‹ Mémoires de l'Académie de Stanislas (volume 5)Chapitre 45 sur 57 · RÉSUMÉ GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ GÉNÉRAL

Le veut dominant a été le sad*ouest| qai a soufflé lli fois : D'après lear fréquence décroissante, les autres Tents sont venus des divers points de Phorizon, savoir : le nôrd-est 92 fois ; le sud 50; Touest 29; le nord 21; le sud-sud-ouest 16; le nord-ouest 15; le sud-est 14; Test 1 1; le sud-sud-est 4; le nord-nord-esti Poaest-sud ouest et Touest-nord-ouest chacun 5; le nord-nord- ouest 2; Test-nord-est et Test-sud-est chacun i.

Le ciel a été pur 58 fois, presque pur 33, nuageux 361, et couvert 45. Les autres qualités des jours ont été les suivantes : 94 de brouillard; 9 de bruine ; 181 de pluie ; 8 de grêle; 14 de neige; 36 de gelée blauche; 67 de ^clée ; 1 de verglas ; 55 de tonnerre et 50 d'éclairs.

La plus grande élévation du mercure dans le baromètre a été, les 6 et 7 mars, de 751"«,I9

Le plus grand abaissement, le 24 nôvem*bre, de , 7I5'»V>

Hauteur moyenne. • • 736"",25

Le maximum de la ten^pérature a été, le

17 juillet, de -f25M/2

Le minimnin, le l*' janvier, de — &^

Température moyenne du l" trimestre. •+ 5<»25/i00

Du gecond + 9'80/100

Du troisième +15-98/100

Enfin du quatrième + 6«95/i00

Température moyenne de Tannée -|- 8H9/100

. L^bygromètre â Fintérieur a yarié de 42 à 54® ; mais à Textërieur il a marqué 35® le 12 ayril et 62® les 16 janvier, 2 février et 4 novembre.*

Le vent a été violent les 1®' février ; 4 et 5 mars ; 17 mai ; 7 et 17 juillet; 12 août ; 27 octobre; 8, 9 et 27 décembre*

n y a eu des tempêtes les 5, 9, 11, 12 et 22 janvier; 4, 5, 6, 17, 18, 23 et 24 février; 14 mai ; 14 juin; 15 août ; 50 septembre; 4 et 5 octobre ; 18 novembre; 15 et 17 décembre.

. Les plus remarquables sont celles du 4 février, qui a duré depuis le soir jusqu^au 6 après-midi, moment^oûil est survenu une pluie abondante ; du 15 août, qui a fait tomber beaucoup de fruits, fait du tort aux jardins d^agrément ; enfini du 4 octobre, ouragan qui a commencé à dix heures du soir et qui a duré sans interruption jusqu^an lendemain quatre heures après-midi. La violence du vent a brisé des arbres â Nancy et causé de grands dégâts dans les forêts des Vosges. A Texception de deux 'produites par le vent du nord-est, toutes ces tourmentes aériennes sont venues du sud, du sud-sud-ouest, du sudouest et de Touest.

Il y a eu 181 jours de pluie ; elle a produit 980 millimélreft d^eau. Cette quantité excède la moyemie annuelle de 412»°> et de 213*""' celle de la pluie de Tannée précédente.

Il est tombé de la neige 14 fois, en petite quantité, pendant les cinq premiers mois de Tannée. Elle a se* journé trés-peu de temps sur la terre.

Huit fois la gréle a frappé le territoire de Nancy, où elle a causé peu de dommages, tandis que 30 autres communes du département ont été maltraitées par ce fléau. Yoici leurs noms et Testimation de leurs perles.

Arrondissement de ChàUau^SaUns'.

Ajoncourt 8,939 f.

Aulnois A,767

Domnom • 5,930

Lostroff 1,180

Munster 4,625

Rening 1,400

Arrondissement de LunMUe*

Amenoncourt »... » • 900

Mervîller 702

Pexonille 1,980

Velle^sur-Moselle 23,628

Arrondissement de Nancy. .

. Abaucourt • . . • lS,6dO

Arraye-et-Han • • • . • • 5,813

Boazanville. • 7,765

Lélricoort 5,627

Mailly * 5,535

Parey-Saint-Cézaire 6,500

Tonnoy 18,566

Yandiéres 17,101

Arrondissement de Sarrebourg.

Guntzyiller 557

Louis (Saint) 95

Lutzelbourg 8,500 '

MiUersheim 1 5,701

Arrondissement de Tout.

