‹ Mémoires de l'Académie de Stanislas (volume 4)Chapitre 58 sur 98 · OMI · texte numérisé non relu

OMI

Dmmaxétré Kuruxétrê

samavétà, yuyutsavaH ,

MâmakâH Pândavaç ca êva

kim akurvata, Sanjaya?

SaSjaya mtA^» t

Dfstwâ tu Pândavânîkam

vyûâûm. DuryôOanas tadâ Acàryam upasaygamya

râjâ , vacanam abravît :

Pa^ya êtâm Pànduputrândm ,

âcâ?ya, mahatîm éarnûm

VyûOâm Drupadaputrêna,

tava çièyêna, dîmatâ.

U BHAGAYAD GITA

ôm!

TROUBLE D'ARJUNA.

Nos soldats et les fils de Pàndu, rassemblés pour combattre dans le champ saint de Kuruxé* tra, qu'ont-ils fait, Sanjaya?

À la vue de l'armée des Pàndus rangés en bataille, le roi Duryôdhana s'approcha de son maître et lui dit :

«Vois, mon mattre, la grande armée des fils de Pàndu rangée en ligne par ton disciple, le fils habile de Drupada.

Atra çûrâ mahééwâsd,

Bîmârjunasamâ yadi :

Yuyuâdnô, Virâtaç ca,

Drupadaç ca mahâralaa, ^•

Dfètakétuç, Cékitânaa,

Kâçirâjaç ca vîryavân, Purujit, KuntiSôJaç ca,

Çœvyaç ca narapufgavan, î>'-

Yudâmanyuç ca vikrânta, ^

Uttamaojâç ca vîryavân, SsoSadrô Drsopadêyâç ca,

sarva êva mahâratân. «•

Asmâkam tu viçièta yé,

ton nibôda, dmijôttama, Nâyakâ marna $se7iya$ya ;

sanjnârtam tàn bravîmitê : 7.

B'avân, ÏÏÎsmaç ca, Karnaç ca,

Kfpaç ca samitinjaya , Açwatîâmà, Vîkarnaçca,

Saemadattis taU êva ca, «•

Anyê ca bahavan çûrâ

madartê tyaktajîvitân , NânâçastrapraharanÛH ,

sarvê yudOaviçâradâH. 9-

Aparyûptam tad asmâkam

balam B'iémâBiraxitam ; Paryâptam tw idam êtêèâm

balam FimâSîraxitam. ^ o

LÀ sont des héros aux grands arcs, tels que Bhima et Àrjuna dans la bataille, Yuyudhâna, Yirâta et Drupada au grand char,

Drishtakèta, Tchèkitâna et le vaillant roi de Kàci, Purujit, Kuntibôja et le prince Çœvya,

Le valeureux Yudhâmanyu et l'héroïque Ultama)jas, les fils de Subhadrâ et de Dra)padi, tous montés sur de grands chars.

Regarde aussi les meilleurs des nôtres, ô excellent brahmane ; je vais te nommer ces chefs de mon armée, pour te faire souvenir d'eux :

Toi d'abord, puis Bhishma, Karna et Kripa le victorieux, Açvatthâraa, Vikarna, le fils de Sômadalta,

Et tant d'autres héros qui pour moi livrent leur vie ; ils combattent de toutes armes et tous connaissent la guerre.

Sous la conduite de Bhishma nous avons une armée innombrable ; mais la leur, à laquelle Bhima commande, peut être comptée.

Ayanééu ca sarvésu

yaîâ Zàgam avasUtàn, Fîémam êva aSiraxantu

bavant an sarva êva hi. * * •

Tasya sanjanayan harsam ,

KuruvfddaH pùâmahan , Sinhanàdam vinadya uccaen,

çayKam dadmso pratâpavân. *^- TataH çoffKâç ca, Béryaç ca,

panava-ânaka-gôrnuKoH Sahasà êva a^yahanyanta

sa çabdas tuniulô ' Bavât. ^ ^ •

TataH çwêtœr hayser yukté

mahati syandané slitdo , MâdavaH Pândavaç ca êva

divydo çafk'do pradadmatKH : * ^ •

Pdncajanyam Hfstkêçô,

Dêvadattam âananJaya.H ; Psondram daâmso mahàçayUam

btmakarmà VfkédaraH: *'•

Anantavijayam râjâ

Kuntîputrô Yuâiétiran:

NakulaH Sahadêvaç ca

Sugôsa^-manipuspako). ^« •

Kdçyaç éa paraméswâsaH ,

ÇiUandt ca mahâratan.

Que chacun de vous, dans les rangs» garde la place qui lui est échue, et tous défendez Bhishma. »

Pour animer les cœurs, le grand aïeul des Kurus poussa un cri semblable au rugissement du lion et sonna de la conque.

Et aussitôt conques, fifres, tymbjtles et tambours résonnent avec un bruit tumultueux.

Alors, debout sur un grand char attelé de chevaux blancs, le meurtrier de Madhû et le fils de Pându enflèrent leurs conques célestes.

