cinquième partie de son ouvrage sur le climat de la
Belgique. Cette cinquième partie concerne les pluies,
les grêles et les neiges ; elle renferme les renseignements
les plus précis et les plus exacts sur Teau recueillie (de
1833 à 1850) ; sur les indications de Tinstrument d^Osler
(de 1842 à 1850); sur Tétat du thermomètre^ du baro-^
mètre, des vents et de rélectricité';^ sur Pinflueace de la
période lunaire; les observations faites jusqu^â présent
en Belgique sur la pluie et les inondations; une note sur
les écarts du thermomètre et du baromètre; enfin,
trente-cinq tableaux qui contiennent tous les éléments
et les matériaux de ce travaiL
Chimie^ Les modifications des humeurs animales sous Finfluence des effets morbides, en produisant dés combinaisons qui n^existaient pas dans Tétat normal, ont fixé depuis longtemps rallention des médecins. Parmi ces divers produits, le pus bleu n'^est pas un des moms
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singuliers. M. Bragornot en a isolé, à Taide de Talcoot^ le principe colorant auquel il a reconnu les propriétéft suivantes : il est incristallisable ; du plus beau bleu, avee une légère nuance yerdâtre ; trôs-soluble dans Teau et dans Talcool ; Insoluble dans Tétber; neutre aux papiers réactifs. Exposé â Pair et à la lumière, il verdit peu à peu, en prenant une nuance sale. Les acides les plu& affiiiblis, combinés avec la matière cobrante, la foni passer instantanément au rouge vif ou au rose. Mélangée i une dissolution d^aiun,. la liqueur rouge qui en résulte produit une laque bleue par les carbonates alcalins.. D'^aprôs les propriétés reconnues au principe colorant du pus bleu, H. Bragoniiot croit ne pouvoir mieux le comr parer qu^â certaines matières bleues ou purpurines de ^ corolle dans un grand nombre de plantes. JLamarcfc. regardait ces couleurs comme le produit d^une influence maladive, et ce célèbre naturaliste a cru remarquer dan& l^s fleurs, dés leur naissance, un état morbide quMI a, comparé à la cause produisant les colorations automnales que les feuilles acquièrent un peu avant leur chute. Pfous devons à M. Blonolot une analyse de feau salée 4e Rosières, et à M. Paul Laurent une note sur une nouvelle peinture pour les bâtiments. On chercbe depuis longtemps à substituer une peinture solide et peu coûteuse à la couleur à l'huile, dont le prix est élevé, et qui se décompose assez rapidement au grand air. Les essais faits dans ce but n^ayant pas été couronnés d/un l^lein succès, notre confrère s^est livré & des rech&ches,
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qui ont doBDé pour résultat t^invention du procédé sui- Tant : ou éteint de la chaux hydraulique avec la quan-* tUé d^eau indispensable pour la réduire en poudra bien fine ; on délaye ensuite deFocre jaune au moyen d^huile de lin coupée arec un dixième d^essence de térébenthine^ et le mélange doit acquérir la consistance d^nne crème épaisse. On y incorpore la dose de chaux nécessaire pour que le tout prenne une teinte jaune^-clair, et on y ajoute assez d^eaa pour que la couleur s^applîqne facilement avec un grof pinceau et sans faire d^épaisseur. La première couche se sèche très-vite, et une heure après on peut sans inconvénient appliquer la seconde. Quand les deux couches possèdent un degré convenable de fermeté, il est hou, pour augmenter la solidité de cette peinture, de la couvrir de lait ou d^huile; comme les deux premières couches ont garni la surface du bois, qui s^en est imbibé, la dernière opération n^absorbe qu^une faible quantité d'huile ou de lait , et M/LAtiasi^T estime que la dépense entraînée par le procédé qui vient d'être décrit égale à peine le huitième du prix des couleurs à Phuile et à la cérase actuellement employées.
HtsTOiRB NATURELLE. Dans uB mémoire intitulé : Note sur le grès dBettange et sur le grès de Luxembourg, M.. Lbvallois a étudié la composition générale du lias en Lorraine. La question du grés d'Hettange est controveri^ée depuis plus de vingt ans. Plusieurs géologues le considèrent comme représentant le grès infra-
liasiqoe qui forme, ao-dessom do calcaire i grjphèes arquées, an horizon bien constant en Lorraine, comme en beaucoup d^autres contrées. Quelques-uns le placent, au contraire, plus haut que le calcaire à gryphées arquées, et le considèrent comme subordonné dans le puissant dépôt marneux qui forme la partie supérieure da lias, et que notre confirére appelle marnes sopra-Iia-siques* Après avoir visité les lieux à plusieurs reprises, M* Lbtallois s^est prononcé en feveur de cette dernière opinion et il rapporte avec détail, dans I9 note dont nous avons reproduit le titre, les raisons qui Font déterminé à adopter cette manière de voir.
