‹ Mémoires de l'Académie de Stanislas (volume 4)Chapitre 81 sur 98 · OSO · texte numérisé non relu

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La plus grande élévation du mercure dans le baro-

nièlrey a été* le 8 janvier, de 750 »

Le plus grand abaissement, le 9 déeem*

bre, de 714 n

Hauteur moyenne. 735 63

RéauBMir. Centigrade.

Le maximum de température a été, le 16 juillet, de. . + 21« 50 + 26^ 87

Le minimum, le 9 février, de — 9« n — 11^25

Température moyenne du ["trimestre + 0"»77 + 0*^96

Du deuxième + 8*» 85 + 11^06

Du troisième -f 11M9 + 13" 99

EnOn du qualrième + 2" 99 + 3* 74

Température moyenne de Tannée + 5^95 + 7^44

Pendant toute Tannée, et surtout en février, en mars et en mai, les vents ont été déchaînés ; ils ont soufflé avec violence 51 fois et il y a eu 18 tempêtes; les plus remarquables de ces ouragans ont été ceux du 21 janvier, du 29 février et du 11 au 12 octobre. Le premier a causé des dégradations à Téglise Saint- Vincent et Saint- Fiacre ; le deuxième, qui était accompagné de tonnerre, de pluie et de grêle, a renversé des tuyaux de chemi-nées; le troisième enfin a été marqué par une chute abondante de neige, qui, à midi, n*était pas encone fondue.

Parmi les nombreux brouillards qui se sont produits, on doit citer, à cause de leur densité et de leur dorée prolongée, ceux des 14, 15 et 18 janvier, 17 mars, 7 octobre, 13, 14, 21 et 23 novembre et 1**^ décembre.

Quoique la pluie soit tombée 189 Tois, elle a rarement été torrentielle et continue et n*a produit que 89S"°' d*eau, quantité qui excède peu la moyenne annuelle. Cependant il y a eu des débordements des rivières et autres cours d*eau les 7 et 31 janvier, 27 février, 29 mars et 13 octobre.

Le maximum de séclieresse a été observé le 7 mai ; à cette époque l'hygromètre de Saussure marquait h Textérieur des appartements 30''. La plus grande humidité a eu lieu le 1*' janvier et le 7 décembre; à la première de ces dates, Thygromètre accusait 59^ et à la seconde 60''.

La neige est tombée avec abondance en février, en mars et en décembre. La chute de neige du mois de février n'a pas été restreinte au département de la Meurthe, elle a été beaucoup plus abondante encore dans les départements des Vosges, du Jura, de Tlsére et des Pyrénées, et, chose phénoménale, il a neigé à Rome, à Alger et à Malaga.

Le 26 février et les 2S et 26 décembre, il est survenu des dégels subits accompagnés d*une grande pluie; la glace et la neige ont été fondues rapidement et le dégel du mois de décembre a occasionné, le 27, un débordement très-étendu des cours d*eau.

Dans son numéro du 39 janvier 1860, le Journal de la Meurlhe et de» Vosges fait mention d*un météore igné observé à Haroué, le 20 de ce mois, vers 3 heures du matin. Ce météore 8*est traduit par une lumière tellement scintillante qu*on aurait pu lire aussi facilement que pen* (lant un beau jour d'été ; la durée du phénomène a été de 7 à 8 minutes ; il a été vu à Lorquin par M. le docteur iMarchal et à Logelbach, près Golmar, par M. Hirn, à 4 heures trois quarts du matin et il a été accompagné, en ce dernier lieu, d*une détonation sourde comme un coup de tonnerre ; M. Hirn pense que la vive lumière dont il est question était projetée par un bolide d*unc dimension peu ordinaire.

Faits divers.

Mars 31. Passage des bécasses, arrivée des hirondelles.

Avril — Pendant les 3 ou 4 jours qui ont pré-

cédé Pâques, la douceur de la température à itnprimé du mouvement à la végétation et à cette époque il y avait des abricotiers en fleurs.

— 12. On sème Tavoine.

— 20. Le rossignol se fait entendre.

— 27. On aperçoit depuis peu de jours, quel-

ques feuilles sur les arbres des promenades.

Mai 3. Florajson des pruniers précoces et jdes

cerisiers^ -^ 3. Deux jours de chaleur et une pluie

douce ont métamorphosé les promenades, dont les arbres presque nus jusqu*aIors sont couverts de feuilles.

Pendant les nuits des 5, 6 et 7, il a gelé à glace à la campagne ; plusieurs vignobles ont souffert.

*^ 6. Floraison des marronniers.

— 14. Les pommiers et les poiriers sont en

fleurs.

— 30. Depuis Forage du 26, veille de la Pen-

tecôte, le temps s'est refroidi de manière à rendre, pendant quelques jours, du feu nécessaire.

Juin 19. Au soir, une comète a été vue par

M. de Marguerie au camp de Cbàlons et le jour suivant par les élèves de rhétorique du Lycée Napoléon (1).

— 23. On coupe rherbe & la Pépinière. —

Çolte opération a été terminée dans

(i) Cette comète, visible à Vml un, a été distinguée ficilemeol à Taide d*une lorgnette de spectacle aQ nord-oaest, dans la ooDslella* tioQ do cocher, entre la brillante étoile la chèvre et les gémeaux. Le noyau de cette coatëte était bien déterminé, la quene était dirigée de bas en haut en ligne droite, presque verticalement.

des conditions favorables et a donné un produit abondant.

