévôté, le prévôt et le contrôleur de Ruppes, représentant le comte de Vaudémont (seigneur dudit lieu et héritier de Louise de Stainville), acensent à un nommé Germain Toussaint, marchand à Domremy, « la maison dudit seigneur, dite et appelée la maison pe LA Puce (ou DE JEANNE LA PUCELLE) (1). n

Si l'on rapproche ces deux actes du contrat d'acquisition de la maison de Gérardin, passé au profit du département des Vosges en 1818, on y rencontrera une similitude d'expressions tellement frappante, que le doute ne sera plus permis. Ce contrat porte : u ... la totalité (de la “ maison), située près l'église de Domremy, en la rue “ du Moulin (2), entre Toussaint Humblot au nord, v Elophe Liétard au midi, ayant ses jours et entrées “ principaux sur ladite rue... n (5).

Les deux titres que je viens d'analyser ne tranchent pas seulement la question d'identité de la façon la plus péremptoire, ils établissent encore que la maison de Jeanne Darc se trouvait dans la portion du village de Domremy qui dépendait de la prévôté de Gondrecourt, c'est-à-dire, du Barrois mouvant.

Quelles sont, en effet, les personnes appelées à rédiger

em -

(1) Voir pièces justificatives, n° 2.

(2) Je souligne à dessein ces mots, parce qu'ils donneront lieu, plus loin, à un rapprochement instructif.

(5) Voir le texte de ce contrat dans M. Quicherat et M, Jollois.

ces acles, à les sceller de leur sceau ? Ce sont deux notaires de Gondrecourt ; c'est le prévôt de Gondrecourt; ce sont le prévôt ct le contrôleur de Ruppes, terre comprise dans le bailliage de Saint-Mihiel (1). Bien plus, la maison est contiguë à celle de Nicolas Noblesse, celui-là même qui, lors de la réunion des trois Etats pour la rédaction des coutumes du Bassigny, représente le curé de Domremy, les habitants du même lieu et Jacques de Saint-Blaise, seigneur en partie de la portion barroise du village de Domremy, de la portion comprise dans la RER de Gondrecourt (2).

On objecte la date de 1461 (ou plutôt 1481, suivant l'opinion très-bien motivée de M. Quicherat) ct l'inscription placées au-dessus de la porte de la maison, et on veut voir, dans ces deux circonstances, la preuve d'une « origine toute française n et d'une reconstruction faite

(1) Si la maison avait été située dans Ja partie champenoise, il est bien évident que les officiers de la prévoté d'Andelot auraient dû intervenir dans Ja rédaction de ces actes et y apposer le sceau de leur prévôté. C'est, du moins, ce qui se faisait en Lorraine.

Une ordonnance de René 1], du 24 mai 1484, avait défendu de . passer des contrats devant d’autres notaires que ceux de la juridiction. Un des articles porte : « Nous voulons que doresenavant » nos sujels ne fassent, creantent ou passent aucuns contrats, soit » de cause rcelle et personnelle, fors que pardevant tabellion juré » des cours des tabellionnages de nos pays, et chacun es lieux de » la prevosté et labellionnage où ils resident.» (Dict. des Ordon- » nances, de Rogéville, t. I, p.175

(2) Coulumes du Bassigny.

par suite de l'alliance cimentéc entre les familles Du Lys et Thiesselin. | |

Et d’abord, est-il exact de dire, surtout au cas particulier, qu'une maison doit dater nécessairement du millésime qu’elle porte. Ne pourrait-on pas, en effet, citer une foule d'édifices de tout genre sur lesquels se trouve placée une date indiquant, soit une simple restauration, soit une reconstruction partielle? C'est là, qu'on me permette de le dire, une raison puérile. D'un autre côté, le titre de 1586 est loin d'établir que la maison de Jeanne eùt beaucoup changé d'aspect (1) et pris celui d'une demeure de gentilhomme, telle que devait la désirer u le fils anobli d'un prévèt de Vaucouleurs (2). n Ne semblet-il pas plus naturel, au contraire, de supposer que les descendants de la famille de Jeanne Darc aient dû tenir à honneur de conserver, aussi intacte que possible, l’habitation modeste où était née celle à laquelle ils devaient leur fortune et leur illustration ?

Je ne vois pas non plus quel argument on peut tirer de l'inscription, ni comment celle-ci nous montre u Claude “ Du Lys envahissant le sol barrois du village de Dom- » remy, » en u y bâtissant une maison aux armes de » France, et venant y crier : Vive le Roi (3)! n

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(1) On a vu plus haut que Montaigne la qualifie seulement de maisonnelle.

(2) Jeanne d'Arc élait elle Françaÿse ? p. 12,

(3) Id., p. 13.