Les nombreux végétaux que Ton observe dans le noa» veau grés rouge des Vosges ont fourni à M. Antoine MouesoT le sujet d^un excellent mémoire. LHdée de ce travail a été suggérée à notre correspondant par Texamen qu^il avait fait, dans différentes collections d^histoire naturelle, de fragments de bois silicifiés provenant du terrain du grès rouge duYal-d^Ajol, et qu^on ne savait rapporter positivement à aucune fiimille du genre végétal, ni dans la flore vivante, ni dans la flore fossile. Les bois du Yal-d^Ajol étaient, au dire des anciens naturalistes, des troncs de chêne, de hêtre, de sapin, ou des sarments de vigne, des roseaux, etc., suppositions hasardées qui devaient être repoussées de prime-abord à raison de Fàge relatif du terrain, et que Tétude des bois en question est venue renverser définitivement. Pour arriver à la détermination de ces débris, il fallait imiter
ce qui se fait en Angleterre et en Allemagne, c'est-à-dire, préparer des lames transversales et longitudinales de ces bois fossiles, tellement minces et transparentes qu'au moyen d'un grossissement microscopique de 300 à 400 fois, ou pût en étudier les détails d'organisation, tels que, dans les dicotylédones, les fibres vasculaires et les cellules de la moelle, on des rayons médullaires, et dans les monocotylédonés et les acotylédonés , les divers ordres de cellules, de fibres ou de vaisseaux qui parcouraient ces tiges selon l'arrangement naturel, et les lois qui y président dans l'état actuel des choses. Il résulte des patientes observations de M. Mougeot que la végétation de Fëpoque du grés rouge offrait une physionomie spéciale, bien diSerente de la végétation du grés bigarré ; ce qui frappe, dans la revue des espèces propres au premier de ces terrains, c'est la présence d'un genre partientier de fougères arborescentes, appartenant à la tribu des Harattiacées, dont le nombre des espèces sera, sans doute, réduit ultérieurement, mais dont la quantité ex* traordinaire n'en est pas moins un fait bien constaté.
M» SoTBn-WiLLBMET a complété la monographie sur les trèfles de la section Chronosemium qu'il a publiée, il y a quelques années, en collaboration avec M. le docteur GoDRON. Dans cette monographie, les auteurs n'avaient été guidés que par leurs recherches dans les écrits de Linné, et les conclusions qu'ils en avaient tirées avaient été contestées par le célèbre botaniste suédois, M. Pries. Mais une vérification faite par M. Webb dans
rherbier de Linoé, ayant GonGrroé leurs cenjeelnret sur un point principal, a fourni à notre confrère les moyens de démontrer que ce point gagné lui donnait^ ainsi qu^é H. GoDftON, raison pour la totalité des espèces qui ont été le sujet de leurs études.
M. Planchon nous a communiqué des remarques sur un exemple d^inflorescence épîphylle (c^est-à~dire^ lors* que les fleurs semblent nattre sur un point quelconque de la feuille) que présente une plante nouvelle de la famille des Diosmëes, VErythrochiton hypophyllaniu». La feuille de cette plante curieuse porte une courte eyme florale, non pas, comme c^est le cas le plus ordinaire^ sur la face supérieure, mais Men sur la lace inférieure de sou limbe, le long de la nervure médiane. Notre confrère explique ce fait, qui n^a pas d^analogue parmi les observations connues, par la soudure d^un pédoncule florifère avec la face dorsale de la feuille qui nait au-dessus de lui, hypothèse appuyée sur des raisons d^analogie^ aussi bien que sur la structure anatomique des parties.
Nous nous bornerons à mentionner les envois de deux correspondants, H. Yallot et H. le comte ii>M Labibeb-
TTB ; le premier vous a adressé une brochure renfermant
de curieuse^ Odserçaiions cntomoloffiques, et le second
des Rapports horticoles lus à la l^ciété (f agriculture,
commerce, sciences et arts du départemertt de la Marne.
