‹ Mémoires de l'Académie de Stanislas (volume 2)Chapitre 52 sur 85 · I. C'est celui qui vient d’être décrit · texte numérisé non relu

I. C'est celui qui vient d’être décrit

Il. On lit, à gauche, avant le nom de Callot : I! Ciartres ex Cum priuil.

Au bas de la page est ce quatrain :

« Por arriuer au Ciel, où le vray Dicu l’appelle.

» Tu dois suiure en tous lieux sa sainte volonté,

» Ayant pour te guider la Chasteté fidelle,

n La prompte Obeïssance, & l'humble Pauureté.»

(2) Un parc de moutons gardé par un chien. Le bâton du berger surmonté d'un œil est planté au milieu du bas de l'estampe, où on lit: Zac. Callot fe. |

«a Le Berger vigilant, soigneux de ses brebis, » Dans les Parcs bien fermez les mêne à la pasture. » Le Prelat sur les cœurs à sa garde commis, n Ouure Pœil, les paist de la saincte Escriture.n

(3) Flambeau allumé dans un appartement.

u L'on ne pose iamais sous un muid la lumiere, n Mais sur vn chandelier, pour la produire aux yeux : » Ainsi du vray Prelat l’action iournaliere, .» Est vn Phare esclairant dans le chemin des cieux.n

(4) Deux bergers gardaient leur troupeau, l'un tue un loup et l’autre court après un voleur. | a Conree la dent des loups & la main larronesse » Le Berger se hazarde, & n’espargne sa peau; n Ainsi le bon Prelat veille, combat sans cesse, » Affin qu'aucun des siens ne quitte le Troupeau.»

(3) Un corbeau jetant hors de son nid quelques-uns de ses petits, ce que regarde un rustre debout à droite. « Ses petits hors du nid, le Courbeau ietle en bas, » Lors que par leur blacheur, ils lui sot disscblables, » Le bon Prelat de mesme, au Cloistre n’admet pas, » Ceux qui n’ont rie d’égal à ses mœurs venerables. »

(6) Le soleil a cessé de luire à la droite de l’estampe, et deux tulipes qui s’y voient sont inclinées. Il se lève à l'opposite, et deax fleurs pareilles, qui s'y voient, élèvent leurs calices.

« Ar coucher du Soleil la Tulippe s’encline, » Puis à son Orient, elle s’éleue en haut :

» L’Ame fleurit aux rays de la Clarté diuine, » Et languit sans vigueur, quand ce feu luy defaut.»

(7) Le phénix se brûlant.

« Ayx rayons du Flabeau qui nous donne le iour. » Le Phenix se brélant renouuelle sa vie :

» Le Moine épris du feu de la diuine Amour, » Verra du vray Soleil la lumiere infinie.»

(8) Corbeau fondant sur un limaçon sorti de sa coquille. « Sox Toict au Limaçon est une Targe forte, » Mais tout à mesme temps qu’il se monstre dehors, » Le Courbeau qui le void, dans ses serres l'éporte, » El l'ayant deschiré, se repaist de son corps.n

(9) Couleuvre venant de quittér sa vieille peau. « Cour cét Animal qui sur la pierre glisse, » Pour se renouueller, pose sa vieille peau;

» Le Moine quittant tout, deuie riche & plus beau,

» Bien qu’il semble aux Mondains qu'au Cloistre il s'apau- [urisse.»

(10) Un chat regardant un oiseau qui est en cage.

« Cer Oiseau prisonnier chante dans ce haut lieu. » Sans auoir peur du Chat, qui sans cesse l’éclaire ; » Malgré tous les Demons, le Moine craignant Dieu, » Psalmodie, & benit sa Prison volontaire. »

(11) Deux écuyers à cheval.

« Pan l'adroit Escuyer vn bon Cheual monté, » Obeil à sa voix qui le dresse au Manége :

» Le vray Religieux suiura la volonté, » De son Superieur qui le guide, G protege.»

(12) Un cerf dans l’eau.

« Oran» le Cerf échauffé veut esteindre sa flame, ns Îl se iette dans Peau, sans peur de s’y noyer ; » Ainsi quand le Peché te brilera dans l’AÂme, » Les pleurs du repantir te pourront netioyor.

(13) Oiseau perché sur une touffe de chardons. « Cer Oiseau patient, pour se nourrir le corps, » Sur les chardons piquans fait des douces rayines ? » Et le Moine au Desert fait d'illustres efforts, » Pour suiure Tesus-Christ au milieu des Espines.»

(14) Rossignol perché sur un arbre épineur.

Inrincreir en son chat, le Rossignol se perche. » L'estomach sur l'Espine, afin de s'esuciller.

» Le bon Religieux au lieu de sommeiller, » Benit Dieu iour, & nuict, & sa grace recherche.»

(15) Aigle volant et rejetant ses vicilles plumes. « Por se renouueller, & sa vigueur accroistre, » L’Aigle iette d’enhaut sa vieille plume en bas; » Qui pour reuiure en Dieu, s’eferme das le Choistre, » Quitant ses vieux Pechez, s’affranchit du trespas.

(16) Grue volant au-dessus de vautours perchés.

a Sans te laisser trahir par les propres discours, » Contre ta langue mesme use de violence, » Et scache que la Grue, au milieu des Vautours, » Passe, & dit son salut à son sage silence.n

(17) Syrène sonnant de la trompe sur la mer.