AboDCourt 1,067

Bruley 7,751

BalKgny 2,590

Charmes*la*C6te • • . • 53,206

Domgermain 52,116

Rosiéres-eiHHaye 9,574

Sjaizerais 5,606

YandelainYiHe 4,016

Total 270,685 f,

Le tonnerre, qui 8*est fait entendre 55 fois, a grondé fortement le 16 novembre, depuis trois heures aprèsmidi jusqu'à cittq ; les éclairs paraissaient d'autant plus

YÎfs que Tépaisseur de la noée interceptait presque entièrement la lumière.

La nature parfois avare de phénomènes lumioettx en a produit plusieurs celte année : le 38 novembre on vit un halo lunaire, accompagné de circonstances remarquables. N^en ayant pas été témoin oculaire, j^en emprunte la description à la Feuille et Annonces et Petites Affiches de lu Meurthô, du samedi 4 décembre I82{3, n« 80.

c A huit heures du soir tous les passant? s^arrètaienl

> dans les rues et principalement sur la place Stannlas^ » pour contempler un phénomène météorolc^qne ex-

> trémement curieux et qui se produit très-rarement

> dans nos contrées. La lune apparaissait sur un fond » blanc de nuages immobiles, qui entouraient son dis- » que d^une espèce d^auréole éclatante de lumière $ de- » vaut ce fond lumineux passajt avec une rapifité ex-

> traordinaire une fumée noire, et par instant siéptisse

> qu'elle obscurcissait Téclal .de la lune. Beaucoup de 9 personnes ne se rendant pas. compte, m premier mo-

> ment, du phénomène qu^elles avaient sous Uft yeux, 9 croyaient voir passer au-dessus de leur tète la famée » d'un vaste incendie, et celte supposition était d^autant » plb^ raisonnable que la funkée n'était pas à plus de trois

> ou quatre cents mètres au-dessus de la terre. » D'après M. Auguste Digot, membre distingué de l'Académie de Stanislas, on voyait encore vers dix heures du soir des nuages d'un gris blanc qui paraissaient fort

légerg et qui élaient lelleHieot rapprochés du sol qu'ils semblaient toucher les chemiaées de npiaisons, d^une élévation médiocre; ils marchaient avec une extrême rapidité du sud-est au nord-ouest.

Le i 9 février, Taiguille aimantée marqua 0 le matin et IS degrés le soir ; une variation aussi étendue annonçait un phénomène magnétique qui ne tarda pas à se produire. A neuf heures et demie du soir, une aurore«boréale se fit remarquer par une lumière pâle ; mais entre onze heures et minuit elle prit la forme d^une gerbe éclatante, qui éclairait tous les objets. A Lorquin, M. le docteur Marchai Tobserva pendant toute la nuit, et je lui dois la description suivante, qu^il accompagne d^un dessin fidèle.

< J^ai observé, dit-il, deux magnifiques aurores-bo- • réaies, Tune le 19 févrieri PautrQ le 11 novembre.

> Celle du 19 février, la plus splendide qu^on puisse voir, » a commencé vers six heures du soir, et a duré toute

> lanpit; elle a été d^autant plus brillante que le temps

> était firoid et qu^il n^y avait pas de clair de lune.

» Toute la partie nord du ciel paraissait vivement » éclairée jusqu^â une assez grande hauteur ; ce n'hélait 9 pas par cette teinte rouge uniforme que projette un

> incendie, mais par une lumière claire, verdàtre, trans^

> parente, comme celle du crépuscule ou de Vaurore.

> Chaque quart d^heure ou chaque vingt minutes, cette » partie éclairée du ciel semblait osciller sur certains

> points, et ensuite se rider; ces rides se changeaient

> promptement en stries verticales et parallèles d'un :> blanc mat, laiteuiL, que je ne puis mieux comparer » qu^à réclat blafard et reflété sous forme de rayons » ternes pendant la nuit en temps de brouillard, de la » lumière d^un vaste foyer ou d^un immense réverbère » qui serait masqué par un corps opaque. Ces stries

> blai)ches, d^abord rares et espacées semblaient bien»

> tèt ae rapprocher, se multiplier et se réunir en fais- » ceaux plus ou moins serrés, dont Téclat et la longueur » variaient et finissaient par présenter Paspect d^unesé-

> rie de lances d^une immense palissade à piliers plus ou » moins rapprochés et serrés ; bientèt ces stries s^éiar^ » girent à leur partie moyenne ou supérieure, se con*

> fondirent , s^illuminérent d^une teinte mine-orange^ » qui devint pourpre et prit ensuite Taspect de nuages » couleur de sang; ces nuages semblaient glisser vers le » nord ; ils s'élargirent, se confondirent et formèrent ui> » vaste cintre rouge plus vif dans certains endroits, plus » pâle dans d^autres, qui semblaient encadrer la partie » éclairée du ciel, et alors les faisceaux blancs ÀvaienI

