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sente i azur anciennement exploité. Les deux mines sont situées dans les collines qui surplombent Vaudrevange. Empruntant leurs noms aux villages avoisinants, Tune s*appelle le Lemberg, Taulre Ste-OTarbe. Les bancs qui y récèlent le cuivre occupent d'ailleurs la même position géologique ; ils appartiennent aux premières assises du grès bigarré. Les mines olTrent là cette particularité qu'il y a plusieurs bancs métallirères séparés par un espace stérile.
Au reste, le grès vosgicn des environs de VaudreVange renferme lui-même du cuivre ; on s'en aperçoit aisément, aux tacbes vertes et bleues qui le recouvrent ç5 et là.
M. Jacquot, qui connaît mieux que personne le bassin géologique de la Sarre, termine son U'avail par d'intéressantes considérations sur le gisement des minerais et leur origine probable. Sur les bords de la Sarre, la pince exacte qu'ils occupent est à la base du grès bigarré, et toujours au contact des assises dolomitiques qui séparent ce grès du grès vosgicn. Ils appartiennent donc essentiellement aux terrains sédimentaircs ; rien cependant n'autorise à croire que la galène^ ainsi que les minerais de cuivre, soient contemporains du grès bigarré ; tout, au contraire, s'oppose à cette hypothèse. Que faut-il donc penser de l'origine de ces minerais ? S'il faut absosolument remonter à leur point de départ, nous dirons que les conditions géologiques dans lesquelles ils sont placés permet de leur assigner une origine plutonique, et voici comment :
Il rcsullc des observations de M. Jacqiiot que ic bnfssin de Sâarrebruck csl rempli de failles, e'esi-à-dire que la stratification des couches sédimentaircs, y csl ù chaque ins^tant interrompue et disloquée, par suite de phénomènes volcaniques qui ont eu lieu postérieurement. Or, c*est surtout autour de ces failles que les minerais sont accumulés. C est là que, comme h St-Âvold, à Hargarten cl aux environs de Sarrclouis, se trouvent les gisements les plus riches. Ces failles, dit M. Jacquot, paraissent avoir joue un rôle considérable dans la formation des gitcs de plomb et de cuivre de la Sarre ; elles ont vraisemblablement sen'i de canaux aux émanations métalliques qui se sont répandues, de Tintérieur du globe, dans la mer Triasique, cl ont permis h la galène et aux carbonates de plomb et de cuivre de cristalliser au milieu du grès.
Celte explication rend un compte suffisant de Forigine de ces gisements anormaux. Elle parait d*autant plus plausible que Tépoque à laquelle les failles se sont produites, coïncide exactemeni avec celle du dépôt des minerais. D*après cela, ces derniers seraient contemporains du soulèvemenl des Vosges, qui a laissé une empreinte si profonde dans la contrée voisine de la Sarre, en ouvrant, de nouveau, les fractures de Técorce solide du globe, fractures précédemment produites par Tapparilion des porphyres quarlzifères et le redressement des terrains houillerau
On peut se demander quel intérêt il y aurait h recom-
mcncer une expluilalion qui a clé reprise avec peu de succès à différentes époques et définitivement abandonnée. A ce que nous en avons déjà dit Tannée dernière (1), nous nous permettrons d'ajouter un petit calcul , par lequel M. Jacquot termine son mémoire.
En prenant pour le gile tm kilomètre carre seulement d^étfindue, et réduisant son épaisseur à deux mètres, ce qui est bien certainement un minimum pour les environs de St-Avold, on arrive au oliiffrc de 3»000»000 de meures cubes de minerais brut, dont la densité est au minimum 2,50, soit 5,000,000 de tonnes. Ces 5,000,000 do tonnes renferment à 7 pour 100, 350,000 tonnes de plomb ayant, à 650 francs la tonne> une valeur de 227,500,000 francs et 209 tonnes d'argent, produisant une somme de 45,144,000 francs en supposant la valeur du kilogramme d'argent 5 16 francs.
t>*ailleurs, ce qui permet de bien augurer de ceue entreprise ; c'est, comme nous l'avons dit l'année dernière, le nouveau procédé qu'on se propose d'employer : procédé que le progrès des sciences a seul rendu possible, et qui est devenu facilement praticable. Attaquer les minerais de cuivre par l'acide chlorhydrique, (que Dieuzc, qui se trouve & proximité» peut fournir ppr torrents et à bon marché) ; puis décomposer le clilorure de cuivre formé, en y plaçant de la vieille feraille, qui déplacera le cuivre de sa combinaison.