Le guerrier aux cheveux dressés enflait la Gigantesque ; le héros vainqueur des richesses la Divine ; Bhima Ventre-de-Loup , aux œuvres terribles, enflait la grande conque de Roseau ;

Le fils de Kunti, Yudhishthira , tenait la Triomphante ; Nakula et Sahadéva portaient la Mélodieuse et la Trompe de pierreries et de fleurs;

Le roi de Kàçi au bel arc et Çikhandin au

— 24 ~ Dfitadyumnô, Vi'râtaçca,

Sdtyakiç ca aparâjitaa <7.

Drupadô, Drdopadéydç ca

sarvaçaH, pfïivtpaté, SeoSadraç ca mahâvûhuH

çajKân daâmuH pftak pflak. *^ • Sa gôéô Dàrtaràstrânàm

hrdayânt vyadârayat, NaBaç capfïivîm ca éva

tumulô vyanunàdayan. ^^ •

Ata vyavastitdn dfètwd

Dârtaràstràn kapiâwaJaH, Pravftté çastrasampdté ,

danur ndyamya PàndavoH ^•

Hfitkéçô tadà vâkyam

idam âha, mahipaté :

« Sinayôr uSayôr maâyé

raïam stdpaya mé ' cyuta , ** •

» Yâvadétânnirîxé'ham

yôddukâmân avaslitân , » Kœr maya saha yôdâavyam

asmin ranasamudyamé. ^*

» Yôtsyamândn avéxê *ham

y a été 'ira samâgatan, » Dàrtaràètrasya durbuddér

yuddé priyacikîrèavaa. »

ss.

grand char, Drishtadyumai Yiràfa et Sàtyaki rinvincible,

Drupada et tous les fils de Dra>padt, et les fils de Subhadrà, aux grands bras, enflèrent chacun leur conque.

Ce bruit, qui déchirait les cœurs des fils de Dhritarâshtra, faisait retentir le ciel et la terre.

Alors les voyant rangés en bataille, et quand déjà les traits se croisaient dans Tair, le fils de Pàndu dont rétendard porte un singe, prit son arc,

Et dit à Krishna : <x Arrête mon char entre les deux armées.

Pour que je voie contre qui je dois combattre dans cette lutte meurtrière.

Et pour que je voie quels sont ceux qui se sont rassemblés ici prenant en main la cause du criminel fils de Dhritar&shtra. »

Evam uktô Hpîkêçô

Gudàkêçém , Bârata .

Sénayôr udayôr madyê

sUpayitwâ raUttamam . U,

^'ièma-drônapramiiKataii

sarvééàm ca mahtxùàm , Uvàca : « Pârïa, paçya êtân

samavêtân Kurûn » iti. 25.

Taira apaçyat stitân Pârtan

pitrin , aïapitâmahân .

Acâryân , mâtulàn , Brâtrîn,

putrân , psotrân , saKîns taU , 26. Çwaçuràn, suhfdaç ca éva

sénayôr uSayôr api.

Tdn samîxya sa Ksoniéyan

sarvân banéiûn avasUtân , 27.

Kfpayàparayâ vistô,

visîdann idam abravît :

ArJana nvà^a t

Dfstwâ imam swajanam, Kpna,

yuyutsum samupastitam , 28.

Sîdanti marna gâtrâni ,

mxiKam ca pariçusyati , Vêpaîuç ca çarîrê mé,

rômaharèaç ca jàyaté ; 29.

Interpellé de la sorte par Àrjuna, Krishna, à la chevelure hérissée, arrêta le beau char entre les deux fronts de bataille ;

Et là, en face de Bhishma, de Drôna et de tous les gardiens de la terre, il dit : a Prince, vois ici réunis tous les Kurus. s)

Arjuna vit alors devant lui pères, aïeux, précepteurs, oncles, frères, fils, petits-fils, amis.

Gendres, compagnons, partagés entre les deux armées. Quand il vit tous ces parents prêts à se battre, le fils de Kuntî,

Ému d'une extrême pitié, prononça douloureusement ces mots :

Arjanft.

0 Krishna, quand je vois ces parents désireux de combattre et rangés en bataille.

Mes membres s'affaissent et mon visage se flétrit; mon corps tremble et mes cheveux se dressent;

Gdndivam sraÀsaté kastàt,

twak ca éva paridahyaté , Na cd çaknômy ùvasïâtum ,

Sramati iva m mé manan. ^•

Nimittâni éapaçyâmi

viparttàni, Kêçava, Na ca çréyô *nupaçt/âmt

hativâ swajanam âhavé. ^i .

Na kâ/fxé vijayam , Kfkna ,

na ca ràjyam , suUânica ; Kimnôrâjyéna, Gôvinda,

kim Bôgser, jivitêna va ? ^2.

Yéèâm arîé kârfxitarn nô

râjyam, Sôgân , suk'ânica.

Ta imé 'vaslitâ yuddé

prâna'às tyaktwâ danâni ca , 53.

