EN 1851 ET
FAB M. 9MiOWD SIMOHIV,
SICftBTAlU PBRPÉTUBI..
Messieurs,
Le 6 septembre 1850, P Académie, nommée par Stanislas Société royale des sciences lettres et arts, terminait ses travaux d^un siècle entier par une séanee soltn nelle honorée de la présence des hauts fon^bnnaîrM, des membres du congrès scientifique de France, et destinée surtout à Texpositionde Thistoire delà Société.
L^Aflftdémie a voulu «qu^aujourd^hui qi^ielquea pagiss
fussent ajoalées à celte histoire, et nous coDforinant à ce déstr, nous exposerons rapidement ies faits principaux qui appartiennent aux deux années qui viennent de s^écouler. De ces faits, les ans pourront compléter le récîl de la yie de la Société, pendant le siècle qui a fini en 1850, et les autres tous initieront à son présent et à ses espérances d^avenir.
Depuis la séance séculaire dont la date yieni d^étre rappelée, TAcadémie a perdu un bien grand nombre de ses membres. Plusieurs d^entre eux étaient presque les contemporains de sa fondation. Après avoir été berc^fian récit des traditions lorraines, ils devinrent plus tard les enfants dévoués de la France, et ils furent les inteimédiaires véritables entre cet ordre de choses prolongé encore par Stahislas mais dont François III, quittant * Nancy pour Florence, était la dernière expression réelle, et celui qui, aujourd'hui, réunit Jiorrains «t Français, par les liens d^une indissoluble nationalité.
H. Alexandrb de Ha<.dat du lts était Tun de ces hommes qui, respectant et honorant toujours leur origine, coQsacrentà leur nouvelle famille leq^u/STection et les utiles résultats de leurs travaux. L'Académie, comprenant que rhommage à rendre à H. de Haldat ne pouvait se tracejr en quelques lignes, a voulu qu'une apprécialipi|i spéciale lui fut présentée, aussi n'â^ciperons-nous qu'en un seul point sur l'éloge futiur. Au moment où^ popr.la première fois, nous rempthsons, pubfiqnement^, les fonctions de secrétaire perpétuel ,
yn nous vooloiis offrir le jHste (ribut 4e ta reconaaissance de notre Société à celui qui^ pendant plus de cinquante aanées, a exercé ces fondions avec tant de distinction. Kous ayons déjà rappelé le zélé du chevalier de Soli- GKACj secrétaire de Stanislas, nommé par lui secrétaire pei^ëCuel, dés la formation de la Société, et les efforts de M. Pisau db Sivrt, appelé â lui saccéder par la Yolonté de Lonis XY et entrant, Tun des premiers, par des trayanx encore aujourd'hui estimés, dans la voie féconde de ces études qui développées,, de nos jours, d*uiie manttee merveilleuse, ont permis à la géologie de s^élever â .Fétat d'une science complète, à Tégal de TastFonomie. M* n£ Haldat, lors de la dernière séance pnblique^ signalait Thonorable caractère de son prédécesseur BL GosTER ; H énumérait ses travaux en vue du bien public, et les suites heureuses de son dévouement (our sauver du pillage les riches conecllons dont TAcadémie avait la garde. Me partagez-vous pas, Messieurs, noire conviction que M, ns Haldat, pjir son zèle, ses efforts, ses nombreux et importants travaux et son ardente sdHicitude pour Thonneur de TAcadémie, a i>éutti'les divers genres de mérite qui ont élevé si haut, dans Pestime publique, ses trois honorables devanciers. Le dernier acte officiel de Bf . db Haldat a été Texpression des prdbnds regrets éprouvés par PAcadémie, lortfde la mort de M* François db Yillbiieuvb, marquis deTaAifd, correspondant de Tlnstilut, frappé au mo-^ il composait un duvrage important sur la ce-
vin
lébre maison de Guise. Heureusement pour les lettres, M. DE Traivs n^avait pas attendu la fin de sa carrière pour la publication de plusieurs de ses consciencieux travaux. Déjà avaient paru : Thistoirc du bon roi René, celle de Saint Louis, et un travail sur les tombeaux des grands maîtres de Tordre de Saint<Jeao de Jérusalem, dont Hélion de Villeneuve avait été Tun des plus illustres. L'Académie venait, à peine, de se séparer de M. DB Trans, qu^elle perdait son frère jumeau, M. Alban DE YiLLENEUVB BABGEwoiTr, Tuu des Préfets de la Meurtbe qui ont laissé les plus profonds et les plus honorables souvenirs, et qui, en entrant à Tlnstitut dont ses remarquables travaux en économie politique lui avaient aussi ouvert les portes, ne cessa jamais de donner à notre Compagnie les témoignages du plus vif intérêt.