(1) Revw des SocièUa tavanUs, iSSS.
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Ijcsi minerais de plomb présoiuenl également des eon- «iiiions assez favorables d'cxploilation ; car, d^une part, ils sont disséminés dans une roche assez tendre et dont Fabatage n*est pas dispendieux» et, d*autre part, ils ne sont associés à aucune gangue lourde, telle que la pyrite (sulfure de fer) ou la blende (sulfure de zinc) ; ce qui simplifie grandement le lavage de ces minerais.
Enfin, le carbonate de plomb qui parait former une notable proportion de la partie minérale de ces gisements, se réduit facilement, au moyen du charbon ou de la sciure de bois.
A Taide de ces moyens^ ou nouveaux ou perfectionnés, on pourra donc reprendre avec succès les mines de cuivre et de plomb de la rive gauche de la Sarre, et même, mettre en œuvre les minerais rejetés des anciens qui n*employaicnt jamais que les parties les plus riches.
Ces moyens n'étaient pas encore «applicables en 1795, époque à laquelle on avait essayé de reprendre cette exploitation. Au reste, les causes pour lesquelles a échoué la tentative d*alors sont complexes, et Tinsuccès tient, en grande partie, aux événements de cette époque agitée. On peut en juger parce qu'en djt M. Audenelle, dans son Essai statistique sur les frontières nord-est de la France, publié en 1897. u Rebutés par la formation peu n riche de la substance qu ils rencontraient, les anciens n concessionnaires des mines de Sarrelouis, de St-Avold " et de Falk, cessèrent les recherches et les travaux* « Dans rintcrvallc, le Birkenfeld et Télcctorat de Trêves,
n classés parmi les déparlcments de la France, virent n lever la taxe qui portait sur le plomb et sur le cuivre tt dont leurs montagnes abondent ; et les départements it voisins , pouvant facilement s*approvisionner de ces i« matières indispensables, on ne soccupa plus des mines ti de plomb de Lorraine... ^
Nous aurons plus d*une fois à revenir sur cette partie de TEst de la France, si intéressante par son industrie, par ses mines de plomb, de cuivrent de fer, et par son bassin houiller, prolongement de celui de Sarrebruck.
Annexe à la notlee précédente.
Anx mioes da Ilochwald (France), k une lieue derrière St-Avold, le minerai est exclusivement cuprifère; j*ai visité rélabltssemenl avec M. Godron et BI. Simon, l'ingénieur prussien, chargé de Texploilalion. A la date du 20 juillet 18G0, de nombreuses galeries serpentaient dans les flancs de la montagne presque exclusivcmcnl composée de grès bigarré délité ; le minerai de cuivre > était révélé par des tacher verles ou bleues plus ou moins pn>fondes ; ça et là aussi on rencontre des prismes rhomboîdaux de spath pesant (sulfate de baryle}.
Nous avons rapporté de celle excursion de très-beaux échantillons de minerais que Ton peut voir à la collection géologique de notre Faculté des Sciences.
Non loin de là on trouvera récria géologique du puits de Carling que nous avons visité dans la même journée. Au moment de notre vi.-ite, on entrait dans le terrain houiller, à la profondeur de 150 mèlres, après avoir lutté avec un courage ï toute épreuve el un plein succès, contre des voies d'eau qui arrivaient sous une pression de 10 et de 12 atmosphères.
La lutte a été longue, acharnée et parfois sans précédents ; ooos manquerions ti notre devoir de ne pas rappeler ici le nom de Tiogé*
Dieur habile qui a sa la mener k boooe flo ; c'est M. Lévy, ori^ÎDaire de Vie.
Le puits est •ajounl^hoi terminé et en voie d'exploitation ; foncé en plein grès vosgien et dans des circonstances qui mériteraient d'élre rapportées avec détail, il constitue un progrès dans l'exploitation des mines, et marque une ère nouvelle pour l'industrie de TEst de la France, et surtout pour la Moselle.
Espérons que les grands travaux qui ont amené ce résultat, trouveront un historien digne d'eui.
Il juIh^w^Ihi II