Médecin B. Nous devons à un autre de nos correspon-
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danU, M. le docteur SAUcnorre de Lunévifle, un essai sur l'influence que les sciences physiqueiel chimiques ont exercée sur la csnnaissance intime et sur le trai^ tentent des maladies, Daas cet imporCant travail, qui a été couronné et publié par FAcadémie royale de médecine de Belgique, notre correspondant, sans se dissimuler eombiea la succession rapide des recherches qui ont pour objet Papplication des sciences physiques et chimiques à la médecine augmente les difficultés de la tâche qu'ail a choisie, notre correspondant, disons^nous, a traité, avec tous les détails convenables, de Tinfluence de la physique et de la chimie sur la médecine, au point de vue de la méthode et de Torganisation de cette science ; de leur iniuence sur la pyrétologie; sur la connaissance de la nature et du traitement de riuflammation, des hémorragies, des névroses et des lésions organiques; sur Tétude de certains corps étrangers et animaux parasites ; sur la connaissance et le traitement des lésions humorales ; il a constaté les progrés que la thérapeutique doit à la physique et à la chimie ; les obstacles que ren* contre Tapplication de ces sciences à la médecine ; enfin, le caractère des services qu^elles ont rendus et qu^elles sont appelées à rendre à la pathologie et à Part de guérir.
M. le docteur Simonin père qui avait, Tan dernier, entretenu PAcadémie d^un essai .topographique et médical sur Nancy, auquel il travaille depuis nombre d^années, nous a lu de nouveaux fragments de cet ou-
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yrage, et celte communication a rendu plus vi^ le dësir de voir paraître le livre auxquels ils étaient empruntés. H. le docteur Edmond Simonin nous a présenté son rapport sur le service de la vaccine dans le départe^ ment de la Meurthe en 1851| et un gros volume intilalé : Rapport général sur les travaux des conseils d hygiène publique et de salubrité du département de la Meurihe, pendant les années 1850 et 1851. Notre confrère n''est auteur que d^une partie des mémoires contenus dans ce volume intéressant, mais il en a réuni et coordonné tous les matériaux. Un opuscule d4 entièrement à la plume de M. Edmond Sihonin est une courte et substantielle notice sur V école préparatoire de médetnne et de pharmacie de Nancy, suivie du compte rendu de ses travaux en 1850-51.
Education, M. Paoux nous a offert une publication relative à Tinstitution des sourds-muets qu^il dirige avec tant de succès depuis vingt-cinq ans. Il a donné, dans cette brochure, à o6té de plusieurs renseignements concernant son instilution, un projet de loi en faveur des sourds-muels, un rapport fait à la Société de patronage et une lettre adressée à Mgr Févéque de Ifancj, afin d^en obtenir Tautorisation de placer Toeuvre des sourds* muets sous Tinvocation de saint Gauzlin, évoque de TouL
Littérature bt poèsibM. Stii&vjsnaet, doyen de la
facullé des lettres deDijoii) vous a envoyé nn opuscule ayant pour titre : De la comédie grecque; quatrième fragment et une histoire inédite, de la comédie chez les Grecs; daus ce mémoire, notre correspondant, après s'*étre occupé ûe Torigine de cet art et avoir tracé les principaux traits de sa physionomie dans le premier âge, passe en revue quelques poètes eômiques d^Athénes dont il ne nous reste que des fragments, qui attestent toutefois la verve et le génie de leurs auteurs. Vous avez donné place, dans le recueil de vos mémoires, à un autre travail de M. Stiévbuart sur la psychologie de Sénèque. Si Ton possédait encore les lignes que dicta Sénèque, après s^étre ouvert les veines sur Tordre de Néron son élève, on aurait, sans doute, le dernier mot de ce philosophé sur la nature de Tâme. A défaut de ce testament d^un grand et bel esprit, M. Stiévenart a cherché la pensée de Sénèque dans les pages les plus spiritualistes qu^il ait adressées à un ami, ou plutôt à la postérité. Tel est le caractère de plusieurs de ses lettres à Lucilius, surtout de la quarante- unième. Nulle part dans ses ouvrages respectés du temps, le philosophe romain ne s^est élevé plus haut et n^a semblé s'approcher davantage de la doctrine chrétienne, dont plus d^un écrivain religieux a cru voir un rayon, perçant le cachot où saint Paul était enfermé, venir tomber sur le front du stoïcien. Pour faire mieux connaître cette lettre &meuse, M. Stiévenabt Ta d^abord traduite et Ta ensuite étudiée, en se réglant avec indépendance, comme
il dit, sur cette largeur de vue, sur cette généreuse com^
préhension qui sont dans le yéritable esprit du chrislia'-
nisme.
