‹ Mémoires de l'Académie de Stanislas (volume 4)Chapitre 90 sur 98 · TRAITEMENT DU PLOMB · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DU PLOMB

Le plomb réduit étant dans un grand état de division, doit être fondu pour se présenter sous forme métallique. Il diffère beaucoup de celui qui Se régénère directement sur Je zinc en présence du sel. Ce dernier est presque im*

possible à fondre ; celui que produit la pile au eonUraire se réduit racilement en lingots. Pour cela, après Tavoir retiré de Teau et pressé rapidement dans un sac de toile, on le foule dans un creuset dont le fond est garni d*une couche de charbon *en poudre, on le couvre d*une pareille couche et on le porte au rouge pendant 10 à 15 minutes, quand le creuset est refroidi on trouve le plomb réuni en un lingot au scio du charbon ; cependant comme il adhère quelquefois assez fortement au creuset il est préférable de le couler dès qu*il n'est plus rouge. On sépare au moyen de Teau les grenailles qui restent dans le charbon et qui ne se sont point réunies. Il est indispensable de le fondre ainsi à labri de Tair et en présence du charbon, car il 8*oxyderait en partie à cause de son extrême division, ce plomb étant très-pur présenterait nécessairement sur le plomb ordinaire des avantages pour la fabrication des émaux fins, du flint-glass et pour raffinage de Targent.

Si au lieu de le fondre on Tétale à Tair pendant quel* que temps, en couches minces et humectées, il se transforme en carbonate de protoxyde (céruse), dont il est ensuite bien facile de faire du sulfate en versant dessus un équivalent diacide sulfuriquc. Ce sel, produit de cette manière, ne revient pas à un prix plus élevé que celui que j*ai pris pour base de mes calculs ; on se trouve ainsi ramené à ce point de départ et le plomb ne sert plus que d*intermédiaire.

Je viens de dire que le plomb qui se réduit directe-

ment sur le zinc est à peu près infusible ; en e&t, tandis que celui qui se produit dans la pile se fond tres-CMsIement au chalumeau sur un charbon, Tautre donne à peine dans les mêmes circonstances quelques globules imperceptibles de plomb, et une masse qui parait formée d oxyehiorure de plomb et de zinc, car Tacide sulfurique en dégage du chlore. Pour fondre ce plomb qui se réduit sur le zinct il fSeiut préalablemei^ le faire digérer pendant quelque temps dans de Tacide sulfurique étendu d*eau, puis le laver, alors il se fond aussi facilement que Tautre. Oo peut, par ce moyen, retirer tout le plomb qui se rédoit par endosmos sur le zinc ; h proportion en est du reste fort petite et pourrait même être négligée ; seulement comme il &ut quelquefois nettoyer le zinc des étéments en le grattant, on possède un procédé fort simple pour déterminer la quantité de plomb que peut contenir la crasse que Ton en détache.

II arrive souvent quand le zinc a fourni tout son équivalent de courant, qu*il conserve sa forme et parait encore bon ; mais si on le presse enu^ les doigts, il se brise et s*éorase sans peine, ce n est plus qu*une sorte de squelette d*ozyde ; on pourrait croire qu'il contient beaucoup de plomb, tandis qu*il en renferme rédlement fort peu comme il est facile de le reconnalure par le moyen que je viens d'indiquer.

Le (domb rédoit par cette pile peut encore recevoir d*auu^ applications sans exiger d*être fondu, il convient parfaitement pour reformer YacéUUe de pbmb

dont les fabricants de toiles peintes font usage et atii* quels on restituerait ainsi un produit utile au lieu du sul&te qu*ils rejettent.

coNausioif.

En résumé, Tennploi de ce sel associé au chlorure de sodium, donne naissance à un courant électrique, con* stant pendant fort bngtemps ; on en obtient des produits secondaires qui peuvent être retirés et utilisés pour peu qu'on veuille en prendre la peine et au ipoyen de inanîpulations fort simples qui peuvem être abandonnées aux personnes les moins expérimentées. La dépense de combustible pour le traitement des résidus est très-faible, le plomb étant un des métaux qui fond le plus &cilement, et pouvant même être utilisé sans cette dépense. La transformation du sulfate de soude hydraté en sulfate anhydre se faisant k une température qui ne dépasse guère 35 degrés, ne peut être bien dispendieuse et n*est d'ailleurs pas toujours nécessaire.

Enfin, rinsolubilité presqu'absolue du sulfate de plomb dans Teau rend faciles et promptes les manipulations qu'il nécessite et permet de recueillir les moindres traces de ce sel qui, se rassemblant au fond de Teau, s'en sépare aisément, ce qui n'a pas lieu pour le sulfate de cuivre qui se perd dans les eaux de lavages toujours trop peu chargées pour être utilisées. Enfin, le plomb n'adhérant pas aux cathodes des éléments, ceux-ci servent indéfiniment.