Je ne sais si, comme on l'a prétendu, je me laisse égarer par d'étranges préoccupations ; mais il me semble qu'il y a une explication bien simple à donner à cette inscription. Claude Du Lys, dont les parents et lui-même avaient été comblés d'honneurs et de biens par Charles VII et ses successeurs, ne pouvait-il vouloir, en réparant la maison où il venait se fixer, y faire placer une sorte de témoignage parlant de sa reconnaissance? N’était-ce pas un moyen de perpétuer le souvenir de ce que les rois de France avaient fait pour sa famille? Ce fait, enfin, n’a-t-il pas eu pour unique molf une circonstance toute particulière à Claude Du Lys? En tout cas, de quelque manière qu'on l’envisage, il est impossible d'y voir un acte d'envahissement, et la Lorraine et le Barrois, alors en paix avec le royaume, ne pouvaient s’offenser d’une semblable démonstration, laquelle n’avait rien d'injurieux m d'hostile à leur égard. |

Si l'on voulait se lancer à travers le champ des interprétations, ne serait-il pas plus rationcl d'en chercher unc dans la présence de l'éeu des Thiesselin au-dessus de la porte de cette maison? Jean Thiesselin, celui-là méme dont Claude Du Lys avait épousé la fille, ne figurct-il pas, en clffet, le premier parmi ceux des habitants de Domremy qui viennent, en 1461, réclamer contre les officiers du fise royal et déclarer u qu'ils sont du duché n de Bar, à cause de la ville et de la chätellenie de “ Gondrecourt (1)? n

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(1) Jeanne Darc est-elle Lorraine ? p. 52.

M. Renard consacre à peine quelques lignes d’une note à l'examen du titre de 1460, que j'ai produit dans ma dissertation ; il se borne à dire que ce titre u rejette n la maison acquise par le département des Vosges du n côté de Greux (1); n puis il ajoute : u Mais la question “ n'est pas là. »

(1) Ce titre n'a pas, je l'avoue, toute la valeur que j'ai cru pouvoir lui attribuer, et, comme Île fait remarquer avec beaucoup de raison M. Quicherat, j'ai été abusé par la carte même que j'ai reproduite. Ainsi, il est certain que l'ancienne route de Neufchàteau ne suivait pas la même direction que la route actuelle ; elle passail sur la rive gauche de la Meusé, à peu près à l'endroit où M. Jollois place la source de la fontaine des Groseilliers. C'était aussi vers cet endroit, à mi-côte entre le plateau de Beaumont ou Belmont et la Meuse, que se trouvait la chapelle de Bermont où allait prier Jeanne Dare, et l'arbre des Fées, dont il est si,souvent parlé dans le procès de réhabilitation. Cette partie du finsge de Domremy appartenait à Pierre de Bourlémont, dont la seigneurie était dans le Barrois, ainsi que le prouvent les dénombrements cités plus loin. Ce scigneur est le seul dont fassent mention les dépositions des témoins.

Maintenant, si l’on examiue de près les raisons que font valoir, en 1459, les habitants de la portion barroise de Domremy pour réclamer l'exemption des tailles auxquelles on voulait les soumettre, on voit qu'ils insistent principalement sur la délimitation formée par « uae certaine pierre estant en ladite ville, en tirant vers le » Neufchastél. » Les bornes de la partie barroïse et de la partie champenoise de Domremy étaient donc indiquées par le ruisseau, mais seulement, sans doute, jusqu'à l'endroit où se trouvait la pierre, « en manière de planche, » qui servait à le franchir. Où était cette pierre ? La tradition est muctic sur ce point. Le dénom-

Comment! si l'on démontre que la maison où est née Jeanne Darc était située dans le Barrois, on n'aura pas prouvé que celle-ei appartient à cette province par sa naissance !.. u Non, continue mon adversaire, il resterait “ encore à prouver qu'elle est née de parents barrois, “ car autrement nous aurions à la considérer, non pas “ comme une Barroise, mais comme une Française née “ dans le Barrois, ce qui est bien différent, surtout dans “ une question politique. n

L'histoire nous apprend que le père de la Pucelle était natif de Séfonds, près de Montierender, en Champagne, ct que sa mère était de Vouthon, dans le duché de Bar. Jeanne Darc avait donc une première origine mixte, si je puis m’exprimer ainsi. Ses parents viennent s'établir à Domremy, dans la partie barroïse de Domremy; ils y donnent le jour à une fille, et cette fille est Champenoise!.. Comment cela peut-il se faire? Je ne le comprends pas, à moins que ce ne soit par cecile raison

brement donné, en 1534, par Jean de Bourlémont, indique seulement qu'elle était du côté de l'église : “ cn envers lou mouslier, » peut-être vis-à-vis de l'église; ce qui prouverait encore que le ruisseau ne servait pas de limites dans toute l'étendue de son cours à travers le village. D'ailleurs, ce ruisseau suivait-il, au xve siècle, exactement les mênies sinuosités qu'aujourd'hui ? C’est ce qu'il est également difficile d’affirmer.