La manière dont ridée de république a été eacprimée dans l'Antiquité a inspiré â M. Berger db Xivaey ua écrit fort spirituel et qu^on lira toujours avec Intérêt, quoique les circonstances qui en ont motivé et amené la composition soient heureusement reléguées dans Phistoire ancienne. L^auteur, après avoir prouvé que les Grecs et les Romains nVurent jamais dans leurs langues* de mots qui répondissent de tout point â notre mot république, démontre que le latin n^a pas non plus d^équivalent à démocratie. Ce mot, dérivé du grec, était encore si peu usité au commencement de XYIP siècle, comme le fait observer M. Berger de Xivrey, que Balzac, dans son Âristippe, cite un chancelier de France, < cet homme » de robe longue, que nos pères ont vu, qui chercha » dans la carte un jour tout entier la Démocratie^ et » TAristocratie, pensant les y trouver comme la Dalma- » tie et la Croatie».
IVous avons reçu de M. Gatien-Arnoult le troisième volume de la collection qu^il publie sous le titre de Lot flors delgay sader, estier dichas las leys (Tamors; de M. Albert Montémont une Ode sur le retour de VEm^ pire, et de M. de Garaudé un volume intitulé : L'Espagne en 1851, qui contient la relation d^un voyage que notre correspondant a fait dans cette contrée, bien peu de temps avant de mourir.
BiOGaAPiMiB. M. Mbauub nous a lu ia première partie d^an travail considérable sur Jacques Callot. Dans cette première partie, notre confrère raconte la vie de Tartiste ^puia sa naissance. Il le montre recevant d^abord à Nancy les leçons de Claude Henriet et de Démange Groek ; se rendant à Florence en compagnie de bohémiens ; étudiant ensuite à Rome sous Philippe Thomassin, puis à Florence sous €anta-Gallina etParigi. Il fait alors une énumération rapide des principaux che&d^œuyre qui valurent à Callot la protection de Gosme II de Hédicis, grand-duc de Toscane, de Henri et de Charles ly ducs de Lorraine^ de Pinfante Claire-Eugénie d^ Autriche et de Louis XIII. Rien de ce qui concerne la biographie de Phomme illustre qui a fait tant d^honneur à sa patrie n^est oublié. S'altachant aux faits d^une authenticité reconnue, Fauteur a élagué tous ceux qui appartiennent plutôt au roman qu^à Phistoire, et on lui doit de posséder enfin une biographie de Callot complète et vraie. Des notes nombreuses et des pièces justificatives importantes, puisées surtout dans le trésor des chartes de Lorraine, suivent ce travail, qui est accompagné d^une généalogie de la famille Callol^ depuis Ponce Callot, secrétaire du duc de Bourgogne, jusqu^à M"** de GrafBgny. Outre ce mémoire, M. Mbàumb a communiqué â PAcadémie un catalogue de Pœuvre de Callot, qui forme la seconde partie de Pouvrage entrepris par notre confrère ; cette seconde partie est elle-même subdivisée en deux sections, contenant la liste générale et raisonnée
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^e loates les pièces dues au burin de TarCisle 4orraia et Tindicatioii de celles qui lui ont été faussement attribuée*) et des imitations ou contrefaçons de ses gravures. Mate comme cette seconde partie de Pouvrage deM« Niaomb ne doit paraître que dans le volume contenant les mé<-^ moires lus en 1883, son examen trouvera plus naturel* lement sa place dans le compte rendu de Tan prochain»
La vie et les œuvres de Victor Jacquemont; tel est le titre d^un morceau fort curieux et assez étendu, dans lequel M. DB Waarbh nous a fait connaître, avec détails, la vie, les voyages et les productions d^un jeune bomme qui unissait beaucoup de science à une grande habileté i^omme écrivain. Ce morceau est le tribut que M. db Warben a payé en entrant i TAcadémie; celui de H. Paiixart, qui n^offre pas moins d^lntérét, est \Ek^ de M% Brbsson, conseiller é la cour de Cassation, qui, avant de quitter son pays pour aller occuper des fonctions éminentes, avait longtemps figuré parmi les mem«^ bres de TAcadémie de Stanislas.
Vous devez i M. Saucbrottb une étude sur le célèbre anatomiste Bichat, et à M. Dbpfihg une notice sur la vie et les travaux du peintre Jean*Baptiste Jorand, membre de la Société des antiquaires de France .