Nous rappelions , en 1850, les services rendus à FAcadémie par M. Pierre de Sivbt, et nous avions alors le' bonheur de compter sa fille parmi nos correspondants résidants, mais, paguére, les liens qui unissaient M"^* de Vannoz à la Société ont été rompus. L^Académie, qui n^'ajant pu acquitter sa dette de reconnaissance lors de la mort de son ancien secrétaire, décédé dans le duché de Deux-Ponts, désirait pouvoir rendre honneur à sa mémoire, en offrant aussi à celle de 91°^* de Yannoz des hommages bien mérités, a été arrêtée par la modestie de sa famille. Si aujourd'hui, encore, nous nous conformons à cette pensée, nous avons la certitude que la mémoire de M">* de Yannoz n^arien â redouter de notre
silence, car les œuvres qu'elle a publiées et son esprit allié à UQC remarquable bonté sont présents au souveoir de tous.
En enleTant aussi^ il y a quelques jours, M. ds Sivbv, frère de M.^^ de Vannoz, la mort a frappé le dernier Lorrain. Né en 1762, M. db Siybt, conseiller au parlement, se yU forcé, par sa santé, de décliner Tbonneur de siéger à la cour d^appel, lors de son institution, et ne crut pas, en 180)^ pouvoir reprendre à TAcadémie la place qu^il y occupait avant la révolution. Grâce à sa prudence, BI« de Sivet a vu, avec étonnemeot, passer encore plus d^un demi-siécle, mais son intimité seule a joui de sa conversation charmante et de Tesprit brillant qui le distinguait comme tous les membres de sa Êimille.
Presque au même moment où M. de Haldat était enlevé à la science, nous perdions trois autres confrères paiement docteurs en médecine: MM. Bonfils père, IiEDEBT et hàMOf!KB!G%, akié. Âu premier revient le mérite d^avoir organisé le traitement de Taliénation à Fasile de Maréville et d^avoir institué des cours spéciaux i la maison départementale de secours* Le second a marqué sa place élevée dans la science, par de trèsremarquâtes travaux sur Tanatomie de Tencéphale, sur la physiologie, et surtout parrintroduclion du traitement moral dans la thérapeutique de Taliénation mentale. Quant à M. Lamoubeux, naturaliste distingué, hcllénîsie i^rofond, lors que la langue grecque ne possédait
qu^un Iréfi-petU nombre d interprètes, H a , pendant bien des années, concouru à soutenir à Nancy tes bonnes éludes dans les lettres et dans les sciences, soit dans sa chaire â la fadilté des lettres, établie momentanément dans notre cité, soit dans Fenseignanent de l'histoire naturelle à TEcole forestière.
L^ Académie a perdu encore dans fa classe des menAres correspondants, M. Sfitz, ancien inspecteur d^Académie ; M« Collabd, qui, avant son entrée dans la magisf ra* ture, avait imprimé une impulsion & la science, par ses recherches sur des questions de physiologie jBi« le mavquis DE Pange, ancien membre titulaire ; M. Laih, de Gaen, si connu par son zèle pour tes progrès ée PagricuHure; M. HcaiBEaT, professeur des langues orientales à Genève, et dont l'un des mérites est d^avoir isieiliM Tétude de la langue arabe ; M. le baron de Sylvestre, membre de Plnstitut; et Bf . Gabriel RôLm, hal»ile nu*^ mismate. La mort de M* de GâBAuni a été récemment, à Paris, Toccasion d'aune sérieuse manifestation qui a confirmé ta valeur des publications de notre compatriote sur renseignement de la musique vocale. La dernière perte éprouvée par PAcadémie est celle de M. le comte Charles du Coetlosquet qui venait à pein^de trans* mettre de Jérusalem à sa famille les touchantes expressions de la foi la plus vive, lorsqu- il s^est caucbéy pour toujours, sur la montagne de Sîon, dans son manteau de pèlerin.