« S1 le Monde enchanteur te r’appelle à ses loix, » Pour quiter de tes vœux les douceurs nopareilles, » Garde-toy d’escouler les charmes de sa voix, . n Mais trompe la syrene, en bouchant tes oreilles. n

(18) Ecrevisse sur un rivage qu'éclaire le soleil. « L’escrerisse tardif croid tourner au Leuant, » Quand il porte Les yeux vers le climat contraire : » Le Moine va demesme, & non pas en auant, » S'il regarde le bien, & ne le daigne faire.»

(19) Vue d'un paysage à la clarté du soleil levant.

« Le Soleil se fait voir tout clair à son Leuant, n Et vient tousiours à nous augmentant sa lumiere :

» Le Juste doit ainsi, dès qu’il est au Conuent, : » Accroistre sa lueur, aduançant sa carriere.»

(20) Cadavre dans un tombeau dont le couvercle est ôté. « ÎL n’est rien si puant, ny rien de plus hydeux, » O’un Mort hors du Tobeau, d’ot on oste la pierre : » Qui fuit profession & viole ses vœux, » Guble d'horreur de mesme, & le Ciel & ta Terre.

(21) Une sainte embrassant l’arbre de la croix. « Qrz se voue à Iesus pour embrasser sa Croix, » Taschant de l’imiler, doit se clouer sur elle ; » Et ne prédre autre voye, À n’entendre autre voix, » Que celle du Pasteur, dont l'exemple Pappelle.»

(22) Narcisse se mirant dans l’eau.

« Narcisse en se mirant au bord d’une fontaine, n Espris de sa beauté se laissa cheoir dans Peau : . » Ainsi, méme au Desert, quand vne Ame est trop vaine, » Se perdant, elle perd ce qu’elle a de plus beau.»

(23) Saules plantés au bord d'une rivière.

à Le Saule entretenu sur le bord d’une eau viue, » Et de la Chasteté representant les fleurs ; » Monstre au Religieux, qui soigneux da cultiue, » Comme il doit arrouser sa couche de ses pleurs.»

(24) Deux cœurs, l’un debout est enflammé, et l’autre renversé est coupé en deux. | « Le Cœur meurt aussitost que le fer le Diuise, » Au milieu de l'ardeur qui le va consumant :

» Îl faut donc si quelqu'un ayme Dieu sainciement, » Quid Le luy done entier, sas fraude Q sans feintise.»

(25) Paysan chassant devant lui un âne chargé.

« L'asxe soubs les Tresors, le corps soubs l’Âme alliere, » Accablés de tels fuis ne feront rien de bon ; » Et perdront leurs faurdeaux en demeurat derriere, n» Si Pon ne fuit agir le fouét, ou le baston.»

(26) Jardinier taillant un jeune arbre.

« Le prudent Iardinier en émondant son Ente, » Ses debiles rameaux, dresse d’un Art secret ; » Du ieune inferieur retien l'humour ardents, » De peur qu’il ne s’eschappe, À te porte au regret.»

(27) Le vent fait fléchir une touffe de roseaux.

« Le Roseau sçait fleschir au gré du vent qui saufle, » Et ployer à tout coup, quand il est agité ; » Le Moine à son Abbé doit de mesme estre souple, » Sans iamais se roidir contre sa volonté.»

261-301. Miracles opérés par l'intercession de Notre- Dame de l'Annonciade de Florence.

Suile de quarante-une estampes, y compris le titre, gravées au burin et qui décorent le livre dont le frontispice, ci-après décrit, indique exactement le titre.

Le ütre n’est pas chiffré. Il porte 182 millim. de haut, dont 4 de marge, sur 116 millim. de large.

Les autres pièces sont chiffrées à la droite du-bas, dans

les marges, et comme il suit : 1, 3, 8, 7, 9, efc., jusqu'à la quarantième, qui porte le nombre 79. Voici leurs dimensions :

* Hauteur : 130 à 139 millim., dont 46 à 22 de marge. Largeur : 78 à S3 millim.

A l'exception du titre, dont les différences seront indiquées ciaprès, on connaît trois états de ces planches :

1. C'est celui que nous aHons décrire : il n’y a qu’un seul chiffre au bas de la droite de ehaque planche. Dix-huit pièces n’ont point de texte au verso. Ce sont celles qui portent les numéros 3, 17, 23, 25, 29, 33, 59, M1, 43, 53, 63, 65, 69, 71, 735, 15, 11, 19. À toutes les autres on voit du texte au verso.

IL. Oatre le chiffre qu'on remarque dans le premier état, chaque planche est numérotée à la gauche du bas, de 4 à 40. Dans cet état on aperçoit, au verso de quelques pièces qui sont autres que celles ci-dessus indiquées, des fragments de texte de la seconde édition.

III. Chaque pièce porte toujours deux numéros, mais on ne voit pas de texte au verso. Eu cet état les planches sont fort usées.

Ce livre a pour objet de décrire les principaux miracles opérés par la vertu de l’image de Notre-Dame de l’Annonciade de Florence, Il est dédié à Christine de Lorraine, fille de Charles M et veuve de Ferdinand de Médicis, grand duc de Toscane. Le texte et les gravures ont été composés longtemps avant leur première publication, qui eut lieu en 1619. Le titre seul est de cette époque. Les quarante gravures qui l'accompagnent sont moins bien exécutées, et datent des premiers temps du séjour de Callot à Florence. Elles ont été faites d’après les eompositions de différents maîtres florentins, tels que Giov. Biliverti, Fabr. Boschi, Arsen. Mascagnio, Pomerancio, Math. Rosetli et Tempesla. Aucune ne porte le nom de Callot, quoique la majeure partie lui

appartienne certainement. Plusieurs n’ont aucune analogie avec sa manière et peuvent difficilement lui être attribuées (*)

Page 1