Histoire. M. db Haluat vous a lu un mémoire sur la particule héraldique attribuée à Jacques Darc, père de la Fucelte. Notre secrétaire-perpétuel a démontré que Jacques Darc, loin d'appartenir i une maison noble,
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était un simple laboureur qui, élabii d*abord à CeffondS) prés de Montiéreader, transporta son domicile A Dom*remy^ où il épousa Slisabeth Romée, originaire de Youton» et d^une famille également livrée aux travaux agricoles. Je ne suis pas néanmoins persuadé, comme Tétait M. db Haldat, que le père de Jeanne ne pouvait avoir tiré son nom d^Aro-sur-Tille ou de la petite ville d^Arc-en-Barrois, Il est bien probable qu^un de ses ancêtres avait habité ce dernier lieu et en avait conservé le nom, pour se distinguer d^autres villageois de Ceffonds, avec lesquels on pouvait le confondre ; mais il n^en résulte pas que la famille fût noble, et je ne veux d^autre preuve à Tappui de cette manière de voir que le diplôme de Charles VU, qtii anoblit toute la famille de la Pucelle. Une {dirase du mémoire de M. de Haldat, ainsi qu'une brochure composée par un correspondant de PAcadémie, M. Athanase EsNAfin, et intitulée : Souvenirs du Bassigny*ChampeHois, ont donné occasion â M. Henri Lbpagb de Composer une curieuse dissertation, dans laquelle il a recherché si Jeanne Darc était réellement lorraine. Une tradition constante et à |^eu prés universellement admise avait, pendant longtemps, placé le lien de naissance de Théroïne dans le duché de Bar ; quelques doules 86 sont élevés, depuis peu, sur cette question, et M. Le- PAGE a tâché de les faire disparaître en démontrant : 1"* que Jeanne Darc a toujours été regardée comme lorraine ; 3<> que le village de Oomrenij où elle est née était mi-partie Champagne et Barrois ; Z^ enfin que la
maison de Domreiny habitée par Jeantie Darc était dans la partie barrisienne. Nous ne pouvons suivre M. Lepac^ dans tous les détails où Ta entraîné la discussion de ces trois points. Le premier est établi par le témoignag^e de la plupart des écrivains du XY* siècle et par une tradition presque unanime; divers actes de dénombrement cités par notre confrère,' et des titres de 1459, 1571 et Î6i^5, qu^il publie pour la première fois^ démontrent que Domremy appartenait pour moitié au Barrois et pour moitié à la Champagne; enfin M. Lbpàgb croit que le titre de 1459, rapproché du plan de ce village, ne permet pas d^admettre que la maison de Jeanne fût située dans la partie champenoise. Je dois ajouter que les conclusions do M. Lepagb ont été combattues par MM. de Haij>at et Renard, et ce nVst pas ici le lien de peser les arguments'employés de part et diantre; au surplus, les mémoires de nos confrères sont aujourd'hui entre les mains de tous les hommes compétents, qui ne tarderont pas à prononcer sur cette question un arrêt définitif.
Une autre question qui se rattache également à Fhistoire de Lorraine a été traitée dans un mémoire où M. SoTBR-WiLLEMBT rcchcrche quand et comment le comté de Guise échut à lu maison de Lorraine. Une erreur de Hussey, copiée par Dom Calmet et reproduite par un historien contemporain, a fait croire à plusieurs personnes que, depuis le mariage du duc Raoul avec Marie de Blois, le comté de Guise avait appartenu aux descendants de Gérard d'Alsace et formé l'apanage des
frères polnés de nos ducs. M. SoTEa-WiLLSMET n^a pas eu de peine à démonlrer que, dans les chartes assez nombreuses qui sont venues jusqu^âr^ous, ni Raoul, ni Jean P% son fils, ni les (rois comtes de Yaudémont Ferri P% Antoine et Ferri II, leurs descendants, n^ont porté le titre de comte de Guise ; que dans le partage intervenu entre le duc Charles II et son frère Ferri l*% il n^est pas fait mention de ce comté ; que Marie, nièce de la femme de Raoul, épousa, en 1360, Louis de France comte d'Anjou et lui apporta en dot « toute la terre,
> ehasteaux et chastellenies et villes de Guise, de Irson
> et de Oisy, et la chastellenie et terre d^Anglecourt et
> autres pays de la dicte terre de Guise ; » que Louis II, roi de Ttaples et de Sicile, fils de Marie, posséda le comté de Guise, quMl le céda à son fils René d^Anjou ; que celui-ci se maria avec Isabelle, fille et héritière du duc Charles II, et que le comté devint alors un domaine de la maison de Lorraine.