A câryâH , pitaran , putrâs ,

ialâ éva ca pitâmahâH , MâtulàH , çwaçurâH , psotrâh',

çyâlcbi , sambanâinas taïâ. '^•

Êtânnahantumiccâmi,

gnatô 'pi, Madusûdana, Api trselôkyarâjyasya

hétÛH; kim nu mahîkftêl '5.

Nihatya Dârtarâstrân naa

kâprîtin sydj, janârdana î Pâpam éva âçrayéd asmân

hatwâ étân âtatâyinan. ^-

Mon arc s'échappe de ma main, ma peau devient brûlante, je ne puis n^ tenir debout et ma pensée est comme chancelante.

Je vois de mauvais présages, 6 guerrier che* velu, je ne vois rien de bon dans ce massacre de parents.

0 Krishna, je ne désire ni la victoire, ni la royauté, ni les voluptés ; quel bien nous revientil de la royauté? quel bien, des voluptés ou même de la vie?

Les hommes pour qui seuls nous souhaiterions la royauté, les plaisirs, les richesses, sont ici rangés en bataille, méprisant leur vie et leurs biens :

Précepteurs, pères, fils, aïeux, gendres, petitsfiis, beaux-frères, alliés enfin.

Dussent-ils me tuer, je ne veux point leur mort, au prix même de l'empire des trois mondes; qu'est-ce à dire, de la terre?

Quand nous aurons tué les fils de Dhritaràshtra, quelle joie en aurons-nous, ô guerrier? Mais une faute s'attachera à nous si nous les tuons, tout criminels qu'ils sont.

Tasmàn m arkâ vayam kantum

Dârtaràstrân sabâfidavân ;

Svajanam ht kaï9in hatwâ

suKinaH syâma, MdOava 1 37.

Yady apy été m paçyanti

lôbôpahataéétasaH Kiilaxayakftam dôèam,

mitradrôhé capâtakam ; 38.

Katam na jnêyam asmâBin

pàpâd asmàn nivartitim , Kulaxayakpam dôèam

prapaçyad6ù\Jandrdmaî 39.

Kulaxayé pranaçyanti

kuladarmâa sanâtandH ; Darmé naètê, kuiam kftmam

aâarmô 'UtSavaty uta ; *o,

AdarmâStSavât, Kpna.

pradusyanti kulastriycm ; Strîèu duètâsu, Vârènêya.

jâyaté varnasafkaran ; ^j

Safkarô narakâya éva

kulagnânâm kula$ya ca Patanti pitarô hy ééâm

luptapindôdakakriyâH. ^2.

Dôèddr êtddH kulagnânâm

varmsafkarakârakaeH Uisûâyanté jâtidarmâH

kulaOarmâç ca çâçtvatâa ; ^ .

Il n'est donc pas cligne de nous de tuer les fils de Dhritaràshtra, nos parents : (^ en faisant périr notre famille, comment serions-nous joyeux, ô Màdhava?

t Si, Tàme aveuglée par l'ambition, ils ne voient pas la faute qui accompagne le meurtre des familles et le crime de sévir contre des amis.

Est-ce que nous-mêmes ne devons pas nous résoudre à nous détourner de ce péché, quand nous voyons le mal qui nait de la ruine des familles?

La ruine d'une famille cause la ruine des religions éternelles de la famille ; les religions détruites, la famille entière est envahie par l'irréligion ;

Par l'irréligion^ 6 Krishna, les femmes de la famille se corrompent; de la corruption des femmes, ô Pasteur, naît la confusion des castes ;

Et, par cette confusion, tombent aux enfers les pères des meurtriers et de la familfe même, privés de l'offrande des gâteaux et de l'eau.

Ainsi, par ces fautes des meurtriers des familles, qui confondent les castes, sont détruites les lois religieuses éternelles des races et des familles;

Utsannakulattarmânâm

manmyânâm,janârâana, Narakê niyatan^dsô

davati; ity anuçuçnmia. ^•

ÂMvatal mahatpdpam

kartum vyavasità vayam, YadrùjyasuKalô^êna

hantum swajanam udyatûa. ^5-

Yadi mâm apratîkdram ,

açastram , çastrapânayan Ddr tardé trd rdné hanyus ,

tanmêxêmataramSavét. ^-

Êvam uktwd Arjunan sayKyé

ratôpasla updviçat, Vùp'ya saçaram câpam

çôkasamvignamdnasaH* ^*

Iti ÇriZagavadgîtds upaniéatsu brahmavidydyâm yôgaçdstrê Çrîkfsndrjunasamvddê Arjunavièddô ndma pralamfi 'àydyan.

Et quant aux hommes dont les sacrifices de famille sont détruits, Tenfer est nécessairement leur demeure. C'est ce que TEcriture nous enseigne.

Oh ! nous avons résolu de commettre un grand péché, si par Taltrait des délices de la royauté nous sommes décidés à tuer nos proches.

Si les fils de Dhritaràshtra. tout armés, me tuaient au combat, désarmé et sans résistance, ce serait plus heureux pour moi. »

Ayant ainsi parlé au milieu des armées, Ârjuna s'assit sur son char, laissant échapper son arc avec la flèche^ et Tâme troublée par la douleur.

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