QUELQUES MOTS
sua ISS
INFLORESCENCES ÉPIPHYLLES
A l'occasion d'une espèce nouvelle
WERYTHROCHITON,
PAa J..E. PLAVCBOV.
EaTTHROCUiTON hypopby liant hus, Planch. et Lind. Flore de Colombie inéd.. — Foliis (fk)rîferis) unifoliolatigy cum petiolo i — 1 1/2 pollicari nodoso-articulatis anguste cnnealo-oblengis 1—11/2 pedalibus glaber- FÎmis obtuse acuminatis margine întegro irregulariter répandis, cymis paueifloris abbreTÎatis e costà medià subtûs Tersûs quartam-sextam^ partem superiorem laminaa eoatis, staminibus fertilibus 2 (an* semper?) slerilibus 5 lîguliformibus.
Hab. Nouyelle-Grenade, province d^OcaSa, à Perico Quebradas ; Sehlim. n^ 544. Mai 1849 (en fieur).
Fleurs d^un blanc pur, roses en dehors : Sehlim^
Folia slerilia floriferis similia; haec ultima illa Ery^ throchitonis brasiliensis referentia, costâ medià subiùs infrà infhrescentiam muUo magis quam suprà pro»
mmente, e nervo medio peduneuloçue inier se concreiis constante, nervis secundariU utrmque 15 — 35, « corpore Ugneo netvi tneéUi necutio modo peduncuU orientibus, yenîs reticolatis.
Bractea ad basim cymie yalde abbrevialae nnica (?), lioearis, 1 1/2 — 2 pollîcaris, sessilis, decidua. Ramali cjms 2 — 4, ad exlremum S lin. longi, alii nunc nodiformes, omnes ob lapsam pedicelloram plenimque cicatricosî, dcalricibus bracteolà nullà stipalis. Pedicelli semi-pollicares, com racbi articalati, ebracteolali, soperné \n calycem eis subaeqailoDgum seDsim ampliati. Caljx spalhaceus, primum dausus, mox ab apice infirà médium 5 — fidus (reYerà tamen pentamerus), lacinits seftlivatione TalTalis. Petala 5, unguibus ioler se concrela, lamiois obovalo-oblongis, postico caeleris paall6 minore. Slamioa 5, unguibus inler se conorela, laminis obovalo*obIoDgîs, poslicà (?) csteris pauUè minore. Stamina 5, pelalis alterna eorumque tubo fere loiigi' tttdine lotâ filamenlorum conglutinaia, slerilia 3 (antica?) in ligulas lineares pelalis cirdter œquilongas prododa, ferlilia 2, parte fiiamenti libéra brevi triangularidilatatày anlheris basîfixis, oblongo-Iinearibus, mulids, conneclivo
non conspicuo, loculis 2, intûs rima longitudinal! défaiscenlîbus. Discus faypogynus urceolalo-tobulosus, ovaria plane indudens. Ovaria 5, approximata, libéra, uniiocalaria, ovulis ad angulum ceatralem 2, subcollaleraliter appensis (nec altero pendulo, altero adscendente, ut apud Erytrach* brasiliensem dcscribunlur). Styli a basi feré
imà kl uoum coocreti, stigmate capitetlato, 5 — labo* Fructus*...
Obsbry. I. Oo a jusqu'ici décrit les fleurs de VErythrO" ehiion brasiliemis comme pourvues de cinq étamioes égales et fertiles. Ce caractère n'est pas constant : en effet, sur deux exemplaires de celte espèce recueillis, Tua parGuiU lemin, près de Tocoia, Taulre par Blanchet, près de Bahia (n° S592, coll. Blanch.}. nous avons vu tantôt cinq étamines fertiles, tantôt quatre^ seulement, la cinquième s'étant transformée en une longue languette, analogue en tout à celles qui nous ont paru remplacer d'ordinaire trois des ëiamiues de VErythrochiton ici décrit. Tous les points de structure étant d'ailleurs strictement semblables entre les deux plantes, le nombre plus ou moins grand d'étamines 8iérilifiée$y ne saurait évidemment justifier la séparation de ces espèces en deux genres différents.
Observ. II. Déjà remarquable comme plante ornementale, le nouvel lirythrochiton se recommande surtout par le caractère exceptionnel de l'inflorescence. Qu'on se figure, bien au-dessus du milieu de la face inférieure (!) d'une feuille, une courte cyme florale naissant brusquement d'une grosse côte médiane ; voilà quelle est cette inflorescence, véritablement htfpophylle. Comment expliquer d'après les idées courantes cette singulière anomalie ? luvoquera-t-on les exemples connus du Tilleul, de VHelwingia, du Dulongia {i)t toutes plantes chez lesquelles les fleurs
(l)Chez le Polycardia, s'il faut en croire les descriptions, les fleurs naissent dans Téchancrurc terminale de la feuille, apparemment de l'exlrèmiié même de la nervure médiane. Ce. serait
naissent en apparence de la cète médiane d'une faille eu d'une bractée? Mais» dans tous ces cas, rinAorescenct occupe la face supérwure de l'organe foliaire, et rien n'est plus simple que de supposer la soudure d^un axe fforifère (pédoncule axilbîre), avec le pétiole et la nervure moyenne de cet organe, hypothèse naturellement admise par tons ceux qui refusent aux appendices la faculté d'être normalement prolifôreSy c'est-à-dire, de produire eux-mêmes directement d'autres appendices ou des axes. Ici pourtant, deux difficultés assea graves contrarient cette commode supposition. D'une part, les fleurs naissant de la face infé* Heure de la feuille, pour qu'il y eût soudure d'un pédon* cule avec la nervure médiane, il faudrait que ce pédoncule procédât, non de raisselle de la feuille, mais du dessous même de son pétiole. D'autre part^la feuille en question étant formée d'une foliole articulée avec le court pétiole qui la supporte, il faudrait supposer au pédoncule une articulation distincte, sur le point même où la feuille est articulée. Voyons si l'anatomie d^une part et Tanalogie de Taotre, justifient ou non ces explications.