M. Fabbé Mj^rchal, qui a compose, il y a peu de temps, un mémoire destiné à rechercher, diaprés les auteurs contemporains, le véritable emplacement de la bataille de Nancy, et qui a fait voir combien les écrivains modernes qui ont raconté cet événement connaissaient mal la position respective des deux armées, M. Tabbé Marchal, disons-nous, a communiqué à TAcadémie un nouveau mémoire dans lequel il retrace avec précision, diaprés la Chronique de Lorraine, toutes les phases de cette bataille qui a changé la face de TEurope.
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H. Dareau de La Malte a publié, dans le recueil de rAcadémie des Inscriptions et Belles-Lettres, on traYail intéressant dans le^el il a cherché à prouver que la France possédait, au XIY* siècle, une populatipn aussi considérable que de nos jours. Occupé de recherches sur la Lorraine, dont il essaie d^écrire lliistoire, votre secrétaire annuel a examiné avec soin les documents qi|| pouvaient Téclairer sur la population de ce pays pendant le moyen âge ; il n^a trouvé que peu de choses, si ce n^est pour les XV* et XYP siècles, toutefois, il a jugé à propos de réunir ces notes éparses, dans Pespérance qu'elles pourront être complétées plus tard. L^examen attentif des documents originaux du XII* siècle, du XIII* et du commencement du XIY*, a donné à votre secrétaire la conviction que la population de la Lorraine était alors trés-nombreuse, sans qu'elle fût peut-être aussi forte qu'aujourd'hui ; presque tous les villages actuels existaient déjà, et Ton en voyait beaucoup d'autres, qui ont disparu à la suite des guerres et des épidémies dont la Lorraine a été si souvent le théâtre. Les trois villes épiscopales de Metz, Toul et Verdun avaient bien plus d'habitants qu'elles n'en ont conservé, et Metz comptait plus de soixante mille âmes. Les villes qui faisaient partie des duchés de Lorraine et de Bar étaient, au contraire, assez petites ; en 1440, il n'y avait à Nancy que 144 conduits (ou feux) imposables, qui, multipliés par 6, donnent 894 personnes sujettes à l'impôt ; si l'on y ajoute le clergé séculier, le clergé régulier, les nobles.
les serviteurs du prinee et les mdigeDtf, on arrive â peu prés an chiffre de 4000 âmes» Sons le régne d'Antoine (^i 1538), les deux duchés, qui avaient eu beaucoup à souffrir de la peste et de la guerre pendant le siècle précédeot, ne comprenaient que 53,657 conduits imposables ; en multipliant ce nombre par 6, on obtient 321,823 habitants, et si on y joint les clergés séculier et régulier , la noblesse et les pauvres , on voit que les duchés avaient alors à peine 400,000 habitants. La longuepaix dont notre patrie jouit, sous les régnes d^ Antoine, de François P^ et de Charles III, eut pour résultat d'y rétablir la population, qui était trés-considérable aa commencement du XVII^ siècle.
. BiBZtOGMAPaiB. M. Bkaupbé, qui vous a offert, en- 1845^ ses Recherchée sur les commencements et les progrés de timprimerie en Lorraine, vous a donné lecture d'^an premier supplément à cet important travail. Ses nouvelles recherches de bibliographie lorraine comprennent toute la première moitié du XYP siècle et sont par tagées^en sept paragraphes, dans lesquels, après avoir indiqué les causes qui ont rendu si rares les pre»* miers produits des presses lorraines, et avoir fait cou* naître les sources auxquelles il a puisé les éléments de ce supplément et de ceux qui le doivent suivre, l'auteur décrit : i* différents imprimés sortis de Talelier de Pierre Jacobin imprimeur à Sainl-Nicolas-de-Por(; 2^ Téditiou^ originafeb de Touvrage du chanoine Pélegriu ayant pour
cvni
titre : DeartifieiaUperspecîiwiFiaior, et imprimé ans» par Jacobi , qui avait transporté momentanément ses presses dans la ville de Toul ; 3® et un rarissime volume intitulé ! Texte de Hiob, translate selon la vérité he-ôraïçue. Et bref commentaire du F'iateur {Pélegrin\ sur icelluy. M. BeaupeA prouve ensuite, de la manière"' la plus péremptoire, que la ville de Nancy ne posséda autun établissement typographique pendant la première moitié du XYP siècle ; en efiet, les ducs faisaient imprimer leurs ordonnances à Saint-Nicolas ou à Bf etz, et on ne trouve dans les registres des trésoriers généraux, déposés aux archives du département, aucune mention de cette prétendue imprimerie. Enfin, Tavant-dernier paragraphe démontre que le f^iat de salut imprimé à Longeville-devant-Bar-lc-Duc n^est pas la première publication qui ait été faite dans ce village, et qu^un prêtre nommé Martin Mourot y possédait un atelier typographique dès Tannée 1506.
