Titre
Au centre de sept petits cartouches emblématiques qui bordent ce morceau, et dont celui du milieu vers le haut présente la sainte Vierge en prières, on voit un ovale en largeur, bordé des grains d’un rosaire, sur lequel on lit : viTA | BEATÆ MARIÆ vin— | MATRIS DEL EMBLE— | MATIB. DELINEATA | Callot fec.
» Profunes retirés vos mains de cet ouvrage, » N’approchés pas d’icy luscifs, ny curieux.
» Îl faut estre très-pur, du cœur &k des yeux : » Pour veoir la pureté dedans sa propre image.»
(E) Salamandre dans le feu.
« Le vis sans me briller au milieu de la flame : » Et la Vierge au milieu, du crime originel, » Par labsolu pouuoir de lArbitre éternel, » Dans le brusier commu, n’a point brlé son Ame.»
(11) Vaisseau battu de la tempête.
« Ce qu'est aux nauloniers, dans un cruel orage, » L’astre qui faict floter le nid de lAlcion : » La Vierge au premier point de su conception, L'est aux homes perdus, pour leur doner courage.n
(HI) Le lever de l'aurore sur un riche paysage. « L’aurore nous promet le Dieu de la lumiere, » Quand sa clarté blanchit les costes du leuant, » Et cet Astre benin, nous dit en arriuant n Que Jesus qui la suit, est près de sa cariere.»
(111P) Aïgle volant vers le soleil en tenant un aïglon dans ses serres.
« Son zele, À ses pares porlet la Wierge au Téple, » Pour iouïr des splendeurs de son diuin soleil, » Ainsy le braue Aiglon accoustume son œil, » À souffrir les brillans de l’Astre qu’il contemple.»
(V) Espèce d'oiseau de paradis volant au ciel.
« C’est oiseau vit dans Pair ; la Celeste Rosée n Qui distille des Cieux est son doux aliment : » La Vierge vit du Ciel, qui est son élement ; » Et le Ciel est l'object qui nourrit sa pensée.»
(VI) Cep de vigne avec son fruit grimpant autour d’un ormeau. « La vigne a vn ormeau fortement engagée, » Suporte mieux le faix de son fruit meurissant : » Et Marie à Ioseph jointe d’un nœud puissant, » Par ce ferme soutien est beaucoup soulagée.n
(VIT) Un souffle caressant un vautour.
:« Le Vautour ne conçoit que d'un soufle celeste : n Et le sûufle puissant de la Diuinité, » Donne à ce chaste sein une fecondilé, » Qui destruil du peché la puissance funcste.»
(VIT), Deux palmiers dont les rameaux sont enlacés. « La mere de S'. Teun, f, la Vierge embrassées, » Et Lesus caressant son saint Ambussadeur.
» Sont figurés icy par la puissante ardeur, » Qui tient estroitement ces palmes enlacées.»
(IX) Jardinier dans un parterre, contemplant un Îys en fleur. e Joseph que vostre foy admetle ce prodige?
» L’eminente grandeur de la maternité, » Ne flétrit point l'honneur de sa virginilé, » Comme ce Lis fleuril sans corrompre sa tige.
(X) Une Biche dans un bois.
« La Biche attend le coup d’vn éclatant tonerre, » Pour produire son fruict avec allegement :
» La Vierge attet du Ciel ce bie-heureux momet » Qui la doit decharger du Sauueur de la terre.
(XT) Une huitre perlière entr'ouverte au bord de la mer reçoit la rosée. “ La Rosée à formé dans sa riche coquille, n Cette perle qui luit d’un éclut triomphant : » L'esprit sainct à produict ce Dieu qui est enfant, » Dans les pudicques flancs de cette chaste fille.n
(XII) Les rayons du soleil traversant un miroir. « Ce cristal resle entier, encore que lu lumiere, » Du bel astre du iour passe tout au trauers : » Jesus quitlant son sein pour viure en l’uniuers, » Permet qu’en mesime teps, elle soit Vierge & Mere.
(XIII) Cavalier lavant une perle sur un plateau. “ À quoy bon vous purger come la loy comande. » Vierge ? vostre beauté n'en brillera pas mieux ; » Quand on auroit laué la perle en mille lieux, » Sa blacheur pour cela, n'en seroit pas plus grade.
(XWTT) Chasseurs poursuivant des lionceaux.
« D’vn courage asseuré vous fuyes ce barbure, n. Qui vouloit deschirer vostre fils par morceaux ;
» Ainsy quand le chasseur poursuit les Lionceaux, » Des sentiers trop battus la Lionne s’egare.»
(XV) Vue d’une mer calme. A sa surface nagent des dauphins.
Ua crocodile gît sur le rivage.