Et d'abord, un fait qui frappe au premier coup-d'œil c'est le brusque amincissement de la côte médiane, audessus du point d'insertion de l'inflorescence. Une coupe de cette portion mince de la cête y décèle. un seul étui de fibres ligneuses, autour d'une moelle centrale. Si l'on coupe, au contraire, la côte moyenne, sur un point quelconque entre l'origine de rinflorescence et le tiers inférieur de la
donc une infloresceace acraphyUe^ au lieu d'épipfaylle ou d'hypopbylle.
feoille, on voit le tissu ligneux de celle c6ie formé de déUx étuis bien distincts^ l'un supérieur^ répenéani à la nervure fropremenl dite et produisant exclusivement toute lachar^ pente fibro^vaseulaire de la feuiUe^ Vautre inférieur, à fibres parallèies, et 91»'. toujours séparé du tiâsu ligneuit de la nervure, s'en éloigne brusquement pour former te portion libre de l'inflorescence. Plus bas, il est vrai» dans le tiers inférieur de la feuille et siir presque toute la longueur du pétiole, les deux corps ligneux en question, au lien de former chacun un étui pourvu de sa moelle ei de ses rayons méduUaîreSy ne constituent plus que deux gonuières ou demi-étttis> simulant par leur accolement bord à bord un seul éiui ligneux, autour d'une seule colonne de moelle (résultant elle-roéme de la fusion des moelles de chaque élément ligneux). En somme, pourtant, le système fibro^ vasculaire de la feuille (appendice), et celui de FinfloreS'cerne (axe florifère), partout rapprochés, et nulle pari confondus, ont l'un et l'autre leur origine dans le rameau: mais, à l'inverse de la loi commune, cet axe florifère est inférieur par rapport à V appendice (feuille) avec lequel il est normakmeni et congénialement soudé (4 ).
(1) Sur la bractée florifère des Tilia, entre le sommet du pétiole et le point où le pédoncule floral devient libre, la côte médiane se compose de trois étuis ligneux parallèles, mais parfiritement distincts et dépourvus entre eux de toute connexion filuKHvascida^e : nn étui central répondant au pédoncule etdireo* tement continn à celui du pétide, puis deux latéraux plus petits, produisant par leur côté externe les nervures de la bractée, et naissant du premier au sommet du pétiole, si bien qu*il y a dans ce dernier organe fusion anatomiqne des éléments pétiolaires proprement dits et de ceux du pédoncule.
AdresscMis-aous mainieDant à Tanalogie, en ëtndiant l'in^ floresceoce de VErythrochiton broêiliensis. Ici les pédoncules floraox» toat à fait distincts des feuilles, ne sont poartaiit pas axîilaires, mais semblent plutôt tenir rang dans la spire multiple et compliquée des feuilles, caractère qui joint à leur forme anguleuse et même étroitement bimarginée, pourrait les faire comparer dès l'abord à la feuille florifère de VErythrochiton hypopkyllanthuSj qu'on supposerait réduite presque à la côte médiane, par avortement du limbe. Ce ne serait là pourtant qu'un rap<* procfaement inexact : car tandis que les feuilles florifères en question s'unissent à leur pétiole par un renflement articulaire, rien d'analogue ne s'observe dans les pëdon" cules continus de VEryihroehiion brasiHefms. fmaginoas, au contraire, que l'un de ces pédoncules contracte ane adhérence accidentelle avec le pétiole et la nervure médiane d'une des feuilles qui lui sont superposées, n'auronsnous pas là reproduit ce qui se passe normalement che2 VErythrochiton hypophyllanthusf Dans cette hypothèse qui nous paraît au moins très-plausible, la feuille florifère de cette dernière espèce serait habituellement adnée par son côté dorsal, non pas avec le pédoncule que la loi d^axHlarité des bourgeons semblerait devoir lui donner pour acolyte, mais au pédoncule dévié de l'aisselle d'une des feuilles qui sont placées au-dessous d'elle. Nul doute que l'observation des feuilles en place (nous n'en avons vu jusqu'ici que de détachées), ne jette du jour sur cette question, l'une des plus curieuses assurément de tous celles, qui se rattachent à la morphologie des axes et des appendices.
OBSERVATIOKS llTfiOROlOfilOUKS