Après la triste éaumération des membres de PAc»-
demie qui ont succombé, nous ierùùs^ Hessieors, ^ov» tiare connaître les nottreaox membres nationaux et étrangers qui ont élé désignés à ses suffrages par leurs trayaux dans les sciences, dans les lettres et dans les arts. La firésence de plusieurs de ces nobyeaux confrères ne permet point, id, la libre et complète exprèssion éte notre pensée, mais yotre propre appréciation suppléera à nos réticences; ,
M. Mbaithb, professeur de légistation à PEcole impériale forestière, quittant an instant ses publications sur le droit, a donné à TAcadémie des recbevches sur la femille des célèbres artistes, Claude Henriet, braél Hènriet, Israël' ^lyestre, représentée, encore aujourd'hui, par le fils 4e M* m Stlybstsb dont nous indiquions, iln^j a qa'iitt moment, la perte, et pour sujet de son discours de réceptîcHi, il a choisi la vie et les œuvres de CaHot. La pnfaiication de ce dernier travail dans les mémoires de rAcadémie n'a pas permis sa lecture en séance publique, et le regret que nous en exprimons- doit, aussi, s'appiiquer^u discours lu dans Tune de nos réunions particulières, par H. le comte de Warren, qui a donné la biographie de Victor Jacquemont, qu'il pouvait si Uen appiéeier»
Dans nn instant. H* Gvillbiiin, Recteur de FAcadé* piiè d^artemeatale, auquel Tbistoire doit un ouvrage complet snr le cardinal de Lorraine, vous entretiendra de la nécessité d'élargir le cadre de l'histoire ancienne, et SI* Pahllart, premier Président honoraire de la Cour
d^appel, ajoutera m% divers diaconrs quMI a prononça, reloge d*an académciea donl le nom. est vénéré parmi nous^lL BaBflSQN, mort conseiller à la Cour de cassation.
Plus tard. Messieurs, nos autres confrères vous exposeront une partie des résultats de leurs études spéciales, mais en attendant l'époque des séances officielles, FAcadémia a reçu d^eux la communication, de divers travaux. M. HoRBT, grand prix de TEcole de France & Aome, a fiiU hommj^e de Tune de ses œuvres sérieuses, en présentant un travail archéologique et architectonique sur la charpente sculptée, peinte et dorée de la cathédrale de Messine. M. Tabbé Marchal a rectifié plusieurs des allégati(ms consignées dans les relations d^^la bataille de IVancy, et a exposé de» faits nouveaux relatif à cet évé^ nement européen. M. Alexandre nn Metz^Noblat s^est fait précéder à TAcadémie des deux volumes où se trouve exposée Tanaljse des phénomènes économiques, et M« le baron nn SArar-yiixcsNT a ofiert divers mémoires qui, par la théorie, se rattachent à Téconomie politique, et, par le c6lé pratique, A la moralisatioB immédiate des classes ouvrières.
Un de nos honorables confrères, M. le docteur Pujv- GHON s^est aussi, momentanément, assis au milieu de nous, mais un récent arrêté ministériel a enlevé & rjBcole de médecine de Nancy et A la direction du jardin des plantes le savant professeur, en le chargeanide siippléer dans son cours de botanique le Doyen de la faculté des sciences de Montpdliert Le trop court passage
xni
d& M. Plancboh, dont nous regreUoiM de ne pouvoir
iadHioer les titrée sefeotifiques nombreax et Tariée, a
èiè^tout^ie, marqué à rAcadénûe par on traTail, pobKé
dniB nos mémoires, sur lee iniloTegeeiiceeépiphjnes d'âne
aoaTelle espéee ^Brythroehiiim.