On ne peut donc, je le crois, tirer aucun argument décisif de la position de ce cours d'eau, et je lui ai assigné moi-même une importance qai, après un plus mûr exan.en, me paraît fort contestable, J'ai, heureusement, d'autres raisons à présenter.

u politique » qu'on ne s’est pas donné la peine d'expliquer, et que, par conséquent, il m'est bien permis de ne pas admettre.

Chaque ligne du second Mémoire de M. Renard contient des objections de cette nature, dont plusieurs ont été présentées dans sa première dissertation ; c'est ici le lieu de répondre aux unes et aux autres, en les dégagcant des considérations morales qui les accompagnent ; celles-ci auront leur tour.

Domremy, nous dit-on, était de l'élection de Langres et du Bassigny champenois ; il dépendait du bailliage de Chaumont et de la prévôté d'Andelot.

J'ai déjà (1) fait remarquer que cette double assertion n'est pas exacte dans un sens absolu, et qu’il aurait fallu dire : u Une partie du village de Domremy dépendait de l'élection de Langres et du Bassigny champenois, l’autre, du Bassigny barrois et de la prévôté de Gondrecourt. #

Quelle preuve donne-t-on, d’ailleurs, à l'appui de l’affirmation qui précède? Un passage de M. Lebrun des Charmettes (2), commentant la phrase suivante de l'interrogatoire de Jeanne Dare :

u Ânterrogata de loco originis : respondit quod nata n fuit in villa de Dompremi, que est eadem cum villa “ de Grus; et in loco de Grus est principalis ecclesia. n

a mme

(1) Jeanne Darc est-elle Lorraine? p. 31.

(2) Histoire de Jeanne d'Arc, surnommée lu Pucelle d'Orléuns. Paris, 1817, T. 1, p. 259.

Telle est la réponse de Jeanne Darc ; voici maintenant le commentaire de M. Lebrun des Charmettes :

u La paroisse de Greux, où était la principale église, “ dépendait, ainsi que le hameau de Domremy, de la » prévôté d’Andelot, du bailliage de Chaumont en Bas- “ signy et de l'élection de Langres. «

Il m'est pénible de combattre un écrivain respectable, qui a élevé un monument patriotique à la mémoire de Jeanne Darc; mais quelle que soit ma vénération pour lui, je ne puis m'empêcher, puisqu'on me l’oppose comme une autorité, de relever les erreurs qu'il a involontairement commises (1).

Ainsi, et pour rétablir un passage incomplétement cité par M. Renard (2), voici comment M. Lebrun des Charmettes décrit, d’une manière plus poétique que vraie, l'état et la situation de Domremy au temps de Jeanne Dare :

u Une contrée fertile, abondante en bois, en rivières v et en pâturages, s'étend entre les duchés de Bar et de » Lorraine, et, resserrée par ces deux provinces, ne “ tient, pour ainsi dire, que par un point à la Cham-

(1) M. Lebrun des Charmettes {t. I, p. 336) place la petite ville de Saint-Nicolas, sur la Meuse, entre Nancy et Lunéville.

Les erreurs de cette nature sont excusables, je le sais, et de grands écrivains en out commises ; mais alors on ne peut pas invoquer ceux-ci comme des autorités en matière géographique.

(2) Jeanne d'Arc élait-elle Française? p.18.

ñ pagne, dont elle fait cependant partie... Au milieu de » cette contrée véritablement française, dans un riant “ vallon arrosé par la Meuse, s'élèvent le village de Greux “ et le hameau de Domremy, qui, séparé de Greux par “ un faible intervalle, ne formait, au xv° siècle, qu'une " dépendance de ce village. Des pâtres, des laboureurs, “ quelques pêcheurs, attirés en ce lieu par la proximité » d'une rivière poissonneuse, étaient à peu près les seuls ñ habitants de ce séjour champétre (4). »

Domremy, qui était déjà plus qu'un hameau du temps de Jeanne Darc, ne dépendait pas du village, mais de la paroisse de Greux, dont il était encore annexe à la fin du siècle dernier (2). Les deux localités n’en faisaient qu'une, mais au spirituel ; et la réponse de Jeanne n'a pas d'autre signification. C'est donc à tort qu'on veut interpréter ses paroles dans un sens plus étendu, et en conclure que Domremy devait être des mêmes ressort et juridiction que Greux.

« Si Jeanne d’Arc, nous dit-on encore (3), eût habité “ véritablement la partie barroise de Domremy, elle au- “ rait du se croire attachée à la prévôté de Gondrecourt ; “ et nous voyons cependant qu'il n’en était rien dans sa “ pensée, puisqu'elle se dit de la prévôté d'Andelot.

(4) Histoire de Jeanne d'Arc, p. 258.

(2) Pouillé manuscrit, rédigé en 1782, appartenant à la bibliothèque de l'Evèché de Nancy.

(5) Jeanne d'Arc élait-clle Française? p. 12.

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