> disparu, Téclat rouge restait seul, et le phénomène

> pouvait être pris pour le reflet d^un incendie. Après

> Quelques secondes, cette teinte rouge pâlit, s^efiace, » et la clarté du ciel reste seule ; mais peu de temps

> après les stries reparaissent pour s^Uuminer de nou- » veau. Cette succession de phénomènes s^est reproduite » plus de trente fois depuis neuf heures du soir jusqu^è f trois heures du malin. »

La seconde aurore-boréale observée à Lorquin le 11 novembre n^a pas élé vue à Nancy, où a brillé le 18 août un phénomène de ce genre, invisible à Lorquin. Cest à trois heures du matin qu^il a paru. Depuis quelques jours Taiguille magnétique éprouvait une grande variation.

Du 1*' janvier au 32 octobre, celle-ci (Paiguille aimantée) a eu ses plus grandes oscillations en février et en juin ; dans le premier de ces mois elle a varié, le soir, de 4 â 18 degrés, et pendant le second de 0 à 16 le matin. La maladie et le décès de M. le docteur de Haldat ont mis en deuil la science et ses nombreux amis, et laissé incomplètes ses observations, qui lui promettaient des résultats intéressants sur le magnétisme terrestre dans notre localité*

La continuité et Tabondance de la pluie ont fait déborder les rivières le 8 février, le 21 juin et le 17 novembre. Dans cette dernière crue de nos rivières, la Moselle a renversé toutes les constructions exécutées par la compagnie du chemin de fer en amont de Longeville. Les barraques et les outils des ouvriers ont disparu ; les pertes se sont élevées â une somme de plus de cent mille francs. Ces débordements, quoique déplorablesi ont été plus grands encore sur un autre point de notre département, et surtout en Alsace. M. le docteur Marchai rapporte qu^â Lorquin, le 19 août, un orage épouvantable éclata sur cette commune. Le temps avait été pluvieux tout le jour ; à huit heures du soir de nombreux éclairs

ool sitloDiiê les nues, et le tonnerre s'est fait entendre sans interruption; une pluie diluvienne n^a cessé de tomber pendant prés de deux heures, et a fourni 42 millimétrés d^eau. L^eau du ruisseau qui traverse Lorquin a monté à trois métrés au-dessus de son niveau ordinaire ; tous les rez-de-chaussées de la partie basse du village ont été envahis par les eaus, qui se sont élevées dans plusieurs maisons an-dessus deTappui des fenêtres; les jardins, les prairies ont été submergés, et les terrains entraînés. Le courant était tellement impétueux que tous les murs de dôture de jardins à plus de cinquante métrés de chaque c6té du ruisseau ont été démolis ; H. Marchai a vu des pierres d^un gros rolume entraînées par la violence des eaux à plus de. quinze pas de distance ; on a emmené plus de trente voitures de pierres amoncelées par Teau sur le pavé de la rue quMI habite ; une foule d^hommes de corvée y ont travaillé toute une journée. — Par suite de pluies torrentielles, le 19 septembre, le Rhin, à Bàle, a dépassé de 33 centimètres le niveau qu'il avait atteint on 1851. Cette crue a été la plus forte qu^on ait vue depuis trois siècles. Dans les départements du Haut et du Bas-Rhin, ce fleuve a rompu ses digues et submergé les campagnes ; un grand nombre de communes ont été envahies par Teau, des maisons se sont écroulées, et on a en à déplorer la perte de plusieurs personnes. Les dégAts sont incalculables.

Faits divers»

Janvier i<'. La Meorthe est gelée. -* Les cafetierg emplissent leurs glacières : la glace est d^uoe transparence parfoite et d^une épaisseur variant de 8 à 15 eentimétres.

-^ 29. Les lilas oflTrent des boutons prêts à s^ou-

vrir.

Février 10. Depuis plusieurs jours le p^roe neige et

là violette fleurissent*

Mars 7. L^allouette chante.

— 27. Le pinson se fait entendre.

— 28* Quelques hirondelles ont paru.

— 51. Passage des bécasses.

Avril 2. Floraison des abricotiers et des pêchers.

— 5 i Le rossignol module des sons harmonieux. -^ 10. Les marronniers du Lycée commencent à

se feuiller.

•A 15» Les arbres de nos promenades montrent

leurs feuilles.

— 13. Il a gelé pendant la nuit , ce qui a fait

beaucoup de mal aux arbres fruitiers en fleur.

— 16. Les pruniers se couvrent de fleurs.

Mai 5. Les poiriers et les pommiers étalent leurs

corolles.

— 17. Floraison des marronniers et des lilas.

Page 1