Tout me fait donc penser que si celle pile était ero* ployéc en grand, elle pourrait donner naissance h des courants suffisants, pour être appliqués aux rootean construits avec de gros flls et donnerait des produits secondaires qui dépasseraient la valeur des produits primitifs.

L*expérience m*a prouvé qu*elle est propre également à la galvanoplastie, à la dorure et à Targenture électriques, pourvu que Ton tienne compte des principes que j'ai exposés relativement h son intensité.

Il n*est pas douteux qu'elle conviendrait aussi pour la télégraphie, h moins qu'on ne redoutât l'embarras qu'occasionnerait un nombre d'éléments plus considé*rable que dans la pile de Daniell.

Mais c'est surtout dans riiorlogerie électrique à laquelle je l'ai appliquée depuis prés de trois ans consécutifs, que j'en ai obtenu les meilleurs résultats, à cause de sa longue durée, de sa consumée et de son bon marché,

SUR

L'ISOHORFHISME DU BISMUTH

ATIG

L'ANTIMOINE ET L'ARSENIC Par m. J. NICKLÉS.

L'îodure de bismuth l'Bt que je viens d'obtenir direclement à Tétat cristallisé, possède la même forme que riodure d*antimoine et celui d*arsenic dont j'ai reconnu risomorphisme Tannée dernière (Comptes rendus. Avril 4859(1).) de même que ces iodures, il dérive d*un prisme à base d'hexagone surmonté d'une double pyramide tronquée à chaque extrémité par une face terminale qui prend d'habitude une telle extension, que le cristal affecte la forme d'une table à six pans ; toutefois les facettes de la pyramide ne disparaissent jamais en entier; celles qui subsistent coupent la face terminale sous un angle de 120 degrés ; quant aux deux pyramides, elles se rencon* trent sous un angle de iZZ^^fi^.

Il ne possède pas, au même degré, la tendance à l'hémiédrie de Tiodure d'arsenic, à en juger du moins

(1) Compl. rend, des Séances de TÂcad. des Sciences. T. XL VIII, p. 837 et Mém. de TAcad. de Stanisl., 1859, p. 45i.

par les cristaux qui ont fait lobjet de ces recherches, mais les incidences sont presque identiques k celles de PAsetdel'Sb.

Avec les iodures alcalins il forme des composés dou- Jl>les en cristaux rouges de même que Tiodure d'antimoine; ces cristaux dérivent d'un prisme rhomboîdal tout comme le bromo-bismulhale dont j'ai parlé Tannée dernière et dont la coloration rappelle le nitrate d'urane.

Leur formule générale est X'M-f-'XN+5H0.

dans laquelle :

M = BtouS6. (1) N = K, Na ou km.

X = C/,fi?ot4L

Semblables par la composition, les propriétés et les fonctions, identiques enfin par la forme cristalline, les iodures de bismuth, d'antimoine et d'arsenic réunissent tous les caractères de corps véritablement isomorphes; leurs radicaux cristallisent d'ailleurs en rhomboèdres de même valeur ainsi que l'a reconnu M. G. Rose, et j'ai fait voir, de mon côté, que plus d'une analogie rattache entre eux les bromures correspondants.

(i) Depais eelte époque, j*ai fait connaître une série d*aaires combinaisons da même ordre mais appartenant a des types différents. II ne pourra en être question ici, que dans les Tolomes de l'année prochaine (en attendant Toy. Comptée rendu» cfes Uomee» de t Académie dei Sdenceê. T. LI, p. 1007 et Joum. de Phann. T. XXXIX, p. 116.

Voilà done de nouveaux moti& pour ranger le bismuth dans le groupe de Tazote, où il se relie à ce métalloïde par rantimoine, Tarsenic et le phosphore, qui sont les échelons intermédiaires. Il y a d'autant moins à hésiter à cet égard que déjà M. Dumas Ta rattaché à ce groupe par des considérations tirées des équivalents de ces corps.

J*ai préparé Tiodure de bismuth en faisant arriver de la vapeur diode sur un mélange chaud, formé de sable et de bismuth en poudre; Topération a été faite au fond d*un tube placé sur une grille à combustion. Les cristaux sont d un beau noir et d*un éclat remarquable ; ils sont solubles dans Tacide chlorhydrique et les alcalis caustiques, conformément aux observations de M. Schneider; faites avec un iodure préparé avec le sulfure de bismuth et Tiode; mais ces dissolvants Taltérent profondément. L'eau, le sulfure de carbone, Téther, Talcool et Valcool amylique sont sans action ; cependant ces derniers acquièrent la propriété de le dissoudre lorsqu'ils contiennent du bromure d'arsenic, et si, à une dissolulion pareille on ajoute de l'iode, elle est promptement décolorée par l'agitation avec du bismuth en poudre. Chauffé dans un tube ouvert, l'iodure de bismuth ne fond pas comme les deux autres; il se décompose partiellement en abandonnant un peu d*iode et un oxy-* iodure d'un rouge orangé.

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