M. l'abbé GuiLtAUUE vous a présenté une notice sur plusieurs éditions de la vie de Philippe de Gueldres, et sur diifers objets qui ont appartenu à cette princesse. M. Guillaume s^occupe notamment, dans ce mémoire, du second volume d^un manuscrit exécuté pour Philippe de Gueldres^ et contenant la traduction française de la vie de N. S. Jésus-Christ composée en latin, vers le milieu du XIY' siècle, par Ludolf de Saxe, prieur de la chartreuse de Strasbourg. Malgré Timmense /yiantité d^exemplaires de ce livre que^ depuis rinventioirae rim-'
primerie, la librairie ne cessait de répandre en Europe, on exécutait encore au commencement du XVI* siècle quelques copies de Touvrage original el de la traduction française. JLe premier Tolume de ce manuscrit précieux a fourni à votre secrétaire annuel le sujet d^une notice publiée en 4844, et le second vient d^étre décrit par H. Gdilladmb avec tous les détails nécessaires.
ARCBÈotooiSn Prés du village de Pompey, à droite
de la route de Nancy é Metz, s^étend, jusqu^au confluent
de la Moselle et de la Menrthe, un vaste dépôt d^alluvion, aujourd'^bui en nature de vignes et de prairies. C^est dans ce lieu que, diaprés une tradition constante et non interrompue, fut martyrisé saint Euchaire, qui, selon quelques anciens livres litui^iques de Féglise de Toul, serait le premier évèque des Leuci, et aurait immédiatement précédé saint Hansuy , regardé assez généralement comme le fondateur du siège épiscopal de cette ville. Pans Tautomne de 1849, on se mit à extraire du terrain dont je parle de grandes quantités de sable pour le ballaslage du chemin de fer. Ces fouilles, pratiquées derrière la cbapelle qui rappelle le martyre de saint Euchaire, et à peu de distance de cet édicule, mirent au jour beaucoup de tombeaux et notamment quelques cercueils en pierre munis de leurs couvercles. De nouveaux enlèvements de sable, bien plus considérables- que les précédents et opérés dans le même but, pendant les mois de mars et avril 1853, au sud-ouest de la chapelle
et plus prés da pont de la Moselle, firent découvrir un très-grand nombre de tombeaux ; on n*a pas pris la peine de les compter, mais les personnes qui étaient présentes les évaluent à six cents environ, et plusieurs renfermaient des médailles, des poteries, des arfnes, des fibules, etc. Un de nos correspondants, M. Georges BouLANGi, a décrit toutes ces trouvailles dans un mémoire qui se fait remarquer, comme tous ceux du même auteur, par Texactitude et Tëtendue des recherches, la clarté et Téléga'nce du style.
Un travail de même nature vous a été adressé par un autre correspondant de P Académie, M. Lucien Coutaiit; je veux parler d^un rapport sur les décous^eries oT' ohiologiques faites à Neuçille-surSeine, «n 1S51.
M. RiCHABD de Remiremont vous a fait hommage de notes historiques relatives aux anciennes fortifications de Remiremont et aux différents sièges que cette viUe a subis* Ces notes, empruntées en partie au mémorial ou livre du doyenné et aux comptes des grands écheyins, sont sufvies de pièces justificatives qui ne manquent pas d'intérêt.