— 29. Les (illeuis sont en fleurs.

Juillet 1 . Le raisin est en verjus dans les vignes.

— 2. On coupe le froment et Torge. Le blé

est de bonne qualité ; sa quantité est celle d^une année moyenne.

— 6. La surface du soleil est depuis plusieurs

jours envahie par un grand nombre de taches (1).

— 18. L'éiat du ciel a nui à Tobservation de

réclipse de soleil de ce jour. Dés 3 ù 4 heures, moment de la plus grande phase, et à 4 heures 9 minutes, fin du phénomène, des nuages ont masqué Tastre du jour. On a pu cependant remarquer que la diminution de la lumière était beaucoup plus considérable que ne le comportait répaisseur de la nuée.

(1) Ces taches s^étendenl sur deax zones sensiblement parallèles h l'équatear solaire et présentant 10 k 12 groupes contenant près de 60 taches environnées chacune d'une seole pénombre : queiqnes-anes de ces lâches sont elles-mêmes formées de 2 ou 5 autres comprises dans un même pénombre.

M. Chacornac, qui depuis 12 ans enregistre avec le plus grand soin I& configuration et les taches du soleil ne les avait pas encore vo«s eo aussi grand nombre. Cosutos, 6 JuilUi é860, p. /. II 19

— 28Î — I JuiUei 20. On coupe le seigle*

' Septecnb. 7. On ne voit plus d'hirondelles.

— 10. On fauche le regain dont le produit est

presque nul et qui par suite des

pluies continuelles n*a pu être rentré

en totalité.

-— 21 . Cueillette des fruits dont la quantité est

extrêmement considérable; on coD-

' tinue à couper Tavoine; le raisin

mêle dans les vignes.

Octobre 1 5. On arrache les pommes de terre ; à peu

d'exceptions près, elles sont de

bonne qualité.

— 15. On commence la vendange; lerabin

n'est pas mûr et donne im mauvais vin.

— 16. Les feuilles des aitres jaunissent et

tombent.'

— 26. On voit depuis quelques jours voltiger

dans Tatmosphère des filaments blancs de nature organique.

Novembre 6. Les arbres des promenades sont dépouillés de leurs feuilles.

L*hiver de 1859 à 1860 a été très-prolongé et fécood en variations brusques et étendues de la température et de la pression atmosphérique, ainsi qu'en tempêtes et ouragans. En octobre 1859, on a compté 23 jours de gelée au-dessous de zéro et trois tempêtes; en novem*

bre, 15 jours de gelée; en décembre 9i« 8 de neige et 9 de tempêtes; en janvier 1860, 11 jours de gelée, 4 de neige et 6 ouragans; en février, 96 jours de gelée et 3 tempéles ; en mars, 15 jours de gelée et 2 tempêtes ; enfin en avril, 5 jours de gelée et des vents violents du nord-esl.

A Texoeption de deux jours du mois de juin, où la température a été de 35 et de 96 degrés centig., tout le reste de Tannée a été humide et froid. Des savants ont attribué ceUe intempérie aux aurores boréales (orages magnétiques) de Tannée précédente; d*aulres ont pensé qu*elle avait pour cause lai taches nombreuses observées sur le soleil ; pour que cette dernière opinion fut fondée, il aurait fallu que ceUe intempérie régnât sur toutes les partie du globe, or en Russie, Tété a été très-sec, trèschaud et très-proloiigé, le thermomètre y a fréquemment accusé 31 et 39*, à Moscou ; il est monté à 36* et à 40* dans la nouvelle Russie.

La température anormale de la France, en 1860, n'a pas empêché Tabondance de toutes les productions de la terre, mais elle a nui à leur maturité» surtout à celle du raisin et de Tavoine qui n'a pu être coupée en temps opportun et dont une partie a été détruite par la pourriture.

La population de Nancy et de son arrondissement n*a été affligée par aucune épidémie ; les maladies sporadiques ont été moins nombreuses que de coutume. En janvier, on a observé des bronchites et des diarrhées, en

-■ 28* mars, des fièvres intermittentes quotidiennes ei tierces et des angines coucnneuses peu graves; pendant les quinze derniers jours de juin et la première quinzaine de juillet, les fièvres intermittentes, les névralgies faeiales, le rhumatisme articulaire aigu, les bronchites et la pneumonie ont clé fréquents, La fin de juillet a été marquée par une diarrhée dysentérique ; en août, la fièvre typhoïde a sévi sur un certain nombre d*habitants de la 5* section et des fauboui^s Saint- Jean et Saint-Stanislas ; eette fièvre, sous forme muqueuse atteignait de préférence les adolescents des deux sexes ; elle a fait peu de victimes et a cessé vers le 13 septembre. Enfin, dans le cours du mois de novembre, les angines couenneuses ont reparu, mais avec un caractère de gravité beaucoup plus prononcé qu'en mars. Les maladies chroniques, plus ou moins influencées par les variations atmosphériques ont suivi leur marche habituelle.

Les registres de Tétat civil confirment le bon état sanitaire de la population, en 1860, car ils font connakre que le nombre des naissances a excédé de S7 celui des décès. En effet, abstraction faite de 113 enfants mortsnés, il y a eu 1161 naissances, dont 591 du sexe masculin, S70 du sexe féminin ; et 4104 décès, dont 509 du sexe masculin, 595 du sexe féminin.

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