Un certain Bombre de membres correspondants ont été désignés à TAeedémie par la spécialité de leor» travaux. Ont pris place dans ses rangs : M. Tabbé Bar- THÉtEHV DB Bbaubegabb, dont le travail principal est Ttin des traitée complets qui existent snr ta vie de Jeanne Darc ; M. Athanase Rbrabd qoi a cboisi cette héroïne Imraine pour sujet d'^an drame historique, et M« Tabbé (^apu, auteur d'une vie do bienheureux Pierre Fourrier qui, dana le mouvement intellectuel lorrain, a tenu la place que Saint-Yincent-de-Paul devmt, vingt ans plus tard, occuper en France.
M. Noujn-FABnT et BL Georges BouLAiiofc, ingémeor des ponta et chaussés, ont produit des œuvres relatives à notre ancienne natienalilé. Le travail de M. IloLLBT, intitulé la Lorraine KilUaire, prouve qoela services la France a retirés du patriotisme des départements qui furent la Lorraine, et H. Georges Boin.ANGé a, par ses savantes recherches numismatiqnes et ar* chéologiques, apporté un jour nouveau sur plusieurs parties de Thistoire de notre contrée et des anciennes priadpautés voisines.
A èôté des historiens et des archéologues qui viennent d*étre nommés, nous devons encore citer : M. le doc-
teur BIoREL, auteur d'un ouyrage impottafnt sur Talié— nation mentale ; M. d ^Arbois db JrBAtNvaLB) élève de l'Ecole des Chartes, archéologue érudit qui a offert â TAcadémie de remarquables travaux dans lesquels la science du légiste est venue apporter un secours puissant à celle de n»tstorien ; M. Gharpillbt, auteur de mémoires sur Téconomie politique, et M. Lucien Coûtant, président zélé de la société de splaragistique, à qui sont dues les fouilles opérées à Landunum.
L^Académie n^a point négligé d'associer à ses travaux les hommes qui,^ à des points de vue di&Srénts, représentent les arts dans notre cité, et elle a considéré comme des titres académiques sérieux: Te livre sur Porgue, œuvre à la fois scientifique et artistique de Bf* Joseph Régnier, déjà connu par sa chronique d^Bin8idlem,Ies remarquables paysages de M. le comte de Saikt-Gerhain et les charmantes aquarelles de M. Alexandre Gény.
Pour clore la liste des correspondants français, il ne nous reste plus â citer qu^un seul nom qui dispense de tout commentaire, cVst celui de H. Flourbns, secrétaire perpétuel de FAcadémie des sciences et membre de TAcadémie française.
Un mot nous reste â dire, Messieurs, sur les savants étrangers auxquels TAcadémie a conféré le titre de membre correspondant. En nommant M. le docteur Bertini, fondateur de TAcadémie de médecine de Turin et auteur de travaux sérieux sur le crétinisme, elle a
ren^rré les liens formés lors da congrâs sdentffîqoe dont M« ' Bbetisi fut Ton des yice-prësidenU. Bile a accoeilli la demande de M* db u Bidaet de Thomiidb,^ fondée sur des publications relatives à la jurisprudence belge. Bllie a enrield sa liste du nom de M. le professeur Kabstbh, secrétaire delà Société des sciences physiques de Berlin et qui, chaque année, rend le service de résumer tous les travaux qui ont paru en physique, et elle a prononcé, il y a quelques jours, Tadmission de M» &ECTBB, botaniste distingué, successeur du célèbre de GandoUe dans la direction du x^din botanique de GenéTe.
Dons devons. Messieurs, nous arrêter devant Tanalyse des nombreux travaux qui ont été présentés lors de nos réunions ; ces travaux seront publiés, et leur appréciation dans un compte rendu spécial reste, comme par le passé, confiée .au zèle de M. Auguste Digot, notre honorable secrétaire.