M. Henri Lepagb vous a remis, outre Vjtnnuaire de la Meurthe, dont il est le rédacteur, une notice sur quelques établissements de tordre de Saint'Jcan''de^ Jérusalemj situés en Lorraine. Les commanderies lorraines appartenaient à la langue de France et au grand prieuré de Champagne* Les plus anciennes, pi^mi lesquelles figure celle de Saint-Jean-du-vieil^aitre, re-
montent à la première moiiié du XII* siècle; et la plupart des maisons qui se formèrent dans la suite remplacèrent les établissements des Templiers et jouirent des biens que ceux-ci avaient possédés. De même que les rois de France, les ducs de Lorraine se montrèrent jaloux d^attirer dans leurs états, au moyen de privilèges considérables, les chevaliers de Saint* Jean-de-Jérusalem* M. Henri Lepage rapporte les donations que nos ducs firent â différentes commanderies et les franchises quMls leur accordèrent, et il retrace ensuite, dans autant d^articles séparés, Phistoire des commanderies de Saint- Jean*du-vieil-ailre, de Cuite-Fève, de Saint*Georges de Lunéville, de Yirreconrt, de Yilloncourt, de Hardancourt, de Robécourt, de Xugney, de Libdeau, de Gélu« court et de Saint-Jean-de-Bassel.
Le même membre vous a présenté un travail sur le palais ducal de Nancy. Cette notice, qui remplit prés de deux cents pages, est trop étendue et touche trop de points dififérents pçur qu^il me soit possible de Tanaljser dans ce compte rendu ; je me contenterai de dire qu^elIe o£Ere les documents les plus complets et les plus exacts sur l'origine, les agrandissements et la destruction du palais, ainsi que la description de toutes les parties de ce vaste édifice et du jardin qui en dépendait. J^ajoute que Fouvrage est accompagné d^une liste des architectes, sculpteurs, peintres et artistes de tout genre qui ont coopéré à la construction et â la décoration de Thabita* tibn ducale, et que M. Lepage a donné un fac-similé de
la gravure exécutée par Deruet et représentant à vol d^oiseau le palais, le parterre, la collégiale Saint-Georges, Téglise et le couvent des Cordeliers, etc.
Dans un mémoire intitulé : Une sculpture du XF'iF" siècle, M. Tabbé Guillaumie a décrit un cbef-d^œuvre de sculpture religieuse que la Lorraine possède depuis cent soixante ans, et qui formait autrefois le rétable du grand autel dans Téglise des Carmélites de Pont«à~Mousson. Ce travail fut exécuté, diaprés les dessins du père Eiie de Saint- Josepb, par Ignace Robert, né à La Molhe et qui, après la destruction de cette ville, était allé sYlablir à Metz. Le rétable avait échappé comme par miracle au vandalisme révolutionnaire, mais il allait être détruit ou du moins mutilé, lorsque M. Tabbé Delallb, alors curé de la cathédrale de Toul, conçut et exécuta le généreux projet d'acheter Tœuvre de Robert et de la faire placer dans une chapelle construite prés de la cathédrale.
Vous avez reçu de M. Lucien Coûtant une notice sur le sceau d'Alix de €hacenay, ou plutôt sur une imitation moderne du sceau dont il s^agit; et de M. Depping des rapports sur deux ouvrages écrits en anglais ; le premier a pour but de faire connaître les nombreux et grossiers monuments élevés par les peuples qui habitaient TAmérique du nord, avant Tarrivée des sauvages que les Européens y ont rencontrés ; le second a pour objet de résumer tout ce que Ton sait sur la ligne de défense que les empereurs romains avaient établie, entre
rembouchure de la Tjne à Test el le golfe de Soiway à Touest, pour mettre leurs possessions de la Grande- Bretagoe à couvert des attaques el des layations des habitaals de FEcosse*
M. Georges Boulangé, qui continue à réunir les matériaux d^une statistique monumentale du département de la Moselle, vous a successivement adressé trois brochures renfermant une notice sur Véglise prieuriale de Thicàuri; des renseignements curieux sur ie ban Saint^ Martin, sur Fabbaye du même nom, sur les sceaux du monastère el des abbés ; sur Piappeçille } sur le palais des Treize à Metz ; sur un monument gallo-romain qui existe à Sentry; sur un anneau gallo-romain; une note sur les indications des ateliers monétaires des Romains inscrites sur les monnaies troussées à Metz ei dans les environs ; la description dune monnaie éche-' finale de Metz, el une note sur une trouvaille de mon* noies du XV* siècle, faite à Berg (département de la Moselle).
La numismatique, cultivée avec succès par M. Robert^ lui a dû, cette année, trois opuscules remarquables. Le dernier en date est intitulé s Souvenirs numismatiques du siège de 1552. LMssue du siège de Metz, si heureuse par la France, a été consacrée par cinq médailles : trois au nom du roi, deux an nom de François de Lorraine* duc de Guise; et cette abondance n^a rien qui doive surprendre, comme le fait observer M. Robert, car la Renaissance venait de mettre en vogue Tusage des mé*