« Vierge ne craignez rien, il n’y à plus d'orage : » Le calme laisse en paix la Mer, et le Dauphin. » Herode dont Le cœur machinoit vostre fin, » Estendu sur le bord est creué par sa rage.r
(XVI) Brebis bélant après son agneau égaré.
“ La Brebis meurt d’enüy, quud das la solitude, » Son Agneau a suiuy un chemin confondu :
» Et la Reyne du Ciel trouuant son filz perdu, » Recoit dans son esprit beaucoup d'inquiétude.»
(XVII) Chasseresse qui lance son chien après des sangliers
dans un espace tendu de rets.
« Temple du sainct Esprit, vostre Fils vo’ delaisse ; n Son zele va chasser les hommes dans ses rets,
» Ainsi quand il est têps le chien court aux forels, » Et sa bouillante ardeur ne soufre plus la lesse.n
(XVIII) Biche pleurant son faon tué par un chasseur. « O amour que tes dars ont une poinie amere?
n La Biche qui gemit son fan dans ce portraict » No’ faict veoir que lamour auec le mesme traict, » Qu'il tua Jesus-Christ, blessa aussy sa Mere.n
(XIX) Lionne poussant des rugissements près de son lionceau, « Tandis que mo Suuueur dans le tobeau sumeille, » La Vierge par ses pleurs l'appelle doucement : » Ainsi quand le lion na plus de sentiment, » Sa mere par ses cris le fait viure, ( l'eueille.»
(XX) Tourterelle volant dans un désert.
« Comme dans le desert la chaste Tourterclle, s Trouue dedans ses trous un air delicieux.
» La Vierge prend plaisir de visiter les lieux, » Où son Fils à souffert & pour nous, & pour Elle.s
(XXI) L’Arche de Noé sur les eaux. Une colombe s’en approche portant dans son bec un rameau.
« Apres cent tourbillons P Arche espera le came, » Quand elle vit briller le rameau de la paix : » La Vierge, que l'amour acable sous son fuix, » Altend la liberté, quand elle voit la palme.n
(XXII) Homme coupant un baumier. | « Le Baume atteint au cœur d’une lame meurtriere
x Verse en un mesme inslant sa vie, et sa liqueur. » Et l'Amour, dut le traict touche la Vierge au cœur n En luy ouurant le ciel, lui ferme la paupiere.r
(XXII1) Homme jetant du bois dans un foyer.
u Le bois n’estouffe point, mais faict viure la flame. | » L'Amour qui de ses iours à éleint le flambeau, » Au lieu de retenir son Corps sous le Tombenu : n Le porte vers le ciel , l’onit à son Ame.
(XXII) Le soleil attirant les vapeurs de la terre, les y fait retomber en pluie.
« Le Soleil tire en haut vne vapeur subtile, » Pour aroser nos champs d’un torrent pretieux ? » Lesus par son pouuoir tire sa Mere aux Cieux, » Afin que sa faueur nous soil là plus utile.»
(XXV) Des chérubins portent au ciel une couronne d'orfévrerie et deux mains tiennent sur terre une couronne de chêne et de laurier.
« Encor que vostre Front soit couroné de gloire, » Pour ce que vostre Bras à sauué les Humains, » Vierge, permetés nous, imitant les Romains, x De vous offrir le pris d’une telle victoire.»
(XXVI) Le Nil débordé inondant l'Egypte.
« Le Nil quillant son lit rend l'Egypte féconde, n Et laisse tous les champs pleins de fertililé, » La Vierge, du sejour ou luit sa Majesté, » Verse un torrent de biens qui arrosent le Môde. »
234-260. Estampes décorant le livre intitulé : zux CLAVSTRI où La lumiere du Cloistre. Paris, Francois Langlois, dict Chartres, 1646, in-4°, composé de vingt-sept feuillets imprimés sur le recto où chaque estampe a été tirée. — Il y a en outre deux feuillets liminaires contenant le titre et la dédicace de Langlois à Augustin Joyeux.
Suite de vingt-sept estampes, y compris le titre qui n'est pas chiffré. Les autres le sont de 2 à 27, à la gauche du haut. :
Largeur : 80 à 84 millim. Hauteur : 56 à 62 millim.
Avant d'avoir été employées au livre en question, les planches ont été tirées sans aucun texte. Depuis la publication du livre, elles ont servi à de nombreux tirages qui n’ont que très-peu altéré les compositions ; elles sont conservées à Nancy dans le cabinet de M. Thiéry.
Nous nous servirons dans notre description des quatrains français qui se rapportent à chaque emblème, d'après le livre cité.
Outre le titre qui est décrit ci-après et qu'on trouve toujours sans aucun numéro, les deux états des vingt-six dernières planches sont ainsi caractérisés :
1. Avant les numéros en caractères arabes placés à la gauche du haut,